Un assassinat et des interrogations

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L’assassinat de l’ingénieur Houssam Khosh Navis, tué la nuit du 13 février dernier sur la route entre Damas et Beyrouth soulève bien des questions. Officiellement chef du comité iranien pour la reconstruction du Liban, créé au lendemain de la guerre de 2006, Houssam Khosh Navis était chef des Gardiens de la Révolution iranienne au Liban sous le nom de Hassan Shateri. Suite à l’annonce de sa mort, différentes versions contradictoires y compris au sein de l’ASL et de ses complices londoniens ont afflué dans les médias, relais de cette cacophonie et suscitant notre interrogation : quel est l’intérêt pour les mercenaires de l’ASL de sortir plusieurs versions de la mort du général Shateri ? Et à qui profite le crime ?

Entre la déclaration de l’organisation fantoche « l’Observatoire syrien des droits de l’homme » basé à Londres, affirmant à l’AFP par la voix de son directeur Rami Abdel Rahman « Nous ne savons pas exactement où il a été abattu mais nous savons qu’il est tombé dans une embuscade organisée par un groupe de rebelles ASL sur la route Damas-Beyrouth » et celle des mercenaires de l’ASL qui déclarent que Shateri a été tué avec plusieurs de ses lieutenants et des membres du Hezbollah dans le raid israélien à Jarmaya, nous ne savons plus à quel « saint » nous vouer.  En tous cas, Le silence assourdissant d’Israël cache des secrets compromettants qui pourraient concerner les liens entre les mercenaires de l’ASL et l’Etat d’Israël.

Différents organes de presse à travers le monde oscillent d’une version à l’autre sans preuve tangible pendant qu’Israël se tient à distance de toute déclaration. Ainsi, le site Middle East Transparent affirme que Shateri a trouvé la mort dans le raid israélien contre un convoi d’armes, fin janvier dernier. Le chef des Gardiens de la Révolution au Liban et plusieurs autres hauts responsables syriens et du Hezbollah auraient été tués dans ce bombardement, alors qu’ils supervisaient le transfert de missiles sol-air depuis Jarmaya (le centre de recherches scientifique de l’armée syrienne qu’Israël a détruit lors de son raid). Ainsi La voix de la République islamique d’Iran cite un communiqué du CGRI (Commandement des Gardiens de la Révolution iranienne) déclarant que le général Shateri a été assassiné par des mercenaires à la solde d’Israël. La Voix de l’Amérique, quant à elle, rapporte les propos de « l’Armée syrienne libre » disant que Shateri est mort dans un raid aérien israélien le mois dernier sur une base militaire syrienne près de Damas, et fait part également de la déclaration d’autres rebelles qui affirment que le général a été tué plus tôt près de la frontière libanaise.

Qui a tué le général Hassan Shateri, ciblé à la fois par Israël et par les mercenaires de l’ASL ? Son assassinat non élucidé et dont on ne parle plus nous amène à penser que les raids aériens d’Israël en territoire syrien offrent un appui aux mercenaires de l’ASL qui sont en train de détruire la Syrie. La convergence entre les exactions de l’aviation israélienne et les attentats meurtriers et les massacres perpétrés par la horde sanguinaire de l’ASL avec ses différentes composantes, nous mène droit vers l’identité et la nature de ces « opposants » qu’on nous a présentés comme des combattants pour la démocratie et qui s’avèrent être des supplétifs d’Israël, du Qatar et des Etats occidentaux.

Les contradictions majeures révélées par le traitement médiatique de cet assassinat ignoble attirent l’attention sur la compromission d’Israël dans le conflit meurtrier qui se déroule à ciel ouvert en Syrie et qui a coûté la vie à des milliers de personnes en anéantissant l’économie voire l’existence de la grande nation syrienne qui, hier, était autosuffisante et dont l’industrie du textile rayonnait à travers le monde arabe et l’Asie. Tant d’efforts et tant de sacrifices pour enfanter un ennemi intérieur assassin lié aux sionistes et leurs alliés ! Le parallèle entre les attentats du Mossad en territoire iranien ciblant les physiciens de renom et autres scientifiques et les incursions de l’aviation israélienne en Syrie en soutien aérien aux terroristes de l’ASL est plus qu’évident. Par ailleurs, le DCA syrienne a annoncé avoir abattu deux avions de chasse israéliens, ce qui confirme les propos précédents. Suite à l’assassinat de Shateri se pose également la question de savoir qui marque les cibles au sol pour l’aviation de Tsahal… Les enjeux du conflit dépassent largement la Syrie car il intègre un acteur majeur de la région, à savoir l’Etat d’Israël.

Mohsen Abdelmoumen

Article publié dans La Nouvelle République le 26/02/2013

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