Un document secret révèle comment les Frères musulmans se préparent à l’affrontement ce vendredi

Publié le Mis à jour le

Mahmoud Ezzat, réputé pour être un vrai sanguinaire. D. R.

Mahmoud Ezzat, réputé pour être un vrai sanguinaire. AP D.R.

Les informations sur lesquelles se base cet article proviennent d’un document produit par l’organisation mondiale des Frères musulmans, établi en Turquie et nommé «Vision et stratégie de l’affrontement et de la négociation après le 30 juin 2013». Nous l’avons reçu du docteur Abdul Rahim Ali, géostratège égyptien spécialiste des groupes islamistes. Ce document, qui s’inscrit dans l’après Morsi a été retrouvé chez les chefs de la confrérie des Frères musulmans arrêtés dernièrement, établit le diagnostic de l’organisation selon les critères suivants : il existe une exclusion mutuelle entre le courant islamiste et le courant laïque ; le courant islamiste a exclu le laïc par la légitimité de la rue, alors que celui-ci a écarté l’islamisme avec la force des services de renseignement en fournissant une couverture au coup d’Etat de ces mêmes services. L’organisation écarte les manifestants du 30 juin en affirmant que le coup d’Etat est imputable à l’armée et aux services de renseignement. Il évoque la stratégie globale de la gestion de l’affrontement et dans cette évaluation, le document concède qu’il faut partager le pouvoir entre les deux courants sur des bases s’inscrivant dans la durée, s’inspirant du modèle libanais où le pouvoir est partagé entre les deux parties, ce qui leur permet d’atteindre une base minimale de revendication, l’organisation des Frères musulmans occultant le fait que l’Egypte est administrée par un pouvoir central depuis 7 000 ans. Quels sont les champs d’action et les détails de ce partage déterminés dans le document qui a été traduit et qui circule dans toutes les officines occidentales ? Ce sont la pensée, les institutions et les intérêts ; ils évoquent les conditions qui satisferaient les deux parties dans le cadre de cette répartition. L’Occident s’appuie donc sur ce document pour élaborer sa stratégie. Il n’existe que deux perspectives envisagées afin de déterminer le triomphe d’une partie sur l’autre. Ces deux clauses délicates concernent la jeunesse révoltée, notamment le mouvement du 6 avril, combinée à d’autres forces comme les socialistes révolutionnaires, sachant que les Frères musulmans soudoient quelques journalistes qui se prétendent révolutionnaires pour obtenir une tribune. Second élément, la capacité de rapporter des résultats concrets sur le terrain. Quelles sont les clés de la stratégie de négociation ? Les seuils minimal et maximal élaborés par les deux courants dans le cadre du plan du partage ? Comment profiter des points forts que sont la rue et l’étranger pour négocier ? La stratégie vise à provoquer des mouvements populaires pour installer le chaos et ensuite faire des appels pour une intervention étrangère. Quelles sont les parties avec lesquelles négocier, comment répartir les rôles et quels sont les autres éléments internes ou externes qui se joindraient à la confrérie dans ces négociations ? C’est d’ailleurs pour cette raison que le jeu d’El-Baradei est ce que l’on appelle «la troisième voie». L’idée s’est répandue par l’intermédiaire de certains journalistes étrangers lorsqu’ils ont commencé à évoquer sérieusement cette troisième voie obligatoirement dirigée par El-Baradei, qui va se saisir du corps sans tête des Frères musulmans pour son propre profit. Se positionnant illusoirement comme troisième voie, El-Baradei n’est rien d’autre que la première voie, celle des Frères musulmans. Telle est la mission d’El-Baradei, issue d’une stratégie internationale et cette mission obéit aux intérêts de ceux avec qui il s’est entendu avant de venir au Caire. L’Egypte entre dans cette fausse troisième voie qui est en train de se construire sous nos yeux. Dans son évaluation, l’organisation mondiale des Frères musulmans fait le bilan de la lutte. Pour elle, la partie adverse a brisé l’opération démocratique et instigué des opérations de poursuites policières accompagnées d’une répression afin de briser les reins de