El-Baradei ou l’énigme de la cinquième colonne

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El-Baradei veut arriver au pouvoir en faisant faire le sale boulot par les autres. Ici, au milieu de la foule, au Caire. D.R.

Dans un précédent article, nous avions mentionné entre autres la menace de démission d’El-Baradei de son poste de vice-président. Un retour en arrière s’impose pour savoir ce qui s’est passé la semaine dernière, lorsque ce personnage a décidé de déposer sa démission le jour même où les sit-in étaient en train d’être dispersés et que toute l’Egypte brûlait. On a souvent évoqué le manque de volonté politique de la part du gouvernement provisoire égyptien, les hésitations et les contraintes ainsi que les chantages multiples utilisés par El-Baradei pour bloquer la décision de dispersion des sit-in des Frères musulmans. Cette fois, notre source nous confirme qu’El-Baradei a commencé ses menaces dès le lendemain de la manifestation du 26 juillet octroyant à Al-Sissi l’aval du peuple pour combattre le terrorisme, et affirme qu’il n’a jamais cessé depuis. Nous apprenons bien davantage encore : El-Baradei, après sa démission, a directement demandé à rejoindre Paris, alors qu’au même moment le quai d’Orsay demandait à l’ONU de soumettre la question égyptienne devant l’Assemblée. La demande de partir en France immédiatement après sa démission à 16h30 est tout simplement effarante. Notre source nous l’a confirmé sans ambiguïté et révèle qu’une enquête est envisagée pour connaître ce qu’a fait exactement El-Baradei et les raisons de ce voyage en France. Le projet de partir à Paris juste après sa sortie du gouvernement transitoire pose bien des questions que seule une commission d’enquête peut démêler, pouvant même aboutir au pénal. El-Baradei a donc commencé à parler de démission dès le 27 juillet, lors de la réunion de la défense nationale. D’autres personnes dont un ami personnel de notre source, le docteur Ibrahim Aissa, très écouté par El-Baradei et appelé comme médiateur, ont tout fait pour éviter qu’on puisse lui attribuer un scandale, surtout après l’élan populaire de soutien à l’armée, pendant que lui essayait de créer des problèmes dans le but inavoué de préparer sa démission. Les efforts déployés pour exaucer toutes ses demandes ont provoqué des divergences et des mésententes, notamment de la part du général-major Abdelmoumen Fouda, chef de cabinet de l’actuel président, et dont El-Baradei s’est plaint parce qu’il aurait critiqué ses diverses requêtes exigeant d’avoir un palais digne de son rang, ainsi que le respect du protocole à son égard, un salaire plus important et des gardes du corps supplémentaires. Le lendemain de la réunion, El-Baradei a contacté de lui-même Catherine Ashton pour solliciter sa venue en Egypte, ce qui n’a pas été apprécié de notre source qui a multiplié ses tentatives pour essayer de le raisonner. Les tensions se sont amplifiées surtout que l’objectif était de converger les forces contre le terrorisme. Et notre source de poser cette question : si les autorités avaient dispersé les sit-in le 28 juillet, directement après l’aval du peuple égyptien à l’appel d’Al-Sissi, que se serait-il passé ? Il n’y aurait pas eu cette riposte des Frères musulmans boostés par les ingérences occidentales pourvoyeuses de soutien moral et financier. A chaque délégation étrangère ramenée par El-Baradei, la violence des manifestations des Frères musulmans augmentait, voulant internationaliser leur conflit avec l’armée en s’octroyant comme toujours le rôle de la victime. Pour notre source, El-Baradei porte l’entière responsabilité de cette situation. Ajoutons à cela, comble de l’hypocrisie, que le nom d’El-Baradei figure dans le PV dressé lors de la décision concernant la dispersion des sit-in, marquant son accord pour mettre fin aux rassemblements et prouvant ainsi sa duplicité. Il a ouvert les portes à tous les Occidentaux, les incitant à venir au Caire. Lorsque le sénateur américain républicain McCain est venu au Caire – sachant le contentieux entre Obama et les Républicains qui ont auditionné le président quelques semaines plus tôt sur ses liens avec les Frères musulmans qu’il a avoué avoir financés à raison de 25 milliards de dollars – McCain a immédiatement évoqué un coup d’Etat de la part de l’armée égyptienne et un bain de sang. D’après notre source, El-Baradei avait livré au préalable de