Qu’allez-vous léguer à la jeunesse algérienne ?

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D.R.

Chacun sait les difficultés qui jalonnent le parcours des jeunes Etats cherchant à se frayer un chemin dans le concert des nations. Cependant, jamais l’Algérie n’a traversé une crise politique aussi importante depuis son indépendance. Si l’on devait définir le mot qui correspond le mieux pour décrire cette ère porteuse de tous les périls, ce serait celui de faillite : faillite des élites politiques, intellectuelles et associatives. Bref, nous constatons l’ampleur des dégâts avec l’échec révélé lors de cette présidentielle inédite où, à quelques jours à peine de la clôture des candidatures, le schéma ne nous renvoie qu’à des spéculations et des supputations oiseuses des uns et des autres, rivalisant pour nous offrir une cacophonie assourdissante et désastreuse. Nous assistons, médusés, à un spectacle hybride issu du croisement entre La chute de l’Empire romain et Apocalypse Now, relayé par des exclusivités diverses de la part de certains médias. Il ne nous manque que l’interview scoop d’Abdallah El-Manai pour qu’il nous livre ses souvenirs des déhanchements du jeune Werther – pardon – Saïdani. Nous sommes impatients et nous comptons bien entendu sur le site assermenté par lequel toutes les livraisons d’exclusivités excrémentielles nous parviennent. Cette débauche de déclarations lamentables tous azimuts ne se serait jamais produite si l’actuel président s’était prononcé sur son éventuelle candidature ou sur son retrait de la vie politique. A quoi rime donc le faux suspense entretenu par un roi livré à sa cour et dont les communiqués sont rédigés par les princes, si ce n’est que ceux-ci refusent de lâcher la proie Algérie de leurs serres de rapaces ? En comparaison avec une nation comme les Etats-Unis, par exemple, nous voyons qu’Hillary Clinton a déjà commencé sa pré-campagne pour se placer en 2016, et nous avons la quasi-certitude, à travers nos sources, de l’identité de son futur secrétaire d’Etat. Les Etats-Unis sont en effet une nation où le bricolage politique n’est pas permis et où les politiciens vont à la rencontre de leurs électeurs. Certes, les Etats-Unis ne doivent pas être un modèle, car ils sont une puissance impérialiste basée sur les intérêts et le pouvoir de l’argent, néanmoins, l’approche stratégique de leurs politiciens dans leur candidature à la présidentielle et dans l’élaboration de leur programme prouve leur capacité à représenter leur nation. Du plus petit candidat au plus grand, chacun provoque une effervescence et un engouement dans ses nombreux déplacements, jusqu’aux endroits les plus reculés de l’Amérique, afin de porter son projet et de récolter des voix. Ce n’est pas par amour pour les Américains, ni pour leur politique, que nous citons cet exemple, il s’agit juste d’un comparatif avec certaines nations qui ne s’aventurent pas à jouer avec une élection aussi importante que la présidentielle, alors que d’autres pays se complaisent dans des intrigues qui ne mènent qu’à l’impasse en amplifiant la rupture entre le citoyen et l’homme politique, voire même l’Etat. De ce fait, l’Amérique a produit des Martin Luther King dont la célèbre phrase «I have a dream» est désormais inscrite dans l’intemporalité et l’éternité, devenant une référence pour bon nombre de politiciens, militants politiques, syndicalistes, intellectuels à travers le monde, alors que chez nous, le processus de dégradation de la politique nous a fabriqué un Saïdani, dont le slogan doit être «I have a derbouka», et pour d’autres «I have an umbrella». Notre approche sera sans doute sujette à polémique et nous voyons d’ici des tas de bonnes âmes qui ne vont pas manquer de protester en se sentant offusquées par l’évocation du cas américain où, rappelons-le quand même, l’échéance de 2016 a déjà désigné ses candidats.
