L’Algérie de 2017 entre les grèves et les émeutes

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Emeutes à Bejaïa. DR.

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L’Algérie a commencé l’année 2017 avec une grève des commerçants et des émeutes dans plusieurs villes dont l’épicentre était la ville de Bejaïa, avec le risque que le feu prenne ailleurs. Même si, pour le moment, le feu n’a touché que quelques villes à travers le pays, ce soulèvement contre la cherté de la vie, la loi de Finances 2017 et les différentes augmentations, est l’indicateur d’un éventuel danger, celui d’un soulèvement généralisé. La gendarmerie nationale avait prévenu d’un tel risque depuis longtemps. Moi-même j’ai alerté sur la probabilité de ce scénario à plusieurs reprises, soit via mes articles, soit via mes interviews de certaines personnalités qui m’ont affirmé que le statu quo actuel nous ramènerait vers des risques majeurs. Je n’arrête pas de dire dans tous mes articles que l’Algérie est menacée d’effondrement. Aujourd’hui, les populations qui se sont soulevées ou celles qui le feront sont les oubliés du grand festin que les tenants de ce pouvoir ont organisé sans y convier le peuple. Que faut-il lire dans ces évènements ? Une seule chose : la nécessité d’un changement graduel pour se diriger vers des réformes profondes, voire un changement de régime que j’appelle la Deuxième République. Tous les visages présents dans l’offre politique actuelle ont échoué et il faut immédiatement les retirer du souk politique. Il est indispensable de tout revoir avant que le feu ne se propage dans tout le pays. Rappelons que cela s’est passé de cette manière dans les années ‘80. Tout a commencé dans des endroits bien précis pour se généraliser jusqu’à ce que le pouvoir politique s’écroule. Un nouveau modèle politique est nécessaire et ce n’est pas avec ceux qui ont échoué que l’on va trouver des solutions. Il faut arrêter de traiter les gens qui sont mécontents de l’augmentation des prix et qui se soulèvent, comme des gamins manipulés, alors que ceux qui sont réellement manipulés sont quelques visages de cette oligarchie liée au grand capital qui vont nous ramener vers le désastre. Ce sont eux les ennemis de l’Algérie et certainement pas les contestataires ou le citoyen lambda qui réclame la justice sociale.

Il faut arrêter le disque rayé de la main de l’étranger. Vous avez pillé des milliards pendant que le peuple a du mal à joindre les deux bouts, c’est ça le complot ! Est-ce la main de l’étranger qui fait se soulever les élèves jusqu’à faire reculer un gouvernement incohérent ? Est-ce encore la main de l’étranger qui pousse la chef d’entreprise Saïda Neghza, vice-présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), à se plaindre des menaces proférées à son encontre par el kharay Ali Haddad alors qu’aucune enquête n’a été ouverte quand cette femme déclare dans une chaîne de télévision qu’Ali Haddad et dix membres du FCE l’ont menacée de mort ainsi que ses enfants ? Est-ce toujours la main de l’étranger qui assassine un journaliste emprisonné, et ce, pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie ? Mohamed Tamalt a fait une grève de la faim pour protester contre sa détention dans un silence coupable de la part de ses confrères qui sont pour la plupart corrompus et il est mort dans des circonstances affreuses et dans la quasi indifférence de tous et, surtout, personne n’a dénoncé l’irresponsabilité et la légèreté avec laquelle ce dossier a été géré par les autorités, car il n’y a eu aucune sanction ni aucun limogeage ! Quelle image donnez-vous de l’Algérie ? Celle d’un pays où l’on a tué un journaliste et cela ne s’effacera pas facilement. La presse mondiale en a parlé. Les autorités sont responsables parce qu’elles n’ont pas à laisser mourir un détenu qui a des droits, et Tamalt est mort dans une prison algérienne ! Nous pensions que l’Algérie était très grande et ne tuerait jamais ses fils. Et Mohamed Tamalt était l’un de ses fils. Les têtes doivent tomber, celles du ministre de la Justice et des directeurs de prison où Tamalt a été détenu, qui ont tous conjugué leur incompétence avec la corruption. En Algérie, personne n’a le droit de toucher à un journaliste. Dans l’Algérie pour laquelle nous nous battons, ni le journaliste ni celui qui réclame ses droits ne mourra. Dans la Constitution actuelle, le délit de presse n’est pas punissable de prison et on n’a vu aucune plainte déposée par qui que ce soit, par contre on a vu une parodie de justice. Qui a mis Mohamed Tamalt en prison ?

