On ne fait pas l’Histoire dans un hammam

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Les jeunes Algériens ne succomberont pas aux chants de sirènes LNR D.R.

L’observatoire géopolitique britannique Stratrisks (Observing The Grand Geopolitical Game of Risk) lié aux divers organismes tels que (Think Tank Directory And Ratings): HKS (Harvard Kennedy School of Government), FPRI (Foreign Policy Research Institute), TTCSP (think Tanks And Civil Societies Program *Ratings*, dont le programme est “Helping to bridge the gap between knowledge and policy”), publie deux articles, l’un daté du 22/01/2013 “Algeria’s Brutal DRS Intelligence Agency : The Nation’s Real Power ?” et l’autre “Arab Spring’ winds blow on Algeria from desert”, paru ce 15 mars 2013.

Le premier article compare la longévité à la tête du DRS du Général Mediene, dit Toufik, à celle d’Heinrich Himmler le nazi et à celle de Hendrik van der Bergh des services de l’Afrique du Sud pendant l’apartheid, ainsi que Beria et d’autres. Cet article qui baigne dans le « qui tue qui » en n’hésitant pas à nous ressortir les vieux démons de la manipulation et en versant dans l’insulte contre un patriote qui a servi son pays, implique les services algériens dans la création du GIA et porte d’autres accusations très graves contre nos services et notre armée. Il en résulte que les islamistes sont blanchis de leurs innombrables crimes contre notre peuple qui connaît bien son ennemi, lui. Nous plongeons dans le délire des Occidentaux qui ont soutenu, armé (et continuent à le faire) les islamistes, quitte à déstabiliser et à anéantir des nations. Rappelons tout de même que, contournant le droit international, même s’il est factice et ne sert que le capital, la France et la Grande Bretagne ont décidé ces jours-ci  d’armer les terroristes qui brûlent, saccagent et pillent la Syrie.  Ainsi, John R. Schindler, le professeur d’affaires de sécurité nationale à l’École militaire navale américaine, a écrit explicitement dans l’Intérêt national : « en bref, le GIA était la création des docteurs« . Il a expliqué qu’en apprenant les méthodes d’intelligence et de contre-espionnage du KGB soviétique, le DRS a formé des groupes comme le GIA pour créer l’impression en grande partie fausse que les extrémistes islamistes ont constitué une menace à la stabilité du pays et à la sécurité, justifiant ainsi l’existence du réseau d’intelligence. Il ajoute : « La plupart des opérations majeures du GIA étaient les ouvrages du DRS, y compris la vague en 1995 d’attentats à la bombe en France. Certains des massacres les plus tristement célèbres des civils ont été commis par des unités spéciales militaires se faisant passer pour des moudjahiddin, ou par des équipes GIA sous le contrôle du DRS. »

 Venant de la part des Etats-Unis qui ont créé Abou Ghraib et Guantanamo, sans parler des massacres du Guatemala jusqu’au Soudan en passant par l’Irak, le Vietnam, la Somalie et la plupart des pays d’Amérique latine, eux qui détiennent le championnat du monde du génocide, c’est le comble de l’hypocrisie. On les voit venir chez nous, la main sur le cœur, affirmer qu’ils veulent échanger nos expertises de la lutte anti terroriste, alors qu’ils salissent la colonne vertébrale de notre pays, en l’occurrence l’ANP et notre service de renseignements. La maladie chronique du « qui tue qui » que les Français leur ont transmise, sorte de VIH incurable ou d’encéphalopathie spongiforme, a encore de beaux jours devant elle, tout comme les fantasmes autour de la personnalité du chef du DRS qui continuent à alimenter l’hystérie obsessionnelle des responsables sécuritaires occidentaux, à l’image de Keenan, cet Anglais qui a cautionné « Londonistan » en plaidant la cause des djihadistes qui faisaient l’apologie du meurtre dans les quartiers de Londres. On suggère à ces Occidentaux de balayer devant leur porte et de garder leurs leçons pour eux. Le général Mediene est un patriote comme nous tous. Il a pris ses responsabilités quand tant d’autres ont fui ou se sont planqués par peur des égorgeurs islamistes. Je ne suis l’avocat de personne, seulement de la patrie ensanglantée de mes ancêtres et je m’insurge contre les calomnies portées à ces hommes qui ont sauvegardé l’intégrité territoriale de la nation. Car c’est ici que commence la tragédie algérienne et non dans une oasis du sud où elle a atterri.

