L’élimination du chef de Daech-IS en Algérie : une opération qualitative

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Abelmalek Gouri, chef de Daesh-IS en Algérie éliminé par l'ANP

Abdelmalek Gouri, chef de Daech-IS en Algérie, éliminé par l’ANP. D.R.

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L’opération magistrale qui a abouti à la neutralisation d’Abdelmalek Gouri, l’émir de Daech-IS en Algérie, est le fruit d’un long et minutieux travail de renseignement effectué par l’ANP (Armée Nationale Populaire), le DRS (services secrets), la gendarmerie nationale et la police nationale. La cellule de coordination mise en place pour lutter contre le terrorisme et réunissant les différents corps sécuritaires a démontré son efficacité en procédant au démantèlement de réseaux de logistique de Daech-IS dans plusieurs villes de l’est algérien telles que Guelma, Constantine, Tébessa, et autres. Ces interventions extrêmement précises ont permis l’élimination de l’entourage direct du chef présumé de Daech-IS en Algérie qui voulait s’implanter notamment dans la zone stratégique de Boumerdès, ancien fief du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). La rapidité de l’exécution, que ce soit dans la neutralisation des réseaux de logistique du groupe terroriste ainsi que dans l’élimination de son chef présumé, a prouvé au monde entier le professionnalisme et la compétence de tous nos services de sécurité et leur aguerrissement face à la menace qui nous vient essentiellement de Libye. Sachant que Daech-IS est lié à des services de renseignement très puissants, le sénateur McCain s’étant d’ailleurs vanté d’entretenir des relations quasi quotidiennes avec ce groupe, on peut affirmer qu’à travers cette opération d’envergure  ciblée, l’ANP ainsi que tous les corps qui ont travaillé jour et nuit depuis plusieurs mois, ont fait capoter le projet d’implantation d’une filiale de Daech-IS en Algérie, généré par le chaos libyen.

Abdelmalek Gouri, avant d’avoir prêté allégeance à Daech-IS, avait déjà frappé sous la bannière d’Aqmi en organisant en août 2008, l’attentat-suicide contre l’Ecole supérieure de la Gendarmerie nationale des Issers qui avait fait 48 morts et 45 blessés parmi les candidats gendarmes, ainsi qu’un autre attentat au lendemain de l’élection présidentielle du 17 avril qui avait coûté la vie à 14 soldats à Iboudrarène. Gouri éliminé, nos soldats et nos gendarmes peuvent désormais reposer en paix, leur sang n’a pas été répandu en vain. Fait très intriguant, cette opération d’une importance capitale, non seulement pour la stabilité de l’Algérie mais pour celle de tout le Maghreb et du Sahel, est passée quasiment inaperçue dans les médias occidentaux qui en ont très peu parlé. Comment les gouvernements occidentaux osent-ils parler de lutte antiterroriste alors qu’ils n’évoquent même pas les résultats concrets ramenés par notre armée, pendant que leur coalition contre Daech-IS en Irak et en Syrie n’a produit aucun bénéfice jusqu’à présent malgré tout ce qu’ils ont mobilisé en hommes et en matériel ? Cela nous prouve que l’Occident, via cette coalition, se contente de faire du spectacle en engraissant le lobby militaro-industriel et que ses intérêts sont autres que de livrer combat au terrorisme. L’Algérie a montré, elle, comment combattre celui-ci, donnant une leçon au monde, notamment aux Français installés au Mali depuis deux ans et dont les opérations Serval et Barkhane n’ont apporté aucun résultat tangible. A moins que le régime français considère que la libération de l’otage Serge Lazarevic en contrepartie de l’élargissement de cinq chefs terroristes incarcérés au Mali et du versement d’une rançon de plusieurs millions d’euros soit une réussite. Non seulement la France a été le fer de lance de l’intervention en Libye sous la bannière de l’OTAN, y générant le chaos actuel, mais elle a aussi échoué dans sa présence au nord Mali. On ne le dira jamais assez. Nous répétons que la feuille de route algérienne pour le règlement de la crise libyenne est la seule valable bien qu’elle soit contrée par plusieurs forces occultes qui profitent du marasme libyen.

Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Selmane de son nom de maquis, chef sanguinaire de la nouvelle organisation terroriste Djund Al-Khilafa responsable de l’enlèvement du français Hervé Gourdel le 23 septembre à Tikjda, a été éliminé au cours d’une embuscade tendue par l’ANP et les différents corps sécuritaires dans la nuit du 22 au 23 décembre, à l’entrée de la ville des Issers, à 60 km à l’est d’Alger, quelques jours après la liquidation à Sidi Daoud de trois autres terroristes, dont Berrached Merzak, émir de la katibet El Ansar. Gouri se déplaçait à bord d’un véhicule léger accompagné de deux autres terroristes, dont son second Rabah Tarfi. Tous trois ont été abattus à une centaine de mètres de l’école supérieure de la Gendarmerie nationale, là où Gouri avait mené l’attentat kamikaze contre les candidats gendarmes en 2008. Né en 1977 dans le village de Boudhar dans la wilaya de Boumerdès, Abdelmalek Gouri avait rejoint le maquis en 1999 avant d’être arrêté par les forces de l’ANP. Dès sa sortie de prison en 2001, il crée la katibet El Arkam réputée pour être la plus féroce de l’ex-GSPC actif dans la wilaya de Boumerdès, et devient le bras droit de l’émir d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel. Condamné par contumace à la peine capitale à plusieurs reprises, Abdelmalek Gouri dit Abou Selmane a mené sous la bannière d’Aqmi entre 2007 et 2011, divers actes terroristes et des attentats-suicides ciblant des édifices de sécurité dans les wilayas d’Alger et de Boumerdès, et organisé les assassinats de membres des forces de sécurité et des GLD (groupes d’autodéfense). Il a aussi à son actif le recrutement d’une dizaine d’enfants de 8 à 15 ans dans le but de les utiliser dans des attentats kamikazes. Il est à remarquer que l’émergence de Gouri, pratiquement inconnu jusqu’alors, est survenue lorsqu’il a prêté allégeance à Daech-IS au cours de cette étrange affaire Gourdel qui n’a pas encore livré tout ces secrets. Quoi qu’il en soit, la liquidation du chef de Daech-IS en Algérie par les forces de sécurité algériennes est un message sans équivoque aux tentatives étrangères d’introduire l’organisation terroriste dans notre pays. Au cours des diverses opérations de ratissage qui ont été menées depuis l’affaire Gourdel en septembre dernier, plus d’une dizaine de terroristes ont été éliminés sur la trentaine composant cette nouvelle organisation terroriste, les survivants étant traqués sans répit par les forces de l’ANP. Au nombre des terroristes mis hors d’état de nuire figurent plusieurs émirs. Tous agissaient auparavant  pour le compte des katibet El Arkam, El Ansar, El Farouk, et El Houda qui s’activaient dans les maquis des wilayas de Boumerdès, Tizi Ouzou et Bouira.