Nous sommes fatigués de recenser vos scandales quotidiens. Par exemple, le gangster en col blanc Chakib Khelil, l’affameur du peuple argentin, entre autres, en vraie prostituée qui racole pour réintégrer le gouvernement, se permet de donner des leçons d’économie à toute la planète, après s’être battu contre des micros. La place de ce voyou n’est pas dans les zaouias mais dans une prison ! L’ère des ténèbres de Bouteflika a plongé le pays dans les scandales et le charlatanisme, allant de Belahmar, condamné pour terrorisme en 1994, et sa clinique d’exorcisme avec pignon sur rue au médicament RHB où ce pouvoir pourri a vendu rahmat rabi (la miséricorde de dieu) dans des boîtes frelatées. Même rahmat rabi, un terme religieux, est devenu avec eux un produit commercial falsifié. On a vu un ministre de la Santé faire la promotion de ce médicament devenu complément alimentaire, prétendu soigner le diabète, alors que son concepteur n’est même pas médecin et que des Algériens diabétiques se sont retrouvés aux urgences dans le coma pour avoir voulu se soigner avec cette merde ! Quelle bassesse de la part de ce ministre et de son pouvoir pourri qui n’hésitent pas à utiliser la religion à des fins commerciales ! Les scandales de Saïda Neghza, de Mohamed Tamalt, de RHB, de rahmat, et tant d’autres, ne font que révéler au grand jour l’incompétence des responsables irresponsables et les catastrophes qu’ils génèrent. J’ai interviewé l’éminente biologiste algérienne, le Dr. Ghania Ait-Ghezala, chercheuse réputée installée aux États-Unis, mais ces gens-là n’ont pas leur place dans le pays des médiocres où le charlatanisme est à l’honneur. Ces Algériens compétents, brillants, qui se sont imposés dans le monde, sont ignorés en Algérie au profit d’une cohorte de crétins comme Belahmar et autres clowns dont Ali Haddad, qui a disparu des radars depuis le scandale du forum africain. Vous avez peur des compétences des Algériens à l’étranger parce qu’ils vous révèlent tels que vous êtes : médiocres, stupides et incapables ! Vous croyez vraiment que ces gens vont abandonner la vie qu’ils ont construite à l’étranger pour venir vous concurrencer dans la mangeoire ? Quelle blague !