Le second article daté du 15/03 est aussi intéressant dans la mesure où il nous parle du printemps arabe, qui, apparemment, va nous venir du sud algérien. Dans cette publication, on voit apparaître certains noms, comme celui du blogueur algérien Tarek Mammeri, ainsi que celui d’Abelmalek Aïbek, ce dernier ayant contacté cette organisation par téléphone. Aux stagiaires de la presse et aux frileux de la théorie du complot, pouvez-vous nous expliquer comment ces jeunes manifestants étaient en contact avec des organisations internationales pour le moins louches ? Difficile de l’admettre pour qui refuse de voir la vérité et s’obstine à fabriquer des mirages au sud dont l’illusion s’effacera avant la chute, à l’image d’un clown qui cru à ses farces. La question est la suivante : s’agit-il d’un complot ? Ce n’est certainement pas Caroline Fourest qui va nous dire oui, elle qui s’acharne sur les « complotistes » sans aucune argumentation. Et pourtant, Jules César n’a pas glissé sur une savonnette, le roi Claude n’a pas été foudroyé par un AVC, les six attentats contre Charles de Gaulle n’étaient pas le fruit de son imagination, l’affaire du Watergate n’avait rien d’une vue de l’esprit et, pour parler de l’Algérie, notre cher pays, qui a vu venir le coup de l’éventail ? On vous laisse aussi le loisir de croire que Larbi Ben M’Hidi s’est pendu avec les lambeaux de sa chemise (version officielle des paras français)… Ces quelques exemples nous démontrent que le processus de l’Histoire aussi scientifique soit-il, a été traversé de tous temps par des complots et des conspirations à faire bondir les morts. J’invite donc le président de Jil Jadid, ce parti microscopique qui n’a rien de novateur, ainsi que son ami Boukrouh, ministre devenu affairiste, dénoncé dans un quotidien national par un membre de la famille de Malek Bennabi pour le détournement de ses travaux et autres, et qui ont grignoté à tous les râteliers, d’aller s’installer à Gao. Il pourra nous donner des infos bien précises de là-bas.

Revenons donc à nos chameaux qui apparemment nous annoncent une nouvelle manifestation à Djelfa, initiée par un type qui a flirté avec tout ce qui rapporte. Par dégoût, je ne citerai pas son nom mais je suis sûr qu’il se reconnaîtra. Il est bon de savoir que cet individu a exercé par le passé un chantage auprès des directeurs d’exécutif de la wilaya de Djelfa afin qu’ils lui octroient des privilèges, que ce soient lignes de transport, lot de terrain, etc. sous peine de les traîner dans la boue via la presse dont il est correspondant et son organisation des « droits de l’homme ». Figurent aussi dans ce panier de crabes Tahar Belabès, lié à l’organisation « Alkarama » basée en Suisse et financée par le Qatar, et bien évidemment la vedette, Yacine Zaid, l’agent de sécurité devenu le nouveau Ferhat Abbas d’une Algérie grabataire et déclinante. L’Histoire ne retiendra pas le nom des agitateurs professionnels ou de ces personnages qui, pareils à la fable de La Fontaine, ne sont que des crapauds qui se prennent pour des bœufs. Plus dure sera la chute… Attention ! Si vous, patriotes, prononcez un mot contre ces gens-là, vous êtes taxés de complotisme, car chacun sait que le chameau est innocent du sang de la brebis. On a vu une presse s’extasier sur le fait que le nom de la place de Ouargla, place de l’ALN, a été remplacé par celui de « place Tahrir », et que cette « millionia » se réfère à la place du Caire, symbole du printemps des frères musulmans, alliés inconditionnels de l’OTAN, dont le million de manifestants a renversé le pouvoir du président Moubarak. Est-ce que ces manifestants – « spontanés », n’en doutons pas – viseraient la destitution du président Bouteflika ? Bien évidemment ! Belabès ne s’en cache plus : il veut, ni plus ni moins, faire tomber le système (voir l’édition de Liberté de ce 17 mars). Expliquez-nous cela, Messieurs les éditorialistes, et vos stagiaires aussi ! Quel est ce langage étrange qui a commencé à germer en ces premiers signes du printemps, par un nom qui n’est autre que « place Tahrir » ?! J’ai lu certains éditorialistes comparer ces jeunes du sud au groupe des 22 ! Je n’ai pourtant pas vu de Benboulaïd ni de Ben M’Hidi dans leurs rangs. Ce même éditorialiste dont je ne garde qu’un seul souvenir, lors d’un évènement dans un hôtel luxueux d’Alger, lorsqu’il a englouti tous les baklawas. Il est heureux que les assiettes aient échappé à sa voracité, lui qui réclame son dû quasi quotidiennement, celui issu de l’argent sale et de la rente. A défaut d’avoir sa rente pétrolière, il s’est acharné sur les baklawas.