l’organisation mère, celle qui, selon elle, est au cœur de la légitimité populaire ; elle accuse l’autre partie d’avoir lancé une campagne médiatique à sens unique. La tactique vise à augmenter le taux de confrontation avec des actions terroristes en impliquant d’autres factions de la mouvance islamiste, dont les salafistes djihadistes implantés par Morsi lors de son règne, avec notamment la création de trois camps d’entraînement bénéficiant de l’appui logistique du Hamas, l’encadrement et les entraînements étant sous la direction de Moumtaz Dermech, bras droit de Khayrat Al-Chater. Il est impératif, comme stipulé dans le document, d’augmenter le taux des attentats et autres actions terroristes, pour ensuite proposer des négociations. Le dernier point, c’est qu’il est impossible de faire marche arrière et de revenir avant le 30 juin, tout en refusant l’exclusion de la mouvance islamiste et sa marginalisation. L’importance de choisir le moment opportun pour négocier doit impérativement coïncider avec un rapport de forces en faveur des islamistes. A cette fin, ils maintiennent la pression par des actes terroristes tout en voulant négocier, dans une politique «je te tiens, tu me tiens par la barbichette». Donc, ils continueront de frapper au Sinaï et, en ce moment, il existe un plan d’attaque de grande envergure ciblant le grand camp militaire de Kardassa, ce dont l’armée égyptienne est informée, d’après notre source. L’armée étudie le moyen de contrer cette opération avec discrétion, sans faire de vagues et surtout des dégâts. Douze villages contrôlés par les terroristes sont en ce moment isolés à Gizeh et ils projettent d’organiser un sit-in armé à Kardassa. Al-Menia est, quant à elle, sous le contrôle de groupes de la Gamaâ islamiya, faction djihadiste connue. Et le document se termine par cette phrase phare d’une importance capitale : «La force n’est pas seulement sur le terrain, mais dans la communauté internationale dont une grande partie refuse de cautionner les coups d’Etat contre la légitimité.» Donc, 70 % de la stratégie de l’organisation mondiale de Frères musulmans s’appuie sur la communauté internationale et 30% sur des actions terroristes in situ, dans le but de partager le pouvoir entre le courant laïque et le courant islamiste. Comme on le dit souvent, des introductions erronées ne peuvent aboutir qu’à des conclusions erronées. Contradiction majeure dans ce document, c’est que tout en refusant d’admettre la manifestation populaire du 30 juin qui a causé leur perte, ils affirment qu’il n’y a aucune possibilité de revenir avant cette date. D’une part, ils accordent à cette date une importance et, d’autre part, la nient complètement et évoquent uniquement une guerre entre deux forces antagoniques, la leur et celle du pouvoir en place, composé de laïcs et représenté par l’armée. C’est donc pour eux juste un face-à-face entre l’armée et la confrérie, le peuple étant ignoré. Dans leur stratégie, ils visent le partage du pouvoir, mais ils peuvent recourir à tout moment à «al-takiya» pour se retourner contre l’adversaire et l’éliminer, stratagème très connu dans la mouvance islamiste. On apprend, par ailleurs, que le Premier ministre turc Erdogan dirige l’organisation mondiale des Frères musulmans et gère la branche égyptienne de la confrérie depuis la Turquie, siège de l’organisation, en attendant Mahmoud Ezzat dont les services israéliens ont affirmé qu’il est à Ghaza dans l’hôtel luxueux Gaza Beach. Notre source nous informe cependant qu’il se trouve bel et bien en Egypte, et que c’est ce Mahmoud Ezzat qui a été désigné pour diriger les Frères musulmans en Egypte. Il est le futur guide et va annoncer la couleur avec des assassinats et des attentats, cet individu étant un spécialiste de la fabrication de bombes, du maniement d’armes et réputé pour être un vrai sanguinaire qui a déjà purgé dix années de prison pour faits de terrorisme. De son côté, le docteur Tarik Haji, écrivain et penseur lié à des think tanks internationaux, nous déclare qu’il a formulé la demande d’une séance d’écoute sous serment au Congrès des Etats-Unis pour rendre compte d’une des conversations qu’il avait eue