L’Algérie est menacée de déstabilisation parce que ce pouvoir actuel ne veut pas d’un changement graduel qui sauvera l’État et non pas le pouvoir de quelques personnes. Ce qui nous intéresse, c’est notre patrie et non pas quelques personnes symbolisant un pouvoir obsolète. Je répète, l’Algérie n’est pas votre propriété privée et vous ne l’avez pas reçue en héritage ! Donc, il faut commencer dès maintenant à trouver les véritables solutions qui ne sont certainement pas des élections législatives qui reproduiront l’échec et ramèneront des élus de la chkara, des prétendants à la richesse. Dans cette situation, le changement doit être profond. Une élection communale et une élection législative ne changeront rien du tout et tous ceux qui participent à ces élections sont complices et donnent une caution à un régime agonisant qui ne cherche qu’à plaire à l’étranger en essayant de gagner du temps, de faire diversion, et de vendre une image démocratique qui n’en est pas une. À quoi a servi le Parlement qui vient de partir ? À rien ! Les députés n’ont proposé aucune loi, c’était un Parlement bidon, un ersatz de l’Exécutif qui n’était là que pour lever la main. La preuve, ils ont voté toutes les lois qui leur ont été soumises. L’Exécutif est défaillant, le Législatif n’existe pas et le Judiciaire est en panne. À quoi sert de reproduire le même échec et d’ameuter une clientèle qui ne s’intéresse qu’aux affaires et au meilleur moyen de s’enrichir ? Certains partis ne participeront pas à cette mascarade et c’est tant mieux, et on espère que le parti de Benflis, Talaie El Houriat, qui a en son sein des patriotes et des hommes d’État ne participera pas à ce cirque, à l’instar du parti Jil Jadid de Djilali Soufiane. Au moment où l’élection est tronquée dès le début, le parti d’Ahmed Ouyahia servira de cheval de Troie pour les oligarques qui seront la première force politique du pays, eux qui ont détourné l’argent du peuple quand le pays connaissait une embellie financière due aux prix élevés des hydrocarbures. Les islamistes ont été les premiers à répondre oui à ces élections. Pourquoi veulent-ils participer à ces élections et réintégrer le gouvernement si ce n’est parce qu’ils n’ont jamais abandonné leur politique entriste et parce qu’ils sont les véritables alliés de ce régime agonisant, comme on l’a vu avec les terroristes repentis. Les islamistes, dans leur alliance indirecte avec ce régime, avec leur participation aux joutes électorales, notamment législatives et communales, tout en affirmant que ces élections ne seront pas transparentes, maintiennent la pression en affirmant qu’ils participeront à des élections entachées de fraude. Cette manœuvre vise uniquement à se replacer et à négocier avec le pouvoir en place, notamment concernant les quotas et le partage de la rente, comme ils l’ont toujours fait. Tout cela nous amène à la question d’une alliance entre l’opposition et le pouvoir, équation inédite dans l’histoire du monde et qui coûtera très cher au pays. Cette union est une vieille recette que nous avons déjà connue, les masques tombent et on se retrouve encore une fois avec un pouvoir pourri qui s’allie avec les islamistes sur le dos du peuple, islamistes décrédibilisés car étant eux aussi dans les affaires. Néanmoins, comme je l’ai toujours affirmé, l’abstention restera le plus grand parti en Algérie, car dans notre pays, le cauchemar a supplanté tous les rêves.