Toute la presse s’extasie sur le patriotisme de ces manifestations du sud menées par des jeunes qui ne demandent que leur part de la rente et pas plus, disent-ils ouvertement. J’en déduis qu’ils revendiquent d’être servis et n’envisagent aucunement de servir leurs pays, ce qui n’est pas glorieux en soi, avouons-le. Voilà où se trouve le décalage qualitatif entre la nouvelle génération qui exige d’être servie et l’ancienne génération qui s’est dévouée au pays dans l’humilité et le sacrifice, et mes pensées vont à Ali la Pointe et Ben M’Hidi. L’Algérie d’aujourd’hui peut-elle encore produire des hommes d’une telle envergure ? A l’évidence, non. S’il n’y a pas de conflit de générations à proprement parler, le constat est très amer : on assiste à l’échec total de tous nos efforts de décolonisation et de reconstruction du pays. La presse se confine dans une cécité qui n’a d’égale que le fait qu’elle ne paie pas ses dettes à l’Etat, ce qui a permis la naissance des milliardaires patrons de presse qui n’ont rien à envier à Rupert Murdoch et dont l’un d’entre eux s’est converti à l’import-import de pois chiches, nous gavant de lettres via un canard boiteux en pleurnichant être victime d’un « complot » (tiens ! lui aussi ?) en 2004. Voyons… Ce personnage a oublié sans doute qu’il a seulement choisi son camp lors de la présidentielle de 2004 et que, malheureusement pour lui, ce ne n’était pas le bon camp. Sa boussole ne lui a pas indiqué le nord, lui qui se considère comme l’un des dinosaures de la presse. Souhaitons-lui d’échapper à la chute de Jurassic Park ! Dans cette presse, peut-être par manque de maturité ou par délit de copinage et de proximité avec du personnel politique corrompu – et je défie les journalistes vedettes de m’apporter la preuve qu’ils n’ont pas reçu soit des chèques, soit des maisons, qu’ils n’ont jamais habité dans des hôtels à la charge de l’Etat sous prétexte qu’ils étaient menacés – certains sentent le vent du sud, d’autres, à la manière de Jeanne d’Arc, entendent des voix de Kabylie et demain de Djelfa ou Laghouat. Nous, nous nous basons sur les faits, rien que les faits. L’un des animateurs du mouvement du sud a déclaré qu’ils sont les colonisés du sud, rien de moins. Yacine Zaïd, auquel vous donnez le titre de chantre de la démocratie et des droits de l’homme, peut-il nous attester que ce n’est pas sa vidéo sur Youtube où il déclare que l’indépendance de l’Algérie n’a servi à rien ? Peut-il nous dire si nous avons des troubles de vision en le voyant sur le site de Front Line Defenders de l’escroc Denis O’Brien ? Tahar Belabès peut-il nous affirmer qu’il n’a rien à voir avec l’organisation Alkarama du Qatar basée en Suisse, comme d’ailleurs le fondateur de Rachad, Mourad Dehina ? Et, comble du comble, comment se fait-il que Mohamed Lamine Bencheneb, l’un des terroristes mort dans l’assaut de Tiguentourine, soit issu du mouvement de la jeunesse du sud (MSJ) ? Il est tout aussi intrigant de voir le nom de CNDCC nous rappeler celui du CNCD de Saïd Samedi.

