Mohsen Abdelmoumen explique à Algeriepatriotique pourquoi les autorités belges veulent l’intimider

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Le journaliste et sa femme ont été menacés par les inspecteurs. D. R.

Le journaliste et sa femme ont été menacés par les inspecteurs. D. R.

 

Algeriepatriotique : Comment s’est déroulée la perquisition de votre domicile ?

Mohsen Abdelmoumen :Deux inspecteurs se sont présentés samedi à 8h30 disant qu’ils étaient chargés par le Parquet d’effectuer une perquisition. L’un des deux était particulièrement provocateur, et pendant que l’autre parlait, il ne cessait d’examiner les lieux avec insistance, y compris en regardant de près les photos du grand-père de mon épouse – résistant fusillé par les nazis –, laquelle lui a dit d’un ton cinglant que cet homme était mort pour son pays. Ma femme manifestant son désaccord face à cette intrusion, nous nous sommes vu menacer d’être embarqués au commissariat. La menace était précise : «Ou ça se passe bien et ça ne durera pas longtemps, ou ça se passe mal», a dit un inspecteur. L’autre s’agitait dans tous les sens et ne disait pas un mot. Il s’est même approché très près de moi et je suis persuadé qu’il cherchait à me faire réagir agressivement. J’ai deviné leur jeu et j’ai demandé à ma femme de se calmer pour éviter les complications. Sachant que nous n’avons aucune procédure en cours, que nous n’avons commis aucun délit, nous étions sous le choc et nous le sommes toujours. Quand ils sont sortis, ma femme s’est rendue chez le libraire voisin qui est un ami et a appris que les policiers étaient passés chez lui et lui avaient dit qu’ils avaient effectué une perquisition chez des gens «qui n’étaient pas contents». Le libraire, croyant que cette perquisition avait eu lieu chez des dealers ou des malfrats, a été abasourdi d’apprendre qu’il s’agissait de nous. Ainsi, cette perquisition indigne et injustifiée avait même été divulguée aux voisins.

Comment la police belge a-t-elle justifié cette perquisition ?

Les policiers sont entrés en disant d’un air arrogant : «Nous venons voir si vous habitez bien ensemble.» Ce qui nous a intrigués, c’est qu’à aucun moment, ils n’ont demandé nos papiers d’identité, j’aurais donc pu être n’importe qui, même le roi de Prusse. Nous sommes un couple mixte belgo-algérien, marié depuis un long moment et vivant ensemble depuis encore plus longtemps, en toute légalité, d’autant plus que l’inspecteur du quartier nous connaît très bien et sait que j’écris pour La Nouvelle République d’Alger. Comme par hasard, cet inspecteur a été évincé au profit de la police judiciaire. Nous restons persuadés, ma femme et moi, que cette démarche est une mesure d’intimidation, car comment peut-on effectuer ce genre d’intrusion sous un prétexte fallacieux, hors tout contexte, toute procédure, chez des gens qui n’ont commis aucun délit et qui n’ont aucun antécédent judiciaire ? Les policiers ont donc exigé de visiter les différentes pièces de l’appartement, y compris la chambre et la salle de bain, pénétrant ainsi dans notre intimité sans aucune gêne. Directement, j’ai pensé que la véritable raison de cette prétendue perquisition était à chercher dans mes écrits qui dérangent. Je précise que le document type qu’ils nous ont laissé ne comporte aucun cachet, n’est même pas rempli, et laisse croire que cette mascarade n’était qu’un coup monté destiné à nous impressionner et à provoquer un incident qui me vise directement. On dérange des citoyens honnêtes sans raison valable, mais on laisse courir de vrais criminels. Symptôme d’un système judiciaire incohérent, je peux citer le cas d’Ayachi, un terroriste belge parti faire le «djihad» à la tête de cinq bataillons en Syrie (source avérée) et celui de Nordine Amrani, d’origine marocaine et acoquiné avec l’extrême droite, qui détenait un véritable arsenal de guerre, qui avait une plantation de cannabis et faisait un trafic de drogue juteux dans notre ville, mais que la justice laissait en liberté jusqu’à ce qu’il provoque une tuerie à coups de grenades et d’armes de guerre l’année dernière en plein centre de Liège.

Allez-vous saisir la justice pour violation de domicile ?

