L’Algérie dépérit dans sa bulle

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François Hollande « l’alacrité » et le sémillant Abdelaziz Bouteflika. DR.

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La sphère d’absurdité et de médiocrité

L’Algérie a sa propre loi de la pesanteur qui lui est spécifique et que l’on ne rencontre dans aucun autre pays. En Algérie, nous sommes dans un contexte anormal, avec des institutions anormales, un président anormal, un entourage présidentiel anormal, et qui a quand même reçu la visite d’un président « normal », ce 15 juin, pour vanter « l’alacrité » (bonne humeur pleine d’entrain) du président grabataire. La grille de lecture de certains opposants et journalistes prouve qu’ils n’ont pas bien saisi que l’Algérie est dans une bulle inédite où les différents acteurs n’obéissent pas à la loi universelle de la gravitation, le pays dans sa globalité vivant dans une sphère d’absurdité et de médiocrité à laquelle personne n’échappe. On normalise des phénomènes qui semblent hallucinants ailleurs comme, par exemple, avoir un président gâteux trimbalé avec ses couches dans une chaise roulante, un ministère de la Communication au lieu d’un porte-parole du gouvernement, des institutions qui ne fonctionnent pas, des milliards qui volent par les fenêtres, tout en étant sujet à des crises de légalité soudaines qui poussent certains à crier à la démission envers tel qui, en fin de compte, agit selon les lois de l’irrationalité en vigueur en Algérie. Chez nous, la norme n’est pas dans la bonne gouvernance, elle est dans la manipulation, le mensonge, la corruption, le clientélisme, l’informel, l’illégalité, le régionalisme, la gabegie, l’aventurisme, et… les séances d’hypnose collective. Ainsi, la société algérienne dans son ensemble s’est habituée au numéro d’envoûtement unique au monde avec le coup du mouchoir blanc à chaque apparition télévisée du plus célèbre zombie de la planète, mise en scène orchestrée par une équipe technique de pointe, Saïd étant relié directement à l’oreillette de son frère : « Tu t’appelles Abdelaziz Bouteflika, c’est moi Saïd, ton frère, qui te parle. Écoute bien ce que je te dis. Ferme ta bouche. Prends le mouchoir blanc sur la table, porte-le à ta bouche. Voilà. Essuie à gauche, essuie à droite, remets le mouchoir sur la table. Très bien. Dis quelques mots sur le football, tu te rappelles que tu aimes le football ?, ou sur le temps qu’il fait. Ça suffit. Pose les mains sur tes genoux. Souris au gentil monsieur qui est à côté de toi. Lève la main droite. Remets ta main sur ton genou. C’est bien. » Une fois la prestation terminée, on éteint la lumière et on remballe le vieux dans sa chambre. C’est le scénario trouvé par Saïd pour nous convaincre que son frère a, sinon bon pied, bon œil. Retenez bien ceci, peuple algérien : le mouchoir blanc sera l’un des éléments majeurs de ce quatrième mandat, sinon son symbole. Nous n’avons pas besoin de Constitution, que l’on nous fournisse ad vitam le mouchoir blanc à côté du vase de roses et du verre d’eau, ce sera très bien.

On s’est beaucoup étonné de la brièveté de la visite menée tambour battant par un François Hollande gaillard et grand amateur de dattes. Venu à la demande du clan présidentiel afin de stabiliser la chaise roulante bringuebalante et de prendre des contrats, Hollande, hué quelques heures plus tôt dans son propre pays, s’est acquitté avec « alacrité » de sa mission de médecin-conseil de ce qu’il reste de l’État algérien. Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée tout seul devant le drapeau français et le drapeau algérien, ce Sgnarelle des temps modernes, alias Flamby, a répondu la main sur le cœur, en toute sincérité et très franchement, à un journaliste – non pas algérien mais français – qui lui demandait si la maladie du président Bouteflika lui permettait d’assumer ses fonctions : « Le président Abdelaziz Bouteflika m’a donné une impression de grande maîtrise intellectuelle. Et même, c’est rare de rencontrer un chef d’État qui a cette alacrité, cette capacité de jugement. Il peut apporter sa sagesse et son jugement pour régler les crises du monde« . Le « médecin malgré lui«  a rassuré toute la planète tenue en haleine depuis deux ans en attestant que le président grabataire était maître de ses facultés intellectuelles et, mieux, avait fait preuve d’une grande « alacrité » au cours de soi-disant deux heures d’entretien. Aaah ! Que voilà un beau mot et comme il définit bien leur fakhamatouhou bien-aimé, que l’on sait joyeux drille. Les quelques images diffusées nous ont convaincu de la justesse des propos de Hollande : Abdelaziz Bouteflika pète la forme ! Imaginons maintenant la situation inverse avec un Bouteflika fringant allant faire une conférence de presse à l’Elysée, seul face aux journalistes, pour certifier que le président français absent de la scène politique depuis deux ans suite à un AVC qui l’a cloué dans un fauteuil roulant, se porte comme un charme et fait preuve d’une grande « alacrité ». Cette éventualité est-elle envisageable ? Bien sûr que non. Nul pays au monde, à part l’Algérie, n’accepterait une telle aberration. Pas plus, d’ailleurs, que d’admettre avoir à la tête de l’État un vieillard impotent et sénile. Mais en Algérie, c’est normal.