Pendant ce temps, en Algérie, notre pseudo-opposition a pris goût aux réunions dans les hôtels 5 étoiles, et des petites frappes appelées activistes s’empiffrent de petits fours et de drinks distribués dans les ambassades des Etats-Unis ou de la France entre deux trémoussements. Chez nous aussi, le politicien a cette manie de se transformer en carpe pendant des années, réalisant une parfaite séparation avec le citoyen, pour revenir ensuite à la surface de la mare aux canards et prétendre à la magistrature suprême alors qu’il ne s’implique d’aucune manière dans la vie quotidienne de ses concitoyens. On va rétorquer que comme carpe, on ne fait pas mieux que l’actuel président, sauf que dans son cas, on a la nette impression qu’il est pris en otage par un gang commandé par son frère cadet, promu premier ventriloque de la cour et titulaire en chef de la balade de la chaise roulante. L’ennemi le plus redoutable de la horde sauvage constituée par la cour du président sortant s’appelle AVC. Ces individus sans scrupule, Saïd Bouteflika à leur tête, se comportent de manière ignoble avec un homme affaibli qu’ils trimballent en permanence, l’exhibant muet et égaré devant les caméras de télévision. D’ailleurs, le dernier communiqué de la Présidence émis par X ou Y ne dupe personne et nous renseigne sur la ruse de l’entourage du Président qui lance une attaque contre le DRS pour ensuite calmer le jeu, entérinant l’adage : «il mange avec le loup et pleure avec le berger». Y en a marre du cirque Amar ! Le comportement indigne de ce gang est contraire à tout ce qu’il y a d’humain en chacun d’entre nous et il est temps qu’ils comprennent que l’Algérie n’est pas une monarchie et que personne n’héritera du trône. Cette nation s’est bâtie avec le sang des martyrs et non pas dans les salons luxueux dans lesquels se pavane depuis trop longtemps Saïd Bouteflika !
L’entretien de Louisa Hanoune avec le chef d’état-major portant sur la présidentielle et les déclarations de Saïdani pose de nombreuses questions, car le procédé est inédit. Sachant que nous avons une multitude de partis en Algérie, pourquoi seulement celui du PT ? Bien sûr, c’est le droit absolu d’un chef de parti d’interpeller qui il veut, ce n’est pas là le sujet, bien au contraire, dans d’autres circonstances ce pourrait être positif de voir un homme ou une femme politique prendre des initiatives. Mais dans ces moments très délicats pour le pays où un groupe de malfrats craignant d’être jugés au lendemain du départ du président Bouteflika pour trafics divers, corruption, et autres méfaits – et l’on vient d’avoir écho que le parquet de Milan, avec lequel nous avons pris attache, va lancer une procédure contre Saïdani – il faut qu’un large consensus de patriotes se dégage plutôt qu’un seul parti. Il est indispensable que les forces vives de la nation soient mobilisables à tout moment pour contrer les tentatives meurtrières et assassines de la bourgeoisie compradore adepte de la politique de la terre brûlée.

Une nation, ce n’est pas que du béton armé 
La force de l’Algérie réside dans sa jeunesse qui doit être impliquée dans le processus de mise en échec des félons et de la classe vénale qui dirige le pays actuellement et qui a prouvé en long et en large son incompétence. Le discours du Premier ministre à Mila devant une soi-disant «société civile», qui reste à définir, mais dont nous connaissons la propension au clientélisme et à la corruption, était hallucinant. Ces élus de la chkaraapplaudissaient à s’en rompre les articulations, les propos d’un chef de gouvernement qui joint à sa charge la responsabilité de la commission de la préparation des élections présidentielles, et qui leur a déclaré : «Nous vous donnerons tout l’argent que vous voudrez, mais le jour du vote, il faudra savoir pour qui vous allez voter», en oubliant que toute la planète l’écoute ! Ce n’est ni plus ni moins qu’acheter des voix et donc une tentative de corruption. La question qui se pose est de savoir si les « politiciens » en Algérie connaissent le poids des mots. De dérive en remous, nous tanguons sur un radeau de la Méduse ballottant entre un président grabataire et silencieux depuis plus d’un an et des baratineurs qui nous sortent des inepties. Pour bâtir une nation, il