Notre tort est d’avoir laissé entrer ces policiers, mais nous avons été pris de court. Un samedi matin, début du week-end, et ayant passé une partie de la nuit à rédiger un article pour mon journal, je ne m’attendais pas à cette surprise désagréable et nous dormions encore quand les policiers se sont présentés, ce qui fait que nous n’avons pas eu la présence d’esprit de réagir en toute lucidité et de leur interdire l’accès à notre logement. Par rapport à la justice belge, je n’écarte pas l’éventualité de porter plainte.

Vous avez interpellé les autorités algériennes. Allez-vous les saisir officiellement ?

J’ai effectivement alerté les autorités algériennes immédiatement via mon journal et je n’exclus aucune action. Je vais rédiger un courrier officiel interpellant le président de la République, le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire d’Etat chargé de la communauté algérienne à l’étranger, étant donné la gravité de cette persécution inqualifiable. Je me sens touché au plus profond de moi-même, et ma femme également.

Comment expliquez-vous ce comportement ? Les autorités belges sont-elles de connivence avec ces deux entités extrémistes (salafistes et sionistes) ou ont-t-elles été manipulées, selon vous ?

Pour moi, ce comportement est de la voyoucratie en uniforme de police. Il s’agit d’une véritable inquisition s’introduisant dans ma vie privée sans aucune légitimité, ni justification. Je me sens blessé dans mon droit et ma liberté d’individu et de citoyen. Concernant les connivences, je suppose que vous faites certainement allusion aux milieux sionistes et salafistes, à ce stade très grave d’atteinte aux droits élémentaires de tout individu de la part d’un Etat qui se targue d’être un chantre en matière de démocratie, je n’écarte aucune hypothèse. Je suis face probablement à un tir croisé des sionistes et des milieux salafistes d’Algérie et d’ailleurs, voire le Qatar qui a des intérêts en Belgique, notamment avec une forte participation dans une chocolaterie wallonne voisine, des clubs de foot et des médias. En me localisant, ils essaient de m’intimider et de me faire taire. Je pense que j’ai été victime d’une machination englobant plusieurs éléments qui agissent à travers un simulacre de justice. Il faut savoir que j’ai également visé le Maroc dans plusieurs de mes articles se basant sur des informations très précises qui ont certainement attiré l’attention sur moi. Sachant que la plus grande communauté immigrée en Belgique est marocaine, y compris parmi les élus locaux et la police, et que la présence du Makhzen est effective dans le contrôle de leurs ressortissants à l’étranger, cette piste n’est pas négligeable non plus. Je crois que tous ceux que j’ai ciblés dans mes articles ont intérêt à me créer des problèmes en me mettant une pression allant jusqu’au harcèlement, et si je ne prends pas le taureau par les cornes, je risque de connaître ce genre d’agissements en permanence. En réagissant de cette façon, je leur montre que je ne suis pas disposé à me laisser faire. Mon long parcours de lutte en Belgique prouve que je suis capable de soulever des montagnes et leurs tentatives d’intimidation ne m’impressionnent pas.

Vous accusez plusieurs milieux d’être derrière cette action d’intimidation. Avez-vous déjà reçu des menaces avant cela ?

Ma boîte e-mail a été piratée, mon ancien compte Facebook (fermé depuis) a été épluché par la police. Je pense que cette fois, un nouveau type d’action a été inauguré en instrumentalisant le pouvoir judiciaire, ce qui n’est pas nouveau dans ce pays, sachant que des militants antifascistes se font tabasser alors que l’extrême droite est protégée par la police et que les militants du Secours Rouge que j’ai interviewés pour le journal à l’occasion de leur manifestation de soutien à Georges Ibrahim Abdallah à Bruxelles sont englués dans un procès interminable et dont tout le monde sait que c’est une façon de vouloir les bâillonner. Rappelons aussi que les militants pro-palestiniens ont été empêchés de partir à Ghaza et tabassés au vu et au su de tout le monde. Ici, Israël fait la loi et tout ce qui est antisioniste ou contraire au langage admis est poursuivi sans relâche. Je n’ai pas reçu de menace directe, mais ils agissent avec finesse en utilisant des mesures répressives et en instrumentalisant la police pour éviter que je n’alerte mes nombreux contacts, y compris dans le milieu politique. Cette manière d’opérer me ramène vers la seule piste, celle de gens structurés, organisés qui savent ce qu’ils veulent et comment procéder. Donc je pense à une cabale contre moi à cause de mes articles, dans lesquels mes ennemis se reconnaissent.

