Le régime Macron : barbouzerie et voyoucratie

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Rien ne va plus au royaume de la Macronie emporté dans une tourmente dont on ne voit pas le bout. Scandale, vidéos choquantes, enquête judiciaire, commission d’enquête parlementaire, sénatoriale, révélations quotidiennes… la République française s’est pris les pieds dans un tapis de l’Élysée et s’est cassé la figure. Tout a commencé le 18 juillet – deux jours à peine après le retour triomphal de l’équipe de France avec la coupe du monde (si ce n’est pas malheureux…) – lorsque le journal Le Monde a révélé l’identité d’un proche collaborateur d’Emmanuel Macron figurant dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux le montrant casqué et portant un brassard de la police en train de malmener une jeune femme et un jeune homme lors d’une manifestation à Paris le 1er mai dernier. Depuis lors, plus personne n’ignore ce qui est devenu aujourd’hui « le Benallagate » qui tient la France en haleine et qui fait les Une de tous les journaux. Nul n’aurait jamais entendu parler d’Alexandre Benalla si le militant de La France Insoumise Taha Bouhafs, un jeune français d’origine algérienne, n’avait eu l’idée de filmer les violences policières lors des manifestations et de poster la vidéo qu’il avait réalisée ce jour-là sur les réseaux sociaux. N’en déplaise aux salonnards du journalisme de cour, nous sommes face à une forme de journalisme citoyen et lanceur d’alerte que j’ai toujours appelé de mes vœux. Et tant mieux si les jeunes s’y mettent. Devant le scandale qui touche le sommet de l’État, l’opposition, qu’elle soit de droite ou de gauche, est montée au créneau. Des questions sont posées qui exigent des réponses : qui a permis à Alexandre Benalla, chargé de mission en charge de la sécurité du président Macron, et à son acolyte Vincent Crase, un employé de La République en Marche, d’intervenir auprès de manifestants pendant la manifestation du 1er mai place de la Contrescarpe à Paris alors qu’ils n’étaient que des observateurs ? Qui a donné à Alexandre Benalla un casque, un brassard de la police et un talkie-walkie ? L’Élysée a été au courant de ce grave dérapage dès le 2 mai, pourquoi le Parquet n’a-t-il pas été saisi ? Pourquoi l’Élysée n’a-t-il pas mis à exécution la sanction qu’il avait infligée alors à Benalla, c’est-à-dire une mise à pied de quinze jours sans salaire ? Pourquoi Benalla a-t-il perçu son salaire dans son intégralité et pourquoi a-t-il encore participé à des réunions préparatoires de sécurisation des sorties de Macron alors qu’il était mis à pied ?  Pourquoi l’Élysée a-t-il laissé traîner cette affaire jusqu’à ce qu’elle éclate le 18 juillet dans Le Monde ? Une autre vidéo a été diffusée le 27 juillet par Libération montrant Benalla et Crase interpeller deux autres manifestants au Jardin des Plantes, toujours le 1er mai avant les incidents de la place de la Contrescarpe, la vidéo se terminant avec les cris de la jeune femme qui filmait l’interpellation. Qui a permis à ces barbouzes d’effectuer des missions de policiers en plein Paris ? Comment se fait-il que ce Benalla, adjoint au chef de cabinet de Macron, ait acquis un tel pouvoir à l’Élysée qu’il se permet de donner des ordres et de gérer la sécurité du président alors qu’il n’est absolument pas qualifié pour le faire ? Qui lui a donné une voiture munie de gyrophares et de tous les attributs d’une voiture de la police ? Pourquoi a-t-il bénéficié d’un permis de port d’arme ? Comment se fait-il que Crase disposait d’une arme ce 1er mai alors qu’il n’a pas de permis de port d’arme ? Comment des civils peuvent-ils se balader avec des armes au milieu de la foule en pleine période de terrorisme ? Qui a octroyé un passe H à Benalla pour entrer à l’Assemblée nationale quand bon lui semble ? Pourquoi a-t-il bénéficié du grade de lieutenant-colonel dans la gendarmerie de réserve à 26 ans ? Et comment est-il possible que cet olibrius soit sur la liste des nominations de Préfets ? Qui lui a attribué un appartement quai Branly, à l’Alma ? Pourquoi vouloir mettre en place à l’Élysée une police parallèle composée de barbouzes pour protéger le président de la République alors que sa protection est assurée par le GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République) ? Comment est-il possible que ce Benalla puisse donner des ordres à des officiers de police et de gendarmerie, comme lors du retour de l’équipe de football à Paris ? Pourquoi Ismaël Emelien, le conseiller spécial du président Macron, s’est-il senti obligé de diffuser la vidéo issue de la caméra de vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe que Benalla avait obtenue illégalement et qu’il lui avait donnée aussitôt ? Il faut savoir que, d’après la loi, toute personne qui aurait possédé ces vidéos risque une mise en examen pour complicité de recel et de détournement d’images. Or, cette vidéo été diffusée sur Twitter par les affidés de Macron. Pour couronner le tout, cet énergumène de Benalla fait partie de la loge maçonnique des Chevaliers de l’Espérance, de la Grande Loge nationale française (GLNF), sous le matricule 106161 depuis janvier 2017…