Alors, des recoupements judicieux nous ramènent à une lecture qui contredit l’effervescence au sein des rédactions prétendant que les revendications des jeunes du sud sont légitimes : brandir le drapeau national en chantant l’hymne national n’en fait pas des patriotes ! Je ne vois pour ma part aucune légitimité à ce mouvement dans la mesure où au nord du pays, j’ai vu des jeunes qui souffraient bien plus que ceux du sud mais qui n’ont jamais joué avec des organisations fantoches au péril de perdre tout le pays. Ce n’est rien d’autre qu’un chantage auquel se livrent ces jeunes effrontés du sud à l’égard du pouvoir politique, exigeant le partage de la rente issue de la richesse sous leurs pieds en menaçant de faire péter le pays ! il est tout de même impressionnant de constater que des jeunes qui n’ont aucun parcours politique, qui sont pour la plupart des agents de sécurité en fin de contrat, demandent à négocier avec le pouvoir « réel » en Algérie, cette terminologie étant d’autant plus étrange que l’article concernant le chef du DRS cité plus haut évoque lui aussi le pouvoir « réel ».  Peuvent-ils nous informer sur leurs liens « réels » avec les organisations citées en début d’article, et venir nous contredire le cas échéant, nous les pauvres égarés, qui voyons la main étrangère partout alors que le monde est une oasis de prospérité et de paix à l’image de la Libye, du nord Mali, de la Syrie ou de l’Egypte ? Un seul parti politique a déclaré que Canvas et Freedom House se cachaient derrière tout ce qui se passe au sud, et nous, nous disons que si l’Etat persiste dans son rafistolage, soit par le biais de la presse, soit par des mesurettes qui ne mènent à rien face à l’ogre impérialiste qui veut notre Sahara coûte que coûte – et à cette fin tous les moyens lui sont bons – l’Algérie sera perdue à jamais.

Je constate médusé l’affolement et la fébrilité des journaleux algériens qui n’ont pas encore justifié  la dot du sang que l’on doit à des Braves morts pour notre droit d’expression et qu’ils ont dilués dans leur encre sympathique, et qu’à défaut de faire la révolution, on se met à clamer que le printemps est pour bientôt, comme le dit l’organisme britannique qui roule pour les services anglais et américains. Il est vrai que l’on a atteint un degré d’analphabétisme chronique dont je ne prenais pas la mesure puisque je me suis éloigné de mon plein gré de ce panier de crabes financé par soit le capital national soit la bourgeoisie compradore et qui nous offre en guise de perspective, le printemps de l’Otan.  Que c’est agréable de nager à contre-courant de la bêtise humaine, celle qui a produit l’importateur de pois chiches et son copain, celui qui se réclame de Boumediene et qui oublie que Boumediene n’a pas laissé de patrimoine ni de 4×4 à sa famille. Les preuves, Messieurs, rien que les preuves que vous n’êtes pas corrompus, comme la classe politique est corrompue, comme ce mouvement du sud est corrompu, comme le mouvement des Arouch était corrompu, comme la presse qui se gave à longueur de journée des milliards de l’Etat tout en jouant les vierges effarouchées et en rêvant du vent du sud ! Nous avons tous échoué, sans exception ! Et ce n’est pas la peine de vous planquer derrière quelques jeunes manipulés et liés au capitalisme international, comme l’ont été les adeptes de la place Tahrir, Bengazi et autres. Peut-être allez-vous rebaptiser Djelfa par Sidi Bouzid ? Sauf que les immolations ne sont plus à la mode pour l’instant, on préfère gueuler sans risque dans les rues du sud en étant protégé par les forces de l’ordre et pratiquer un chantage dégradant. Pour l’histoire, on a rarement évoqué le sud algérien dans la grande épopée de la révolution. Est-ce un oubli ou seulement parce que cette région n’a pas connu les zones interdites et les opérations militaires gigantesques telles  que « jumelle » ou « gerboise » ou « pierre précieuse » ? Et si des spécialistes de la kefta veulent nous contredire, qu’ils soient les bienvenus, ils nous expliqueront le rôle périphérique ou inexistant de la zone sud durant la révolution. Parlons donc du mérite des uns et des autres sans tabou.