Vous sentez-vous en sécurité dans ce pays, désormais ?

Bien sûr que non. Ni moi ni ma femme qui pourtant est originaire de ce pays et qui a travaillé pour lui, à travers son métier de restauratrice du patrimoine. Nous avons donc pris des mesures de sécurité, comme être attentifs à chaque fois que nous mettons le nez dehors. Je suis en train de former ma femme afin qu’elle puisse se protéger lorsqu’elle rentre du travail le soir et lui conseille de privilégier les lieux fréquentés. Quant à moi, je suis prêt à toutes les éventualités, que ce soit dans la rue ou chez moi, et ce, depuis très longtemps. Cette perquisition a confirmé que mon option d’être vigilant à tout mouvement suspect n’était pas illusoire et pouvait provenir de n’importe qui. Cela dit, je peux garantir que ce n’est pas de tout repos pour nous de vivre cette situation dans un pays qui donne l’illusion d’être un petit paradis bien peinard. Derrière cette image idyllique se cache bien de l’hypocrisie. J’ai même dit à ma femme que si l’irréparable arrive, elle avertit ma famille et me fait rapatrier au pays, car je veux être enterré près de mon père.

Comme partout en Europe, les anciens du parti intégriste du FIS, et ses relais de Rachad et autres, s’agitent pour provoquer de émeutes en Algérie. Qui les finance en Belgique ?

Je pense que le Qatar est la principale source de financement les gens du FIS qui sont en Belgique ou ailleurs, comme en Suisse avec le criminel Dhina, à Londres avec Zitout le diplomate-boulanger, etc. Avec quel argent financent-ils des journaux, des bulletins, des chaînes de télévision ? Dans le cadre du soulèvement au sud algérien, ils ont édité un manuel pour soulever les masses en cinq phases. Tout est clair, ce sont les méthodes initiées par Otpor, Canvas, etc. Mais le bailleur de fonds exclusif est le Qatar très présent ici par ses investissements et qui vise autre chose que le seul intérêt financier. Nos sources dans le renseignement nous confirment que le Qatar a pris la place de l’Arabie Saoudite dans l’exportation et l’expansion du wahhabisme.
La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, a confirmé hier qu’il existait une filière qui envoie des Belges se battre en Syrie aux côtés des mercenaires. L’OCAM (Organisme de coordination pour l’analyse de la menace), dont le responsable est André Vandoren, a confirmé hier, dans le journal de la RTBF, que la filière existe bel et bien et que ces gens-là constituent une menace à prendre très au sérieux.
Ainsi, toute la presse belge fait état pour le moment d’une centaine de jeunes (les plus jeunes ont 15 ans, des enfants soldats) partis se battre en Syrie via la Turquie où ils sont attendus par des agents de liaison qui les intègrent dans les bataillons de takfiristes.

Pourquoi la Belgique et plusieurs autres pays européens entretiennent-ils encore ces résidus du FIS alors qu’ils connaissent leur capacité de nuisance y compris pour eux ? Quel est leur intérêt ? 

