L’ANP face à ses responsabilités

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armée ANP

Les braves soldats de l’ANP , dignes héritiers de la glorieuse ALN. DR.

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En Algérie, tous les secteurs ministériels sont touchés par des scandales divers sans qu’aucun responsable ne soit sanctionné. Ce gouvernement à l’image du 4e mandat des Bouteflika, c’est-à-dire Saïd et son clan, symbolisent la déliquescence totale à tous les niveaux : des ministres qui déclarent en une même journée une chose et son contraire, un Premier ministre qui se trompe sur le montant des réserves de change, un chef de cabinet qui, hanté par la main de l’étranger et les orteils de l’intérieur, n’a que le mot complot à la bouche, des ministres qui ne servent à rien et ne sont là que pour se remplir la panse et placer les membres de leur famille à différents postes de responsabilité en attendant un coup de fil de limogeage ou l’obtention d’un poste sur une voie de garage… Bref, « houkouma batata » (un gouvernement patate) dirigé par des cornichons, pour rester dans le rayon légumes sans même aborder le rayon surgelés. Cerise sur le gâteau, ou inversement, le baccalauréat qui vient de se dérouler en connaissant une fuite massive des sujets, va connaître une deuxième édition, sécurisée, excusez du peu, par les services de renseignement et l’ANP, ce qui constitue une première mondiale. Cela n’existe dans aucun pays au monde, et je mets au défi la bande d’incapables qui dirigent l’Algérie en ce moment de citer un seul pays où l’armée et les services de renseignement ont encadré des examens. L’échec du gouvernement de Bouteflika est monumental et entrera certainement dans le Guinness book, à défaut de recevoir le prix Nobel de l’incompétence et de la mauvaise gestion. Mais pourquoi diantre, l’étudiant ou le lycéen ne tricherait-il pas à son examen quand les affairistes au pouvoir ne font que cela à longueur d’année ? La crise politique et économique en Algérie a atteint son stade moral, et voilà que nos services de renseignement et notre armée qui ont des tâches bien précises telles que la sauvegarde de l’intégrité territoriale et la sécurité de notre pays, la lutte antiterroriste, etc. vont maintenant surveiller des écoliers pour garantir la réussite d’un examen exempt de tout tricherie, ce qui n’entre pas dans leur domaine de compétence. On croit rêver. L’aide que le pouvoir sismique algérien a demandée à l’armée est symptomatique d’un gouvernement en proie à de perpétuelles convulsions, un régime à bout de souffle dont les diversions et la ruse sont érigées en mode de gouvernance. Alors que le clan Bouteflika via ses hérauts n’arrêtait pas de nous gaver avec un État civil porté par des drabkis et autres percussionnistes dont certains sont à la solde de la DGSE française, ces mêmes voix se taisent subitement quand le pouvoir demande un encadrement militaire du baccalauréat. Il s’agit là d’une gifle magistrale à tous les bateleurs qui n’ont cessé de vilipender l’armée et les services de renseignement ces dernières années. Nous y voyons la signature d’un gouvernement d’incapables dirigé par un autre incapable, la énième farce du 4e mandat d’un président malade et impotent. S’il y a bien une tricherie, elle provient de Bouteflika brothers and Co. Pour couronner le tout, on apprend que le gouvernement français et notamment la DGSE de Bernard Bajolet demande officiellement l’aide des services de renseignement algériens pour l’aider à déjouer les attentats terroristes lors de l’Euro 2016 organisé en France. C’est tragicomique quand on sait que la France nous a saoulés pendant des décennies avec sa thèse du « Qui tue qui », l’assassinat des moines de Tibhirine, etc. et voilà qu’elle baisse pavillon en demandant l’aide du service de renseignement algérien, précisément le DRS devenu DSS. Le sieur Bernard Bajolet qui a organisé toutes les frappes contre le DRS et le général Toufik en aidant le clan de Bouteflika contre le clan de Toufik, reconnaît qu’il est incapable de protéger ses propres citoyens sans l’aide de l’Algérie. C’est ce qui arrive quand on court derrière les contrats, que l’on troque le soutien de la France à un 4e mandat infâme, et que l’on s’englue dans le court terme sans aucune vision stratégique dans un contexte géopolitique dont tout le monde sait qu’il est explosif. Dans son échec, le régime français de François Hollande ressemble étrangement au régime algérien d’Abdelaziz Bouteflika. On peut même dire qu’ils sont jumeaux. Néanmoins, le fait que l’on appelle aujourd’hui les services de renseignement et l’armée qui sont très sollicités, montre à quel point le rôle de l’armée algérienne, notre ANP, est central dans la politique, que ce soit en Algérie ou dans la région du Sasel.