La consécration de l’absurde a atteint son paroxysme et Hollande, grand vizir de l’alacrité, s’est engouffré dans la sphère de l’absurdité et de la médiocrité algérienne avec entrain, lui qui officiait allègrement dans les appartements parisiens de la pègre corse « Brise de mer » avec sa énième maîtresse Julie Gayet. Sachant qu’il n’a tenu aucune des promesses de sa campagne électorale, qu’il a échoué dans son mandat calamiteux et dans sa vie personnelle fantasque, croit-il vraiment nous faire avaler qu’un fossile baveux et hagard est en mesure d’analyser et de résoudre les problèmes mondiaux alors qu’il n’a pas réussi à solutionner la crise de Ghardaïa ? L’histoire de l’aveugle et du paralytique se répète avec deux présidents discrédités qui s’appuient l’un sur l’autre pour se maintenir au pouvoir. Le président de la France, qui a perdu toute crédibilité dans son propre pays et qui n’en finit pas de dégringoler dans les sondages, a été pris en flagrant délit de faux témoignage et a menti sur tout, apportant son soutien à Saïd et à son gang de voleurs pour tenter de séduire l’électorat binational en France et rafler tout ce qu’il y a prendre en Algérie, dans un aventurisme qui se retournera contre lui et les pourris du clan présidentiel. Celui-ci, dans son besoin désespéré de se maintenir au pouvoir et conscient de sa fragilité, a tout concédé à la France en faillite en lui permettant de récupérer la première place comme partenaire économique de l’Algérie au détriment de la Chine. Le régime de Hollande et celui de la caste présidentielle s’alimentent l’un l’autre, s’entraidant pour se perpétuer et en manifestant aux autres clans que la France est aux côtés du gang Bouteflika. Hollande se portera même garant du clan présidentiel au sein de l’Union européenne, dans une vision à court terme qui ne sert que les intérêts français immédiats et certainement pas ceux de l’Europe. L’annonce pleine d’alacrité de François Hollande concernant l’ouverture d’une usine Peugeot en Algérie a été immédiatement démentie par l’entreprise Peugeot qui déclare que son principal investissement est au Maroc. L’effet d’annonce de Flamby était juste de la poudre aux yeux. L’aspect sécuritaire prétendument avancé pour justifier la visite du président français est un enfumage de plus car, contrairement à l’Algérie, la France finance le terrorisme en payant les rançons. Comme par hasard, au moment précis de la venue de Hollande, une opération américaine a eu lieu en Libye ciblant le chef terroriste Mokhtar Belmokhtar qui, aux dernières nouvelles, courrait toujours. Comme je ne crois pas au hasard, que signifie cette opération en Libye et à qui s’adresse le message américain ? En outre, depuis cette visite française, l’ambassadrice américaine rencontre les différents chefs de partis algériens et se renseigne sur l’évolution de la nouvelle Constitution et autres aspects du contexte politique qui prévaut en Algérie. Si les Américains voient d’un bon œil l’éviction de la Chine comme premier partenaire de l’Algérie à la faveur de la France, leur position concernant le quatrième mandat et la succession de Bouteflika reste ambigüe.

Algériens, sachez-le, le roi actuel de l’Algérie est François Hollande, dit Flamby « l’alacrité », fils de l’OAS, et Saïd Bouteflika est son gouverneur général, car le quatrième mandat est bel et bien celui de Saïd Bouteflika qui n’a nul besoin de viser la présidence puisque de toute façon c’est lui qui est aux commandes derrière la chaise roulante. Tout le monde est de mèche dans ce stratagème, chacun préservant ses intérêts le plus longtemps possible jusqu’à ce que la bête tombe. Quel monde de différence entre l’Algérie de Djamila Bouazza et celle de Bouteflika ! Les Novembristes ont terrassé le colonialisme et cinquante ans plus tard, l’ancien colonisateur revient en force à l’appel de bougnoules colonisés. Ceux qui se complaisent dans un révisionnisme exécrable ne méritent pas le sang de Ben M’Hidi. Une nation pareille, qui a trahi la mémoire de ses millions de martyrs, est-elle appelée à se perpétuer ? Qu’attendre d’un pays où les anciens terroristes organisent des « universités d’été » au maquis (pour apprendre comment couper les têtes ?) et où les salafistes réclament l’ouverture d’une ambassade de Daesh à Alger ?! Regardez-vous bien, peuple d’Algérie, dans ce président agonisant auquel on met des couches et dont la France pousse la chaise roulante ! L’image de ce président moribond exposé devant son proxénète français est votre miroir ! Algériens, vous continuerez à être dirigés par une momie jusqu’à 2019 avec la bénédiction de la France et vous vous taperez le mouchoir blanc à chaque fois qu’il le faudra pour vous persuader que Bouteflika est en pleine possession de ses capacités intellectuelles et qu’il dirige le pays. Monsieur Hollande, vous vous êtes bien foutu de notre alacrité, de celle de votre propre peuple, voire de celle de la terre entière ! Et à ce clan de bougnoules colonisés, puisque vous chérissez tant la France et que vous êtes à la botte des intérêts français, puisque vous avez besoin du faux témoignage du président français pour légitimer votre président impotent, je vous propose une solution claire, nette et précise : organisez un référendum pour déterminer si le peuple algérien est pour le retour de la France coloniale avec la question suivante : « Peuple algérien, êtes-vous pour le retour de la France coloniale en Algérie ? » Jouez cartes sur table à la loyale et surtout ne trafiquez pas les urnes. Osez, ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas grande résistance, vous avez tellement détruit tous les repères, agressé tout ce qui est algérien en nous. Chiche ! faites-le ! Si le peuple algérien vous dit oui, vous continuerez dans votre société de larbins, de lèche-culs divers et votre chef sera Fafa. Tout sera conforme à vos souhaits et à ceux de vos maîtres français. Tout le monde sera aux pieds de Fafa et je n’écrirai plus un mot sur l’Algérie. Je continuerai mon combat contre le néocolonialisme, le capitalisme et l’impérialisme ailleurs, du côté de ceux qui veulent vraiment se libérer. Le monde est vaste.

« Un prince qui n’est point sage par lui-même ne peut pas être bien conseillé, à moins que le hasard ne l’ait mis entièrement entre les mains de quelque homme très habile, qui seul le maîtrise et le gouverne; auquel cas, du reste, il peut, à la vérité, être bien conduit, mais pour peu de temps, car le conducteur ne tardera pas à s’emparer du pouvoir. Mais hors de là, et lorsqu’il sera obligé d’avoir plusieurs conseillers, le prince qui manque de sagesse les trouvera toujours divisés entre eux, et ne saura point les réunir. Chacun de ces conseillers ne pensera qu’à son intérêt propre, et il ne sera en état ni de les reprendre, ni même de les juger : d’où il s’ensuivra qu’il n’en aura jamais que de mauvais, car ils ne seront point forcés par la nécessité à devenir bons. » (Le prince, Nicolas Machiavel)