faut des esprits porteurs de lumière et novateurs, et non pas investir dans les autoroutes de la gabegie et les infrastructures. Une nation, ce n’est pas que du béton armé, c’est avant tout l’investissement dans l’humain. Si la corruption dans notre cher pays est devenue un sport national et couvre le territoire mieux que le réseau Thuraya, c’est une catastrophe en soi. Notre échec est là, et tous ces politiciens et leur clientèle faisandée devraient rendre leur tablier, pas seulement pour laisser la place à la jeunesse qui doit faire sa propre expérience, mais parce qu’ils ont lamentablement échoué, et la preuve en est que nous vivons en ce moment dans la confusion la plus totale, à cause d’un malade et de son entourage qui s’accrochent au pouvoir comme des moules à un rocher. Nous voyons un chef d’Etat qui n’a jamais voulu être un quart de président, mais qui, au final, est devenu une ombre, un non-président, à la tête de l’Etat. Du slogan «arfaa rassak, ya Abba», nous avons abouti à la vieille chanson arabe qui dit «tout va aux puisards, ya Abba». On ne peut pas sauvegarder l’intégrité territoriale et notre souveraineté avec un ramassis de beggara corrompus qui confondent l’Algérie millénaire avec une vulgaire boîte de nuit. Rappelons-nous les propos de l’ancien Premier ministre Ouyahia, silencieux lui aussi – pas pour hémiplégie, mais pour d’autres raisons qui n’appartiennent qu’à lui – qui affirmait être un soldat au service de l’Etat et qui a déclaré qu’un quatrième mandat de Bouteflika ne serait pas bon pour l’Algérie. Le soldat Ouyahia a-t-il changé d’avis ou bien n’a-t-il pas d’opinion ? Wait and see…
En tout cas, supputations, intrigues du palais, devinettes à quatre sous décrivent désormais notre paysage politique. Nous devrions instaurer un nouveau jeu sur toutes les chaînes de télévision algériennes concernant les intentions des uns et des autres à briguer ou non la magistrature suprême à quelques jours à peine de la clôture des candidatures. Ce jeu pourrait s’appeler «qui est pour la quatrième derbouka ?». C’est une suggestion, mais d’autres titres pourraient être proposés. Le concours est ouvert, surtout n’hésitez pas à nous faire parvenir vos propositions, le gagnant sera récompensé par un fauteuil roulant relié directement au Val-de-Grâce ou un congélateur pour stocker nos politiciens au frais en attendant leur résurrection. Ainsi, dans la cohorte fébrile des candidats, nous assistons ébahis au retour de Mouloud Hamrouche qui souhaiterait ne faire qu’un seul mandat au cas où il serait président. Hamrouche, l’ami de toujours des islamistes, lui qui a échoué en étant chef de gouvernement en pactisant avec un courant meurtrier qu’il n’a pas su gérer ; Hamrouche dont nous nous rappelons la phrase qu’il a adressée au général Nezzar : «A vous de jouer, Monsieur Khaled.» Evidemment, ça n’a pas la même envergure que «I have a dream», mais chacun donne ce qu’il peut, c’est bien connu. Comme nous savons aussi qu’à chaque fois que les politiciens échouent lamentablement, ils font appel à l’armée tout en réclamant dans les moments d’accalmie son éloignement de la vie politique du pays. Il faudrait savoir ce que l’on veut ! Hamrouche, surnommé l’homme des réformes. Quelles réformes ? Celles qui ont géré l’après 5 octobre 1988 en ayant recours à un bricolage aussi bringuebalant qu’il était titanesque ? Celles qui ont légalisé l’islamisme politique en nous ramenant du même coup la décennie du sang avec des partis fantoches, des associations vides et une presse de commérages ? C’est cela, les «réformes» ? La seule chose que Monsieur Hamrouche nous a prouvée, c’est que lorsqu’il a voulu réformer la crise, c’est la crise qui a eu raison de lui ! La preuve, après sa démission, il a inauguré un style d’exercice politique qui consiste à être dans le mutisme permanent, ne se prononçant jamais sur aucun événement depuis son départ. Pourquoi dans cette ère «qui-tue-quiste», nous sort-on des gens qui n’ont pas réussi en leur temps ? Serions-nous devenus champions du monde dans l’art de tourner en rond ? Soit nous optons pour l’homme providentiel ou le messie, cette option étant catastrophique pour le pays comme le montre le bilan du président sortant qui ne veut décidément pas sortir – otage consentant ou complètement déphasé auquel on fait signer des communiqués, et plus grave, des décrets –, soit nous choisissons de faire nos courses au rayon surgelés pour exhumer des hommes en fin de parcours. Le désir émis par Mouloud Hamrouche de ne rester qu’un seul mandat est tout aussi surprenant. A-t-il passé un deal céleste avec Dieu le père pour savoir s’il sera en mesure d’au moins terminer un seul mandat ? Non, décidément, les solutions ne se trouvent pas dans «la machine à remonter le temps» de Jules Verne. Loin de nous l’idée de condamner un personnage politique pour son âge, car son expérience pourrait être un atout considérable, mais précisons néanmoins pour les amnésiques que dans le cas de Hamrouche, celui-ci a pactisé avec les islamistes, et les risques sont multiples de voir avec lui la réhabilitation du FIS et le retour des exilés de ce parti qui deviendront des héros ou des modèles pour nos enfants, avec au menu, la réapparition du religieux dans la sphère politique. On sait ce que nous ont coûté le wahhabisme et l’intégrisme religieux qui se sont transformés en terrorisme takfiriste sanguinaire et dont l’Algérie gardera à tout jamais des séquelles. Pour bien servir la nation, Hamrouche devrait cesser le chantage qu’il exerce du haut de sa tour d’ivoire en évitant de faire face à Bouteflika. Le politicien courageux n’a peur de rien et défend son projet quoi qu’il lui en coûte et face à tous les candidats quel que soit leur poids, ce qui fait défaut à nos «politiciens» qui veulent toujours des garanties de la part de l’armée, n’est-ce pas Monsieur Hamrouche ? Cette position n’a rien à voir avec la politique et n’est certes pas une façon honorable de servir son pays, cela s’appelle être assis le cul entre deux chaises. Ainsi, les rencontres multiples d’Hamrouche avec le général Gaïd Salah sont loin d’être anodines, car elles nous dévoilent une opération bien ficelée dont l’élément central est le FFS qui agit dans l’ombre sous l’égide de l’Internationale socialiste. Comme tout cela était prévisible après l’attaque grossière contre nos services de renseignement et leur chef, le général Toufik. On s’attendait à la sortie du placard de personnes du passé liées de près ou de loin au «qui-tue-qui» et aux islamistes et, effectivement, des personnalités sortent du bois pour nous replonger dans le scénario des années 90. D’ailleurs, Hamrouche annonce la couleur en évoquant les troubles de Ghardaïa, où ses amis du FFS et cie déstabilisent la région, et ce n’est que le commencement.

Rompre avec les pratiques dignes d’une république bananière
Dans ce climat délétère du «qui-tue-qui», Hamrouche ne peut être que le cadeau empoisonné de Bouteflika. Sachant que les islamistes n’ont pas de candidat, il peut ratisser large en étant leur représentant et en même temps, pourquoi pas, celui du système, du moins une partie de celui-ci. Chers compatriotes, vous avez l’embarras du choix entre la peste et… la peste. Les politiciens tels Hamrouche, Hidouci, Brahimi la science et consorts sont tous responsables de notre malheur algérien. L’Algérie mérite d’être dirigée par un homme propre et courageux, et il y en a encore ! Si l’on veut être présidentiable, il est impératif de rompre catégoriquement avec toutes les pratiques dignes d’une république bananière en opérant une rupture totale avec la mentalité de l’homme politique algérien actuel, captif des grilles de lecture figées depuis l’ère glaciaire. Notre salut viendra par l’implication de toute la société dans le processus politique et pour l’atteindre, il nous faut des hommes qui s’investissent dans les questions qui préoccupent les citoyens algériens. Il s’agit du minimum vital pour un pays. Le débat sur une transition paisible post-Bouteflika est engagé, mais la question doit être approfondie avec les acteurs les plus efficaces sur le terrain, et l’un de nos handicaps majeurs, c’est d’avoir répandu la malformation que ce soit dans le monde politique, associatif, syndical, voire même sociétal. Comme l’avait diagnostiqué le défunt président Boudiaf, l’école a été abandonnée et offre un aspect sinistré, quant à la famille, elle a renoncé à assumer son rôle dans l’éducation et l’encadrement. Le mal est profond et le remède doit être en