fausses informations à McCain selon lesquelles les forces de l’ordre égyptiennes n’étaient pas en mesure de disperser les sit-in et que l’armée égyptienne connaissait de grands problèmes au Sinaï où elle était empêtrée dans la lutte contre le terrorisme. Il a poussé le zèle jusqu’à annoncer un chiffre énorme de victimes potentielles en cas d’une intervention contre les sit-in. Ainsi, au moment où la confrérie des Frères musulmans à travers leurs antennes mondiales, négociait une sortie honorable avec les parties au pouvoir en Egypte, et qu’El-Baradei avait demandé aux dirigeants occidentaux de faire pression sur le gouvernement égyptien pour le pousser à négocier avec les Frères musulmans et de leur accorder toutes les concessions possibles, McCain a renversé la donne avec ses déclarations qui sont le fruit de sa conspiration avec El-Baradei. La position américaine est passée par plusieurs phases dont la dernière s’est achevée avec l’intervention d’El-Baradei qui a fait pencher la balance vers le soutien aux Frères musulmans, alors qu’au début les Etats-Unis tenaient à garder une bonne relation avec l’Egypte de peur que celle-ci se rapproche de la Russie, surtout dans le cadre d’un partenariat militaire. El-Baradei a quelque part provoqué la violence terroriste vécue par l’Egypte, et notre source souligne que pas un mot sur le combat antiterroriste n’a été évoqué par lui. Fait marquant très important, c’est qu’à chaque visite des responsables occidentaux, les Frères musulmans amplifiaient leurs manifestations, ce qui ne relevait absolument pas du hasard. Le fait aussi de refuser la présence d’une tierce personne lors des réceptions ou des tête-à-tête à la présidence alors que le protocole de rigueur exige d’enregistrer les entretiens, démontre que bien des tractations ont été cachées. Nous apprenons, par ailleurs, que 200 milions de dollars ont été versés à une entreprise de communication américaine pour qu’elle diffuse à travers des journaux et des conférences qu’il y a bien eu un coup d’Etat en Egypte. Ajoutons pour l’anecdote que cinq journalistes d’Al Jazeera ont été virés parce qu’il n’ont pas bien rempli leur mission de propagande. Notre source soutient qu’El-Baradei a une ambition présidentielle, ce qui est avéré par l’interview qu’il a accordée au Washington Postpeu après Al-Sissi, et où il a évoqué le sujet de la présidentielle en interrogeant le journaliste sur l’intention éventuelle du général Al-Sissi de se présenter aux élections. Pourquoi donc a-t-il demandé au journaliste des informations concernant les prétentions d’Al-Sissi ? Le feuilleton continue avec sa deuxième interview accordée à la chaîne Al Hayat qu’il a ramenée en Egypte pour l’occasion et où il a longuement expliqué qu’on avait mal interprété ses propos et autres justifications lénifiants. A l’heure actuelle, El-Baradei a quitté l’Egypte et continue son travail de sape depuis les capitales occidentales et ne perd pas l’espoir de revenir un jour comme le sauveur de l’Egypte avec la bénédiction de l’Occident et de leurs alliés stratégiques, les Frères musulmans. La dernière sortie de McCain affirmant qu’il entrevoit une volonté de sortie de crise de la confrérie des Frères musulmans, mais pas du côté du gouvernement prouve qu’El-Baradei continue à peser de tout son poids contre les autorités égyptiennes à des fins politiciennes. Le général-major Abdelmoumen Fouda ainsi que le docteur Ibrahim Aissa et d’autres personnalités sont prêts à témoigner des agissements d’El-Baradei depuis qu’il a été nommé vice-président. C’est pour cette raison que notre source veut coûte que coûte une enquête politique qui aboutira sans aucun doute à un procès au pénal contre Mohamed El-Baradei. Le Front du salut qui a proposé El-Baradei à la présidence et son propre parti Al Doustour peuvent commencer d’ores et déjà le travail d’enquête. Plus de 30 églises ont été brûlées pour essayer de provoquer une guerre confessionnelle, mais les Coptes ont fait preuve de leur attachement à leur pays et de leur patriotisme, sachant qu’ils sont minoritaires et qu’ils pourraient fournir un alibi d’intervention occidentale directe sous prétexte de la protection des minorités, des droits de l’Homme, etc. Or, aucune demande d’intervention occidentale de la part des chrétiens d’Egypte n’a été formulée, contrairement aux Frères musulmans qui n’ont pas cessé d’émettre ce vœu, soit par leur