La presse, désireuse de faire élire les présidents dans ses rédactions composées essentiellement de stagiaires et de rentiers, est complice comme toujours des processus biaisés de la démocratisation de la société. Elle l’a été en Tunisie et en Egypte, en Libye, et la voilà qui reproduit le même schéma d’échec en Algérie, sorte de mur des lamentations qui prend forme du côté de l’axe Ouargla-Djelfa-Laghouat. Au lieu des séances d’extase générale dans vos rédactions où les journalistes sont mal payés, je vous propose des saunas pour dégraisser vos gros bides, et ensuite de vous réunir pour pleurer le sort de notre nation en formant une grande chorale allant du nord au sud, en hommage à tous nos acquis nationaux. Parce que ces énergumènes qui veulent être aujourd’hui les interlocuteurs du pouvoir « réel », en l’occurrence le président et les services de sécurité, ne sont ni des Ferhat Abbas ni des Lamine Debaghine, ce sont vos illusions que vous voyez à travers ces jeunes manipulés par des organisations internationales dans le but de briser l’Algérie cette fois par sa porte sud, et ça a commencé à Tiguentourine. Quand il y a un doute, il n’y a pas de doute ! Continuez à manger vos méchouis et vos baklawas, et quand vous aurez pris vos viagras, n’oubliez pas de penser que ça redresse au sud. Nous, nous maintenons le fait que l’Algérie est gangrénée par l’ennemi intérieur, la bourgeoisie compradore, qui est l’alibi d’intervention du capital international représenté par l’Otan. Il n’est nullement besoin d’être Galilée pour démontrer que la terre est ronde. On attaque nos services de renseignement et leur chef, en les accablant d’avoir massacré le peuple pendant les années noires de la tragédie nationale, on essaie de salir l’honneur de l’ANP en dépit de ce que vous prétendez, vous les agents et les petites frappes au service des capitalistes de l’intérieur comme de l’extérieur, et nous, patriotes, en nous appuyant sur des preuves venant de ces centres de recherches et think tanks qui prévoient que l’Algérie va subir son printemps bientôt, nous n’éprouvons aucun complexe à vous demander haut et fort : « Comment avez-vous pu tomber aussi bas, vous et votre autosuffisante et nombriliste pratique du journalisme, qui vous pousse à écrire ce que votre rédacteur en chef et les actionnaires de vos journaux veulent lire? « . Vous êtes des tubes digestifs qui bouffez l’argent de l’Etat en applaudissant son anéantissement en direct sur Al Jazeera, et ce n’est pas le mangeur de baklawas qui va me contredire, lui qui réclame une place à l’hôpital Drid Hocine (ex-Joinville). Nous l’informons que les patients là-bas ont signé une pétition pour contrer sa venue polluante dans leur petit paysage. La psychiatrie ne peut rien pour lui, qu’il se trouve un autre service médical. Laissons Franz Fanon reposer en paix. La mode, on le sait, n’est pas de dire la vérité dans des canards, cette vérité qui fâche, qui déstabilise des intérêts occultes, sauf que moi, je parle en tant qu’homme intègre et j’ai vu d’autres gens intègres au nord du pays qui restent vigilants à tout ce qui touche à la souveraineté de notre patrie, alors même qu’on a rien dans la poche et rien dans le ventre, ce qui vous échappe bien sûr, et c’est cela la ligne de démarcation entre vous et nous. Nous sommes des patriotes libres et intègres, qui ont donné les années de leur jeunesse à cette patrie alors que vous nous exhibez des gens qui ne réclament au finish rien de mieux que de partager la rente pétrolière avec les mafieux en col blanc impliqués dans le scandale Sonatrach, BCR, autoroute est-ouest, et gageons que la liste va s’allonger sous peu. Or, vous nous dites qu’il y a un soulèvement d’un autre type, nous vous rappelons que la spontanéité n’a jamais existé et que celui qui compare Ben M’Hidi à ces minables vendus à Canvas et Freedom House est un traître à la nation. Notre discours ne plait pas parce qu’il n’est pas un discours de complaisance et se situe donc à l’opposé du vôtre. Si le pouvoir politique aujourd’hui accepte la surenchère de ces mercenaires du sud, demain il devra accepter leur diktat et celui de leurs maîtres, se soumettant au chantage de ces groupes par rapport à cette terre du sud dont les parents n’ont jamais été pour quoi que ce soit dans la libération, car les cinq wilayas de la révolution se situaient toutes au nord, pour rappel. Je constate que le régionalisme prend racine dans mon pays et qu’au lieu de l’éradiquer et de le vider de sa substance, on est en train de l’encourager parce que les politiques ont échoué. Nous vous demandons solennellement de nous contredire par des preuves tangibles et non pas par des supputations de journaleux ou de spécialistes à la « mords-moi le nœud » qui veulent nous faire croire que le cirque Amar va se reproduire au sud du pays. Cette triste comédie va se prolonger jusqu’au nord et il est probable que nous allons voir des lots de terrain, des magasins et des logements distribués comme dans une rachka de cabaret, comme on l’a vu avec le mouvement de Kabylie en 2001, où tout le monde est devenu raisonnable quand les responsables politiques ont sorti leur chéquier. Gageons que cela se reproduira bientôt et que le cirque ou la comedia del arte débouchera sur un partage de la rente. Quant aux journaleux qui ne trouveront pas de place à Drid Hocine, souhaitons-leur le silence des cimetières pour préserver leur dignité, ou plutôt ce qu’il en reste.

