L’Algérie du caporal martyr Mostafa Znanda vs l’Algérie de Zitout et de Haddad

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Le chahid Mostafa Znanda. DR.

En apprenant la mort d’un valeureux soldat, le chahid Mostafa Znanda, tombé au champ d’honneur face aux hordes terroristes sauvages et traîtres, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au sacrifice de ces milliers de soldats de la glorieuse ANP, digne héritière de l’ALN, tués lors de la décennie noire. La mort a plusieurs visages et elle est notre destin à tous, mais celle de ce jeune caporal nous touche particulièrement et nous attriste par son goût amer. Dans ces moments sombres, nul sacrifice n’est au-dessus du sang du martyr. Dans la même journée, l’actualité nous apprend d’un côté le décès d’un brave soldat qui a offert sa jeune vie à son pays, et de l’autre côté, un torrent de boue avec l’affaire Ali Haddad. C’est l’Algérie des enfants du peuple qui se battent contre vents et marées pour gagner leur vie dans la dignité et l’honneur contre l’Algérie de la Jet-set et des soirées arrosées chez les Kouninef.

Ainsi, je découvre stupéfait les chiffres énoncés au procès d’Ali Haddad : de 2000 à 2018, 124 marchés publics lui ont été attribués pour un montant de 78 410 milliards de centimes. Entre 2015 et 2018, la somme de 3 333 526 646.16 DA, soit 8 935 880.16 euros auxquels s’ajoute un montant de 1 954 250 582. 75 DA lui ont été accordés pour le développement routier dans huit wilayas, la plupart des travaux n’ayant jamais été achevés. Quatre terrains appartenant à l’État ainsi qu’un terrain de 50 000 hectares lui ont été octroyés soi-disant pour élever des vaches. Il a également reçu 94 000 000 000 DA de l’État pour un projet de développement ferroviaire d’un coût de 118 552 520 003.65 DA, somme estimée insuffisante à laquelle un complément de 15 000 000 000 00 DA a été ajouté. Il a obtenu 452 crédits bancaires pour un montant de 211 000 milliards de centimes, dont 167 000 milliards de centimes ont été accordés par des banques publiques, à leur tête le Crédit populaire d’Algérie avec 73 000 milliards de centimes. Des chiffres à donner le tournis ! Cette crapule a bouffé tout cet argent et ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan bien plus vaste de corruption et de trahison. Comme dit l’adage, le torse des braves est rempli de balles pendant que les traîtres se remplissent la panse. Au moment où les enfants de l’Algérie authentique donnaient leur sang à la patrie, ces traîtres saignaient le pays en dilapidant ses richesses. Le règne de Bouteflika nous a montré à quel point la gabegie, le népotisme, la corruption, le régionalisme, le larbinisme, la chitta, le clientélisme, etc. étaient érigés en mode de gouvernance. Ali Haddad n’est pas parvenu là où il était arrivé par la force de sa seule volonté et il ne doit pas être jugé seul avec sa famille. La fratrie Bouteflika, Saïd, Nacer et leur frère aîné la momie Abdelaziz doivent aussi être jugés, car qui a fait Ali Haddad sinon cette famille maudite, cette plaie purulente qui a gangrené l’Algérie et l’a plongée dans l’abîme ?

