Laurent Fabius crache dans la soupe algérienne !

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Laurent Fabius D.R.

La visite en Algérie du chef du gouvernement français accompagné d’une flopée de ses ministres est un échec, n’en déplaise aux danseuses du ventre qui l’ont programmée et qui ont signé des accords avec la France en faillite. Qu’on se le dise, c’est toute l’Europe qui est en faillite. Ce 19 décembre, au moment où les dirigeants européens sont en réunion à Bruxelles, les artères principales de la capitale de l’Europe sont bloquées par des manifestants hostiles au Traité européen synonyme d’austérité. Pendant que certains chez nous courent après le modèle européen, ces gens qui brûlent des pneus et ferment le cœur de Bruxelles ne le font pas par amour du système. Leur slogan est : «Contre une Europe de l’argent et pour une Europe des gens».

Dans le cadre de la visite française à Alger, peut-on envisager la venue d’un Premier ministre sans son ministre des Affaires étrangères ? A qui profite cette excursion sur fond de petite musique indécente que l’on pourrait prendre pour un encouragement à un nouveau mandat de l’actuel président ? Est-ce l’inénarrable Saïdani qui en a été l’éclaireur en s’offrant telle une danseuse du Moulin Rouge ou du Lido ? Non, Messieurs, l’Algérie n’est pas la Côte d’Ivoire, ni le Niger, ni le Mali, ni le Sénégal, ni la Centrafrique, et tous les contrats qui ont été signés et dont nous n’avons aucun détail sont caducs, car nous sommes à la veille d’une élection présidentielle, et ce gouvernement n’est pas mandaté pour signer des accords qui engagent la politique future et stratégique de notre pays. Pourrions-nous savoir sur quels points a été établie cette saison des amours et sur la base de quel slogan ? On voit mal comment s’engager avec un pays avec lequel nous n’avons aucune position commune, que ce soit sur la question du Sahara Occidental, celle de la Palestine ou le dossier de la Syrie ou encore de l’Iran, en y ajoutant l’intervention criminelle des Français en Libye qui a déstabilisé toute la région du Sahel. Nous ne pourrons jamais avoir une politique apaisée avec la France tant qu’elle jouera au gendarme de l’Afrique et du monde. Rappelons que Georges Ibrahim Abdallah est toujours détenu en prison en France malgré la promesse qu’avait faite le gouvernement français à l’Algérie de le libérer, alors que notre pays a délivré un passeport à ce grand militant révolutionnaire arabe. Est-ce que le prix du 4e mandat et de cette médiocrité sans limite passe par des accords avec un pays en pleine récession et dont le taux de chômage est l’un des plus élevés en Europe ? Nous ne pourrons jamais envisager un partenariat gagnant-gagnant avec la France hyper-endettée et dont les citoyens se suicident pour cause de détresse sociale sur fond de fermetures massives d’usines. Mais où était donc passé le soldat Fabius, ce spécialiste dans l’étouffement des scandales – dont ceux de son fils –, pendant que la délégation française arpentait la baie d’Alger ? Notons au passage que Thomas Fabius, le fils du ministre des Affaires étrangères français, est connu pour être un accro à la roulette et a été mis en cause dans les médias pour avoir bénéficié d’un traitement de faveur auprès de la Société des bains de mer (SBM) concernant «l’effacement» d’une dette de jeu de 700 000 euros par un casino à Monaco. La direction de la SBM a catégoriquement démenti l’information, mais les gains de jeux de Thomas Fabius, non imposables, expliqueraient l’origine de sa fortune. Par ailleurs, il est interdit de casino en France. En 2009, il était conseiller auprès de l’entreprise Unipay’s dans le cadre de la recherche d’investisseurs pour le financement d’un système de cartes de paiement. Suite à la plainte d’un associé le ciblant, il a été entendu par la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) et condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 15 000 euros d’amende pour abus de confiance, dont 10 000 avec sursis. Revenons à Fabius père qui était en Afrique du Sud il y a quelques jours et qui a refusé de faire escale à Alger pour ne pas déplaire à ses maîtres sionistes et à leur autre larbin, le roitelet du Maroc. Fabius serait-il en médiation ou en négociation entre la demi-sœur du roi du Maroc et son frère Mohammed