Dans cette question très complexe, il faut aborder le problème suivant : comment se fait-il que l’Algérie ait demandé l’extradition de Mourad Dhina, qui a revendiqué l’assassinat des journalistes et intellectuels algériens (la vidéo est sur Youtube), et qu’elle lui a été refusée ? L’exemple effarant d’Anouar Hadam qui a revendiqué lui aussi l’attentat meurtrier contre le commissariat central du boulevard Amirouche et dont l’Algérie demande en vain l’extradition. Nous voulons les juger pour leurs crimes, mais l’Occident ne nous a jamais livré ces criminels qui s’assument. Et il n’y a pas que ces deux-là.
En Belgique, il y a aussi des fanatiques logés, nourris, blanchis, que les Occidentaux croient contrôler. Ces gens sont les idiots utiles afin de déstabiliser les pays arabes à moindre coût. L’Occident a opté pour un investissement à long terme qui consiste à les manipuler dans des opérations qui visent à déstabiliser des Etats puis les proposer comme alternative pour ensuite intervenir dans nos pays. Ce qui se passe en Tunisie, en Egypte et en Libye, où les islamistes sont au pouvoir et sèment le chaos, et où les Occidentaux mènent la danse. Il se pourrait que ceux-ci interviennent un jour ou l’autre, sous prétexte de protection des minorités et des droits de l’Homme. Le cas de la Syrie est explicite dans le sens où les djihadistes dits sunnites ont été instrumentalisés face au alaouites d’obédience chiite. En Irak, c’était l’inverse puisque la majorité était chiite. L’intervention contre Saddam le sunnite, en soulevant les populations chiites, sous couvert de recherche des ADM mais visant plutôt à s’approprier les richesses et le pétrole, a fait reculer cet Etat à l’âge de pierre. L’impérialisme alimente une guerre confessionnelle entre les chiites et les sunnites et l’une de nos sources, spécialiste belge du renseignement, nous a évoqué un plan d’extermination des chiites au Moyen-Orient. Qui fait le travail ? Les djihadistes takfiristes. En Algérie, les islamistes ayant échoué dans leur projet qu’ils ont voulu imposer à la population par les armes, les Occidentaux ont opté pour la méthode du soulèvement pacifique. Le Rachad, Zeraoui, Belladj préconisent le soulèvement pacifique comme ce fut le cas pour ces pays dévastés par cette catastrophe appelée «printemps arabe». Voilà pourquoi ils s’investissent au sud. La donne est toujours la même : faire tomber l’Etat et imposer les islamistes au pouvoir.
Une autre lecture qui se recoupe avec la précédente, les Occidentaux en pactisant avec les islamistes via ce deal macabre essaient d’acheter un simulacre de paix chez eux, d’où par exemple, les gesticulations d’une organisation «sharia for Belgium» qui fait des vagues et qui est tolérée par les autorités belges qui croient pouvoir la contrôler, alors même qu’elle a envoyé des mineurs en Syrie. Un jour, ces jeunes-là vont revenir et l’on devine la suite.

Pensez-vous, comme beaucoup d’analystes, qu’il existe des relations d’intérêts entre les salafistes et les sionistes ?