Toutes ces interrogations et ces irrégularités ont mené l’opposition à s’unir pour réclamer à cor et à cri une commission d’enquête au Parlement, la majorité, les godillots de la secte La République en Marche et du Modem, acceptant à contrecœur. La présidente de cette commission, Yaël Braun-Pivet, députée de LaREM, a depuis le début décidé de saboter ce qui aurait dû être un outil de contrôle du pouvoir, garant de l’État de droit. Devant les blocages de la présidente aux ordres de l’Élysée, les députés de l’opposition, les uns après les autres et tous partis confondus, ont claqué la porte de la commission et ont décidé de déposer deux motions de censure. La commission de l’Assemblée se retrouve désormais aux seules mains de LaREM et du Modem, devenant de fait une coquille vide qui n’a plus aucun sens. Au cours des auditions, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb n’a pas hésité à mentir devant la commission alors qu’il était sous serment. Il a prétendu ne pas connaître Alexandre Benalla alors qu’il le croisait plusieurs fois par semaine. Il ne savait rien, n’était au courant de rien et c’est à croire que Gérard Collomb n’a jamais mis les pieds à l’Élysée. Certains hauts fonctionnaires dont le Secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler ont pratiqué la langue de bois avec brio. Au Parlement, le Premier ministre, quant à lui, a choisi de couvrir le président en adoptant une attitude irresponsable de déni et d’arrogance face aux questions des députés de l’opposition qui le questionnaient sur l’affaire Benalla. Elle est belle la République française ! Contrairement à la commission de l’Assemblée, la commission du Sénat fait un travail sérieux sous la présidence de Philippe Bas, du parti LR, servant ainsi les intérêts de l’État en effectuant un travail d’enquête minutieux. Les auditions s’y succèdent et la commission sénatoriale poursuivra ses investigations pendant 6 mois pour tirer au clair cette nébuleuse affaire.

Après plusieurs jours d’un silence assourdissant, l’Élysée gérant l’affaire selon le bon vieil adage « Pas vu, pas pris »,  Macron s’est décidé à réagir le 24 au soir à la Maison de l’Amérique latine, où les élus de la majorité célébraient la fin de la session parlementaire. Il en a profité pour briser le silence avec mépris pour le peuple français : «Alexandre Benalla n’a jamais détenu le code nucléaire. Alexandre Benalla n’a jamais occupé un 300 m2 à l’Alma. Alexandre Benalla n’a jamais été mon amant», a-t-il ironisé provoquant les applaudissements de ses disciples en extase. Est-il normal que le président de la République française affirme que son ex-garde du corps n’est pas son amant ? Tout en déplorant la déliquescence dans laquelle Macron plonge la fonction présidentielle, on lui rétorquera qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Ensuite, le président s‘en est pris à la presse, l’accusant de vouloir remplacer le pouvoir judicaire, ajoutant : « Ce qui s’est passé le 1er mai est grave, sérieux. Et ça a été pour moi une déception, une trahison […] S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher ». Cette apostrophe bravache appartient plus à un chef de gang qu’à un chef d’État, mais sans doute la proximité de Macron avec son gorille Benalla a-t-elle déteint sur le président. En audition, le Préfet Delpuech a parlé de « copinage malsain » dans cette affaire. S’il visait la relation qui existait entre Benalla et certains policiers, on pourrait élargir ces propos à la relation qui existe entre le président et son bodyguard préféré. N’étant pas sur une contradiction près, Macron a déclaré le lendemain lors d’un déplacement dans les Pyrénées « … Je suis fier de l’avoir embauché à l’Elysée […]  Il a fait beaucoup de bonnes choses quand il était à l’Elysée. »  « Je crois que c’est une tempête dans un verre d’eau. Et pour beaucoup, c’est une tempête sous un crâne » a-t-il répondu à un journaliste un peu plus tard. Si Emmanuel Macron n’aime pas s’exprimer sur le sujet, Alexandre Benalla, lui, a décidé de s’étaler dans les journaux. En effet, tous les médias se l’arrachent et on le voit partout : dans les journaux, à la télévision, il accorde des interviews à tout va, d’abord dans le journal Le Monde, où il a accusé des forces occultes de viser le président à travers lui, ensuite sur TF1 et maintenant dans le JDD où il a déclaré que de hauts gradés de la police voulaient sa peau. Benalla est persuadé qu’un vaste complot a été fomenté contre « le patron », puisque c’est ainsi qu’il appelle le président, et lui. Benalla, de l’anonymat le plus obscur, et alors qu’il est mis en examen, est devenu une bête des médias et, à ce rythme, on finira par le retrouver sur CNN. Au fait, que faisait Mimi Marchand – ex-reine de la nuit et grande amie des Macron, patronne de Bestimage qui est chargée de gérer la communication au niveau images du couple Macron – lors de la séance de photos de Benalla par le photographe du Monde le sulfureux Marc Francelet qui avait prêté son appartement pour l’interview de Benalla par Le Monde ? Il apparaît que Michèle Marchand et son vieil ami Marc Francelet sont certainement chargés de chapeauter la communication concernant Benalla. Si c’est le cas, qui leur a donné l’ordre de se charger de ce plan si ce n’est Emmanuel Macron lui-même ? Décidément, le président français  a l’art de s’entourer de personnages hauts en couleur ! Quoi qu’il en soit, si Macron croit se tirer à coups de com. de cette affaire, il se trompe. Il peut compter sur l’opposition et les citoyens pour lui demander des comptes. Cette affaire n’est pas une affaire d’été comme le prétend Alexandre Benalla mais une affaire d’État qui nous réserve encore bien des surprises. Suite, donc, au prochain épisode.

