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L’islamiste tunisien Rached Ghannouchi menace l’Algérie de terrorisme

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Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi. D. R.

Dans une interview accordée au journal italien Corriere Della Sera ce 29 juillet, Rached Ghannouchi a menacé de répandre le chaos dans tout le pourtour méditerranéen. Les pays visés sont l’Algérie et la Libye, ainsi que l’Italie et la France. Et bien sûr, en bon islamiste hypocrite, ce prophète du chaos demande en même temps l’intervention de l’Europe. A cette fin, il emploie des subterfuges tels que le chantage par la migration et les menaces de terrorisme. Ses propos sont d’une gravité extrême : «Si la démocratie n’est pas rétablie prochainement en Tunisie, nous allons rapidement sombrer dans le chaos.

Le terrorisme peut se développer, la déstabilisation poussera les gens à partir, de quelque manière que ce soit. Plus de 500 000 migrants tunisiens pourraient tenter de rejoindre les côtes italiennes en très peu de temps… Il est nécessaire que votre gouvernement, avec l’Europe, nous aide à restaurer la démocratie et notre souveraineté. Vous avez les outils pour le faire. Votre pression diplomatique sur le président Saïed et son entourage est nécessaire…» Il ajoute dans une vidéo : «Si la Tunisie ne retrouve pas la démocratie, elle sera menacée d’un chaos total qui affectera tous les pays de la Méditerranée tels que l’Algérie, la Libye. Je crois fermement que la Tunisie et le sud de l’Europe, l’Italie et la France, sont sur le même bateau et partagent le même destin.» Entendre le mot «démocratie» sortir de la bouche infecte de ce terroriste ne peut que provoquer de l’urticaire.

Ainsi donc, Rached Ghannouchi avoue sans être torturé que lui et son parti Ennahdha constituent un danger pour tout le bassin méditerranéen. Et comme, par hasard, dans sa menace de recourir au terrorisme, il exclut le Maroc. Tiens, tiens… Pourquoi ne suis-je pas étonné ? La déclaration de Ghannouchi est une véritable déclaration de guerre, et ce n’est pas la première fois qu’il menace l’Algérie de terrorisme, rappelons-nous qu’il a joué un grand rôle dans ce que nous avons vécu lors de la décennie noire. Rappelons-nous aussi la fameuse réunion des terroristes algériens à Tébessa dans les années 1980 à laquelle participait Rached Ghannouchi, ces mêmes terroristes qui ont ensuite fondé le FIS. Ce monstre a du sang algérien sur les mains et il ose encore aujourd’hui nous promettre chaos et terrorisme. Ce terroriste sanguinaire devrait rendre des comptes pour ses propos et moisir en prison. Il faut remettre ce criminel à sa place, mais encore une fois, il n’y a pas eu de réponse officielle algérienne. Nous n’avons eu non plus aucune réaction de la part des médias algériens, ni des partis politiques. Décidément, depuis le saccage des vingt ans de règne de la fratrie Bouteflika, l’Algérie vit un vrai désert politique.

Cette interview révèle les plans machiavéliques de Ghannouchi qui a répandu le sang dans toute la région en obéissant à un agenda impérialiste. Par conséquent, le fait qu’il cite l’Algérie devrait nous faire réfléchir, car cela confirme ce que nous avons toujours dit dans tous nos articles et nos interviews, à savoir que l’Algérie est une cible des Frères musulmans, éternels valets de l’empire, leur mouvement étant la matrice du terrorisme islamiste. Serait-ce le bras armé d’Ennahdha, cette fameuse organisation secrète dont personne ne parle, qui serait chargée de propager le chaos ? Et ce bras armé aurait-il des tentacules en Algérie ? En voyant que certains Algériens soutiennent ce criminel, comme le parti de Mokri, on est en droit de se poser la question suivante : n’est-il pas temps de dissoudre les partis islamistes qui nous prouvent une fois de plus, en étant les relais du grand calife Erdogan et du cheikh du terrorisme Ghannouchi, qu’ils sont un danger mortel pour l’Algérie ? L’activisme acharné de Mokri et ses liens historiques avec Ennahdha qui rêve d’un grand califat doit être combattu sans relâche, car les Frères musulmans représentent un danger qu’il faut traiter avec la fermeté la plus énergique.