Je ne peux pas écrire sur le sacrifice de ce jeune soldat sans évoquer ceux qui ont ruiné l’Algérie, économiquement, moralement, et socialement. On ne peut pas parler de ce chahid et lui rendre hommage sans parler de ce qu’il se passe pour le moment en Algérie et qui est dramatique, car bien d’autres jeunes pourraient être emportés de la même manière si l’on n’y prend pas garde. Le régime Bouteflika a corrompu la société algérienne toute entière pendant des années et on en vit les conséquences désastreuses avec le retour du « qui-tue-qui » et des charlatans islamistes, apprentis sorciers et faux prophètes de malheur comme ce Zitout et son organisation Rachad qui se sont érigés en conscience de la nation. À défaut de mettre en avant des patriotes et des gens intelligents, de vrais hommes d’État, l’ère Bouteflika nous a ramené toutes sortes de déchets auxquels s’agrippent des milliers d’Algériens, surtout des jeunes qui n’ont pas connu la décennie noire et qui n’ont aucune idée de ce que l’idéologie islamiste peut faire comme dégâts. Zitout et autres « influenceurs » sur YouTube ou Facebook, qui passent leur temps à blablater pour ne rien dire, nous saoulent quotidiennement avec leurs vidéos. Il s’agit d’une vraie pollution. Tout le monde se déclare expert et sachant, Gaa riyasse fel babor (capitaines du navire), tout le monde est devenu « révolutionnaire », alors que le pays tourne en rond. Wach thabou tahdrou fel fragh (combien vous aimez parler dans le vide). Pour un pays qui ne produit même pas sa propre nourriture, vous parlez trop. Au lieu de l’instruction et du savoir, notre jeunesse a droit à un Internet pollué par des débilités véhiculées par des vieux cons. Il est dommage que ces énergumènes ne connaissent pas la vertu du silence et passent leur temps à bavasser sans offrir la moindre valeur ajoutée en termes d’idées, sinon une causerie indéfinie et sans profondeur, dignes des commérages de concierge. Dieu merci, je suis épargné par ce fléau et je n’écoute personne. Les nations avancées utilisent internet pour produire de la richesse, comme par exemple le télétravail. Nous, nous avons droit aux clabaudages, aux parlotes de vieux débris frustrés, séniles et atteints du retour d’âge. Si l’on calcule la quantité d’heures que la jeunesse passe sur internet à suivre des discours creux, inutiles et haineux, primaires, qui ne rapportent rien, flattant les bas instincts, jouant sur l’émotion, que de temps perdu qui aurait pu être consacré à l’apprentissage, à la construction, à l’instruction. Nos jeunes sont gavés et abrutis par une logorrhée de stupidités dangereuses. Zitout navigue en terrain conquis et il est urgent de « dézitoutiser » l’Algérie, et de commencer à travailler et à construire l’avenir sur un projet politique progressiste et non sur des considérations d’un autre âge, rétrogrades et malsaines.

