La mise en garde du président Bouteflika et les défis de l’Algérie de demain

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Le président Bouteflika LNR D.R.

À l’occasion de la fête de la femme, le président de la République a appelé à une vaste campagne d’information contre le « je-m’en-foutisme », les «  kheliha takhlaa » et autres fléaux qui dévastent notre pays. Il affirme que l’Algérie n’est pas à l’abri des conspirations et des complots qui peuvent lui tomber sur la tète. Le président  de la République vient ainsi de confirmer ce qu’on n’arrête pas de dire : l’Algérie fait face à une menace sur toutes ces frontières, et jamais une déstabilisation générale n’a été aussi dangereuse. La manifestation du sud, exactement à Ouargla, et qui n’a rien de spontané, vient à point nommé nous prouver que notre pays est une cible permanente. Comment en effet expliquer cette effervescence dans le sud alors qu’au nord les Algériens sont tributaires des mêmes problèmes ? La seule explication valable est que des forces ont misé pour avoir la peau de l’Algérie par sa porte sud, c’est une évidence. Ce qui ce passe au nord Mali et auparavant en Lybie, n’est pas innocent. Les ONG présentes au sud algérien vont finir par faire leur beurre après l’attaque organisée de Tiguentourine où elles ont échoué. Voilà donc qu’elles optent pour un nouveau modus operandi : le soulèvement des populations du sud et la sécession du pays comme ce fut le cas pour le Soudan.

Notre ministre de l’Intérieur doit prendre ces mouvements très au sérieux au lieu d’offrir des agréments à volonté à des partis qui viendraient rejoindre la cohorte des morts-vivants politiques. L’Algérie na pas besoin de partis politiques, elle a besoin de vision stratégique claire, de vivacité à tous les niveaux pour combattre la mort chronique de tout ce qui est politique et économique. Ceux de la bourgeoisie compradore ayant pillé et souillé la réputation de notre pays convergent avec ces ONG et ces agitateurs qui vont parvenir à semer le vent de la discorde dans notre pays. Quant à cette presse aussi corrompue que le paysage politique national et qui veut que les présidents s’élisent dans les rédactions, elle est totalement hors circuit. La trahison de la presse est aussi néfaste que celle des irresponsables pourris qui se nichent dans les administrations et sa plume aussi funeste que les traitres tout azimut de la nation. Que vaut la presse sans l’argent de la publicité ? Cette presse médiocre et corrompue a perdu toute crédibilité et a raté l’occasion d’être à l’avant-garde du combat pour offrir un horizon plus prometteur à notre peuple. Au lieu de cela, des petits vendeurs d’encre sympathique se prennent au sérieux en jouant avec le feu et en alimentant tout ce qui est pernicieux chez nous. Ces charlatans ont oublié qu’ils roulent pour le capital national ou compradore, alors, qu’ils mangent et boivent mais qu’ils musellent leur haine viscérale ! L’alliance de l’argent et de la plume est une catastrophe nationale en soi. Nous savons tous que le système capitaliste mondial est corrupteur. Certains journaux ne déclarent même pas leurs journalistes à la Sécurité sociale, les laissant dans une précarité totale. Que les journaux qui se targuent d’être les chantres de la liberté d’expression à tout crin commencent par payer leurs dettes colossales à l’Etat. J’ai vu des « Unes » pleurer Hugo Chavez en prétendant qu’il avait sauvé Sonatrach : mensonge ! Ils ont oublié que c’est l’Algérie qui a sauvé le pouvoir de Chavez lors de la crise pétrolière entre le Venezuela et les USA en 2002. Chavez était certes un ami de l’Algérie et mes propos n’enlèvent rien à son mérite d’avoir mis en place une politique sociale dans son pays, mais en faire un messie, c’est trop. Il n’y a pas de messie et nous avons nos propres héros sans devoir aller en chercher ailleurs.