La guerre des clans : Gaïd Salah brouille les cartes

La « spécificité » algérienne entraîne, comme je l’ai annoncé dans mon article précédent, une situation politique riche en diversions, ballons sondes, ruses diverses, rebondissements, soubresauts, et nous révèle qu’une guerre des clans sans merci se déroule autour de la succession du président Bouteflika dont la santé se détériore de plus en plus. Ces derniers jours ont vu l’apparition d’une guerre féroce qui a tout du règlement de comptes à OK Corral entre les différents cercles de l’appareil. On n’y tire pas à balles réelles, mais à coup de communiqués et par journaux interposés, et cette bataille peut dégénérer en sortant des salons pour atteindre la rue lorsque les robinets de la manne pétrolière seront coupés. Depuis l’aube des temps, un pouvoir faible a toujours attisé les convoitises et engendré des luttes implacables au sein du sérail. L’événement le plus marquant et qui a fait couler beaucoup d’encre, est la lettre énigmatique adressée au Secrétaire général du FLN, le drabki Saïdani, par le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, le Général de corps d’armée Gaïd Salah qui vient brouiller les cartes. Cette lettre a « fuité » d’une manière très étrange puisqu’elle n’est pas passée par le canal officiel, soit la DCIO (Direction de la Communication, de l’Information et de l’orientation de l’ANP) ou encore l’APS, mais est apparue via le Soir d’Algérie, journal qui n’est pas du tout proche du clan présidentiel. Étrangement, la missive du Général de corps d’armée Gaïd Salah nous rappelle le message du Général X, diffusé par ce même titre de presse il y a bien des années. La publication très mystérieuse de la lettre de Gaïd Salah offre plusieurs lectures, dont la plus importante est le fait que le Général de corps d’armée Gaïd Salah jouerait peut-être désormais en solo avec, pourquoi pas, des ambitions présidentielles et sonnerait ainsi la fin de son rapprochement avec le clan présidentiel qui avait abouti au 4eme mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Ce même clan présidentiel qui a reçu un soutien de taille de Gaïd Salah avant la réélection du président malade au moment où il n’y avait pas de consensus, l’a considéré comme un poids gênant après la reconduction de Bouteflika au pouvoir. La trêve électorale qui a mis Bouteflika une quatrième fois à la présidence semblerait donc définitivement enterrée et la zizanie s’installe. En cas de succession, Gaïd Salah aura encore une fois un rôle prépondérant dans la désignation du futur président. Beaucoup se sont aventurés à commenter la lettre sans être convaincants quant aux objectifs de cette démarche, et si certains y ont vu un soutien de l’institution militaire au clan présidentiel via Saïdani, cette analyse reste hasardeuse, car la situation est plus complexe que ce qu’elle paraît. Un avenir proche nous dévoilera certainement les véritables desseins de Gaïd Salah.

Autre élément de lecture, ayant eu écho que des changements dans la haute hiérarchie militaire devaient se produire à la veille du 5 juillet avec la mise à la retraite des officiers qui lui sont fidèles pour les remplacer par des proches du clan présidentiel, dont le Général major Boustila chef de la Gendarmerie nationale qui devait céder sa place au chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, Gaïd Salah s’est manifesté par cette lettre qui déclare : « Rien ne se fera sans moi ». Par anticipation, le Général de corps d’armée a contrecarré le projet qui voulait l’évincer au profit du général-major Hamel, entre autres noms. Au lieu de s’émouvoir devant la lettre de Gaïd Salah au SG du FLN, pourquoi personne ne s’est-il interrogé sur le fait que cette lettre n’a pas été adressée au président effectif du FLN, à savoir Abdelaziz Bouteflika ? D’autre part, « féliciter » Saïdani le drabki et non Abdelaziz Bouteflika, président effectif du FLN, démontre que l’envoi n’émane pas du clan présidentiel. Cette lettre est donc un déclic qui accélère la guerre de succession et sonne la fin du règne de Bouteflika et de son frère, car Gaïd Salah semble avoir une feuille de route dans laquelle ne figurent pas Saïd Bouteflika et son gang de l’argent sale qui quitteront le pouvoir sans rien négocier. En outre, en écrivant au FLN, Gaïd Salah s’est congratulé lui-même de l’organisation du 10eme Congrès dont son gendre Bahaeddine Tliba a été la cheville ouvrière. Le zemmar Saïdani, chef de rien du tout, est donc désormais forcé d’obéir aux ordres de Tliba. Déjà mis KO par sa relégation au rôle de figurant avec la nomination de Bouteflika comme président du FLN, Saïdani voit débouler une lettre de Gaïd Salah qui s’invite dans la guerre des clans et lui dit en substance « Félicitations, mon frère, le parti m’appartient ». Saïdani a compris qu’il ne maîtrise plus rien au FLN devenu un terrain de conquête pour les différents clans qui veulent le contrôler en vue de la succession. Pendant plusieurs jours, suite à l’irruption épistolaire de Gaïd Salah, l’indic du SDEC et radar de la France n’a rien pu fournir à la Piscine, siège central de la DGSE, alors que Bernard Bajolet essayait d’obtenir des informations pour tenter de comprendre ce qui se passait en Algérie. Tout était brouillé dans la tête du drabki auquel la situation échappait totalement. Quelques jours après le tsunami politique suscité par sa lettre et au moment où la polémique faisait rage à Alger sur le rôle de l’armée dans la politique, Gaïd Salah s’est rendu dans la 3eme Région militaire à Bechar pour assister aux manœuvres qui portent le nom de Tornade 2015 d’où il a fait une déclaration virulente à l’adresse des ennemis potentiels de l’Algérie quels qu’ils soient, suivie par un autre message tout aussi ferme depuis l’Académie militaire interarmes de Cherchell, quelques jours plus tard. Les ennemis cités par Gaïd Salah peuvent être des terroristes de Daesh – mais certainement pas seulement – que l’armée ne cesse de poursuivre et auxquels elle porte des coups tout en perdant des soldats et des officiers comme le Colonel B.T. décédé récemment suite à l’explosion d’une bombe à Batna et dont personne au niveau du gouvernement et des partis n’a soufflé mot, alors qu’il s‘agit d’un évènement très grave qui nous rappelle les années sanglantes de la décennie noire. Je demande à ces messieurs les officiels, puisque c’est la saison des lettres, en avez-vous envoyé une, de condoléances cette fois, à la famille du colonel mort en service et qui laisse une veuve et cinq orphelins ?

Sachant que nous sommes dans une période où les postiers sont très sollicités et où, à leur corps défendant, ils favorisent guéguerres et crêpages de chignon au sein même du harem de Bouteflika, la lettre de Gaïd Salah, si elle a suscité une indignation au niveau des salons algérois, n’a rien entraîné au niveau populaire, car elle n’est pas destinée au peuple mais bien à un clan auquel Gaïd Salah a voulu s’adresser, via le FLN. A ceux qui demandent sa démission, je leur suggère de lutter pour créer des institutions fiables avant de parler de démission. Saïd Bouteflika, après l’avoir utilisé pour décrocher le quatrième mandat pour lui-même et non pas pour son frère malade, a-t-il sous-estimé Gaïd Salah en pensant qu’il ne serait pas un acteur majeur de la succession, si succession il y a ? Serait-ce une des clés expliquant la visite express de Hollande ? Rappelons que lorsque certaines forces ont voulu activer l’article 88 relatif à l’empêchement pour cause de maladie, à l’époque où Bouteflika était en soins au Val-de-Grâce à Paris, Hollande a déclaré que Bouteflika irait jusqu’au bout de son mandat. Hollande reste le principal allié du clan présidentiel. Quant à Saïd, en voulant être un Larbi Belkheir qu’il passe son temps à imiter, il espère tirer toutes les ficelles depuis son poste dans l’ombre, mais si Larbi Belkheir était consensuel, Saïd ne l’est certes pas et n’aura jamais son potentiel d’arbitrage entre les différents clans. L’Algérie vit-elle une rupture totale entre les clans qui se disputent le pouvoir et la succession de Bouteflika ? Toujours est-il que la succession d’Abdelaziz Bouteflika sera organisée comme d’habitude dans le conclave de la Grande Maison, l’armée et les services. C’est tragique à dire, mais nous en sommes arrivés à espérer qu’ils nous choisissent un président qui marche sur ses deux pieds et qui soit capable de parler, et de considérer cela comme un bond qualitatif !