proportion de nos problèmes. Donc, ni l’homme providentiel ou le Zorro de la politique, ni les recyclés sortis du congélateur n’ayant fait leurs preuves que dans les compromis, voire les compromissions, ne sont nos solutions, au contraire, ils constituent nos maladies. De notre capacité à prendre notre avenir en main dépendra la guérison. Il ne faut pas hésiter à soigner le mal là où il se trouve, c’est-à-dire dans nos familles, dans nos écoles, dans toute notre société, car c’est de là que viendra l’élite de demain. Sans une prise de conscience et un programme thérapeutique adapté, nous resterons une nation qui ne se remet jamais en cause, dont l’image dans le miroir est déformée, et à la traîne des autres Etats qui, eux, ont diagnostiqué la source de leurs problèmes et les ont neutralisés. Les exemples sont nombreux et nous les avons déjà cités : la Russie, la Chine, le Venezuela, le Brésil, la Bolivie, l’Iran, etc. Ces pays ont traversé des difficultés immenses et des crises qui ont touché leur société et leur Etat au plus profond, pourtant, à force de sacrifices et menés par des hommes qui ont porté le rêve de leur nation, ils sont redevenus des pays respectés qui pèsent dans l’échiquier mondial et non pas de vulgaires Etats bananiers consommateurs et affidés à l’impérialisme américain. Ces phases de transcendance ne peuvent se réaliser qu’avec le courage politique. Le réalisme des Lula, Poutine, Chavez, Morales et autres a triomphé, car les sociétés qui ont produit ces hommes d’Etat étaient prêtes à les recevoir et à les porter au pouvoir. Une synergie entre hommes politiques et citoyens favorise le succès, contrairement à la scission entre le politique et le citoyen qui ne peut générer que l’échec. Dans notre cas, la débâcle est notre lot quotidien avec des pratiques obsolètes et rétrogrades, tels le régionalisme, le clientélisme, le népotisme, la corruption, etc. Ce n’est pas avec ces ingrédients que l’on peut prétendre être dirigeant d’une nation, ces caractéristiques sonnant plutôt comme un chant du cygne. L’Algérie, à la recherche de son dirigeant éclairé et intègre – et surtout compétent – est à la croisée des chemins, elle peine à trouver son Poutine ou son Chavez, et stagne, séquestrée par une bande de fripouilles gavées d’argent sale et sans vision d’aucune nature, si ce n’est celle de se remplir les poches et de prendre l’avion au cas où la fin de règne s’annonce. La calamité est qu’au lieu d’avoir produit des hommes d’Etat, nous avons donné les clés de la Cité à des coopérants techniques de tous les impérialismes, qu’ils soient américains ou français. A quelques jours des élections, nous ne pouvons que constater l’état alarmant d’une Algérie meurtrie par les coups incessants et meurtriers de notre ennemi interne, lui-même arme fatale de l’ennemi externe, et contempler le vide sidéral qui risque de nous engloutir. Une seule issue pour sortir de ce piège mortel pour la République : nous débarrasser du règne de l’actuel président et son entourage qui ont pris l’Algérie et son peuple en otages pour de basses considérations mercantiles et qui confondent la gestion d’un Etat avec celle d’un bazar. Les prophètes de l’import-import, les Messieurs Goudron ou Sucre ou Banane sont le reflet de cette gestion chaotique des affaires de l’Etat, et tout patriote algérien doit exercer sa pleine citoyenneté en les jetant à la mer, c’est-à-dire vers leur matrice et leur centre de gravité, l’impérialisme et le capitalisme. Le moment est venu de mettre un terme à cette mascarade qui n’a que trop duré. Notre devoir à tous est d’aller de l’avant et de neutraliser tous les ennemis de notre patrie sans le moindre remords, où qu’ils soient sur le sol national, car le mal qu’ils font au pays en se donnant en spectacle dans un monde impitoyable est impardonnable. Il nous faut des hommes de refondation et de renouveau qui porteront le projet de réhabiliter l’Etat auprès du citoyen et, pourquoi pas, de faire à nouveau rayonner l’Algérie sur le plan international. Ceux qui sont dans ce combat se reconnaîtront, pour les autres, les bruits et les chuchotements dans les salons seront le meilleur remède à leurs petites douleurs.

Mohsen Abdelmoumen

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