La lutte antiterroriste comporte ses propres règles qui s’appuient sur le renseignement et sur un travail rigoureux et méthodique des différents services. Le renseignement reste primordial dans la traque aux terroristes et la rapidité d’exécution, la précision de cette opération majeure menée par l’armée algérienne et sa colonne vertébrale le DRS qui a fait un grand travail ainsi que la gendarmerie et la police nationales, est toute à fait remarquable. Le facteur temps était capital. En effet, il était essentiel de ne laisser aucune possibilité à Daech-IS de se structurer et de s’implanter en Algérie, il fallait absolument tuer dans l’œuf son émergence dans notre pays. C’est ce qui a marqué la traque de tous ces éléments connus par nos différents services de renseignement. La bande de transfuges d’Aqmi dont on vient d’éliminer le chef a été harcelée jour et nuit par l’ANP jusqu’à l’élimination de sa tête. La rapidité d’action, la collecte de renseignements, l’infiltration, la capacité de frapper à tout moment, la parfaite coordination que nous avons toujours voulue entre les différents corps sécuritaires, ont été plus que fructueux. Malgré la tentative d’attaque immédiatement repoussée contre une caserne à Mokrani, à 40 km à l’ouest de Bouira, à titre de vengeance suite à la mort de Gouri, ce qu’il reste du groupe terroriste est en voie de disparition, car une fois la tête tombée, il n’y a plus que la queue qui s’agite. Il faut néanmoins rester vigilant et surveiller le mode de recrutement, notamment sur Internet, comme on l’a vu récemment avec la cellule démantelée de Tiaret. Dans cette configuration, le citoyen doit être mobilisé au même titre que le soldat, le gendarme et le policier. Chacun doit prendre cette menace de Daech-IS en Algérie au sérieux, il ne faut surtout pas laisser cette organisation s’implanter chez nous, d’autant plus qu’elle peut bénéficier de l’apport des différents groupes terroristes installés en Libye susceptibles de lui fournir différents moyens logistiques, armes, argent, etc. Le citoyen algérien doit rester en alerte sans pour autant tomber dans la paranoïa, car notre douloureuse expérience fait que nous connaissons le terrorisme mieux que quiconque. Les médias doivent aussi jouer leur rôle. Il est à noter que certains journaux ont félicité l’Etat Major pour la qualité de son travail quand d’autres louent le DRS, il est indispensable d’arrêter de privilégier l’un au profit de l’autre, nous avons une seule armée qui s’appelle l’ANP, une gendarmerie nationale, une police nationale et un peuple qui a rejeté le projet islamiste. Arrêtons d’ergoter pour déterminer celui qui a pris l’initiative. On sait que dans ce type d’opération, le travail  du renseignement est vital et le DRS a une longue expérience dans ce domaine. Bien évidemment, cela n’enlève en rien au rôle important de l’Etat Major qui coordonne la lutte antiterroriste. Chacun assume son devoir, policiers, gendarmes, soldats, agents de renseignement, cadres, officiers, sous-officiers, et citoyens. Si nous avons un jour vaincu militairement le terrorisme, c’est parce que tout le peuple s’est uni contre ces hordes sanguinaires qui ont voulu imposer leur loi à toute la société. La force de nos services sécuritaires et de notre armée provient directement du citoyen algérien qui est au centre de la lutte antiterroriste par son implication. Les médias doivent refléter cet état d‘esprit pour participer à la lutte et non diviser et semer la zizanie parmi ceux qui combattent les terroristes sur le terrain. L’Algérie a montré par cette opération d’envergure spectaculaire, efficace, précise, la façon de combattre le fléau terroriste, donnant une véritable leçon aux puissances mondiales qui se prévalent de combattre le terrorisme alors qu’elles le soutiennent. Nos services de renseignement et tous les organes impliqués dans cette action n’ont pas seulement neutralisé un groupe terroriste, voire plusieurs, mais surtout déjoué une tentative de déstabilisation de l’Algérie via un groupe manipulé depuis l’extérieur par des services de renseignement occidentaux et israéliens. Le signal de l’Algérie est très fort et le message envoyé par notre armée et nos services de renseignement envers tous ceux qui osent souiller notre terre et toucher à notre intégrité territoriale est clair : « Nous vous traquerons sans relâche et le sang de nos soldats ne coulera pas vainement. Où que vous soyez, nous vous éliminerons les uns après les autres ». Ce message est également adressé à Aqmi et à son chef Droukdel qui doit sans tarder méditer sur le sort de son ex-adjoint et envisager une reddition sans condition s’il ne veut pas finir comme Gouri.

L’Algérie restera un os planté au travers de la gorge de tous les services de renseignement qui sont en train de magouiller en Libye, au Mali et au Niger, pour ne pas dire dans tout le Sahel. La lutte antiterroriste ne peut se faire qu’avec l’Algérie, et ce n’est pas un pays comme le Maroc dont l’armée est infiltrée par Daech-IS, notamment à Marrakech, qui va prétendre jouer la carte antiterroriste comme il essaie de le faire en se plaçant sur l’échiquier du Sahel avec l’aide de la France. Dans la lutte antiterroriste, que ce soit au Maghreb ou au Sahel, rien ne se fera sans l’armée algérienne qui est la seule capable de mener ce type d’opérations et qui connait parfaitement tous les groupes en présence dans la zone. Concernant les Français, s’ils veulent se rendre utiles, qu’ils cessent de permettre aux terroristes d’acheter des armes en alimentant leurs comptes en banques en payant des rançons. C’est le moins que la France puisse faire, nous ne lui demandons pas grand-chose. Quant au Maroc, ne connaissant pas le phénomène terroriste, il n’a aucune expertise ni aucune capacité pour le combattre et nous nous passerons volontiers des magouilles du Makhzen qui a armé et équipé le Mujao. Il est temps que l’hypocrisie soit rangée au placard. Il ne s’agit pas de l’intérêt d’un Etat contre un autre, mais d’une menace globale, et il faudra bien que tout le monde cesse de jouer avec le feu et s’aligne sur l‘option algérienne une fois pour toutes car c’est la seule qui soit viable et valable, et qui apporte des résultats par les faits. Si les Américains ont annoncé la mort de Baghdadi sans donner suite à cette information et sans en fournir aucune preuve, en Algérie, on frappe le terrorisme avec des résultats palpables, images à l’appui.