avec l’ambassadrice américaine Patterson en Egypte, laquelle lui avait déclaré que Morsi n’avait pas été élu lors des présidentielles. Le résultat avait donné le général Chafik vainqueur, mais les Américains craignant un «océan de sang», selon les propos de l’ambassadrice américaine, avaient postposé le résultat de l’élection pendant 4 semaines. Il lui a répondu devant le ministre de l’Intérieur qui est témoin : «Les océans de sang vont arriver. Avec les Frères musulmans, c’est ou je gouverne ou je te tue.» Comme l’ambassadrice est sous serment et qu’il y a eu un témoin à leur conversation, il ne se fait aucune illusion sur l’éventualité de sa comparution devant le Congrès américain. Le docteur Haji poursuit en disant que l’ambassadrice n’est qu’un pion, et que seule la stratégie de ses maîtres importe. D’après les documents en sa possession, le plan du Grand Moyen-Orient a été retardé à l’époque de Georges W. Bush et Obama, président à la personnalité très faible, a dépassé toutes les lignes rouges en donnant le feu vert. C’était l’accréditation d’Obama envers les services sécuritaires, surtout que dans ce contexte, la fille aînée des Etats-Unis, en l’occurrence Israël, serait la prunelle des yeux des Frères musulmans. La réaction de colère des Etats-Unis lors de la destitution de Morsi n’était pas un signe d’inquiétude pour sa personne, ce dernier n’étant qu’un pion pour appliquer la grande stratégie. D’après notre interlocuteur, c’est Saâd Eddine Ibrahim qui a mis Khayrat Al-Chater et ensuite Issam Al-Aryane en relation avec les Américains. Les conclusions américaines étant que ces gens peuvent faire tout pour arriver au pouvoir, donc, il était utile de leur proposer de gouverner les peuples arabes, avec la garantie que toute action violente doit se dérouler obligatoirement à l’intérieur des pays dirigés par les islamistes. Les Américains ont donc monnayé leur paix et leur sécurité, et des documents prouvent que Brimly, ancien ambassadeur actuellement chef des services de renseignement anglais MI6, a rencontré Khayrat Al-Chater et Issam Al-Hadad, et a donné sa caution aux Américains, en tant que garant du bon déroulement de l’intronisation des Frères musulmans en Egypte. Ce n’est pas un hasard si les Anglais ont créé les Frères musulmans et s’ils ont soutenu le courant wahhabite face au courant nationaliste en Arabie Saoudite. Ce sont les Anglais qui sont derrière l’idée d’utiliser l’islam politique pour dominer la péninsule arabique dans sa globalité. Toujours selon le docteur Haji, des sources de renseignement parlent de l’emprise américaine, alors que les Qataris et les Turcs se réunissent fréquemment en Turquie pour l’élaboration de ce projet qui stipule : «L’islam politique est un danger pour la civilisation occidentale. Donner le pouvoir aux groupes islamistes dans les sociétés musulmanes équivaut à les laisser s’entre-déchirer pour se maintenir au pouvoir, obsédés qu’ils seront pour le garder. Sur le long terme, ils pourront éventuellement se développer pour atteindre une éventuelle démocratie dans 200 ou 300 ans. Bref, fais la guerre chez toi, développe-toi comme tu veux loin de mes yeux, c’est le moyen le plus avantageux pour nous, occidentaux, d’exporter le monstre que nous avons créé.» L’Amérique a déjà abandonné Morsi, mais elle parle en ce moment d’intégrer les Frères musulmans dans le jeu politique. Le rôle de la Russie, toujours d’après notre interlocuteur, est très important, car devant Poutine et sa vision lucide concernant la problématique islamiste, les Américains vont perdre la face. Les USA ont perdu de leur superbe et l’exemple de la Somalie, du Vietnam sont là pour en témoigner. Les erreurs stratégiques américaines ne peuvent pas être énumérées tant elles sont nombreuses. Barack Obama est trop impliqué avec les Frères musulmans et il lui est impossible de reculer, il faudra attendre l’après Obama pour que les choses puissent changer. Les relations entre l’Egypte et les USA resteront froides jusqu’à la fin de mandat du président Obama qui a échoué lamentablement face aux réalités géopolitiques de la région avec la Russie, l’Iran et la Syrie, et la fracture au sein