Peuple algérien, préparez-vous à une orgie ponctuelle de distribution massive de la rente pétrolière car celui qui ne l’aura pas cette fois devra attendre un prochain mouvement ! Je vous propose à tous, politicards épaves échouées sur une plage de désespoir et petits branleurs blogueurs farceurs qui pétez plus haut que le nez, une journée de lamentation générale pour pleurer les martyrs qui sont morts pour un honneur que vous avez vendu à l’encan. Le gouvernement qui s’empresse et qui gesticule pour sauver les meubles donne l’alibi à un mouvement de trahison historique au lieu d’être ferme avec ces négociants qui veulent rééditer le plan « pétrole contre tranquillité ». On ne cède pas au chantage ! Que c’est dur d’être patriote dans ces moments de déclin où l’on a oublié le sacrifice des martyrs et où l’on préfère chanter en chœur que le sud va sauver le nord. Voyez comme la terminologie sudiste-nordiste resurgit. On se croirait au Far West. D’autres mouvements suivront, ne vous en étonnez pas, ce n’est que le début.

Peut-on admettre que nos services de renseignement soient salis par des officines occidentales ? Peut-on accepter que des nébuleuses occultes qui servent des agendas internationaux nous montrent le nord juste pour perdre le sud ? Peut-on souffrir le séparatisme soit en Kabylie ou au sud ? Peut-on fermer les yeux sur la réalité du terrain et en créer une autre, virtuelle, dans les rédactions des journaux peuplées de goinfres dont le bide ressemble au mont Djurdjura ? Est-ce un hasard si la seule candidature à la présidentielle de 2014 nous vient d’un mec du sud et qui a lui aussi bâfré à la mangeoire et dont le programme se résume à mettre un civil à la tête de l’armée ? Tristesse et misère, vous nous envahissez de partout. Nous vivons un siège permanent de la médiocrité et l’Algérie n’a pas besoin d’acrobaties technocratiques. Pour ceux qui parlent de légitimité des revendications, je vous invite à aller voir dans ma région ces jeunes humbles qui souffrent et qui ont souffert comme moi-même de l’exclusion du chômage et de tous les maux de la terre mais qui sont restés patriotes, et qui donnent une leçon majeure à tous les spéculateurs qui ont le vent en poupe en ce moment. Mon article de presse n’est qu’un souffle venant de ces anonymes qui n’ont pas bradé leur pays et qui ont subi bien plus que vous imaginez, car en guise de perspective, on leur offrait le cercueil, alors que je vois des bloggeurs faire le tour du monde, eux que l’on appelle des militants « spontanés », « ordinaires », laissez-moi rire !

Mes propos dérangent l’establishment politico-médiatique qui veut nous faire croire à des choses qui n’existent pas, par faiblesse, par incapacité stratégique ou juste par une peur d’un lendemain printanier qui ne ramène pas des hirondelles mais plutôt des vautours capitalistes. La presse, à trop vouloir s’impliquer dans des processus politiques, a fini par fabriquer des mirages. La classe politique par son absence et son manque stratégique effarant a offert le pays à de jeunes imberbes qui apprennent la coiffure sur la tête des orphelins, le mouvement associatif, au lieu d’être un pont, a fini par devenir un train qui n’arrivera jamais à la gare à l’heure et qui fabrique des nouveaux riches, et le peuple assiste à cette gabegie dans l’indifférence, la seule arme dont il dispose encore. Et au moment ou le néo-colonialisme revient par nos frontières sud, lui qui n’a jamais désarmé et sévit au nord Mali, on a formé une chorale uniforme qui refuse de voir la vérité en face, en refusant le débat sur le néo-colonialisme qui est une réalité occultée chez nous. Tout cela aboutira à une trahison de plus à la mémoire de nos martyrs, et ce 19 mars, quand nous nous recueillerons devant la tombe d’Amirouche ou de Si al Houes ou quand nous évoquerons les noms de Benboulaid et Ben M’Hidi, il va nous falloir beaucoup de courage et de bravoure tellement nous avons trahi leur mémoire. Seule l’Histoire nous jugera tous, sans exception, pour nos faits et nos méfaits à l’encontre de notre patrie. En écrivant cet article, je sais que je m’adresse aux morts pour la patrie et non aux vivants qui ont perdu toute conscience patriotique. Nous ne sommes qu’ombre et poussière.

A bon entendeur…

La forêt est brûlée par ses branches et la chèvre est aveuglée par ses cornes (proverbe algérien)

Mohsen Abdelmoumen

Article publié dans La Nouvelle République le 26/03/2013

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