Ne citant jamais l’Algérie dont l’armée est la seule à être restée debout dans la région et qui combat réellement le terrorisme avec des résultats probants, le ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian, nous a offert un florilège de contradictions dans une récente interview parue dans le JDD de ce 28 décembre. D’après lui, il serait souhaitable de trouver une solution politique en Libye parce que les frappes aériennes sont stériles et qu’on ne peut pas bombarder un pays indépendant. La Libye n’était-elle pas déjà un Etat indépendant avant l’intervention désastreuse de la France et de l’OTAN ? Et la Syrie, l’Irak, ne sont-ils pas eux aussi des pays indépendants ? Dans ce cas de figure et puisque, d’après Le Drian, les frappes aériennes sont stériles, que fait donc la France aux côtés des Américains dans la coalition en Irak et en Syrie ? Ce même ministre nous informe ensuite que tous les services de renseignement du monde savent que Belmokhtar est dans le sud de la Libye, et que Derna est devenu le sanctuaire d’Al Qaïda et de Daech-IS, ce que nous avions déjà annoncé dans nos articles précédents. Jean Yves Le Drian nous annonce aussi que l’ONU, l’Union Africaine et les pays frontaliers avec la Libye devront prendre en charge cette « question sécuritaire brûlante » qui menace la sécurité de la France. Il ne semble s’inquiéter que pour la France, quid de la sécurité des pays voisins dont l’Algérie ? Il salue également la décision issue de la réunion du G5 Sahel de ce 19 décembre à Nouakchott constituée du Tchad, de la Mauritanie, du Mali, du Niger et du Burkina Faso, Etats qui sont tous, rappelons-le, à la botte de la France, et qui ont demandé une intervention militaire en Libye. Ainsi la France joue sur les deux tableaux en affirmant que la solution ne peut être que politique, ce qui est la position de l’Algérie depuis le début puisqu’elle refuse toute intervention, et ensuite instrumentalise les pays du Sahel pour arracher un large soutien à des fins d’intervention militaire. En évoquant Belmokhtar, l’organisateur de l’attentat de Tiguentourine, Le Drian essaie d’appâter l’Algérie et de l’impliquer hors de ses frontières. Il sait que les pays du Sahel n’ont pratiquement pas d’armée et veut noyer l’Algérie dans le bourbier libyen provoqué par la France. S’il y a quelque chose à demander à l’ONU, c’est la condamnation de Sarkozy pour crimes contre l’humanité commis lors de son intervention en Libye en 2011, comme nous réclamons la condamnation de Bush, Blair et Cheney pour les mêmes crimes commis en Irak. L’ONU doit organiser une conférence immédiate sur le terrorisme et ses effets néfastes que la France a engendrés en Libye, et sur le sort des millions de réfugiés suite à la crise sécuritaire qui ravage leur pays, et ce n’est certes pas à l’Algérie de gérer ce dossier toute seule, Monsieur Le Drian ! Propos irresponsables d’un ministre irresponsable. Si la France arrêtait de jouer avec la stabilité du continent africain et du monde, cela constituerait un avantage appréciable. Nous aimerions aussi qu’elle renonce à manipuler l’Union Africaine dont la plupart des chefs d’Etat sont ses vassaux et ont fermé les yeux sur ses exactions multiples, y compris celle de l’intervention criminelle en Libye qui  coûte très cher à la sécurité de l’Algérie et certainement pas aux Gaulois, malgré les inquiétudes exprimées par Le Drian pour la sécurité de son seul pays. Si nous avons quelque chose à vous demander, Monsieur Le Drian, c’est de vous taire. Toutes ces informations, nous les connaissons depuis des mois et nous ne vous avons pas attendu pour les obtenir. Néanmoins, en déclarant que Daech se déplace vers le Maghreb à partir Derna, leur point de ralliement stratégique, le ministre français de la Défense confirme ce que nous avons évoqué dans un article précédent. C’est en cela que l’élimination de Gouri était d’une importance capitale, car elle permis l’éradication de la tête de pont qui visait à installer Daech-IS en Algérie, ouvrant la voie aux hordes terroristes en provenance de Libye. L’Histoire prouvera ce que nous avons toujours affirmé : Daech-IS est une création des services de renseignements américano-sionistes, comme ce fut le cas d’Al Qaïda de l’aveu même d’Hillary Clinton et consorts. Quant à notre patrie, l’Algérie, son armée et ses services de renseignement resteront la forteresse sur laquelle se briseront les chimères de tous les groupes terroristes ainsi que celles de leurs maîtres marionnettistes qui tirent les ficelles dans l’ombre.

Mohsen Abdelmoumen

Published on Oximity, December 30, 2014:https://www.oximity.com/article/L-%C3%A9limination-du-chef-de-Daech-IS-1

on Whatsupic:http://fr.whatsupic.com/sp%C3%A9ciale-monde/l%E2%80%99%C3%A9limination-du-chef-de-daech14545.html

and on Palestine Solidarité:http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.301214.htm

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