Continuation of my journalistic investigation on the Israeli businessman who bleeds Africa (part 2)

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Dossier – Getler, Leibovitch et Rice : la prédation sous le couvert de la religion et de la diplomatie (II)

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Dan Gertler hôte de Joseph Kabila. D.R.

Cinquante-neuf sociétés fictives ont acquis des biens de la RDC au cours des quatre dernières années. Cette liste fait mention de 22 sociétés qui peuvent être directement reliées à Dan Gertler. Parmi les 37 autres sociétés, 30 sont enregistrées par l’agent principal des sociétés fictives de Dan Gertler. Toutes ces sociétés ont été constituées récemment. Certaines d’entre elles ont vu le jour quelques semaines seulement avant qu’on leur octroie des biens miniers de la RDC valant plusieurs milliards de dollars, souvent à des prix nettement inférieurs à leur valeur marchande. Gertler a été récemment mis en cause dans le rapport publié en mai dernier par Africa Progress Panel dirigé par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, au sujet de la spoliation du Congo-Kinshasa d’un montant de 560 millions d’euros en trois ans. C’est en 2003 que Condoleeza Rice, alors conseillère à la Sécurité nationale du président Bush, a présenté Dan Gertler et Chaim Leibovitch à la directrice principale aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, de la Harvard Kennedy School. En novembre 2003, sous l’ère Bush, la visite du président Joseph Kabila à la Maison-Blanche avait été qualifiée par Africa Confidential de «coup d’Etat» des magnats israéliens du diamant Dan Gertler et Beny Steinmetz. Le 6 décembre 2006, Frazer, alors secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, était l’un des sept délégués spéciaux envoyés par Bush à l’investiture du président Joseph Kabila à Kinshasa. Depuis sa jeunesse, Gertler a toujours été l’émule admiratif de celui qu’il considère comme son maître à penser, le rabbin Haïm Yaacov Leibovitch de Brooklyn, un ami personnel de Condoleeza Rice. En 2001, Gertler et Leibovitch se sont associés pour devenir les principaux dirigeants d’une société d’extraction de diamants en République démocratique du Congo (RDC), Emaxon Finance Corporation, et ont acquis les droits sur la majorité des diamants de la Société minière de Bakwange (MIBA), principale exploitation du Kasaï-Oriental, près de la ville de Mbuji-Mayi, capitale mondiale du diamant brut, contrôlée par le gouvernement congolais. MIBA et les champs de Mbuji-Mayi ont une longue histoire d’effusion de sang soutenue par Israël et les puissances occidentales. Pas un seul agent de l’Etat n’a été poursuivi pour les exécutions extrajudiciaires de mineurs suspectés «illégaux» à Mbuji-Mayi. Après un siècle d’exploitation et d’esclavage, la MIBA retient constamment le paiement des salaires des ouvriers congolais affamés et des cadres intermédiaires pendant plusieurs mois. Avril et mai 2007 ont vu des grèves et des manifestations conduisant à des arrestations arbitraires, la détention et la torture d’organisateurs syndicaux comme Léon Ngoy Bululu par le gouvernement Kabila. La police a également abattu des manifestants, des travailleurs congolais soi-disant illégaux, privés de leurs droits et contraints à des activités «criminelles» pour survivre. Ils ont été sommairement exécutés sur les concessions de la MIBA à Mbuji-Mayi. Les gardes de sécurité de la MIBA ont également abattu des mineurs chômeurs. Emaxon Finance International de Dan Gertler est une véritable pieuvre qui dirige l’exploitation minière, de mèche avec toutes les entreprises et filiales occultes basées dans des paradis fiscaux offshore qui travaillent à protéger des personnes responsables de blanchiment d’argent, de trafic d’armes et des opérations de la drogue, d’assassinats et autres faits de terrorisme. Gertler a manœuvré contre ses concurrents, en particulier ses grands rivaux Energem et De Beers. Energem, basée au Canada et anciennement appelée Diamond Works, appartenait au multimillionnaire – et non moins mercenaire – britannique, Tony Buckingham, actuel PDG et actionnaire majoritaire d’Heritage Oil Corporation, ancien partenaire d’Executive Outcomes, société militaire privée d’Afrique du Sud. Les administrateurs-actionnaires d’Energem étaient les plus que douteux frères Mario et Tony Teixeira, JP Morgan, et le partenaire de Gertler, Beny Steinmetz, qui détenait 50% des parts, mais la société a été finalement déclarée en faillite en février 2011 après avoir entretenu la guerre dans onze pays africains. La