« Un prince qui s’appuie entièrement sur la fortune tombe à mesure qu’elle varie. Il me semble encore qu’un prince est heureux ou malheureux, selon que sa conduite se trouve ou ne se trouve pas conforme au temps où il règne. Tous les hommes ont en vue un même but : la gloire et les richesses ; mais, dans tout ce qui a pour objet de parvenir à ce but, ils n’agissent pas tous de la même manière. La fortune changeant, et les hommes s’obstinant dans la même manière d’agir, ils sont heureux tant que cette manière se trouve d’accord avec la fortune ; mais qu’aussitôt que cet accord cesse, ils deviennent malheureux. Changer ainsi à propos, c’est ce que les hommes même les plus prudents ne savent point faire, soit parce qu’on ne peut agir contre son caractère, soit parce que, lorsqu’on a longtemps prospéré en suivant une certaine route, on ne peut se persuader qu’il soit bon d’en prendre une autre. Ainsi l’homme circonspect, ne sachant point être impétueux quand il le faudrait, est lui-même l’artisan de sa propre ruine. Si nous pouvions changer de caractère selon le temps et les circonstances, la fortune ne changerait jamais. » (Le Prince,Machiavel)

Corruption, larbinisme, régionalisme et politique de la chkara

Ceux qui accusent Gaïd Salah d’avoir bafoué la Constitution – de quelle Constitution parle-t-on ? – auraient du se manifester en 2008 quand Bouteflika s’est permis de la violer en ouvrant les mandats pour pouvoir faire son troisième et son quatrième mandat, mais on n’a pas vu une grande résistance à l’époque. On reproche à Gaïd Salah d’avoir envoyé un message mais on ne s’offusque pas des manigances démoniaques de Saïd Bouteflika qui dirige le pays par procuration en visant à étendre ses tentacules sur tous les rouages de l’Etat algérien : politique, économique et militaire. En effet, grâce à l’appui du clan de l’argent sale, Saïd Bouteflika a infiltré différents partis avec des personnages corrompus qui, à coup de chkara (sacs d’argent), ont accédé à des postes-clé au FLN du drabki Saïdani et au RND de Ouyahia pour soutenir Abdelaziz Bouteflika, et ont intégré le Parlement et le Gouvernement. Les noms sont connus : au FLN, Tliba, Khaoua, Djemai et, au RND, le chef Bouchouareb, Alioui, ainsi que bien d’autres noms implantés dans les wilayas qu’ils contrôlent et qui sont bien connus des citoyens. Saïd Bouteflika a échafaudé une stratégie diabolique afin de tisser une véritable toile d’araignée qui enserre tout l’État, allant des principaux partis du pouvoir, le RND et le FLN (bras politique), au patronat avec le FCE et son patron el mgamel Ali Haddad (bras économique), l’ultime ambition de Saïd étant de placer ses propres éléments au sein de l’armée (bras militaire) pour contrôler toute l’Algérie. Cela nous permet de comprendre les attaques incessantes contre le DRS dont la vocation principale est d’enquêter sur tout le monde. L’accession du pouilleux Ali Haddad à la tête du FCE instiguée par Saïd a éclipsé toutes les organisations patronales plus anciennes, alors qu’Issad Rebrab était là bien avant Haddad et était proche de certains cercles décisionnels à Alger. Je conseille aux lecteurs de consulter l’article consacré aux frasques d’Ali Haddad dans le journal MondAfrique de Nicolas Beau, qui dévoile ses amitiés et ses trahisons avec le général Touati dit « El-Mokh » (le Cerveau) et le général Abdelkader Kherfi, dit le général Ahmed, surnommé « le Poclain » lequel avait créé une association avec Haddad « le Goudron ». Il est à noter que ces informations consultables sur ce site très influent proviennent d’Alger. Leurs secrets de polichinelle sont étalés sur la place publique planétaire. Tout faisant farine au bon moulin, même le baccalauréat a viré au cauchemar et s’ajoute à la longue liste des incohérences récupérées par les clans qui s’en saisissent pour s’entredéchirer. Un « scoop » : vu le nombre de tricheries au baccalauréat, le taux de réussite sera très élevé.