Pour certains, l’acte politique consiste à aller manifester le vendredi après la prière. Pour se retrouver avec Rachad ? Le Hirak a raté une occasion historique en restant sans perspectives, sans organisation et sans textes fondateurs. Il est resté figé à l’image d’un de ses chefs déclarés, Zitout. J’ai écrit bien avant la première sortie du Hirak le 22 février 2019 que les Algériens devaient commencer à s’organiser en structures locales de bas en haut et, dans un deuxième temps, à produire les textes fondateurs de ce mouvement enrichis par les divers courants et par la base, pour faire avancer le pays. La période de confinement aurait pu être bénéfique pour la réflexion et l’enrichissement des textes. Mais non, rien n’a été fait, vous avez préféré vous en remettre aux fables de grand-mère Zitout. Vous préférez l’oralité, c’est évidemment plus facile, mais cela ouvre la porte à une floppée de vieux bavards qui jacassent comme des perroquets, des aventuriers qui, sachant qu’ils sont pour la plupart recherchés en Algérie pour divers crimes comme la trahison et le terrorisme, veulent la perte de l’Algérie. Qui a donné l’audience à ces merdeux, à cette crasse ? Qui leur permet d’exister ? C’est le peuple algérien, en particulier les jeunes. Nous attirons l’attention sur l’absence de la famille qui abandonne le gamin seul devant l’ordinateur à visionner ces « desesperados du clavier » et qui laissent des Zitout élever leurs enfants. On a vu ce que cela a donné en Syrie et en Libye. Il y a donc matière à s’inquiéter. Car c’est cette idéologie nocive qu’est l’islamisme politique, ce coronavirus, encouragée par le régime pourri d’Abdelaziz Bouteflika, qui vient de tuer un jeune militaire algérien, tombé à la fleur de l’âge comme tant d’autres avant lui. Cependant, en partant, ce jeune homme nous a donné une leçon majeure : le patriotisme ne consiste pas à faire des discours, il ne se mesure pas au nombre de followers sur Facebook, Twitter, Instagram ou YouTube, le patriotisme est un très lourd fardeau que seuls les authentiques patriotes peuvent porter. Ali Haddad et Cie, corrompus et pourris, et Zitout et Cie, tout autant corrompus et pourris, sont des alliés objectifs et naturels engagés contre l’Algérie des patriotes. Ils s’alimentent les uns des autres et symbolisent l’effondrement et la mort de l’Algérie, celle de Hassan el-Banna, de Sayyed Qotb et d’Ibn Taymiyya, ces pères fondateurs de l’obscurantisme. Tandis que l’Algérie du caporal Znanda, c’est l’Algérie de la vie, du courage et de l’honneur. Les balles qui ont tué ce brave soldat de notre glorieuse armée proviennent de l’idéologie mortifère charriée par ce Zitout et ses semblables, idéologie malheureusement toujours présente en Algérie grâce au travail des cercles occultes qui ont livré l’éducation nationale à des charlatans et des criminels qui ont lavé le cerveau à des générations entières. Après que l’école ait vassalisé le cerveau de l’Algérien, on le livre sur un plateau d’argent à divers bonimenteurs des réseaux sociaux et de YouTube. Qui paye le prix ensuite ? C’est l’enfant du peuple qui va au casse-pipe. Le combat contre cette idéologie restera pour longtemps encore une question de vie ou de mort. Et ce jeune homme vient de payer le prix le plus fort de ce combat. Pour démanteler l’idéologie islamiste, il faut la déraciner et cela demande un travail méthodique de tous les instants. Dézitoutiser l’Algérie ne sera pas une mince affaire, tant cette crapule a gagné du terrain. Les gesticulations frénétiques de ces héros virtuels qui n’ont mené aucune bataille sauf celle du web et qui tirent les Algériens vers le bas en les manipulant comme des gamins ont assez duré. On sait que leur agenda à tous, que ce soit Ali Haddad ou Zitout, c’est la destruction de l’État algérien. Ils devraient tous être jugés pour haute trahison. Idem pour Chouchane qui devrait rendre des comptes pour sa félonie comme tous ceux qui ont véhiculé le « qui-tue-qui » et qui ont accusé l’armée algérienne en blanchissant les islamistes du FIS. Tant qu’on n’aura pas réglé ces questions, ces diables que nous avons sortis par la porte rentreront par la fenêtre. En attendant, certains de ces islamistes qui prêchent le chaos dans notre pays se la coulent douce, planqués dans les pays occidentaux sans être inquiétés. On leur a offert l’asile alors qu’ils sont condamnés en Algérie qui a demandé l’extradition de certains d’entre eux jugés par contumace. Pire, on leur permet de véhiculer les idées de l’islam politique alors qu’il y a eu des attentats dans les pays occidentaux. L’Algérie n’a pas besoin des moulins à paroles qui radotent à longueur de vidéos, elle a besoin de gens qui se retroussent les manches et propulsent le pays vers des horizons prometteurs. L’Algérie veut s’épanouir, aller de l’avant et offrir une vie meilleure à sa jeunesse plutôt que les balles assassines que ma génération a connues et qui continuent à tuer. Deux projets antagoniques s’affrontent et s’affronteront toujours, celui de ce jeune soldat et des patriotes de notre armée, et le projet funeste des islamistes, djihadistes, et leurs alliés de la bourgeoisie compradore et de l’oligarchie. L’Algérie du futur doit être débarrassée de l’islamisme politique et de la bourgeoisie compradore, les deux servant les intérêts du même maître : l’empire.