VI, selon un article d’un journal israélien repris par l’AFP ? En effet, l’Israélienne Hedva Selaa, 53 ans, ancienne soldate de l’armée israélienne Tsahal, actuellement réceptionniste dans un hôtel à Eilat, dit être la fille naturelle de Hassan II et sœur du «nouveau commandeur des croyants». Cette révélation sur l’existence de la fille secrète de Hassan II fait sensation dans la presse israélienne. Deux enfants seraient nés des amours illégitimes du prince Hassan (futur Hassan II) et de sa maîtresse juive Anita, nièce de Léon Benzaquen, figure de la communauté juive marocaine et ministre des PTT du premier gouvernement marocain sous Mohammed V. Si Jacky, l’aîné, refuse toujours de parler à la presse, Hedva, la cadette, a décidé de tout révéler huit ans après le décès de sa mère en 1997. Ce scandale a soigneusement été étouffé par les rois successifs du Maroc. Le roitelet du Maroc va-t-il céder Ceuta et Melilla, voire Marrakech, à sa demi-sœur et cesser de s’acharner contre le pauvre peuple sahraoui ? Un partenariat gagnant-gagnant, disent les Français ! Mais en quoi ? L’effet d’annonce et le battage médiatique ont dépassé tous les records. Les amuse-gueule, les cacahuètes et autres petits fours disposés dans la salle d’honneur de l’aéroport Houari-Boumediene sont un signe qui ne trompe pas. Quel intérêt porte cette visite à part tenter de redresser l’économie française comateuse ? Quel pourrait être l’avantage pour l’Algérie dans ces accords et quelles en sont les clauses ? Nous tenons à informer le gouvernement français que ces accords signés avec des individus qui ne représentent qu’eux-mêmes à la veille d’une échéance présidentielle seront bientôt nuls et non avenus. Si des promesses ont été faites à propos d’un 4e mandat à Bouteflika, la biologie aura son mot à dire et personne ne pourra rien faire contre les aléas du temps. La maladie du Président qui s’est propagée dans toutes les institutions, excepté dans notre armée et nos services sécuritaires, constitue un immense gâchis. Nous venons d’en voir un des effets avec le scandale qui secoue la Direction générale des impôts, et les explications du directeur général Rouiya n’ont pas réussi à convaincre la population. Il faut arrêter de jouer avec nos nerfs et notre patience ! Quant à ceux qui implorent l’actuel président de rempiler pour leurs intérêts mesquins, ils sèment les germes de la tempête. Nous rappelons au président actuel qu’il ne peut combattre la nature ni le temps et qu’il n’est qu’un être humain. Il doit céder sa place et, comme il l’a dit lui-même : «La Mecque a un dieu qui la protège.» Ayrault, quant à lui, n’a pas hésité à nous prendre pour des imbéciles en déclarant : «Le président Bouteflika combat la maladie et suit les dossiers de partenariat de très près», nous offrant l’image d’un chef d’Etat qui rend visite à un préfet d’outremer. Cette déclaration au sujet du Mali est dangereuse. A quoi joue donc la France ? Les propos du président Bouteflika sont d’une gravité sans pareille, car Ayrault semble dire que l’Algérie remercie la France pour son intervention au Mali et que le président Bouteflika en fin de mandat leur a accordé ce satisfecit ou une caution qui va les encourager à plus d’interventions. Remerciements pour quoi ? Sans doute pour leur payement rubis sur l’ongle des rançons aux terroristes afin que ceux-ci puissent acheter leur arsenal ? L’affaire Trévidic n’a-t-elle pas été un instrument de négociation macabre et malsain de la part des Français ? Tout le peuple algérien sait que le Président est malade et personne ne cautionne l’interventionnisme français et son néocolonialisme. Ayrault aurait-il abusé d’un malade, à l’instar de Sarkozy avec Bettencourt, Woerth ayant fait de même ? En tout cas, la déclaration du Premier ministre français constitue un précédent inacceptable, et les propos qu’il rapporte du président algérien malade nous confirment que celui-ci devrait annoncer sans tarder son départ de la politique. Les danseuses du ventre et autres affairistes pourris semblent déboussolés et ne savent plus sur quel air danser, aussi, reposez-vous, Monsieur le Président, cela nous fera du bien à tous. Quant aux prétendus compliments de Jean-Marc Ayrault, nous n’en avons rien à faire, nous préférons combattre le clientélisme, la corruption, le régionalisme, le «lèchebottisme» et