guerre implacable que se sont livrés les deux rivaux congolais Jean-Pierre Bemba et Joseph Kabila en mars 2007 comportait un enjeu de taille, la désignation du vainqueur en tant que portier noir pour les cartels miniers exploités par les dynasties familiales occidentales, dont voici quelques échantillons : Maurice Tempelsman, originaire d’Anvers en Belgique, a émigré avec sa famille aux Etats-Unis en 1940. Il est le président du conseil d’administration de Lazare Kaplan International Inc., la plus grande entreprise de diamants aux Etats-Unis, et membre de Léon Tempelsman & Fils, une société d’investissement spécialisée dans l’immobilier et le capital à risque. Grand ami de Madeleine Albright, il est la «poche profonde» du Parti démocrate, partisan régulier des campagnes de John Kerry et autres démocrates, et a financé la campagne de Bill Clinton à raison de 500 000 dollars. Nul doute qu’il en fera de même avec la future présidente Hillary qui a commencé sa propre campagne et qu’il soutient. Il a joué un rôle clé en Afrique du Sud dans les négociations entre le gouvernement et les entreprises impliquées dans l’exploration diamantifère. Tempelsman a été le conseiller de Mobutu Sese Seko, ancien dictateur du Zaïre, et l’a aidé dans son commerce avec De Beers. Il a été nommé président de la Corporate Council on Africa (CCA) de 1999 à 2002 et de 2007 à 2008, et en est depuis président honoraire. Le CCA est une organisation américaine consacrée aux relations d’affaires entre les Etats-Unis et l’Afrique qui comprend plus de 180 entreprises membres, et représentant près de 85% du total des investissements américains dans le secteur privé en Afrique. Tempelsman a dirigé le trafic de diamants en RDC, Angola, Botswana, Namibie et Sierra Leone. Sa capacité d’influencer les gouvernements et les marchés est incontournable, et il a été utilisé par la CIA pour déstabiliser plusieurs pays africains au profit de De Beers. En 2002, Tempelsman a offert au président Sam Nujoma de la Namibie un prêt de 80 millions de dollars afin de combler le déficit budgétaire du pays, en échange d’un intérêt sur les ventes des pierres précieuses namibiennes. Accessoirement, il a été le compagnon de Jackie Kennedy après la mort d’Onassis. Les Oppenheimer, deuxième fortune d’Afrique avec 5 milliards de dollars, ont fondé la holding britannique Anglo American qui est l’un des principaux actionnaires de la De Beers Diamond, implantée au Botswana, en Namibie, en Afrique du sud, et dont «Nicky», Nicolas Oppenheimer, est président ainsi que de sa filiale, la Diamond Trading Company. La société De Beers est à la source, entre autres, de l’expropriation des terres appartenant aux Bochimans du Botswana, en ayant exercé des pressions sur le gouvernement. Elle est également à l’origine de la guerre civile en Sierra Leone favorisée par un vaste trafic de diamants. Les Menell par l’intermédiaire de Kemet Group, un groupe de sociétés privées impliquées dans les mines de diamant, métaux, huiles et biocarburants. Les Forrest (groupe Forrest International GFI, conglomérat qui détient des pans entiers de l’économie du Katanga, spécialisé dans le BTP, ciment, élevage, transport aérien, contrôle également la plus grande banque de la RDC, la BCDC, via EGMF, entreprise générale Malta Forest), dont le chef de clan, Georges Forrest, très proche de Mobutu, était surnommé le «vice-roi du Katanga». Par ailleurs, George Forrest a recruté Olivier Alsteens, ex-directeur de la communication externe des Premiers ministres belges en 2002 et 2003, et ancien porte-parole de Louis Michel, ex-ministre des Affaires étrangères belge et député européen, lequel est très écouté par Joseph Kabila ; il a d’ailleurs joué un rôle dans la relance des relations belgo-congolaises. Les Blattner : le groupe Blattner détient la majorité des parts de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo BIAC, mais aussi le transport, maritime, aviation civile FlyCAA, pneumatique Cobra, télécommunications, agriculture, exploitation forestière, construction Safricas, et GAP, plus de 10 000 ha en exploitation directe d’huile de palme. Et enfin les Lévi (secteur minier et bancaire avec la Trust Merchant Bank TMB), les Herzov, les Gertler et les Steinmetz.

Mohsen Abdelmoumen

Publié dans Palestine Solidarité

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.160214.htm

Part 3:https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/2014/02/20/the-third-part-of-my-journalistic-investigation-on-the-israeli-businessman-who-bleeds-africa/

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