guide suprême Badie ou leur secrétaire général El-Beltagui, ou le mufti du dollar et du djihad niqah, le sinistre Al-Qardawi qui a appelé toutes les organisations à intervenir, et par toute la clique des dirigeants de la confrérie. Bas les masques ! Ce sont les Frères musulmans qui ont voulu internationaliser la crise égyptienne et ils n’entendent pas s’arrêter là, gonflés à bloc par le soutien occidental. Ainsi, ils promettent l’enfer le 30 de ce mois, en riposte à la date symbolique de la grande manifestation du peuple égyptien du 30 juin, qui demandait le départ de Morsi et de sa confrérie. Ils misent sur la scission de l’armée, misant sur l’éventualité d’une armée égyptienne libre, copiée collée sur l’armée syrienne libre. Un processus se met en place qui consiste à recourir à des attentats ciblés contre des personnalités de différents courants politiques opposés aux Frères musulmans, contre des artistes, des hommes des médias, des artistes, des intellectuels, etc. Une liste de noms à abattre circulait déjà à l’époque de Morsi, mais elle risque de passer à la phase d’exécution dans très peu de temps. De nombreuses armes, dont des RPG, circulent en masse et des mercenaires étrangers se sont infiltrés et sont déjà en place au Caire et dans toute l’Egypte. Les médias occidentaux s’apitoient sur le sort des Frères musulmans victimes de leur propre terrorisme, mais parlent-ils des dizaines de policiers tués dont certains ont été sauvagement massacrés en occultant le dernier rapport de RSF, qui n’est pourtant rien d’autre qu’un outil de l’impérialisme et qui dénonce la torture et les agressions que subissent des journalistes tombés aux mains des Frères musulmans ? On mentionne également un plan américain de déstabilisation de l’Egypte via l’implication des médias tels CNN et Sky News, rejoints par la BBC, qui suivent les terroristes en vue de filmer des scènes de terreur et d’apocalypse en Egypte, reproduisant le scénario libyen et syrien. Toutes ces informations portent un éclairage sur la personnalité d’El-Baradei qui symbolise la bourgeoisie compradore liée aux intérêts étrangers bien plus qu’aux intérêts de son propre peuple, et qui ne connaît ni patrie ni sens patriotique, tout en sachant les dégâts que cet individu a occasionnés en Irak en servant l’impérialisme américain. Il a montré à ceux qui avaient espéré qu’il apporterait une caution de légitimité internationale qu’il ne travaille que dans son propre intérêt. Sa démarche de démission vise à lui octroyer une virginité politique et de rester une alternative potentielle à laquelle tout le monde peut avoir recours. Même les Frères musulmans ne vont pas afficher la moindre opposition envers lui, sachant les services qu’il a rendus en internationalisant la question égyptienne et en empêchant la dispersion des sit-in. Il est l’exemple type de cette bourgeoisie compradore qui n’agit que dans l’intérêt de ses maîtres occidentaux et dans son intérêt personnel, loin des aspirations des peuples. Bien évidemment, tout cela a échoué et comme on l’a dit auparavant, il y a aujourd’hui une reconfiguration suite à l’échec cuisant des Frères musulmans en Egypte, notamment avec la fracture entre des alliés stratégiques comme les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, et le Qatar soutenant les Frères musulmans s’est retrouvé isolé dans les pays arabes. Cette fracture des alliances aura des répercussions stratégiques, notamment dans le dossier syrien, sonnant le glas de la mouvance islamiste à travers le monde. On remarque la faillite de l’administration Obama et dans son plan du Grand Moyen-Orient avec des «printemps arabes » factices qui ont échoué. Les jours qui vont suivre, nous allons certainement assister à un revirement des Qataris qui ne pourront que suivre l’Arabie Saoudite, les Emirats et le Koweit, tous ces éléments marquant l’échec de la politique du président Obama au Moyen-Orient qui a misé sur la mouvance islamiste. Or, celle-ci a montré aujourd’hui qu’elle est à bout de souffle et qu’il ne lui manque que le coup de grâce. L’Algérie restera dans l’Histoire comme le premier pays qui a disqualifié et brisé les reins des islamistes et du terrorisme international.

Mohsen Abdelmoumen

Publié dans Palestine Solidarité:

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Mohsen_Abdelmoumen.210813.htm

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