Si les contestations de certains partis politiques sont justifiées dans le fait que l’armée ne doit pas participer à une guerre clanique, cela ne pourrait effectivement pas se concevoir dans un pays comme la Norvège ou la Suède, cependant, ces « opposants », même bien intentionnés, n’ont toujours pas compris qu’ils vivent tous dans cette sphère algérienne hors de la réalité du monde. Quand les opposants reprochent à l’armée algérienne de faire de la politique, peuvent-ils me dire depuis quand l’armée n’est pas politisée ? Elle l’a toujours été et ce, depuis la fondation de l’État algérien. Comme elle l’a toujours fait, elle sera l’initiatrice du processus de succession du président actuel qu’elle a désigné et qui incapable d’assumer ses fonctions avec, ou plutôt, sans alacrité. Ce n’est pas anodin si l’Institut Stratfor, un centre de recherche américain très sérieux et mieux informé que bien des institutions algériennes, réputé pour être une CIA informelle, publie un rapport sur le départ de Bouteflika en 2016 dont la succession serait assurée par Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal ou Lakdhar Brahimi, contredisant de ce fait les propos du revenant à la tête du RND, Ahmed Ouyahia, qui affirme que le président malade poursuivra son mandat jusqu’en 2019. Ouyahia aurait-il eu vent d’un accord secret conclu entre le président Bouteflika et l’archange Gabriel ? En commençant par un exercice de gymnastique destiné au troisième âge lors d’une conférence de presse, Ouyahia nous a livré un grand message de fraternité plein de conviction, oubliant ses anciens propos selon lesquels le quatrième mandat était inutile pour l’Algérie et que l’argent sale y gouvernait. Prenant comme à son habitude les Algériens pour des imbéciles, il nous a offert un exercice de rhétorique consistant à livrer une lecture extraterrestre de la réalité politique de l’Algérie tout en distribuant du « frère » à tout le monde alors que chacun à Alger dégaine plus vite que son ombre. Ce doit être la version peace and love du nouvel hippie Ahmed Ouyahia. A la lumière de ce qu’il a avancé dans sa pseudo conférence de presse, à savoir que l’homme est le frère de l’homme et que tout est « normal », que tout va très bien madame la marquise, alors que la guerre pour la succession fait rage, nous ne pouvons que constater qu’il a vieilli. Tout en annonçant le « scoop » de sa mort politique bien qu’il soit présidentiable malgré lui, il a fourni beaucoup d’efforts pour convaincre les Algériens d’une réalité virtuelle très éloignée de celle que l’on voit tous les jours : l’évidence de la fin d’un règne qui a affaibli l’État et renforcé les cercles de décision occultes qui se livrent à une guerre des tranchées. Le dilemme des chefs du FLN et du RND, c’est qu’ils ont des feuilles de route auxquelles manquent les pages essentielles, notamment celles de la succession de Bouteflika. Les jours et les semaines à venir vont montrer encore davantage l’acharnement des clans à vouloir se tailler la part du lion. Par sa proximité avec l’argent sale, Ouyahia ne fera pas un bon président mais il est très bien là où il est, à l’ombre du pouvoir pour exécuter les ordres.

Cependant, il s’est trahi en parlant au passé du Général de corps d’armée Mediène, dit Toufik. Le Général Toufik semble agir sans bouger, ce qui est une façon de poser un acte. À toutes fins utiles, je rappelle que quelque trois mille cadres dans différents secteurs n’ont pas eu les enquêtes d’accréditation du DRS permettant de les nommer. Faute de consensus avec l’Etat profond, le chantier de la nomination des walis n’aboutit pas, tout comme celui de la Constitution qui est à l’arrêt, le quatrième mandat de Bouteflika s’identifiant aux chantiers en rade de Haddad « le Goudron ». Par ailleurs, aligner le général Toufik et lemgamel Haddad dans la même phrase relève de la haute voltige, idem lorsqu’Ouyahia parle de la lettre de Gaïd Salah avec une légèreté déconcertante. Son vœu de ressusciter une alliance présidentielle dissoute l’a amené à recevoir une gifle de Saïdani du FLN qui n’avait pas jugé utile de proposer cette idée lors de son congrès et qui lui a rétorqué que si le RND voulait adhérer à un front, le FLN en serait la locomotive. Les lois de l’absurdité ont mené les deux partis du pouvoir à se chamailler pour savoir qui sera la locomotive et qui sera le wagon, alors qu’il n’y a ni train, ni rails, et surtout pas de perspectives en Algérie. À ce propos, pourrait-on nous expliquer pourquoi le FLN, qui n’a rien à voir avec celui de Benboulaïd et de Ben M’Hidi, aurait besoin d’un front ? Saïdani ledrabki a-t-il l’intention d’envahir l’Autriche ? Selon Ouyahia, cette alliance devait contrer l’opposition : « L’opposition est forte parce que nous sommes silencieux« , dit-il. Comme s’il y avait une opposition en Algérie. On sait qu’il s’adresse à un percussionniste mais quand même ! Quelle opposition craindrait donc Ouyahia, puisqu’il dit que la demande de celle-ci se borne à exiger de voir le président quitter son fauteuil roulant pour s’asseoir sur une chaise ? Quel serait donc le projet de Bouteflika sur sa chaise ? Voilà à quoi se résume le débat en Algérie. Si Ouyahia veut une alliance sonore, je lui suggère de former une gasba band, puisque sa pratique politique se résume à faire du bruit pour perturber l’opposition qui, selon lui, prend de l’ampleur. La seule opposition qui soit crédible est le parti de Benflis qui fait très peur, car il pourrait être un recours à cette crise que traverse l’Algérie. Ali Benflis, contrairement à ces ex-chefs de gouvernement, a effectué une mutation intéressante en devenant un opposant disposant d’un projet de sortie de crise. Sachant qu’il a une réelle assise populaire et qu’il a siphonné les bases du FLN dans les régions, son parti Talaiou El Houriyet bénéficie d’un ancrage populaire et relèvera peut-être le défi de concilier les citoyens désabusés qui voient toujours les mêmes figures à la tête des partis politiques. Ce qui nous ramène à la crise générationnelle que vit l’Algérie qui s’ajoute à la crise politique avec un président indéboulonnable bien que moribond, et à la crise économique avec la chute du prix du pétrole. Ali Benflis a bien compris la soif de la jeunesse à participer au débat politique et a ouvert son parti à la jeune génération connectée aux nouvelles technologies, aux réseaux sociaux, etc., contrairement aux dinosaures du RND et du FLN qui s’accrochent au pouvoir comme des moules à leur rocher et dont la méthode de communication n’a pas évolué depuis le Paléolithique.

Il semble important d’apporter quelques éléments d’information à Ouyahia qui recommande aux Algériens de remercier dieu d’avoir le « frère » Haddad pour représenter l’économie algérienne. Même si Ouyahia a fait un clin d’œil à Rebrab, il a aussi affirmé son soutien à Ali Haddad « les deux brouettes ». Rappelons que Rebrab a vu son usine Samsung de Sétif partir en fumée en juillet 2014 et que son dépôt d’Alger vient de suivre le même chemin, ces gestes criminels n’ayant d’autre but que de signifier à Rebrab que c’est Haddad, le voleur de sable, qui est le bras économique de Saïd. On attend d’ailleurs toujours le résultat de l’enquête concernant l’usine Samsung de Sétif, car nous savons que c’est le lobby de l’import import et de l’argent sale mené par Haddad qui est derrière cet incendie criminel. Revenons à ce Haddad pour apporter des éléments à Ouyahia qui est, soit dépassé et en déphasage total avec la réalité, soit complice de l’argent sale, les deux options étant tout aussi inquiétantes. Donc, si nous comprenons bien, Ouyahia n’a pas éprouvé de problème que son « frère » Haddad reçoive des ambassadeurs étrangers dans la Salle des Actes du ministère des Affaires étrangères de la République Algérienne Démocratique et Populaire, et que cet énergumène inculte puisse parler au nom de l’Algérie en participant à des forums économiques à l’étranger, allant jusqu’à proposer l’argent et les femmes de l’Algérie comme si c’était « rezk babakom » (l’argent de vos parents). Je vais une fois de plus montrer qui est Ali Haddad que je ne lâcherai jamais tant qu’il ne sera pas au trou pour trafic de sable, malversations, évasion fiscale, sabotage économique, etc.