nous ne voulons surtout pas d’un pays où règnent les «Madame Dalila» qui doivent être définitivement éradiquées. Le néocolonialisme représenté par Ayrault et sa clique – «un gouvernement de marionnettes», comme les nomme Paul Craig Roberts –, n’a pas à délivrer le bulletin de santé du président algérien. Que les Français s’occupent de leurs affaires ! L’Algérie n’est pas un vulgaire cabaret rempli de bagarra et de corrompus aux ordres de la France et du capital international. La roue de l’Histoire est implacable et nous rappelons que l’Algérie a été perdue par la France en 1962 et que rien ne sera plus jamais comme avant. Nous informons tous les responsables pourris et corrompus que nous ne les oublierons jamais. Qu’ils sachent que nous les considérons comme des terroristes économiques qui méritent le châtiment suprême à la façon Corée du Nord : aucune pitié pour les pilleurs du peuple et de la nation, quels que soient leur rang ou leur poste. La gangrène de notre pays est cette corruption génératrice de tous les maux. Nous voulons les têtes de Khelil, Bedjaoui, faire tomber leurs filières et leurs commanditaires, nous voulons les têtes de ceux qui sont derrière Khalifa et pas uniquement celle du play-boy devenu refugié au royaume de Kate, William et leur rejeton, le royaume pervers de la City, nous voulons la tête de Saïdani, le «gasbaman», pour son détournement de fonds au FNDA, et celles de tous les corrompus qui salissent notre pays. Nous les pourchasserons où qu’ils se trouvent ! Pour la énième fois, nous répétons que personne ne doit être au-dessus de la loi en Algérie. Les patrons de presse impliqués dans des affaires louches doivent se rappeler le combat du personnel du journal Liberté, un exemple pour tous, car la presse qui lèche les bottes des goinfres capitalistes est autant pervertie que les responsables voyous. Un bon coup de karcher pour balayer tout ce joli monde s’impose, avec l’aval et la caution du peuple algérien écœuré des magouilles, à l’opposé des salons feutrés du Paris sioniste et assassin. Comme chantait Brel : «T’as voulu voir Vesoul et on a vu Hambourg…, non je n’irai pas à Paris !», n’est-ce pas, M. Saïdani ? Votre tournée parisienne est un flop et vos maîtres doivent dorénavant vous tenir en laisse. La présidentielle ne se gagne pas en signant des accords et des contrats à quelques mois des élections, Messieurs. Si vous pensez à un marathon ou un téléthon pour aider vos mentors français, ne comptez pas sur nous. La mentalité de colonisé doit être bannie par tous les patriotes algériens qui n’ont jamais oublié la France de l’OAS, des 100 familles de Fabius et du patronat, à laquelle certains se sont offerts comme des prostituées pour une illusion de règne éphémère, pour du vent, pour un mirage que nous voulons voir disparaître à jamais. Basta ! Le renouveau patriotique est une exigence historique face aux bricolages et aux jeux de hasard que certains nous concoctent. Ces traîtres doivent rejoindre leurs clubs parisiens les mains vides sinon rien ne retiendra la fureur du peuple qu’ils ont enterrée trop tôt. Quant aux Français et à leur gouvernement, qu’ils se débrouillent avec leur crise et ne comptent pas sur nous pour les aider, car beaucoup d’entre nous n’ont pas oublié l’odeur du napalm et le sang de nos martyrs. Tous les contrats obtenus découlent de faux et usage de faux, et nous conseillons aux responsables français qui sont venus faire la manche en Algérie de rejoindre Claude Guéant, un de leurs brillants ministres, un escroc notoire, dans sa mise en examen. En tout cas, cette visite est un non-lieu, un non-événement, sauf pour les gros bides. L’intérêt de l’Algérie est avec les peuples qui ont partagé ses souffrances, ses douleurs et ses joies. Notre intérêt stratégique nous dirige vers la Chine, la Russie, nos amis du Brics tournés vers l’avenir. Nous laissons le passé aux historiens, ceux qui veulent un partenariat avec les Français, qu’ils les gardent pour la compote, les nouilles et le camembert. Circulez, y a rien à voir. La baie d’Alger est plus souriante sans la parade des rapaces repartis enfin vers la brume et la récession de Paris.

Mohsen Abdelmoumen

Publié dans Palestine Solidarité:

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.191213.htm

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