Bien entendu, exclure le Maroc de cette menace en dit long sur le plan islamiste sur la rive sud de la Méditerranée. Aujourd’hui, l’Algérie est prise en tenailles entre les attaques incessantes du Makhzen marocain, comme on l’a vu avec le scandale Pegasus, et les islamistes d’Ennahdha. L’heure est donc très grave et il est plus qu’urgent de fonder un front patriotique qui défendra la nation algérienne face aux assauts de ses ennemis. Sachant que notre armée est visée par le Makhzen marocain et par Ennahdha de Ghannouchi, ainsi que par les plans mortels de l’empire, il faut plus que jamais se tenir aux côtés de notre armée et de nos services de renseignement. L’Algérie est intouchable et proférer des menaces à son encontre constitue une ligne rouge pour tous ceux qui s’aventurent, à l’image de ce Ghannouchi, à vouloir répandre le chaos chez nous. Nous lui répondons, comme nous l’avons fait au Makhzen, que l’Algérie est plus grande qu’eux tous et que si jamais une goutte de sang algérien coule, Rached Ghannouchi sera tenu pour responsable et il devra assumer, avec ses amis les Frères musulmans d’Algérie, toutes les conséquences de ses provocations. Il est temps de siffler la fin de la récréation. L’Algérie est forte par son armée et ses services de renseignement et gare à tous ceux qui se permettent de nous menacer !

Tous les patriotes algériens qu’ils soient dans l’armée et dans les services de renseignement, ou qu’ils soient de simples citoyens, doivent se mobiliser pour contrer les plans impérialistes dont le cheval de Troie n’est autre que la clique islamiste et les Frères musulmans liés à Ghannouchi.

Enfin, Rached Ghannouchi ne doit jamais oublier que l’Algérie a vaincu le terrorisme grâce au sacrifice des martyrs du devoir, ces braves que nous honorerons toujours. Quand l’Algérie combattait toute seule le terrorisme, certains cajolaient les criminels sanguinaires n’hésitant pas à inventer le «qui tue qui ?». Nous ne l’oublierons jamais. Il ne doit jamais oublier, non plus, que le peuple algérien sera toujours uni derrière son armée contre tous les plans impérialistes qui se trament contre notre pays. L’Algérie a vaincu le terrorisme et elle l’éradiquera définitivement. Elle sera la tombe du projet théocratique.

Mohsen Abdelmoumen

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/07/31/le-dirigeant-islamiste-tunisien-rached-ghannouchi-menace-lalgerie-de-terrorisme/

Dr. Charles McKelvey:” The Western oligarchic minority that plunders the planet has been able to construct a façade of democracy”

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Dr. Charles McKelvey : « Le Venezuela est une menace pour le système  néocolonial mondial ». - Algérie Résistance II

Mohsen Abdelmoumen: What is really going on in Cuba?

Charles McKelvey: What is going on in Cuba follows the script of what Cuban analysts have called an “unconventional war,” which is a multifaceted campaign that intends to bring about the fall of the government.  The targeted governments are those that seek a sovereign road toward true independence, that reject the economically dependent and politically subordinate role that their nations have been assigned by the neocolonial world-system.  In the case of Latin America, the unconventional war broke out in 2015, and the target nations have included Cuba, Venezuela, Bolivia, and Nicaragua.  The strategies of the unconventional war include an economic and financial blockade, which intends to create hardship; and an ideological campaign through the social media and mainstream media, with the intention of confusing the people, thus creating division in the targeted nation, and establishing justifications for U.S. intervention in the view of the people of the United States.  It is assumed that the ultimate goal of the strategy is to create chaos, political destabilization and ungovernability, or the appearance of same, thus establishing a pretext for a direct military occupation.  However, with respect to Latin America, direct military intervention has not occurred in the current war, at least so far.  It may be that the war has not achieved the level of destabilization anticipated; and/or there is concern in the U.S. political establishment that the people of the United States would reject military intervention in the region.

In the particular case of Cuba, there has been since 2019 an intensification of the decades-long economic blockade, illustrated by the 243 new measures imposed by the Trump administration, and not rescinded by Biden.  These measures focus on blocking Cuban financial transactions with companies in third countries, enabling the U.S. government to threaten banks and companies of third nations with fines and sanctions if they trade with Cuba.  The Cuban government has found that, during the last two years, some of their purchases of food, petroleum, raw materials for their pharmaceutical industries, and medicines could not be delivered because of the lack of financial services to finalize the transactions.  And it has found that some producers and shippers have canceled previous arrangements; and that some previous providers have indicated that they can no longer continue with the arrangements.

These financial restrictions of the past two years, combined with the effect of the pandemic on the economy, have created shortages, which have accumulated.  In recent months, there have been long lines for products in retail stores; and some items are not available.  There is not desperation or hunger; it is a situation to which one can adjust.  But the situation has produced a level of dissatisfaction among the people. 

The social media campaign has tried to exploit the dissatisfaction among the people.  It focuses on the difficulties, seeking to present an image of the government as unable to manage the economy.  The difficulties are real, so the media campaign affects some.  Moreover, these developments have coincided with important changes in the Cuban economic model, involving an increase in both prices and wages, which adds to the uncertainty that some feel.  Obviously, those who are more attentive to political and economic developments are in a stronger position to understand the changes that they are experiencing, and thus they are less vulnerable to the media campaign.

