Terrorisme en Algérie et en Egypte : Ansar Beit al-Maqdes est aux Frères musulmans ce que l’AIS est au FIS

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L’attentat contre la Sûreté de Mansoura revendiqué par Ansar Beit al-Maqdes. D.R.

Ce que nous avions prévu dans nos articles précédents s’est mis en place : l’Égypte est prise dans la tourmente des attentats kamikazes. On remarque cependant l’apparition d’un nouveau label djihadiste, Ansar Beit al-Maqdes, un groupe jusque-là inconnu qui revendique les attentats. A chaque fois, les Frères musulmans utilisent le procédé du «qui-tue-qui» bien connu des Algériens en accusant l’armée et les services de sécurité, mais lorsque tombe le communiqué de ce groupe revendiquant les attentats, aucun commentaire ne vient de la part de la confrérie qui se confine dans un silence absolu. A quoi rime ce jeu ? L’attentat kamikaze d’El-Mansourah dans la nuit de lundi 23 à mardi 24 décembre, suivi par le double attentat du 26 au Caire, dont l’un des deux a été déjoué, atteste que le cycle d’attentats s’intensifie de jour en jour. On sait par exemple que les manifestations servent de diversion aux attentats, et les experts en renseignement que nous avons consultés nous affirment que le groupe Ansar Beit al-Maqdes n’est rien d’autre que le bras armé des Frères musulmans. Si les services de renseignement ont des informations sur des organisations telles que Jabhat al-Nusra et l’Etat islamique d’Irak et du Levant ou Aqmi en Algérie, on ignorait jusqu’à présent tout de cette filiale d’Al-Qaïda. Nous avons cependant des informations très précises sur la nature et l’encadrement de cette organisation. Son chef n’est nul autre que celui que son acolyte, le cinquième guide de la confrérie des Frères musulmans, a surnommé «l’Aigle de la confrérie», à savoir Mahmoud Ezzat, expert en explosifs, qui dispose de plus d’une corde à son arc concernant le terrorisme. Ezzat est installé à Ghaza où il a su enrôler des éléments de diverses nationalités encadrés par le Hamas très impliqué dans les affaires égyptiennes et qui est l’aile palestinienne de la confrérie des Frères musulmans version qatarie suite à la traîtrise de Khaled Mechaal l’agent du Qatar, qui a préféré le luxe des hôtels cinq étoiles de Doha à la lutte contre Israël. Le champ d’opération d’Ezzat et de son organisation Ansar Beit al-Maqdes, outre le Sinaï, se répand dans toute l’Égypte. Autre fait très important, l’assassinat du lieutenant-colonel Mohamed Mabrouk, l’officier responsable du dossier de Morsi, par un élément des Frères musulmans infiltré dans la Sûreté égyptienne. Son assassinat est d’une importance capitale dans la mesure où il était en charge du dossier complet, notamment l’accusation d’intelligence avec l’ennemi, ainsi que des copies de documents d’écoutes confirmant la collusion entre Morsi, la CIA et Al-Qaïda. A qui profite le meurtre de l’officier chargé de l’affaire Morsi ? Plusieurs sources confirment l’intervention de services étrangers dans son élimination afin de le réduire au silence et de stopper l’enquête, le dossier de Morsi étant compromettant pour bien des Etats. Cette opération a été préparée pendant plusieurs mois avec un matériel très performant, vu la protection dont jouissait cet officier de haut rang. D’après nos contacts, il faut s’attendre à d’autres attentats dans les jours qui viennent, avant le référendum sur la Constitution prévu les 14 et 15 janvier prochain, ciblant des villes qui étaient déjà hostiles au règne des Frères musulmans à l’époque de Morsi, comme El-Mansourah et Al-Charkiya, ainsi que la communauté copte. Nous avons reçu le document du plan de l’attentat kamikaze d’El-Mansourah perpétré par un certain Abou Meriem et qui a touché le complexe de la Sûreté même, au moment précis où se tenait une réunion du commandement, tuant le chef de la Sûreté et ses adjoints immédiats. Lorsque l’attentat a eu lieu, des Frères musulmans incarcérés dans une autre aile ont été sciemment préservés, car ils avaient pour mission de prendre possession de tout le complexe, tentative qui a échoué. Ce point nous renseigne sur la précision de ces opérations ciblées préparées minutieusement et avec professionnalisme. Ce qui est très étrange dans cet attentat, c’est que le Wall Street Journal avait annoncé la veille un attentat de grande ampleur et que l’armée égyptienne allait être la cible du groupe Ansar Beit al-Maqdes. Quelle coïncidence ! Comment les Américains pouvaient-ils être si bien informés ? C’est une question qui mérite d’être posée. Autre fait étrange, les Frères musulmans, comme par hasard, n’ont pas manifesté la veille ni le jour de l’attentat. Tous ces éléments recoupés nous prouvent que l’Égypte fait face à un imbroglio liant des groupes djihadistes et des services de renseignement œuvrant de concert pour stopper le processus en cours, et effrayer la population en la menaçant d’attentats au cas où elle suivrait la feuille de route dessinée par l’armée égyptienne. Cette première étape sera suivie par d’autres, plus meurtrières, plus ciblées et plus intenses. Autre information de taille : nos sources nous affirment que pour le moment, ce groupe terroriste ne viserait que des commissariats dépendant du ministère de l’Intérieur en utilisant des subterfuges tels qu’envoyer de faux plaignants dans les commissariats où se trouvent des gradés pour repérer les lieux, ce qui est impossible à réaliser contre les casernes de l’armée. On constate que la plupart des attentats récents, y compris celui qui a visé le ministre de l’Intérieur, sont du même ordre que celui qui