Le message du président de la République vient nous rappeler que si les Algériens dorment sur leurs lauriers, n’importe quoi peut leur tomber sur la tète et le réveil risque d’être douloureux. Si peuple est amorphe, les responsables politiques qui défraient la chronique judiciaire ne sont pas à la hauteur de la tâche, bien au contraire, ils enfoncent notre pays dans des abysses de la mauvaise gestion. La friperie est finie ! Les commerces à la con, les manifestations de tout ce qui est irresponsable chez nous, nous perdront. Le changement ne viendra pas des gens liés à des organisations qui ont déstabilisé toute la planète ! Le statu quo est improductif et il ne sert à rien de se voiler la face, il faut au contraire affronter cette situation d’impasse où la corruption règne en maitre et où des maitres marionnettistes offrent à des enfants du sud un mirage plein d’oasis resplendissantes. Les mouvements associatifs et les partis politiques triomphent par une stérilité jamais égalée depuis le mouvement national. Sommes-nous face à une fin de cycle ou à la fin d’une ère ? En tout cas, tout doit changer chez nous et le président Bouteflika vient de nous mettre en garde. L’époque de la vache à traire est révolue et il faut combattre dans la réalité du terrain tous ces fléaux, tels le régionalisme qui nourrit les mouvements du sud, le clientélisme et le laisser-aller dans les administrations. C’est vital pour l’Algérie ! On ne doit pas combattre la corruption seulement dans les rédactions des journaux, ce doit être la tâche de chaque Algérien patriote, à tous les niveaux, et j’exclus  de la donne les gens qui ont choisi la traitrise en se précipitant corps et âme dans les bras des forces étrangères au chant mielleux qui n’ont jamais arrêté leur guerre contre l’Algérie.

À l’aube de l’élection présidentielle de 2014, de faux dévots se voient déjà en tête d’affiche et je porte la responsabilité toute entière en disant que nous sommes tous responsables de cette désertification politique qui a débouché vers une catastrophe économique et sociale. Néanmoins, je ne partage pas la responsabilité du pillage de mon pays par une bande de gangsters en col blanc qui ont une banque à la place d’une patrie. Je n’ai pas grappillé dans la mangeoire comme vous et vos progénitures et, de ce fait, je reste un patriote qui crie haut et fort ce qu’il pense. Dieu merci, je n’ai rien reçu de mon propre pays sauf les larmes et le regret de le voir saigner par des traitres de tous bords qui ont vendu le sang d’Ali la Pointe à Wall Street. Quel honneur vous reste-t-il désormais ? L’Algérie est trop grande pour vous. Arrêtez vos manigances ! Le peuple algérien vous connait bien mieux que vous n’imaginez. À ceux qui prétendent êtres des candidats meilleurs que d’autres alors qu’ils nous ont montré le contraire durant leur exercice du pouvoir, nous leur disons : taisez-vous et réglez vos comptes à OK Corral, pas en Algérie. Et veuillez rembourser au peuple vos factures de mauvaise gestion et surtout de trahison ! On ne vous demande pas de solution, juste de nous offrir le loisir de vous oublier. C’est un cadeau très précieux que vous pourriez nous faire à l’occasion du 19 mars, journée de la victoire. Vous n’êtes indispensables qu’à vous-mêmes et votre ambition ne connaît aucune limite, pas même celle d’un cloporte qui s’est pris au sérieux.  Messieurs les politicards, oubliez-nous car nous allons voter pour les abeilles et le vent, la mer et la pluie, qui eux au moins sont utiles, contrairement à vous, ventriloques sans vergogne. « Aach man araf kadrou » comme l’a bien dit le président, ce qui constitue une véritable synthèse destinée à tous ces danseurs du ventre qui postulent pour être des projets d’échec, n’aspirant qu’à changer leur vie et celle de leurs héritiers en occultant le fait que les loges qui les attendent avec impatience ne figurent certainement pas dans la grande histoire mais dans les poubelles et les égouts, si l’on arrive à leur trouver une place bien sûr.