Si vous trouvez ces pratiques normales, ya Ouyahia, tout en affirmant que vous êtes mort politiquement et en voulant néanmoins ressusciter une alliance présidentielle sans projet, sans contenu politique et surtout sans président, sachez, pour votre gouverne, vous l’ami de Bouchouareb le copain coquin de Haddad, que ce Ali Haddad est coupable (entre autres, car la liste de ses délits est longue), de l’aveu même des comités de quartier d’Azazga que vous connaissez très bien, ya Ouyahia, d’avoir bloqué les travaux du tronçon d’Azazga (12 kms) pour dissimuler le pillage du sable de Oued Sebaou dans la wilaya de Tizi Ouzou. J’ai personnellement contacté les autorités algériennes par courrier, dont le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui a diligenté une commission d’enquête concernant le pillage de sable auquel se sont livrés des responsables à tous les niveaux dans la wilaya et qui ont provoqué une catastrophe environnementale. Le Premier ministre m’a répondu par une correspondance portant la référence 19506 que je peux fournir pour preuve. Voici un extrait de l’article que j’avais écrit à ce sujet et que j’ai envoyé aux autorités algériennes le 16 octobre 2013 : « La tête de ce réseau de trafiquants de sable surnommés « El Ramala », sont Chibane, Bouamrane Hassen et Moh El Komme… un de leurs associés et intermédiaires, Farid Hedjili, « entrepreneur » et potentat mafieux local… le second complice quant à lui est un ex-gendarme du nom de Cherif Kebala, originaire de Aïn Defla, radié pour les mêmes faits en 2007, lorsqu’il avait été pris la main dans le sac alors qu’il escortait les camions des trafiquants. Les points de ces sablières illégales sont Friha, Tamda, Oued Aissi, Sidi Naamane, Tadmait, Mirabo (DBK), et Baghlia, le principal endroit du vol du sable étant Oued Sibaou… Melikchi, oncle d’un terroriste sévissant dans la wilaya de Tizi Ouzou et abattu en 2009, ce Melikchi étant lui-même également un voleur de sable très connu dans la région ». C’est juste un rappel pour vous prouver, ya Ouyahia, à quel point votre « frère » Haddad est dévoué à sa patrie. Car Ali Haddad est au centre de cette affaire comme il est au centre d’autres affaires que j’ai déjà évoquées dans la presse, parmi lesquelles les travaux de la pénétrante de Djendjen qui a coûté 1,65 milliards d’euros et qu’il a sous-traités à la société Rizzani de Eccher, l’hôpital d’Alger, le stade de Tizi Ouzou non réceptionné jusqu’à aujourd’hui, etc. Puis-je vous demander, ya Ouyahia, qui a offert un cahier de charge de 5 milliards de dollars à un pouilleux incapable de finaliser ses travaux et qui recourt à la sous-traitance ? Et l’affaire de l’ancien Ritz de Barcelone ou encore l’usine de carrelage Kerafrit, biens qu’il a acquis en Espagne avec l’argent de l’Algérie et dont j’ai fourni les enregistrements au Registre de Commerce espagnol dans l’un de mes articles ? Je parle avec des preuves irréfutables, je ne fais pas du journalisme de salon, ni au Club des Pins ni à Moretti. Je vous mets au défi, tous autant que vous êtes, vous, ya Ouyahia, vos copains coquins Bouchouareb, Haddad, et consorts, d’apporter la moindre preuve contradictoire ! Par ma plume, j’ai participé à faire tomber les têtes de gens qui pillent mon pays, et j’en suis fier. Si vous voulez des informations à ce sujet, sachant qu’il y a un déficit de coordination dans ce pays, demandez des informations aux services concernés. Vous, qu’avez-vous fait pour l’Algérie à part pratiquer la langue de bois et emprisonner des cadres intègres ? Dommage pour vous tous, les as de la parlotte, que celle-ci ne soit pas cotée en bourse, sinon l’Algérie serait une puissance mondiale.

Nous prenons bonne note que cet arriviste sans scrupules de Haddad est devenu votre frère, lui qui n’a rien créé, rien fabriqué, pas même un boulon. Votre frère Haddad n’est même pas coté à la Bourse d’Alger plongée dans un coma profond, celle-ci lui a bien demandé d’investir de l’argent mais il n’a pas versé le moindre centime. Vous n’avez même pas une Bourse, vous les apprentis capitalistes, et vous nous parlez du secteur privé ? Si tout cela vous échappe, nous restons dans notre rôle de lanceurs d’alerte contre cette cinquième colonne, ces begarra dont vous tenez le même langage à force de les fréquenter. Afin de compléter mes investigations sur le clan de l’argent sale qui réalisait de bonnes affaires pendant que le peuple algérien se faisait égorger tout au long de la décennie noire, pourriez-vous nous dire quels sont vos liens avec Tahkout Mahiedine qui monopolise le transport universitaire à Alger, un autre privé qui s’enrichit sans rien produire ? Un beggar parmi tant d’autres que vous défendez, comme vous défendez votre « frère » Haddad qui tombera comme votre ex-frère Khalifa. C’est de ce privé-là dont vous nous rabattez les oreilles ? Je vous connais très bien, ya Ouyahia, et vous me connaissez aussi. Dites-nous pourquoi vous êtes sorti du RND et pourquoi vous y êtes revenu, vous qui avez dit un jour « nous avons échoué » ? Pourquoi cette alliance présidentielle dissoute doit-elle être ressuscitée ? Quand vous, Chef de cabinet à la Présidence, avez proposé de sortir du placard une alliance au FLN dont votre président bien-aimé est le chef effectif, vous vous êtes fait remballer par le sous-fifre en titre Saïdani qui vous a dit que « l’alliance doit se construire autour de projets et non de personnes« . Et toc ! Cessez de nous prendre pour des imbéciles ! Nous sommes dans le règne du Roi Ubu et vous devriez tous, tant que vous êtes, être exposés dans le même musée d’histoire naturelle, section dinosaures algériens, étiquetésCarcharodontosaurus saharicus et Chebsaurus algeriensis où vous auriez au moins l’utilité de faire connaître l’histoire du Crétacé et du Jurassique aux Algériens !