a ciblé le complexe d’El-Mansourah avec plus d’une tonne d’explosifs. Ce type d’explosif est très sophistiqué et ne peut provenir que de pays très en pointe au niveau technologique, parce qu’aucun incendie ne s’est déclaré à la suite de l’explosion, et a emporté dans son souffle bien des voitures et des immeubles, dont la mosquée bâtie par Saladin, classée patrimoine national, où a été jugé Louis IX. Les doigts se pointent vers la Turquie, Israël, le Qatar, la CIA, etc. Il s’agit là d’un travail des services de renseignement internationaux dont ce groupe des Frères musulmans est l’exécutant. Nos informateurs n’écartent pas l’éventualité de l’assassinat de hautes personnalités comme le ministre de la Défense, le général de corps d’armée Abdelfatah Al-Sissi qui a déjà été la cible d’un attentat que la presse n’a jamais évoqué, mais dont nous avons eu l’information. Il y a une similitude de procédés frappante entre les événements d’Égypte et ce qu’a connu l’Algérie pendant sa décennie de sang, y compris dans le ciblage de l’ancien ministre de la Défense algérien, le général-major Khaled Nezzar, et le général de corps d’armée égyptien actuel Al-Sissi, sauf que les Egyptiens ne sont pas allés jusqu’au bout de leur état d’urgence, ce qui permet aux islamistes de continuer à faire de la diversion à travers leurs manifestations pour commettre des attentats et tuer des policiers. Un véritable plan d’action incluant le «Mouvement du 6 avril» qui a rejoint les Frères musulmans dans leur lutte viserait l’Égypte avant le référendum pour essayer de le faire capoter et d’empêcher les gens d’aller voter. L’anarchie qui règne dans les universités et les agressions contre le recteur de l’université du Caire et contre celui d’Al-Azhar sont l’œuvre de ces jeunes «révolutionnaires» du clavier, création d’Otpor et de la CIA, manipulés par les Frères musulmans. Ces éléments sont utilisés dans le transport d’armes et d’explosifs, faisant de la diversion pendant que les terroristes attaquent leurs cibles. Nous disposons d’un document qui révèle, entre autres, l’organisation d’un mouvement de grande ampleur, prévu le 25 janvier, date commémorative des événements de 2011, qui se scinderait en plusieurs manifestations ayant pour but l’assaut du ministère de la Défense pour procéder à l’arrestation de Sissi et à son incarcération. L’une des cibles privilégiées est la cité des médias où l’on trouve la plus grande concentration de journalistes qui sont tous d’ores et déjà condamnés à mort par la confrérie et qui seraient exécutés sur place. On évoque le chiffre de 300 000 personnes pour envahir la cité des médias. D’autres points stratégiques seront aussi pris d’assaut par des milliers de manifestants. Ce plan de déstabilisation de grande envergure ne peut pas se réaliser sans l’appui des forces extérieures, et le dernier communiqué de la Maison-Blanche menaçant l’Égypte en lui intimant soit d’inclure les Frères musulmans dans le processus, soit de voir la feuille de route de l’armée caduque, en est une preuve. Les Américains continuent donc à exercer leur chantage envers l’armée égyptienne. Sachant que l’Égypte vient de classer la confrérie dans la liste des organisations terroristes, à quoi jouent les Américains ? Veulent-ils que des terroristes fassent partie du futur égyptien ? Nous voyons sans doute là le fruit du travail du lobby des Frères musulmans qui pèse de tout son poids au sein de l’administration Obama. Rappelons-nous que Brzezinski parlait déjà en 1975 de fragmenter les Etats et les armées arabes pour qu’Israël n’ait pas à craindre un ennemi puissant dans la région. On remarque également que les Frères musulmans veulent coûte que coûte soudoyer quelques renégats pour les faire sortir des rangs de l’armée afin de pouvoir reproduire le scénario syrien en créant une sorte d’armée égyptienne libre, qui ne serait ni plus ni moins qu’une marionnette entre les mains des services étrangers hostiles à l’armée égyptienne et à l’Égypte. Ces forces s’entendent à reproduire le scénario algérien qui consiste à accuser l’armée et à blanchir les islamistes pour ensuite leur donner le pouvoir, mais bien des contradictions de type géostratégique mettront probablement ce plan en échec. Ainsi, l’Arabie Saoudite encourage les salafistes égyptiens, réitérant son désaccord historique avec les Frères musulmans, ce qui coûtera cher à ces derniers, et elle rassemble les Emirats arabes unis et le Koweït dans son giron pour soutenir financièrement l’Égypte. L’acrobatie de l’Arabie Saoudite est inédite dans la mesure où elle appuie les djihadistes et Al-Qaïda en Syrie et, en même temps, soutient l’Égypte face à ces mêmes groupes. Cela nous démontre à quel point le jeu de la politique est vicieux et pervers et qu’il n’obéit qu’à l’intérêt. Soulignons que les Emirats arabes unis continuent à traquer sur leur sol les cellules terroristes qui menacent leur sécurité. Tous ces faits constituent un véritable séisme dans le camp de ceux qui ont toujours opté pour la déstabilisation du monde arabe, notamment à travers le printemps sioniste. Ajoutons-y la soudaine disparition des radars d’Israël, qui certainement est de mèche avec les groupes installés au Sinaï. Il est en effet difficile d’admettre qu’un pays disposant d’une armée et de moyens de surveillance satellitaire comme Israël ne fournisse pas ces éléments à l’armée égyptienne et se cantonne dans un silence pour le moins suspect. Pour son cas, la Turquie, qui jouait un rôle majeur dans la destruction de la Syrie, s’est embourbée dans des scandales d’argent sale et de corruption.