Si nous avons triomphé à Tiguentourine face à des barbares liés au terrorisme international, c’est grâce à la sève courageuse et ancestrale de notre peuple et de nos soldats de l’ANP, dignes héritiers de notre glorieuse ALN. Comment peut-on aujourd’hui combattre nos propres enfants qui se vendent à n’importe qui ? Les autorités du pays ne doivent pas fermer les yeux sur ce problème et ce ne sont pas des retouches administratives qui vont mettre en échec les larbins de Freedom House et de Canvas. Tout le monde sait que ces ONG sont liées à la CIA, et ignorer ou occulter leur degré de nocivité s’avère très dangereux. Ce qui est intrigant, c’est que tous les ennemis de l’Algérie se sont manifestés avec une rapidité impressionnante, profitant du flottement et des errements de la classe politique et associative combinés à un remarquable regain des attaques du potentiel économique de notre pays. Le sud algérien vit désormais à l’heure de Canvas et autre agenda occulte international au moment où la stérilité caractérise tous les partis politiques et toutes les associations qui ne sont même pas foutus de justifier les subsides attribués par l’Etat. Il a fallu attendre un message présidentiel au moment où tous les politiques chez nous ont failli à leur mission, préférant vider les caisses de l’Etat. Que faire ? disait Lénine…

Les ennemis de ma patrie sont tellement nombreux et leurs agressions multiples et inépuisables : ceux de l’intérieur liés à ceux de l’extérieur, les usurpateurs qui n’auront de cesse que lorsque l’Algérie sera brisée. Comment résister à une cohorte d’intérêts qui convergent comme avant, pour anéantir notre pays ? Il faut vraiment nous ressourcer dans notre histoire lointaine et récente pour mettre en échec tous ces monstres qui veulent casser, diviser notre pays. Ce n’est pas une vue de l’esprit, le danger est là et il est immédiat ! Je vous propose qu’au lieu de nous endormir dans une autosuffisance funeste, il faut un réveil de choc. Qui nous donne la garantie qu’après la Syrie, notre tour ne viendra pas ? L’émir du Qatar l’a dit, notre tour viendra. Alors affûtons nos armes, celles du savoir, celles du courage, et mobilisons notre peuple pour l’avenir de ses enfants au lieu de faire du bizness ou de produire et reproduire l’économie de bazar et l’échec progressif.

La première chose à faire, c’est de se réveiller de cette longue léthargie et d’arrêter avec la politique de l’import-import. Ensuite – et je le redis – briser les reins de la bourgeoisie compradore qui a ruiné le pays et qui offre des couteaux aiguisés à nos ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. Il faut aussi assainir les administrations de notre pays de tous les parasites « je-m’en-foutistes » et régionalistes. Le président nous a donné le signal du commencement d’une nouvelle ère où chacun doit être mobilisable, car c’est de cela que dépendra l’avenir du pays. Il n’y a plus lieu de s’attarder dans notre sommeil ou de nous contenter de critiquer sans apporter des projets comme savent si bien le faire les champions des mirages, les vendeurs de rêves qui fabriquent les réalités à leur image et qui se sont goinfrés comme tout le monde grâce à l’Etat Providence. La survie de l’Algérie dans cette zone de tempête, voire de typhon, doit être l’œuvre de son peuple et de chacun de nous à son niveau. Ceux qui ont bouffé nos potentiels sont bien loin dans leurs palais et s’en foutent ! Au pire, ils se casseront vers d’autres rivages. Je prends au mot le président : les maux de notre pays sont tellement profonds que ce ne sont pas des gamins du sud roulant pour des ONG vénéneuses qui vont nous montrer le chemin. Notre responsabilité est collective face à ces bandes de traitres et à ces responsables vendus, porte-voix de la bourgeoisie compradore. Le peuple algérien qui a souffert de tant de maux et qui a su résister à toutes les tempêtes, doit éradiquer les terroristes économiques et politiques qui ne nous ont ramené que la ruine. Encore une fois, le peuple algérien est appelé à assumer son rôle de bâtisseur. N’oublions pas que notre force provient de notre histoire, de Jugurtha à Ben M’Hidi, et du fondateur de la nation algérienne, l’émir Abdelkader.