Mais qui est au juste Alexandre Benalla ? Celui qui s’appelait au départ Lahcène Benahlia, dont la mère est arrivée du Maroc en 1980, vivait dans un quartier pauvre d’Evreux avec sa mère, son frère et sa sœur. Ils étaient pauvres et s’habillaient au secours populaire. Adolescent violent, il a grandi en rêvant d’être garde du corps et a fini par être coopté auprès du Parti socialiste par la nébuleuse liée au Makhzen marocain, à savoir Najat Vallaud Belkacem, Rachida Dati et Myriam El Khomri. Il existe un plan d’infiltration des milieux politiques européens par le Makhzen marocain. D’ailleurs, la députée européenne et diplomate Ana Gomes m’a confié dans une interview que le lobby marocain était très actif au Parlement européen et rétribuait même des députés. Elle a aussi décrit Emmanuel Macron comme un président qui joue sur tous les tableaux. Les Français sont-ils entre de bonnes mains ? La réponse est non. Ils sont dirigés par un président mégalomane qui n’accepte pas les contre-pouvoirs et qui entend régner sans partage en supprimant tous les corps intermédiaires. Si certains considèrent l’affaire Benalla comme franco-française, je leur dis, non, la France fait partie du Conseil de Sécurité et est une puissance nucléaire. De savoir qu’elle est dirigée par un agité instable, il y a de quoi s’inquiéter, surtout quand la France est présente militairement dans plusieurs pays comme le Mali, le Niger, etc. Macron qui s’était présenté comme le candidat d’un monde nouveau, prétendant incarner une République exemplaire où les coups fourrés et autres magouilles appartiendraient au passé, vient de montrer qu’il n’était que le successeur des présidents français précédents, une image parfaitement représentative de la Ve République. Seule différence, il montre une nette propension à se considérer comme un monarque absolu. À force de faire des discours au château de Versailles et d’y recevoir des chefs d’État comme ce fut le cas avec Vladimir Poutine, le fantôme de Louis XIV a du prendre possession de Macron qui se prend désormais pour Jupiter et qui aime s’entourer de mignons. Les Français, croyant avoir élu un président jeune et dynamique, se retrouvent avec un roi et une reine extravagants, cette dernière coûtant à elle seule à l’État français, d’après les chiffres de la Cour des Comptes qui ne peut chiffrer les coûts avec précision, la coquette somme de 278.750 € par an (au moins) pour couvrir les frais de quatre employés, six bureaux, et deux voitures. La France n’a décidément pas évolué depuis les frasques de François Hollande comme avec l’affaire des croissants livrés dans l’appartement loué au gang corse la Brise de Mer où Hollande passait des heures chaudes avec Julie Gayet. Ici, ce n’est pas une actrice de cinéma qui fait la Une des journaux, non, c’est un « Rambo » de bas étage amateur de castagne. Macron n’est-il pas l’élève de Hollande ? La France à l’ère de Macron n’a pas du tout l’air d’être une démocratie, mais plutôt une République bananière ou couscoussière et, désormais, le président français doit arrêter de donner des leçons de démocratie et de droit de l’homme à toute la planète. Le peuple français n’a vraiment pas de quoi être fier de son monarque qui est à mettre dans la même catégorie que les despotes du Tiers Monde.

Cette affaire est symptomatique du règne de Macron et reflète une crise majeure du régime français qui a imposé ce président via un establishment médiatico-politique qui l’a porté au pouvoir, lui qui n’était qu’un novice en politique et inconnu jusqu’à il y a quelques années. À la lumière de ce scandale d’État, le monarque-président, à défaut de faire découvrir aux Français « le monde nouveau » promis, les a plongés dans les abysses d’une monarchie ténébreuse et sachant qu’il ambitionne d’être le leader de l’Europe, le danger concerne tout le monde. Macron est dangereux pour la France mais aussi pour l’Europe, voire pour toute la planète, à l’image de son alter ego Donald Trump. Quand on voit des chefs d’État à la limite de la maladie mentale comme Macron et Trump, il y a lieu de s’inquiéter pour la paix dans le monde.

Mohsen Abdelmoumen

Published in Palestine Solidarité: http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.300718.htm

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