La réédition de l’échec, la navigation à vue et le bricolage ont atteint des sommets et il faut immédiatement passer à autre chose, c’est-à-dire à une Deuxième République qui commencera par disqualifier les acteurs de l’échec et qui rassemblera les forces vives de la nation qui ne se recrutent pas dans les forces évoquées ci-dessus. L’Algérie n’est pas condamnée à vivre ce scénario à l’infini ni l’échec permanent, et l’une des solutions est de disqualifier ces visages hideux dont certains sont dans le souk de la politique depuis plus de vingt ans et qui, à part se goinfrer des deniers publics, n’ont rien offert à la nation. Il faut dépasser l’Algérie de club des Pins, de Moretti et des affairistes, celle des rentiers de tous bords allant des partis du régime sans aucun contenu ni projet à leurs amis coquins islamistes, et autres goinfres. Il faut placer le citoyen au centre de toutes les préoccupations, l’intégrer dans la pratique politique et ça ne se fera pas avec ce régime et ses acolytes, c’est pour cela qu’un vrai changement est plus que nécessaire, car les troubles et les émeutes reflètent un marasme et un rejet des politiciens et de la politique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui en Algérie avec la chkara, le partage de la rente et du butin, sans aucune vision d’avenir, sans véritable offre politique ni projet. C’est ce qui est en train d’être rejeté par une jeunesse majoritaire qui ne voit pas d’horizon dans un pays étouffé par une incompétence frôlant la trahison d’une élite politique et économique, qui ne croit ni dans l’Algérie ni dans l’Algérien. La preuve, c’est que la plupart de ces corrompus transfèrent leur argent détourné à l’étranger par la surfacturation, l’évasion fiscale, etc. L’heure est plus que grave et ce n’est pas à l’armée ni aux services de sécurité de pallier à la faillite des politiques. Ces politiciens à quatre balles ont mal géré, ont failli, et nous ont ramenés là où nous sommes avec des risques de turbulences. Pas question de refiler la patate chaude à nos services de sécurité et à notre armée qui se bat actuellement sur une frontière de 6000 kms contre un terrorisme global qui a ravagé des contrées. Au lieu de soulager le fardeau de l’armée issue du peuple, en réglant les problèmes sociaux et en évitant des émeutes, bref en jouant leur rôle, ces politiciens défaillants incompétents, surtout ceux qui sont au pouvoir, nous ont offert le vide sidéral parce qu’ils sont incapables de proposer quoi que ce soit. Cela me ramène à dire que le multipartisme a été un fiasco quand on voit ces différents partis politiques coquilles vides qui ne servent à rien, à part partager la rente, qu’ils soient au gouvernement ou ailleurs. Force est de constater que le multipartisme a été construit sur un processus biaisé car après une expérience d’un quart de siècle, on n’a quasiment aucune offre intéressante. Le mouvement associatif quant à lui est une véritable catastrophe qui n’est là que pour remplir les salles et ramasser les miettes tombées des tables de ce régime gangrené. Et ce n’est pas un Ahmed Ouyahia reconverti en chef des oligarques qui va nous démentir, lui dont la boutique politique grouille de ces parasites qui se sont empiffrés avec l’argent de l’État et il ose s’en enorgueillir ! Quant à la presse, elle est corrompue et ne sert au final que l’intérêt de celui qui offre la pub. À titre d’exemple, j’ai reçu récemment la plateforme des revendications de la coordination nationale des étudiants en pharmacie dont les revendications sont légitimes, et vous n’allez pas me dire que les étudiants en pharmacie dans les universités algériennes sont la main de l’étranger ! Ces étudiants sont en grève sans que la presse ne juge utile de faire écho de leur action. On se demande quelle est l’utilité de cette presse et de ces médias poubelles qui ne servent à rien. Abdelkrim Ghezali, ancien directeur de la rédaction du journal algérien la Tribune, a eu le courage de déclarer à propos de la presse algérienne sur un plateau de télévision : « La corporation des journalistes est corrompue jusqu’à la moelle, c’est pourquoi Tamalt est mort et c’est pourquoi d’autres Tamalt mourront ».

Il est plus qu’urgent d’arrêter ce cirque et d’inventer autre chose, mais pas avec la boîte à outils qui nous a ramenés vers le naufrage. Il faut changer de boîte à outils, et qu’on arrête de nous baratiner avec la stabilité ! Celle-ci réclame le départ des responsables de cette débâcle ! La solution commence par là. L’absence de confiance entre gouvernés et gouvernants est un danger mortel pour le pays. Nous avons un gouvernement où les ministres ne sont pas élus, et ceux qui sont élus l’ont été grâce à la fraude. Et quand on tire la sonnette d’alarme, on est « la main de l’étranger ». La main de l’étranger, ce sont ceux qui ont mal géré le pays, qui nous ont ramené à la faillite et qui donnent en plus des leçons de patriotisme ! Comment voulez-vous que les pays étrangers vous prennent au sérieux quand on voit le frère du président jouer à cache-cache dans la porte lors d’un Conseil des ministres ? Que surveillait-il ? De quoi avait-il peur ? Il n’y a rien à surveiller, Saïd, ton frère est malade depuis longtemps et il devrait être parti du pouvoir depuis le début de sa maladie. Comment voulez-vous que les nations étrangères ou votre propre peuple vous respectent ? Le peuple est fatigué et ne croit plus à rien, ni à l’opposition ni au pouvoir. Quand allez-vous arrêter les scandales ? Je caresse l’espoir de vous voir tous disparaître, tels les dinosaures. Arrêtez de pourchasser les blogueurs et les jeunes pour quelques lignes sur Facebook ! On n’a jamais vu ça dans le monde sauf dans ce pays. Au lieu de consolider le front interne en ayant un projet de société solide et en ayant des institutions fortes, on s’acharne à pourchasser quelques blogueurs et jeunes sur Facebook. Plus personne ne peut séquestrer l’information. L’Algérie, en plus de tous ses problèmes, connaît une véritable crise générationnelle. Réveillez-vous bande de reliques moyenâgeuses ! Les meilleurs d’entre vous n’ont même pas un compte Facebook ou Twitter, espèces de vieux débris !