Si l’on requiert l’armée pour superviser le bac aujourd’hui, que lui demandera-t-on demain ? Pour les autres examens, ce sont les forces spéciales de Biskra qui vont les encadrer ? Quand on a échoué à gouverner un pays et que l’on fait appel à l’armée, c’est un aveu d’échec. Il faut arrêter de tourner autour du pot et restituer tout le pouvoir à l’ANP qui est la seule à être capable d’arbitrer une période de transition qui va nous amener vers la 2e République. La faillite des gouvernants civils algériens actuels renforce l’idée de solliciter l’armée et ses forces vives qui reste, n’en déplaise aux uns et aux autres, la seule institution, la seule force organisée, capable de peser et d’initier un nouveau départ pour l’Algérie, bâti cette fois sur des institutions solides. Ce processus qui débouchera sur une république des institutions et non pas des personnes est le seul susceptible de réhabiliter la politique et de rassurer les citoyens qui ne croient plus ni dans la politique ni dans les politiciens et dont l’abstention est le plus grand parti. C’est le citoyen qui doit être le centre de la gouvernance. Si le citoyen ne croit pas en la politique, rien ne pourra fonctionner, c’est la raison pour laquelle nous devons nous débarrasser de ce pouvoir obsolète.  C’est une exigence. Nous sommes dans l’urgence de stopper l’hémorragie et nous n’avons plus le loisir de tergiverser. Le moteur d’une démocratie est l’alternance or, la faiblesse du pouvoir politique s’est répercutée sur tout le reste, y compris l’opposition. À l’époque du parti unique, la vie politique était bien plus vivante et intéressante qu’aujourd’hui. Devons-nous regretter le parti unique vu que le multipartisme n’a rien apporté à l’Algérie, et l’on voit les conséquences aujourd’hui de ce processus biaisé avec une foule de partis coquilles vides. Même le niveau de la brosse à reluire, la chitta, a baissé. Saïd n’a pas réussi à constituer une bonne équipe de chiyattine pour vendre la marchandise avariée de ce pouvoir périmé. Il faut sortir de la sous culture de Belhamar, autre symbole du règne de Bouteflika. Dites-nous : êtes-vous un pays capitaliste ou socialiste ? Êtes-vous une démocratie ou une dictature ? Définissez-vous, car à nos yeux, vous n’êtes rien. Vous avez ruiné le pays, et nous allons le construire sur vos ruines. Nous sommes pour un État fort avec des institutions fortes, c’est l’unique plateforme où l’on peut par la suite prétendre à définir les orientations avec une vie politique riche et des débats sérieux.

Il faut en finir avec ce cycle de la faillite des politiciens irresponsables qui sont au gouvernement et dont la plupart ont été cooptés non pour leurs compétences mais selon les critères de régionalisme, clientélisme, etc. Cela se manifeste par la mauvaise gestion caractérisée dans laquelle sont plongés la plupart des secteurs : finances, économie, travaux publics, agriculture, éducation, tourisme, et j’en passe. Je suis fatigué d’évoquer les scandales à répétition et la mauvaise gestion de ces cancres. Maintenant, tirons les leçons qu’il faut. Mr Bouteflika et votre horde sauvage, vous avez échoué : dégagez ! Arrêtez de faire du chantage avec la stabilité du pays ! Ceux qui garantissent la stabilité, la souveraineté territoriale ainsi que la sécurité des citoyens et des biens, ce n’est pas la bande de ripoux qui vous entourent, vous et votre frère Saïd, mais ce sont les fils dignes de l’Algérie, qui sont dans les différents corps sécuritaires et qui paient de leur vie pour que vous et votre engeance jouissiez de vos biens mal acquis dans la zone verte de Club des Pins, de Moretti ou à Paris où vous vivez comme des rois. Il est temps de restituer les clés de la maison. Ceux qui voient dans mon message un appel à un coup d’État, je leur rappelle que le coup d’État s’est déroulé avec le 4e mandat infâme et qu’il a commencé par la violation de la Constitution en 2008 en ouvrant les mandats. Cela nous a ramenés là ou nous sommes aujourd’hui. Quant aux chiffres et aux débats de salon des professeurs es enculades de mouches, je vous les laisse, bouffez-les à satiété. Nous n’avons pas besoin de vos chiffres, nous voyons l’état du pays et la catastrophe dans laquelle des civils, et non pas des militaires, nous ont mis. Car le contraste entre la faillite des politiques, Bouteflika et son clan à leur tête, et la réussite de la lutte antiterroriste pilotée par nos services de renseignement et différentes unités d’élite reflète l’état des lieux. D’une part, l’institution de l’armée obtient de nombreux résultats concrets comme on l’a vu avec les récentes opérations, que ce soit celle de Bouira ou celle de Guelta Zerga près de Sétif, opérations qualitatives accomplies par les corps d’élite, à savoir la DGSI, le SCORAT et autres unités, ciblant des groupes terroristes et des émirs, la récupération de l’arsenal en provenance de Libye, la protection des frontières, etc. et de l’autre côté l’échec d’un pouvoir civil en décrépitude. La situation a atteint un tel pourrissement que des choses hallucinantes se produisent comme celle où Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) demande que les corrompus soient amnistiés, c’est-à-dire Chakib Khelil, Bouchouareb, Ali Haddad, Ghoul, et tous les autres qui sont légion, comme ont été amnistiés les égorgeurs. C’est une phrase qui restera à jamais gravée dans les mémoires comme tant d’autres qui sont à mettre à l’actif du bilan Bouteflika. Par exemple, Ali Haddad el kharay, simple dirigeant d’une organisation patronale, qui se prononce, entre autres, sur l’âge de la retraite en Algérie alors qu’il n’est pas foutu de terminer les travaux qui sont confiés à son entreprise, ou encore l’aveu du Premier ministre qui déclare que la triche a atteint tous les secteurs. Des déclarations plus surréalistes les unes que les autres. Et vous osez parler de la main de l’étranger ? C’est vous le principal danger pour l’Algérie, État et nation !