Louisa Hanoune, quant à elle, s’éveille avec une gueule de bois magistrale et s’étonne d’être au centre d’un tir croisé. La raison provient certainement du fait qu’elle attaque fréquemment Bouchouareb, l’ami d’Ouyahia, et Haddad, le « frère » d’Ouyahia. Effectivement, le projet de Saïd Bouteflika et de son gang de la chaise roulante était d’assassiner l’État algérien, c’est leur seul moyen d’assurer leur impunité. Ce 5 juillet, le clan présidentiel osera-t-il toucher aux différents corps militaires ? Les changements portant sur les différentes régions militaires et les différents commandements nous éclairciront sur l’état de la divergence des clans qui, s’ils se différencient sur la forme et sur le « qui », sont unanimes pour la succession, n’en déplaise à Ouyahia, et malgré le soutien appuyé de François Hollande à son « ami », le sémillant président Bouteflika débordant d’alacrité. Cette guerre des clans conjuguée à un mode de gouvernance catastrophique ne va pas dans les sens des intérêts de l’Algérie, bien au contraire.

« Ce n’est pas une chose de peu d’importance pour un prince que le choix de ses ministres, qui sont bons ou mauvais selon qu’il est plus ou moins sage lui-même. Aussi, quand on veut apprécier sa capacité, c’est d’abord par les personnes qui l’entourent que l’on en juge. Si elles sont habiles et fidèles, on présume toujours qu’il est sage lui-même, puisqu’il a su discerner leur habileté et s’assurer de leur fidélité ; mais on en pense tout autrement si ces personnes ne sont point telles; et le choix qu’il en a fait ayant dû être sa première opération, l’erreur qu’il y a commise est d’un très fâcheux augure. » (Le Prince, Machiavel)

Évaluation de la situation dans le terrain

L’Algérie vivote au jour le jour dans sa sphère surréaliste, sans aucun projet de société si ce n’est celui du clan présidentiel d’utiliser les peurs du peuple. Une transition générationnelle doit avoir lieu. Si le pouvoir actuel est incapable de création, est en déficit total d’imagination et se cantonne dans la reproduction des vieilles recettes inefficientes, l’Algérie réclame au contraire l’écoute des jeunes générations. L’effervescence qui s’agite dans la société répercutée par les différents réseaux sociaux, permet de penser qu’il en sortira un jour quelque chose. Les membres du Jurassic world et les logiciels qui les animent étant périmés, il est temps qu’ils partent tous pour laisser la place aux jeunes. Il faut être suicidaire pour laisser l’Algérie aux mains d’anciennes séquences en occultant les mouvements qui existent dans la société et qui sont connectés, eux, à la réalité. La fracture entre les dirigeants et la société est immense et impossible à combler avec les dinosaures au pouvoir. Tout mettre à plat, éliminer les obstacles, et laisser émerger les nouvelles forces vitales de la nation, tel est la gageure de l’Algérie si nous voulons éviter qu’elle sombre. La faillite sur le plan des projets et des idées comme on le voit avec Ouyahia qui se prend pour Jésus Christ en voulant ressusciter une alliance morte et enterrée, nous renseigne sur le degré de dégénérescence de ces gens qui vivent dans un autre espace-temps qui n’a rien à voir avec la société dont les exigences sont dans l’immédiat. Ce ne sont pas les gesticulations farfelues de ces ancêtres qui vont pouvoir convaincre une génération en phase avec la modernité. Bien sûr, intégrer ces forces vives et cette vitalité dans une configuration politique quelconque est un pari difficile, mais c’est une nécessité sachant que les jeunes représentent plus de 70% de la population algérienne et que la démographie est galopante. Les partis coquilles vides favorisés par un processus de multipartisme biaisé dès sa naissance qui a abouti à une centaine de partis complètement inutiles, les partis de la chkara et les machines électorales, continueront certainement dans le clientélisme jusqu’à l’effondrement du pouvoir politique auquel ils ont scellé leur sort. La succession de Ammar Bouzzouar par Bouzzouar Ammar ne comporte aucun enjeu si ce n’est changer les visages au sein du même système dans une spirale sans fin. C’est bonnet blanc et blanc bonnet, les enjeux étant ailleurs, dans une refondation totale de l’Etat et des institutions en donnant du sens à la citoyenneté. Un méga chantier qui doit rassembler toute l’Algérie et, surtout, en évitant le modèle des chantiers à la Haddad. Reproduire l’échec nous mènera à l’anéantissement.

Les fautes des peuples naissent des princes, disait encore ce bon vieux Machiavel. En clamant ad nauseam  » nous ou le chaos », le pouvoir pourri du clan présidentiel a profité du traumatisme profond provoqué par la décennie noire sanglante que nous avons tous vécue dans notre chair, pour commettre tous ses forfaits en comptant sur l’absence de réaction d’un peuple tétanisé. Même si certaines luttes corporatistes et mouvement sociaux divers revendiquent des évolutions, les responsables corrompus comptent sur le refus du peuple algérien de s’aventurer sur des chemins inconnus. Ils ont usé et abusé de la patience du peuple et le réveil risque d’être douloureux car, à force de tirer sur la corde, celle-ci pourrait céder et faire crouler tout l’édifice. 800 milliards de dollars ont été jetés par les fenêtres pendant seize ans de règne bouteflikien pour arriver à l’endettement et à l’austérité. Louisa Hanoune comparait l’Algérie à un bateau ivre sans gouvernail, sauf que cela n’a rien de Baudelairien et que cela ne sent pas les fleurs. Il s’agit plutôt une tragédie shakespearienne avec tous les ingrédients qui lui sont propres. Tout le monde doit démissionner ou prendre sa retraite : le président, son frère, son clan, les chefs de partis, la presse, les associations. Quant au peuple algérien qui regarde et laisse faire, il a démissionné depuis longtemps. Mais malheureusement le concept de la démission n’existant pas en Algérie et surtout pas chez les fossiles du pouvoir et de l’opposition qui ont tous dépassé la date de péremption depuis des lustres, vous en aurez jusqu’en 2019 et, pourquoi pas, jusqu’en 2024. En effet, tant qu’on y est, pourquoi pas un cinquième mandat et même un sixième ? Et puisque l’Algérie est dans le culte délirant du pharaon, je suggère, lorsqu’il passera de vie à trépas, d’ensevelir le dieu vivant dans sa grande mosquée avec toute sa cour, suivi d’une grande procession fleurie entraînée par Cheb Abdou aux sons de la gasba band et de la derbouka.