Le peuple algérien qui s’est soulevé dans certaines parties du pays vient de donner une leçon à tout le monde en procédant à des opérations de nettoyage et en mettant de l’ordre. Les notables ont joué le rôle d’intermédiaires pour calmer les esprits et pour trouver les solutions afin de parer à toute tentative de manipulation de ce mouvement de protestation tout à fait légitime. Et comme dans tout mouvement de foule, il y a eu des infiltrations de casseurs. Mais quand on dénonce les casseurs et ceux qui brûlent les biens publics et privés, il faut avoir l’honnêteté et le courage de dénoncer ceux qui ont pillé et détruit l’économie de tout un pays qui aurait pu être une puissance régionale grâce à ses potentialités. Le peuple, auquel on exhibe le « printemps arabe » alors que nous sommes en plein mois de janvier – il faudrait mettre vos pendules à l’heure d’hiver ! -, est victime du chantage de ce régime d’incompétents et de sa cour de larbins qui n’arrêtent pas d’aboyer et de qualifier le peuple d’immature, de manipulable, de mineur d’âge, et j’en passe. Le peule algérien a montré qu’il est plus politisé et plus conscient des enjeux que vous tous rassemblés, que vous soyez les tenants de ce régime agonisant ou ses alliés stratégiques au sein d’une opposition décomposée comme le régime lui-même, à leur tête les islamistes. La leçon à retenir est la suivante : il faut commencer à rechercher des solutions véritables et non pas continuer le bricolage et l’amateurisme qui caractérisent ce régime pourri et ses serviteurs. Jouer sur les peurs en exhibant le printemps arabe est une très mauvaise idée dont personne n’est dupe. Je maîtrise ce sujet pour l’avoir traité depuis longtemps et pour avoir interviewé des spécialistes. La menace externe ne peut atteindre ses objectifs que s’il y a un ennemi interne, c’est-à-dire un traître qui relaie les visées externes. Appelez ça comme vous voulez : la 5e colonne, voire la 6e. Si j’ai combattu le printemps arabe que ce soit par mes articles ou par la qualité de mes intervenants, cela ne veut pas dire qu’il faut cautionner la corruption et fermer les yeux sur le pillage, la mauvaise gestion, et autres fléaux qui dévastent le pays. Dans la dernière interview que j’ai réalisée avec le Professeur Mebtoul, il m’a parlé du risque d’intervention étrangère, couronnement d’un processus d’échec, et vous n’allez pas me dire que le Professeur Mebtoul est la main de l’étranger, il est en ce moment conseiller du premier Ministre et de la Présidence. Je le cite : « Le premier scénario serait le statu quo de l’activisme, vivant de l’illusion d’un retour à un cours du pétrole supérieur à 80 dollars et des discours d’autosatisfaction, source de névrose collective, déconnectés des réalités tant locales que mondiales. Ce serait une erreur politique d’une extrême gravité, une fuite en avant (« après moi le déluge »), d’attendre les élections législatives de 2017 comme solution à la crise, en se livrant entretemps à de l’activisme sans procéder à de véritables changements, car en économie, le temps ne se rattrape jamais. Entre-temps, la crise financière risque de s’accentuer avec une demande sociale croissante, des exigences accrues de la jeunesse dont plusieurs centaines de milliers de diplômés qui exigeront un emploi et un logement. Ceux qui travaillent actuellement auront plus de 60 ans en 2030 et seront en retraite. De ce fait, il est à prévoir que sans hydrocarbures, et c’est une forte probabilité, il y aura forcément suppression du ministère des Hydrocarbures et celui de la Solidarité nationale avec le risque d’implosion de la caisse de retraite, et sans devises, pas d’attrait de l’investissement. Il s’ensuivra un chômage croissant, des tensions sociales et une instabilité politique à l’instar des pays les plus pauvres de l’Afrique subsaharienne, et le risque d’intervention de puissances étrangères ».

