La seconde attaque contre Sonatrach

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LNR D.R.

Nous constatons ces derniers jours une véritable tornade de scandales qui ciblent l’entreprise stratégique Sonatrach, véritable poumon de l’économie nationale, et qui mettent en danger le pain des Algériens. Certains économistes, dont le Docteur Fares Mesdour, évoquent un complot fomenté par des officines liées aux services d’espionnage de certaines puissances étrangères et dont l’un des résultats est le départ certain de plusieurs entreprises allemandes qui refusent ce mode de fonctionnement opaque et corrompu. Par ailleurs, plusieurs médias italiens font état que le directeur général d’Eni, Paolo Scaroni, a obtenu de Sonatrach un marché de 11 milliards de dollars grâce à une commission obscure de 197 millions d’euros versés, via un homme de paille, à de hauts responsables algériens. Plusieurs rencontres ont été organisées à Paris entre Paolo Scaroni et des dirigeants algériens pour conclure cette combine. Certaines rumeurs vont même jusqu’à lier cette avalanche d’affaires louches à la démission spectaculaire du pape Benoît XVI. Allez savoir…

En tout cas, on est amené à établir un parallèle entre les terroristes qui ont voulu frapper l’Algérie en explosant le site gazier d’In Amenas dans une opération sans précédent, et qui aurait été beaucoup plus grave sans le professionnalisme de notre armée qui a su empêcher une catastrophe pour le pays, et les affairistes corrompus. Si Belmokhtar le Borgne a échoué, ce scandale nous révèle que le terrorisme contre notre pays ne vient pas seulement d’un ennemi extérieur ou de la planète Mars, mais surtout de certains cercles de combinards irresponsables et traîtres à la nation ! Comment peut-on admettre qu’au moment où notre patrie et sa souveraineté sont menacés, des individus sans scrupule ni honneur jouent avec l’avenir du pays, risquant d’entraîner l’Algérie dans un cataclysme économique, politique et social ? Les agissements terroristes du Borgne et de ses acolytes ajoutés à ceux de ces personnages soi-disant responsables qui ont oublié l’intérêt du pays et qui n’ont pas d’autre patrie que leurs comptes off-shore : voilà un aspect de la tragédie algérienne ! Bien que le Parquet de Milan ait ouvert une enquête titanesque en Italie, on assiste à un silence pour le moins bizarre de tous les responsables algériens. En tant que patriote, peut-on accepter les tripotages des voyous en col blanc, des terroristes économiques ? La réponse est évidemment NON ! La richesse économique de notre pays pour lequel sont tombés des millions de martyrs, n’est la propriété exclusive de personne. Qui sont ces individus qui se proclament responsables ? Et de quoi sont-ils responsables ? De casser notre nation ? De briser notre économie ? Le népotisme et la corruption sont-ils devenus monnaie courante dans notre pays, sans que cela ne dérange absolument personne ? Les familles éduquent-elles leurs enfants, l’école forme-t-elle ? Quand on assiste à ce genre de spectacle macabre et ridicule, où l’honneur de notre patrie est traîné dans les cours de justice en Europe et ailleurs, et au moment où les frères Bedjaoui ont vendu tout leur patrimoine au Canada quelques jours après l’ouverture de l’enquête à Milan, on se demande qui sont ces ignobles individus et par qui sont-ils soutenus ? Sont-ils les nouveaux dieux de la religion Dollar ? Des affranchis mafieux ? Des intouchables ? Qui est derrière eux ? Quelle tristesse de voir prospérer de telles fripouilles…

L’Algérie meurtrie par ces scandales et par les terroristes en costume cravate, pleure en enterrant l’un de ses fils, digne, honnête et intègre, Monsieur Bouhara, que j’ai eu le plaisir de rencontrer maintes fois et dans lequel je voyais un véritable patriote, homme de lettre éclairé, dont le but dans la vie n’était pas de se servir mais de se mettre au service du pays. Le destin a voulu qu’il parte au moment où tout le monde le sollicitait pour prendre la tête du FLN. Il est parti avant de voir toute cette déchéance dans le pays pour lequel lui et sa famille ont tant donné. Je me souviendrai toujours de son humilité et de celle d’Abdelkrim Hassani, le beau-frère des martyrs Ben M’Hidi, qui a sacrifié sa jeunesse et qui a tenu la promesse faite à Mohamed-Tahar, frère de Larbi Ben M’Hidi, en s’occupant de sa famille, comme il l’avait juré si celui-ci tombait au champ d’honneur. En me rappelant le souvenir de ces braves révolutionnaires et de tant d’autres qui ont bâti la nation dans le sang et la douleur, mon cœur est meurtri. Comme disait le défunt président Boumediene : « sous chaque pierre de ma patrie, il y a un martyr ». A qui le tour, demain ? Quel autre patriote va-t-on enterrer au moment où la chienlit terroriste avec ses variantes agresse l’Algérie, que ce soit par la corruption de ces irresponsables qui squattent les administrations ou par les attentats lâches et meurtriers des mercenaires islamistes au service des puissances étrangères et leurs officines occultes ? Nous assistons à une véritable alliance de la lie de la société ! Si les patriotes comme Bouhara et Hassani ou Reda Malek avaient un combat noble consistant à libérer le pays et à offrir une vie meilleure aux citoyens algériens, les terroristes islamistes et les « responsables » qui ont des liens avec le scandale de la Sonatrach et Eni Saipem, ont le même objectif : détruire l’Algérie ! Alors arrêtons de tourner autour du pot ! Pour bâtir une nation, il faut éliminer la vermine, où qu’elle se trouve, car si nous ne le faisons pas, tous les fléaux ravageurs tels l’affairisme, le népotisme, le régionalisme, le clientélisme, vont finir par triompher des rêves généreux de tous nos martyrs.