Pour comprendre un peuple, il faut partager ses peines et ses souffrances. Certains de nos politiciens corrompus oubliant le serment fait aux martyrs en privilégiant leurs familles et leur carrière, à l’image de ces deux responsables du scandale de Sonatrach cités dans toute la presse européenne et dont je ne veux même pas écrire les noms tant ils me paraissent abjects, vivent dans le déni de leurs méfaits. Pour le peuple algérien, ils sont semblables à ces terroristes qui ensanglantaient notre terre et ils ne pourront pas toujours fuir leur image de traitres. Une fois de plus et par la voix de notre président, nous sommes appelés à un sursaut patriotique et à brandir le fer, comme nos ancêtres, devant l’ignominie des félons de notre nation, au moment où de jeunes soldats de l’ANP traquent la bête terroriste à travers tout le pays au péril de leur vie. Certains responsables continuent de jouer au poker avec la stabilité de notre pays. Arrêtons ce jeu de dupes et que celui qui a des liens avec le capital international ou avec le Qatar ou les Français dégage bien loin de notre vue. Notre destin est de combattre la vermine là où elle se trouve. Arrêtons de vendre notre monnaie dans les rues, arrêtons de vendre la friperie, arrêtons cette mascarade d’agréer des partis et associations qui ne servent à rien, commençons une nouvelle étape en éduquant nos enfants dans nos familles et nos écoles, offrons-leur une vision claire et non de la brume et du brouillard qui ne peuvent nous amener que bruit et fureur. Ce n’est pas le moment de dire « dazou maahoum » ! L’heure est au choix difficile pour survivre aux tornades qui vont se présenter à nous. Ce 14 mars est-t-il le prolongement de la grande attaque du sud algérien où la France, selon son habitude, nous envoie des terroristes en tous genres ? Des vendus Tahar Belabes et Yacine Zaid au Borgne, c’est la même substance, celle de la division, du séparatisme, leur combat est le même ; rien de moins que briser la souveraineté de notre patrie ! Le Sahara algérien est l’objet de toutes les convoitises et la façon dont les impérialistes savent attendre leur heure est impressionnante. Je ne serais même pas étonné que l’affaire Sonatrach soit une manipulation de plus destinée à faire échouer nos efforts incessants pour une Algérie meilleure. Car, pourquoi ce timing précis ? Pourquoi ce prolongement au sein de la population du sud ? J’ai l’impression très nette que l’agenda raté à Tiguentourine, ils veulent le faire aboutir maintenant. Les jeux et les enjeux sont ouverts et vos pions sont à découvert, Mesdames  et Messieurs. Ce qui se cache derrière le rideau infect du capital et ses supports dépasse de loin notre imagination de patriotes avertis et pour ceux qui doutent, l’histoire de l’Irak, du Soudan, de la Libye est devant vos yeux myopes. Ne vous croyez pas à l’abri, la machine capitaliste est en marche et elle est sans pitié. Si hier, ils négociaient avec nous le 51/49, demain ils vont prendre ce qu’ils veulent car la conjoncture de délabrement total est omniprésente. On va leur offrir notre patrie, si cela continue comme ça ! L’Algérie entière sera bradée à des marchands de canons et le message de nos martyrs sera définitivement trahi. La justice sociale d’hier deviendra esclavage demain, l’Histoire pouvant régresser comme elle peut être progressive. En tout cas, le message du président tombe à pic pour nous interpeller sur des dangers dont nous vous avons avertis. Si l’on continue dans ce statu quo et cette mort lente à tous les niveaux, nous allons disparaitre comme les peuples voisins qui n’ont pas trouvé de boussole pour leur montrer le chemin à suivre. L’Histoire ne fait pas de cadeau et nul n’est à l’abri si demain notre vache à lait, ciblée par des terroristes et des mafieux terroristes, subit les assauts du séparatisme de ces groupuscules du sud qui veulent casser l’Algérie en plusieurs morceaux à l’image du Soudan. Je vous le dis, il ne vous restera qu’à pleurer comme l’a fait le dernier  roi d’Andalousie devant sa chère maman. Le peuple algérien est à un tournant majeur où il va devoir choisir : soit un Renouveau progressiste, soit un séparatisme meurtrier qui marquera la fin de l’épopée algérienne sacrifiée par la trahison de ses fils indignes qui ont renié le serment de novembre.

Quand le chat et la souris vivent en bonne intelligence, les provisions en souffrent (proverbe algérien)

Mohsen Abdelmoumen

Article publié dans La Nouvelle République le 18/03/2013

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