Le front qui soutient les terroristes se disloque
Comme nous l’avions prévu, le modèle AKP démontre qu’il n’est pas aussi propre que certains voulaient nous le faire croire. Saint Erdogan a voulu étouffer les enquêtes qui touchent son ministre de l’Intérieur, de l’Économie, de l’Environnement, dont les fils sont impliqués dans des trafics à grande échelle et qui éclaboussent plus de 130 députés du parti bakchich d’el Hadj. Notons, par ailleurs, que l’officier qui a mis à jour tout le scandale de la corruption a été retrouvé mort, et l’administration Erdogan a déclaré qu’il s’était suicidé. La bonne vieille méthode pour éliminer ceux qui gênent. Voilà le véritable visage des islamistes pour ceux qui les portaient aux nues : une bande de mafieux pourris et corrompus jusqu’à la moelle, doublés de criminels. L’AKP va en faire les frais aux prochaines élections de 2014, même si cheikh Erdogan fait profil bas et va tout tenter pour sauver les meubles. Plus dure sera la chute, et comme nous l’avons dit dans un précédent article, le soi-disant modèle AKP que l’on nous a tant vanté a définitivement atteint sa date de péremption. Sachant qu’Istanbul est le siège mondial de la confrérie des Frères musulmans, cette crise politique aura un impact certain sur les finances et la logistique des Frères qui n’ont rien de musulman. Quant au vilain petit Qatar et ses brebis qui avaient toujours refusé la coopération antiterroriste, sentant le vent tourner, ils viennent de remettre à la Ligue arabe, le 25 décembre, les documents signés concernant leur participation à la lutte antiterroriste qu’ils avaient conservés comme par hasard. Ces documents ratifiés par le Qatar auront des répercussions immédiates, car le Qatar s’engage dorénavant à livrer tous les terroristes qui sont sur son sol à tout pays qui en fera la demande. Leur échec en Syrie a sonné la fin du clan de l’islam politique à travers le monde, même s’il gardera toujours une capacité de nuisance à ne pas dédaigner. Nos sources nous informent en outre qu’Al-Jazeera recèle en son sein au moins quatre terroristes réclamés par leurs pays d’origine. L’Egypte ayant adopté la loi mettant les Frères musulmans sur la liste terroriste, verra-t-elle le Qatar lui livrer ses éléments ? Celui-ci vient d’ouvrir une porte à tous les pays dont les demandes d’extradition des terroristes n’ont pas eu de réponse jusqu’ici et il est à présent obligé de se plier à la loi. L’Algérie, à l’instar des autres pays du monde arabe, est en droit de réclamer les terroristes abrités sur le sol qatari. Ainsi se ferme le piège sur le Qatar. En résumé, le front qui alimente, encadre, et finance les terroristes dans le monde arabe est en train de se disloquer et de subir des défaites immenses. Les forces vives que nous avons contactées nous affirment qu’ils attendent en Égypte plus de fermeté et un homme à poigne qui sera en mesure de contrer et d’éradiquer le fléau terroriste qui, telle une bête blessée, intensifiera les attentats. Si l’Algérie a eu son général-major Khaled Nezzar, l’homme de la situation à l’époque sanglante avec bien d’autres officiers supérieurs qui ont compris à qui l’on avait affaire et ont pris leurs responsabilités historiques en sauvant la République du péril islamiste funeste, l’Égypte reste sur le qui-vive et attend la décision du général de corps d’armée Al-Sissi, très populaire et sollicité pour briguer la magistrature suprême. L’Égypte, si elle veut s’en sortir, ne doit pas mettre des gants avec des gens qui n’ont pour seule option que la destruction et l’assassinat politique.
Mohsen Abdelmoumen

Publié dans Algeriepatriotique le 28/12/2013

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