Je n’ai attendu personne pour combattre les comploteurs qui se recrutent dans les mouvements séparatistes et autres, mais ces gens-là sont le produit d’un régime pourri et de ses innombrables échecs, et ils sont les alliés objectifs des oligarques et des compradore au sein du même régime et servent tous le même dessein, à savoir l’éclatement de l’Algérie pour leur seul intérêt. Ces forces catégorisées comme étant au service de l’ennemi extérieur servent le pouvoir en lui donnant du temps, en empêchant un véritable changement, en le consolidant dans le statu quo, en empêchant les forces vives de la nation de poser les fondements d’un véritable changement, c’est donc tout bénéfice pour les tenants de l’échec, ceux qui gèrent la rente et qui ont besoin de ces mêmes parasites pour exister. Il faut arrêter de sortir du placard à balais le vieil épouvantail plein de poussière. Il y a des gens qui devraient être sanctionnés pour avoir échoué dans leur mission, que ce soit le ministre de l’Intérieur, d’autres ministres et walis, même si on sait que ce n’est pas en changeant les têtes qu’on arrivera à un résultat. Il faut penser à une nouvelle étape qui consiste à associer tous les patriotes à tous les niveaux pour trouver une sortie de crise et sauvegarder le pays, pour offrir des horizons à une jeunesse qui préfère monter sur des bateaux de fortune et mourir en Méditerranée, et entamer une nouvelle ère qui doit être centralisée sur la confiance du citoyen en ses responsables. C’est un grand travail car les responsables actuels sont tout, sauf des gens exemplaires. Ce processus sera évidemment très long. Il faut donc rechercher de vraies solutions et non pas brandir l’épouvantail de la menace étrangère ou agiter la mangeoire des élections législatives et communales qui reproduiront le même échec. Une rupture totale avec ces pratiques obsolètes est indispensable et il n’y a pas de temps à perdre. Tout est à revoir. Ce régime doit sortir de son autisme et opter pour un changement et non pas le statu quo, c’est l’une des leçons de ces grèves et mouvements de protestation. Les patriotes au sein de ce régime doivent prendre le dessus et neutraliser les forces compradore qui ont ruiné le pays et qui veulent nous endetter au profit des puissances externes, comme préconisé par l’escroc Chakib Khelil, valet des forces étrangères. C’est un premier pas vers une solution de la crise. Ensuite assainir le champ politique, car certains partis ne servent à rien. Il est temps de changer de modèle en négociant avec des partis qui portent des véritables projets de société et non pas la clientèle rentière. Il faut dialoguer avec les bons. Si cette force n’existe pas, il faut en constituer une qui soit capable d’encadrer un changement positif, plus que nécessaire pour le pays. Et assainir les associations et la « société civile », celles qui sont inutiles n’ont pas à être subsidiées et doivent disparaitre. Les joutes électorales qui ne servent qu’à enfumer les esprits et qui reconduiront le même schéma d’échec et qui nous coûtent un pont d’or en pleine austérité imposée au peuple et en plein marasme économique nous ramèneront à de nouvelles protestations et turbulences, telles que celles qui viennent de se produire et dont, ni la « société civile », ni la classe politique, ni aucun député ou wali qu’il soit du pouvoir ou de l’opposition, n’a joué son rôle.