de ses alliés traditionnels comme l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït qui se sont opposés à la politique d’Obama en Egypte. Dans ce cas de figure, ce qui s’est passé en Egypte a mis en échec l’islamisme politique qui a voulu plonger la région arabo-musulmane dans les ténèbres. Notre source confirme, par ailleurs, l’information qui circule déjà depuis quelque temps, en donnant des précisions concernant le frère d’Obama, qui est le responsable financier de l’organisation mondiale des Frères musulmans. Autre information très importante, Kamel Al-Halbawi, un ex-dirigeant des Frères musulmans qui a démissionné depuis longtemps suite à un désaccord avec la confrérie, et qui est membre aujourd’hui de l’Assemblée nationale des droits de l’Homme, a déclaré : «Le dossier des églises brûlées ainsi que le terrorisme dans le Sinaï seront prétextes d’une hypothèse d’intervention américaine en Egypte au moment voulu. J’ai dit à Morsi de ne pas mettre l’éléphant dans une bouteille, il faut que tu arrêtes de ne vouloir placer que tes proches et les membres de la confrérie dans les postes ministériels et autres.» Il poursuit : «Les Frères musulmans ne peuvent plus revenir à la politique, car ils n’auront même pas 5% des voix. Ils doivent se retirer de la politique pendant au moins 10 ans et revoir leur vision, car leur problème aujourd’hui est avec le peuple dans son ensemble et non pas avec le pouvoir politique en place. Est-ce qu’un dirigeant des Frères peut aujourd’hui faire de la propagande ou juste prendre un café en ville ? Eh bien ! non ! Tous les islamistes sans exception doivent effectuer leur mise à jour et prendre une convalescence de 10 ans suite à cet échec, car le peuple les rejette tous sans exception, ils sont comme une équipe de foot qui après avoir joué au plus haut niveau se voit dégradée et jouer dans l’interquartier.» L’Arabie Saoudite, engluée dans ses contradictions en soutenant d’un côté l’armée égyptienne et de l’autre en finançant les mercenaires islamistes djihadistes en Syrie, réitère son vieux conflit avec la confrérie des Frères musulmans en optant pour un soutien à l’armée égyptienne, espérant récupérer la place laissée par ces derniers. Ce n’est certes pas pour les beaux yeux des Egyptiens que les Saoudiens ont choisi cette option, ils veulent placer leurs éléments salafistes à la place des Frères musulmans afin de se prémunir d’un lendemain incertain et réaffirmer leur leadership sur le monde musulman sunnite. Le vilain petit Qatar, quant à lui, va certainement devoir calmer ses ardeurs et réduire sa voracité d’ogre. Après la lecture du document cité plus haut, on comprend mieux les manœuvres machiavéliques du fasciste Ghannouchi, responsable de la branche tunisienne de la confrérie, qui a anticipé et commencé à négocier avec les autres partis politiques tunisiens avant que la tempête ne l’emporte en évitant coûte que coûte un scénario à l’égyptienne. Erdogan, lui, rêve de son empire ottoman et va certainement payer son sectarisme et son dévouement à la confrérie des Frères musulmans aux dépens de son pays. En agissant comme un sultan adoubé d’un guide suprême, il a oublié son rôle de Premier ministre au service des intérêts de son pays et non pas de la confrérie des Frères musulmans. Ainsi, on apprend qu’une campagne de boycott de produits turcs a déjà commencé en Egypte et que pas plus tard qu’hier, la Bourse turque a chuté de 6%, affectant sa monnaie qui est au plus bas. Le bloc islamiste allié et vassal des sionistes et de l’impérialisme est en déroute totale, et c’est sans doute la raison pour laquelle les Occidentaux accélèrent leur machine de guerre vers la Syrie qui était un peu éclipsée ces derniers temps avec les événements en Egypte. L’Occident pesant de tout son poids dans une fuite en avant vers une guerre à l’issue incertaine pour tous et sur fond d’un mensonge permanent, les tambours guerriers se font de plus en plus entendre.

Mohsen Abdelmoumen

Publié dans Algeriepatriotique le 29/08/2013

http://www.algeriepatriotique.com/article/un-document-secret-revele-comment-les-freres-musulmans-se-preparent-l-affrontement-ce-vendre
 

 

Publicités