Il existe une relation stratégique entre les sionistes et les djihadistes takfiristes, qui paraît contre-nature à ceux qui ne sont pas avertis. Nous avons travaillé ce sujet avec des responsables du renseignement ici en Belgique qui nous ont informés de certains détails de cette alliance, notamment lors de l’assassinat de l’ingénieur iranien Houssam Khosh Navis, tué la nuit du 13 février dernier sur la route entre Damas et Beyrouth, alias le général Hassan Shateri. Cette alliance se traduit par un axe antichiite, anti-Iran et anti-Hezbollah, alliance dont la main armée est réprésentée par les djihadistes takfiristes. L’intérêt des sionistes dans ce cas de figure est quasiment vital, car cette alliance maintient la survie d’Israël au moment où les Arabes s’entretuent. Pour illuster mon propos, les pays qui sont issus de ce faux printemps arabe ont tourné le dos à la cause palestinienne et l’ont reléguée aux oubliettes, alors que lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les islamistes faisaient de la cause palestinienne le fer de lance de leur combat. Donc, connaissant la sensibilité des peuples arabes à ce sujet, ils ont fait un commerce électoraliste avec cette cause, et montrent à présent leur vrai visage.
Pour démontrer à quel point le sionisme et l’intégrisme islamiste sont stratégiquement liés et où l’alternative islamiste est imposée dans le monde arabe, évoquons par exemple cet éventail de personnalités qui gravitent autour de Barack Obama. Commençons par le nouveau chef de la CIA, John O. Brennan, converti au wahhabisme lorsqu’il était chef de station en Arabie Saoudite. Arif Ali-Khan : avocat musulman et professeur à l’Université de la Défense nationale, spécialisé dans la lutte antiterroriste. Après avoir été élu maire adjoint de Los Angeles, il a été nommé secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure en 2009 par Obama. Il a été conseiller d’Obama et chargé du dossier des Etats musulmans. Fondateur de l’Organisation mondiale islamique (ramification de l’Organisation mondiale des Frères musulmans), c’est lui qui a assuré les liens et les négociations avec les mouvements islamistes avant et après le «printemps arabe». Mohamed Elibiary (alias le «qutbiste» pour son fanatisme à l’égard des idées de Sayed Qutb) est un membre éminent des Frères musulmans aux Etats-Unis. Diplômé en management et en ingénierie réseau, il a été directeur de la section de Houston au Council on American Islamic Relations (CAIR), vitrine des Frères musulmans aux USA. Il a rédigé le discours d’Obama appelant Hosni Moubarak à quitter le pouvoir. Rached Hussein, né en 1978 dans le Wyoming, est un avocat d’origine indo-pakistanaise et un membre secret des Frères musulmans. En juin 2002, il a participé à la Conférence annuelle de l’American Muslim Council, anciennement dirigée par Abdurrahmane Alamoudi, qui a été condamné pour financement de terrorisme. Il a aussi participé au comité organisateur du Critical Islamic Reflection, aux côtés de grandes figures des Frères musulmans aux Etats-Unis, telles que Jamal Barzinji, Hichem Al-Talib et Yacoub Mirza. Après avoir rejoint l’équipe électorale d’Obama, ce dernier l’a nommé en janvier 2009 conseiller juridique à la Maison-Blanche. Barak Hussein Obama l’a chargé de la rédaction de ses discours sur la politique étrangère. En 2009, c’est Rached Hussein qui a rédigé le discours d’Obama au Caire. Salem El-Marayati est un américain d’adoption né en Irak. Il est actuellement directeur exécutif de la Muslim Public Affairs Council (MPAC), une organisation islamique créée en 1986 par des Frères musulmans. Il a été nominé en 2002 pour travailler avec la National Security Agency. Les soupçons qui ont pesé sur la MPAC dans la campagne sécuritaire post-11 septembre 2001, n’ont pas empêché El-Marayati de s’approcher des néoconservateurs, puis des démocrates au sein de l’équipe d’Obama. Mohamed Majid, né dans le nord du Soudan en 1965, est le fils de l’ancien mufti du Soudan. Il a émigré aux Etats-Unis en 1987. Après des études complémentaires, il a été enseignant à l’Université de Howard en 1997, spécialiste de l’exégèse coranique. Membre des Frères musulmans, il a été très influent auprès des communautés musulmanes nord américaines. En tant qu’avocat occasionnel, il a été un militant farouche pour la criminalisation de toute diffamation de l’islam. Ayant soutenu la candidature d’Obama aux élections présidentielles, ce dernier lui a confié plusieurs missions associatives de type communautaristes. En 2011, il l’a nommé conseiller au Department of Homeland Security (DHS) pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. Il est actuellement conseiller du Federal Bureau of Investigation (FBI) ainsi que d’autres organismes fédéraux. Eboo Patel est musulman américain d’origine indienne. Il a fait ses études en sociologie dans l’Illinois à Urbana-Champaign. Etudiant, il a été activiste islamiste auprès des musulmans originaires de l’Inde, de Sri Lanka et d’Afrique du Sud. Grâce à des fonds de la Fondation Ford, il est l’initiateur de IFYC en 2002. Frère musulman et ami très proche de Hani Ramadan, il est membre du Comité consultatif religieux du Council on Foreign Relations. Il a été aussi très proche de Siraj Wahhaj, un Frère musulman américain célèbre. Il est actuellement consultant au Département de la Sécurité Intérieure américaine et membre du conseil Barack Obama’s Advisory. Huma Mahmoud Abidin a joué un rôle majeur auprès d’Hillary Clinton au début du «printemps arabe». Avant de rejoindre l’équipe électorale de Madame Clinton, elle était dans l’ancien entourage associatif et communautariste de Barack Obama. Pour montrer patte blanche au président, Hillary Clinton l’a intégrée parmi ses plus proches collaborateurs. Née en 1976, de père indien et de mère pakistanaise, elle a grandi et fait ses études au pays du wahhabisme, l’Arabie Saoudite, où ses parents travaillaient. Lors des primaires démocrates de 2008, elle a été l’assistante personnelle d’Hillary Clinton. Elle est mariée à Anthony David Weiner, membre du Parti Démocrate et élu de New York. Comment peut-on appréhender le fait que des wahhabites déclarés occupent des postes-clés dans l’administration américaine ? Le sionisme se nourrit des salafistes et vice-versa. Ils sont leur alibi d’existence. L’influence de l’organisation sioniste AIPAC sur toutes les administrations américaines n’est un secret pour personne, donc l’alliance incontournable entre l’islamisme et le sionisme et les répercussions qu’elle entraîne se font sentir dans le monde arabe actuellement sous la botte des islamistes, dans un chaos quasi-total.

Interview réalisée par M. Aït Amara

Interview publiée dans Algeriepatriotique le 11/04/2013

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