En attendant, les réserves de change fondent comme neige au soleil. Les économistes prévoient l’endettement en 2016, et les réserves ne s’élèveraient plus qu’à 9 milliards de dollars en 2019, alors que la masse salariale des fonctionnaires est évaluée à 40 milliards. Quand les caisses seront vides, l’Algérie explosera et personne ne pourra plus rien maîtriser. Les répercussions se feront sentir partout, au Maghreb et au Sahel, en Europe et dans une France obnubilée par le court terme et les contrats abondants en Algérie. À dieu ne plaise !

« La libéralité, plus que toute autre chose, se dévore elle-même; car, à mesure qu’on l’exerce, on perd la faculté de l’exercer encore : on devient pauvre, méprisé, ou bien rapace et odieux. Le mépris et la haine sont sans doute les écueils dont il importe le plus aux princes de se préserver. Or, la libéralité conduit infailliblement à l’un et à l’autre. Il est donc plus sage de se résoudre à être appelé avare, qualité qui n’attire que du mépris sans haine, que de se mettre, pour éviter ce nom, dans la nécessité d’encourir la qualification de rapace, qui engendre le mépris et la haine tout ensemble… » (Le Prince, Machiavel)

Des propositions sérieuses de sortie de crise et des obstacles incommensurables

Pourtant, il existe des alternatives avec des propositions concrètes en provenance de diverses sources qui ne se sont pas enfermées dans la sphère irrationnelle et absurde. Par exemple, le cercle de réflexion Nabni réunissant des universitaires et des experts algériens qui tirent la sonnette d’alarme depuis quelques années et apportent des solutions crédibles pour redresser l’économie et empêcher le pays de sombrer tel le Titanic face à l’iceberg, pour reprendre leur image. Au moment où la société civile s’englue dans la léthargie, le think tank Nabni fait des propositions qui méritent d’être prises en compte, parce qu’elles sont réalistes et pragmatiques. Ces acteurs indépendants et non partisans ne font pas que des constats mais donnent des solutions viables qui permettraient de débloquer la situation. Malheureusement, même si elles sont rationnelles et courageuses, les propositions de Nabni auront pour obstacle une administration algérienne hors temps et hors champ.

Le parcours de Rachid Nekkaz est aussi intéressant. Certains l’accusent de tous les maux par ce qu’il n’est pas né en Algérie et qu’il ne parle pas arabe, en oubliant ce que l’immigration algérienne a toujours apporté au pays. La diaspora algérienne qui vit à l’étranger est un atout majeur par son affranchissement de la bulle et par l’expérience qu’elle a acquise à l’étranger en-dehors de la sphère de l’absurdité et de la médiocrité. Nekkaz a abandonné sa nationalité française et a parcouru l’Algérie profonde à pied, partant à la rencontre des Algériens, il a soutenu le collectif anti-gaz de schiste et a voulu comprendre les évènements de Ghardaïa. Nekkaz connaît la France de l’intérieur puisqu’il y a vécu et il sait taper là où ça fait mal. Il a, par exemple, révélé que la France détient 65% du gaz d’Adrar, au mépris de la loi des 49/51, mais personne n’a réagi. Son programme est crédible et comme il est doté d’un pragmatisme et d’une patience à toute épreuve, qu’il est un vrai patriote, il sera appelé à jouer un rôle dans l’avenir du pays.

Le parti d’Ali Benflis monte aussi en puissance. Le Benflis d’aujourd’hui a réussi à s’affranchir de son passé d’homme de pouvoir en effectuant une profonde mutation personnelle et en créant un outil novateur qui rassemble tous ceux qui étouffent dans le marasme actuel. Arrivera-t-il à transformer son parti en force électorale capable de convaincre une société écœurée du fait politique ? C’est en tous cas un défi à relever pour tout parti sérieux.

Le moment est venu d’écouter les voix qui sont en dehors de la sphère d’absurdité. Tous les efforts qui convergent dans le but de faire avancer l’Algérie et de la libérer de sa dépendance totale à la France doivent être pris en compte. La situation s’est tellement dégradée que même en additionnant toutes les bonnes volontés, nous n’échapperons pas à des années d’austérité et de disette avec cette gabegie de potentiels immenses sacrifiés par le pouvoir pourri, faisant le bonheur de la France qui a toujours empêché le décollage économique de l’Algérie. Nous, les patriotes, qui sommes en dehors de la sphère maudite, nous voyons que des gens comme Benflis, Nekkaz et le collectif Nabni sont utiles à la nation avec leurs programmes et leurs démarches qui permettraient de rendre confiance aux citoyens envers l’administration, donner un sens au rôle des institutions qui sont en catalepsie, offrir une orientation économique réaliste, réhabiliter le fait politique discrédité, et pallier à la vacance de pouvoir. Autant les propositions de Benflis et son parti, autant celles de Nabni et de Nekkaz, doivent être écoutées. Les recommandations de Nabni seront d’une grande utilité en cas de changement de système, car elles peuvent être des outils prêts à l’emploi. Néanmoins, toutes ces intentions positives buteront inéluctablement sur le monument monolithique élevé par ce pouvoir politique et il serait utopique de croire que celui-ci puisse être capable d’adhérer à une sortie de crise quelconque, d’où la nécessité absolue du départ de ce pouvoir corrompu jusqu’à l’os, aveugle, autiste, obsolète, qui doit comprendre une fois pour toutes que l’heure des petites combines et du bricolage est révolue. N’ayant aucune faculté d’adaptation, il disparaîtra. Néanmoins, notre vœu le plus cher est qu’il n’emporte pas l’Algérie avec lui.

« Un prince doit encore se montrer amateur des talents, et honorer ceux qui se distinguent dans leur profession. Il doit encourager ses sujets, et les mettre à portée d’exercer tranquillement leur industrie, soit dans le commerce, soit dans l’agriculture, soit dans tous les autres genres de travaux auxquels les hommes se livrent ; en sorte qu’il n’y en ait aucun qui s’abstienne ou d’améliorer ses possessions, dans la crainte qu’elles ne lui soient enlevées, ou d’entreprendre quelque négoce de peur d’avoir à souffrir des exactions. Il doit faire espérer des récompenses à ceux qui forment de telles entreprises, ainsi qu’à tous ceux qui songent à accroître la richesse et la grandeur de l’État. » (Le Prince, Machiavel)

« El far la dar el oula, el arbi yedir el doula »

« Quand le rat fera des provisions, l’Arabe fera un État » (proverbe algérien)

Mohsen Abdelmoumen

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In Whatsupic:http://fr.whatsupic.com/sp%C3%A9ciale-monde/1434828883.html

In Palestine Solidarité:http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.200615.htm

 

 

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Une réflexion au sujet de « L’Algérie dépérit dans sa bulle »

    […] L’Algérie dépérit dans sa bulle. […]

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