Il s’agit donc d’une faillite totale du régime et de ses relais où qu’ils soient et quels qu’ils soient, et qui ont montré leur incapacité à éteindre le feu de la protestation, parce qu’ils ne sont ni crédibles ni légitimes, car issus de l’argent sale et de la chkara. Une grande leçon a été infligée à tout le monde par un peuple mature qui sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. Cet avertissement doit être pris en considération et bien étudié. Évidemment, il ne faut pas attendre grand-chose de ce régime qui incarcère ses propres soldats comme on l’a vu avec les généraux Hassan, Medjdoub, Benhadid et autres officiers, alors que l’affaire du général Hassan, comme je l’ai dit et comme mes sources au niveau européen me l’ont confirmé, s’inscrit dans la lutte antiterroriste au niveau international, à savoir la récupération de l’arsenal libyen. Pour avoir servi sa patrie avec courage et abnégation, le général Hassan se retrouve dans une prison infâme. C’est ainsi que l’on récompense les patriotes en Algérie. Après avoir tergiversé sur le dossier du DRS, on octroie à nouveau leur statut d’officiers de police judicaire aux officiers de la sécurité de l’armée qui ont réintégré les ministères et les administrations. On se demande pourquoi on a porté des coups à notre service de renseignement et pourquoi on le réintègre, ce qui démontre l’aventurisme de certains irresponsables au sein de ce régime qui doivent être punis. Qui a déstabilisé les services de renseignement, sinon Saïd Bouteflika et ses amis ?

En Algérie, on doit pouvoir revendiquer ses droits sans se faire passer pour des ennemis de la nation ni la main de l’étranger, n’en déplaisent à ces cancres qui passent leur temps dans la chitta et el rokhss, autres caractéristiques du règne Bouteflika. Je le répète, je fais la part des choses entre l’État qui doit être construit pour le citoyen et non contre celui-ci, et le pouvoir d’une poignée de privilégiés mafieux qui ont dilapidé le pays et qui partiront à un moment ou un autre, comme tant d’autres avant eux. On ne construit pas un pays avec la chitta et el rokhss, ni avec la corruption et le pillage. Je soutiens tous les mouvements de revendications, grèves, protestation, mais il faut éviter de rentrer dans le jeu du pouvoir dont une partie cherche à brûler le pays pour camoufler le pillage et pour prolonger sa durée de vie en chantant la vieille rengaine sur la déstabilisation, ou sur le « soit nous, soit le chaos ». Prouvons-leur que sans eux, l’Algérie sera mieux ! Pour cela, il faut que les consciences soient éveillées. Le moment est donc venu d’arrêter de surfer sur les traumatismes du peuple et de se mettre dans la tête que changement n’est pas synonyme de chaos. Le statu quo n’est pas salutaire pour le pays. On espère que chacun a retenu la leçon magistrale que le peuple a donné, alors arrêtez votre blabla et vos leçons de patriotisme à quatre balles. Nul n’est plus patriote ni plus algérien qu’un autre. Et de grâce, cessez vos cris de vierges effarouchées, vous, les mercenaires qui êtes tous au service d’un maître au-delà des mers. Arrêtez d’accuser des braves gens qui ont réclamé leurs droits et ne parlez pas la bouche pleine ! Le changement se fera, que vous le vouliez ou non, et le pouvoir pourri auquel vous avez prêté allégeance est dépassé et partira, mais le plus important pour nous les patriotes, c’est l’État algérien qui lui doit rester et non pas les individus quels qu’ils soient. Cessez d’insulter le peuple depuis vos salons feutrés et de le prendre pour un casseur, c’est lui qui a montré qu’il était capable de gérer une situation de crise, pas vous. Vous, vous avez échoué et vous devez tous partir.

Mohsen Abdelmoumen

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