On vous l’a dit et je ne cesserai jamais de répéter que construire une nation digne de sa révolution, qui survivra aux egos des uns et des autres et aux aléas du temps, n’est pas un jeu de salon. Ceux qui n’ont pas la compétence ni l’engagement, ni le parcours et le courage politiques n’ont qu’à céder leur place, car nul n’est indispensable. Nous finirons tous dans un trou en terre, quel que soit notre rang ou notre statut social. Alors, Messieurs les affairistes pourris à tous les niveaux, cessez d’agresser la quiétude de la tombe de mon grand-père !

La responsabilité, ce n’est pas de couler l’Algérie et son économie, ce n’est pas non plus de se comporter comme un voyou en vendant son âme au diable et de défrayer la chronique au sein des tribunaux italiens. Quel honneur vous reste-t-il ? Vous finirez par mourir car il y a une justice qui s’appelle la biologie et c’est tant mieux ! Si vous avez le courage, démasquez ces malfrats, ces voyous qui hantent les sphères économiques politiques. L’Algérie ne mérite pas cette gabegie, elle est plus grande que vos nombrils de goinfres, elle est un symbole de la lutte et non pas un souk !

Peut-on admettre des actes criminels visant à déstabiliser notre économie perpétrés par des petites frappes insignifiantes sur le plan de l’Histoire et qui viennent se taper l’incruste dans la légende algérienne ? Peut-on rester silencieux face aux malversations d’une bande de mafieux tout comme de ne pas combattre la vermine terroriste et ses idéologues wahhabites au service de leurs maîtres d’où qu’ils viennent ? Je suis consterné de voir que la corruption s’est banalisée, que le régionalisme, véritable gangrène, est devenu une devise nationale, quant au népotisme, n’en parlons pas ! Où allons-nous avec ces comportements ? Est-ce que l’Algérie va pouvoir affronter tous ses ennemis à la fois ? Pour exister aujourd’hui, pour survivre au temps assassin, les nations et les peuples doivent faire preuve de grands sacrifices, de maturité et de lucidité, sinon ils vont disparaître dans les égouts de l’histoire. Sommes-nous à la hauteur de l’héroïsme des bâtisseurs de l’Algérie, que sont nos martyrs, bien souvent morts avant d’avoir vu la liberté et qui ont donné leur sang, leurs biens, en offrande à une certaine idée de la patrie ? Non, nous n’en sommes pas dignes quand on voit ces scandales à répétition, ces trahisons, où chacun veut tirer son épingle du jeu. Si l’on est tenté de plaisanter avec l’Histoire, celle-ci finira par nous rattraper. Donc, Messieurs, qui que vos soyez, arrêtez de saigner notre nation, arrêtez de spolier les biens de notre peuple, arrêtez vos marchandages de gré à gré, et vos mascarades incessantes. Face au danger sur nos frontières, l’heure est au courage comme ce fut le cas pour la génération du 1er novembre qui n’a pas pensé à s’enrichir et se remplir les poches mais à construire une Algérie florissante, devenue la Mecque des Révolutionnaires avant votre arrivée dévastatrice, tels des criquets, vous, les nouveaux riches, les maquignons, les cancres !

Malgré vos petites combines et votre perfidie d’assassins économiques liés au terrorisme international, l’Algérie vous survivra et vous enterrera tous. Il n’y aura pas de place pour vous dans les manuels scolaires comme les Benboulaid et les Boudiaf, et tous nos héros. Vous disparaîtrez, entrainés par vos actions, dans le caniveau de l’Histoire. Et le rêve immortel de Ben M’Hidi s’accomplira sans vous !

الضبوعة تستسبع ، السبوعة  تغيب كي 

Quand les lions sont absents, ce sont les chacals qui font la loi (proverbe algérien)

Mohsen Abdelmoumen

Article publié dans La Nouvelle République le 19/02/2013

 

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