Le cas du baccalauréat et de cette ministre de l’Éducation qui, je le rappelle, est et reste ministre de Bouteflika, est symptomatique d’un gouvernement de bras cassés dirigé par un impotent qui a bloqué et figé l’Algérie et qui nous mène droit vers le désastre. Ce régime pourri est allé jusqu’à faire des lois pour réduire au silence des anciens militaires qui dérangent Saïd Bouteflika et son entourage. Exiger de l’armée et de ses officiers retraités de se taire alors qu’ils sont les premiers à pouvoir parler du fait qu’ils ont défendu leur pays, n’est pas anodin. Le parfait exemple en est le général Benhadid qui croupit en prison sans jugement depuis des mois pour avoir dit la vérité et pour avoir servi son pays vaillamment comme le soldat de l’ALN et de l’ANP qu’il est. Je pense aussi au général Hassan et au général Medjdoub incarcérés par le fait du prince sans que l’on évoque leur cas, et à tous les Algériens incarcérés injustement pas la horde sauvage de Bouteflika. Nous avons assisté à l’indifférence totale qui a entouré la mort du colonel Khaled. Et je n’oublie pas le calvaire que vivent les anciens colonels,  généraux, et autres officiers que le clan Bouteflika a mis à la retraite alors qu’ils sont encore jeunes et compétents, parce que la purge des voix contradictoires et du seul contrepouvoir que constituait le DRS dérangeait les affairistes du gang de la chaise roulante. Depuis quand et où a-t-on vu que l’on empêche des ex-militaires de s’exprimer sur l’actualité ou divers sujets concernant leur pays ? Ailleurs, on voit régulièrement des anciens hauts gradés de l’armée ou agents publier leurs mémoires ou des articles commentant l’actualité. Chez nous, des militaires ont été ciblés par une campagne de dénigrement via des médias égouts dirigés par des petites frappes que tout le monde connaît, protégés par un autre ignorant du gouvernement, le microbe Hamid Grine, agent du Makhzen et larbin de Saïd, dont on se demande quel est le rôle à part faire chanter les uns et les autres, et qui s’est engagé dans une guerre qui n’a aucun sens à l’instar du 4e mandat. Grine, une autre caricature de ce pouvoir pourri. Mon soutien total va aux journalistes et aux travailleurs d’El Khabar, ainsi qu’à tous les travailleurs dans les médias algériens menacés de fermeture par le cancre Hamid Grine, le sinistre exécutant des basses œuvres décidées par le clan des gangsters de Saïd Bouteflika et Cie.

Le moment est venu de mettre fin à cette mascarade et si l’on en appelle aux patriotes qui sont au sein de l’ANP d’intervenir et de prendre leurs responsabilités dans ces moments difficiles, c’est pour éviter l’effondrement de notre pays. L’heure n’est plus aux réjouissances nationales ni au larbinisme ou au lèche-bottisme, mais à un bilan sérieux de ce règne de Bouteflika, le président qui est resté le plus longtemps au pouvoir et dont le bilan est catastrophique à tous points de vue. Donc notre armée et nos services de renseignement ne doivent pas seulement organiser l’examen du bac mais organiser surtout le meilleur des examens, celui du passage d’un État déliquescent dirigé par des incompétents mafieux et corrompus vers un État sérieux et une 2e République construite sur des institutions où chacun est à sa place et où personne n’est de trop. Quand on passera le cap vers la 2e République, la République des institutions, à ce moment-là, on pourra parler d’un État civil. C’est alors que l’on pourra demander à l’armée de regagner ses casernes et de se consacrer à ses obligations constitutionnelles. Aujourd’hui, l’armée doit régler le problème politique et réparer les erreurs du passé, et parmi ces erreurs, l’installation d’Abdelaziz Bouteflika comme président en 1999. L’heure est à la vérité, aussi amère soit-elle, et non à se cacher la tête dans le sable.

Mohsen Abdelmoumen

Published in Oximity, June 10, 2016:https://www.oximity.com/article/L-ANP-face-%C3%A0-ses-responsabilit-1?faid=1012388

In Palestine Solidarité:http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.100616.htm

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