Le festin des fauves

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réseau Thuraya

Le président Obama et Georges W. Bush ont failli arborer un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara lors des interminables funérailles de Mandela, véritable festin de fauves, où même les sourds-muets ont été escroqués, et qui n’est rien d’autre qu’une fuite en avant des puissances impérialistes qui n’ont jamais cessé de cautionner tous les régimes fascistes de la Terre. Malheureusement, le culte de l’homme providentiel fonctionne toujours, y compris dans une Afrique qui se réveille sur des images humiliantes montrant les soldats français fouillant les populations de Centrafrique, à la demande de cette même population qui, d’après Sarkozy présent lui aussi au festin des fauves à Soweto, n’est pas encore entrée dans l’Histoire (discours de Dakar). Les services secrets des Occidentaux, des Etats-Unis, d’Israël et de leurs alliés islamistes, bien évidemment au courant de cette machination, se retrouvent tous impliqués jusqu’au cou dans cette affaire d’espionnage et l’on se pose également la question concernant l’utilisation du réseau Thuraya, de ses téléphones qui communiquent directement avec des satellites sans passer par des opérateurs, et dont l’entreprise est basée en Suisse. Personne n’ose évoquer le réseau Thuraya alors que tous les terroristes sont équipés de ses téléphones. Pourquoi cette omerta ? Qui est derrière cette entreprise suisse qui compte parmi ses abonnés des mercenaires de tout poil ? La réponse est simple : les Etats-Unis nous prouvent une fois de plus qu’ils pratiquent la gestion du terrorisme plutôt que de le combattre. Ils aident le terrorisme avec l’un de leurs gadgets préférés, le téléphone satellitaire Thuraya. A la lumière de ces informations, entendre les ambassadeurs occidentaux en Algérie parler de sécurité et de lutte antiterroriste pourrait prêter à sourire si le sujet n’était pas si grave, car il faudra nous expliquer comment on peut combattre le terrorisme d’un côté et lui fournir en douce, de l’autre, des téléphones satellitaires. Au lieu d’espionner la planète entière, ne faudrait-il pas commencer par demander des comptes à cette société suisse dont les clients sont pour le moins «douteux» ? Le silence de nos médias à ce propos laisse songeur. En effet, pour un pays qui a souffert du terrorisme et continue d’en être la cible, quand notre armée vient d’éliminer un émir et le principal négociateur d’Aqmi au Sahel dans l’indifférence générale, en Algérie, on a appris une seule chose : rejeter nos plus beaux exploits. Notre sève d’Algériens tend à disparaître pour laisser la place au déni de tout ce qui nous a portés et de tout ce qui a fait de nous des hommes et des femmes à part entière, et non plus des colonisés, des ratons, des bougnoules, statut dans lequel se reconnaissent et que revendiquent malheureusement beaucoup de nos compatriotes dans cette époque régressive jusqu’au néant, tous suspendus aux lèvres d’un homme, tous obnubilés par un non-évènement : une présidentielle sans saveur, sans projets, ni lendemains meilleurs.

Mohsen Abdelmoumen

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