Trêve de bavardage, Messieurs les imposteurs, les salonnards de tous bords ! L’Algérie n’a que faire de vos chamailleries et de vos combats de coqs de basse-cour. Bombez le torse sur votre tas de fumier tant que vous voulez mais laissez l’Algérie tranquille ! Il est impératif de sortir de l’Algérie de la parlote, celle de   « Arwah ngoulak » (viens que je te raconte) et des élucubrations, pour se diriger vers l’Algérie du travail et de la construction, de la création, de l’intelligence et du savoir. Pour cela, il faut que d’autres voix s’expriment et refusent de laisser le champ libre à la médiocrité et à la traîtrise. Beaucoup qui se sont tus pendant des années se permettent aujourd’hui de nous donner des leçons de patriotisme alors qu’ils ont fermé les yeux sur le règne du cadre. Tout le monde utilise le mot Issaba alors qu’hier on courait pour une place à la mangeoire. Chacun était avec la Issaba d’une manière directe ou indirecte, on applaudissait et on faisait campagne pour les Bouteflika et la horde sauvage. Ces donneurs de leçon d’aujourd’hui sont-ils plus Algériens que nous ? Je répète la phrase que j’ai citée pendant des années, celui qui dispose de l’acte de propriété de l’Algérie, qu’il nous le montre. L’Algérie appartient à tout le monde, sauf aux traîtres et aux prédateurs qui l’ont massacrée, et certainement pas non plus à ceux qui veulent la ramener à l’âge de pierre comme les Zitout et Cie. Le peuple est autant responsable que ceux qui l’ont gouverné car il a été silencieux et démissionnaire pendant des années. N’est pas révolutionnaire qui veut ou celui qui prétend l’être. Courir les rues pour Rachad tous les vendredis mènera à la catastrophe et ce n’est pas de cette manière que l’on construit un pays. La confrontation du peuple avec les forces de l’ordre qu’encourage Zitout et sa clique nous mène vers un désastre plutôt qu’à une solution. Pour construire un pays, il faut des hommes intègres et patriotes qui parlent un langage de vérité. Or, nous sommes dans une période de flottement où tout le monde est devenu un héros dans le virtuel avec un pseudo. Et où sont donc les partis politiques démocratiques ? Ils ont démissionné, disparus comme les dinosaures à l’ère glaciaire, laissant le peuple sans repères et sans encadrement, ce qu’ils n’ont jamais réussi à faire depuis l’avènement du multipartisme.

Mes pensées vont à la famille du martyr, le caporal Mostafa Znanda, il n’est pas seulement un contractuel de l’armée, il a défendu sa patrie et est mort au champ d’honneur, digne fils de l’Algérie et continuateur de l’œuvre de Ben M’hidi et de Benboulaïd. Son sacrifice est fondateur. La mort de ce jeune homme, en plus de m’avoir attristé, m’a donné envie d’écrire et de dire que l’on est fier d’être Algérien devant le courage et la bravoure de nos braves soldats qui protègent le pays de tous les fléaux. Et que plus que jamais, il faut dénoncer la trahison des chacals et des hyènes qui n’arrêtent pas de porter des coups à notre chère patrie. Le sacrifice de nos milliers de martyrs ne doit pas avoir été versé en vain. Il ne doit pas tomber dans l’oubli. Leur sang réclame vengeance et réparation. C’est pour cela qu’il faut éradiquer l’hydre intégriste. La lutte pour une Algérie meilleure et contre les projets de la bourgeoisie compradore qui a saigné le pays et contre l’islamisme politique sinistre qui veut nous replonger dans un océan de sang est une lutte qui doit être menée avec courage et opiniâtreté. Le combat continuera toujours et sera porté par les authentiques patriotes et non pas par les usurpateurs et les pseudos. C’est un combat de vie ou de mort, il y va de la survie de l’Algérie. Nous vaincrons ! Gloire à nos martyrs d’hier et d’aujourd’hui !

Mohsen Abdelmoumen

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