On July 11, paid operatives in Cuba put into place a plan of organizing protests of the government in what appears to have been five localities, three in Havana.  These evolved into collective acts of vandalism and violence, in which dozens of people participated.

In response to these events, Cuban President Miguel Díaz-Canel went to the site of one of the disturbances to converse with the protestors.  His presence prevented this particular protest from evolving to vandalism and violence; and his presence also stimulated the arrival of dozens of people committed to the revolution, so that, in effect, the revolutionaries had taken back control of the streets.

That same day, Díaz-Canel appeared on national television to explain these events to the people.  He concluded his intervention by calling upon the revolutionaries, led by the communists, to retake control of the streets.  The people forcefully responded to the call, and the revolutionaries put the affair to an end, not with the force of arms, but by the force of numbers.  The containment of the disturbances was aided by police, who applied a minimal amount of force to arrest those who were engaging in vandalism and violence.

Since Monday, July 12, Cuba has returned to tranquility and normalcy.  The people have been going to work and to the retail stores.  On Monday and Tuesday, one could see a higher number of police cars and other extra security measures, but by the end of the week even this extra vigilance subsided.  The week was marked by a high number of Cuban television news reports and news programs devoted to the events, including detailed explanation by Cuban leaders.  Numerous organizations of civil society organized events and issued declarations of support for the revolution and the government.  On Saturday, July 17 events of support of the revolution were held the principal plazas of all the capitals of the fourteen provinces; the counterrevolutionaries were nowhere to be seen.

The during the week following July 11, the international social media was full of an extraordinary number of distortions and fake news with respect to events in Cuba.  Images of supposed protests of the government on July 11 were actually demonstrations in other countries or previous demonstrations in Cuba calling for an end of the blockade.  There was even the claim that Raúl Castro had left the island, using an image of Raúl disembarking from a plane during an official state visit he of the low moral character of the enemies of the revolution made when he was head of state.  As these examples of fake news were discovered and analyzed by Cuban journalists, they were presented daily on Cuban television news during the week.  So that Cubans were becoming more fully aware.

In one of your articles, you mentioned a disinformation campaign targeting the Cuban government. Who is behind this manipulation?

According to Cuban news analysts, the principal agency has been USAID, which is part of the U.S. Department of State.  USAID generally operates out of U.S. embassies, but in the case of Cuba, it appears to be operating from Miami.

There is talk of the involvement of the Cuban mafia based in Florida in this unrest. What do you think?

The unconventional war serves the interests of the most conservative sector in the United States, including the Cuban-American mafia in Florida.  Trump openly met with representatives of that infamous group.  Inasmuch as Biden has not fulfilled his campaign promise to reevaluate the new sanctions imposed by Trump on Cuba, one suspects the influence of the Cuban-American mafia on the Biden administration.  However, Cuban news reporting has focused on a new generation of Cuban-American political operatives who use social media and who are on the payroll of USAID.

Sources mention the involvement of certain agencies linked to the CIA in these troubles. What is the role of the CIA in the recent events in Cuba?

Cuban news analysts make no mention of the CIA in relation to these events.

What about the Biden administration’s new roadmap to destabilize all of Latin America?

I think the Biden administration is carrying forward the unconventional war in Latin America, launched during the last two years of the Obama administration and intensified by Trump, which has targeted the four above-mentioned vanguard nations.  The purpose of the war is to break the process of Latin American integration and union, which was initiated by Hugo Chávez and Fidel Castro as the best road for the Latin American nations in defense of their sovereignty. 

It may appear that Obama’s gesture to normalize relations with Cuba was inconsistent with the unconventional war, but Obama’s project in relation to Cuba was imperialist.  The Obama administration recognized the advanced character of the socialist revolution in Cuba, which implied a special strategy, involving the seduction of Cuba alongside the intimidation and destruction of socialist projects in Venezuela and Nicaragua.  Of course, this special consideration for Cuba was abandoned by Trump, and the attack on Cuba was intensified.

There is a strain of imperialist thought that maintains that U.S. imperialist objectives should be especially carried forward with respect to Latin America, since the region is geographically adjacent, and it is the original terrain of the U.S. imperialist project; and since the United States no longer has the economic capacity to dominate the entire world.  Perhaps the Biden administration, at least at the present time, is oriented toward the intensification of the imperialist project in Latin America as the best strategy for defending U.S. imperialist interests in the context of the present global panorama.

Why did the US administration and its agencies choose this timing to try to destabilize Cuba?

Cuba is particularly vulnerable at this time, as a result of the cumulative effects of the intensification of the blockade during the last two years, the effect of the pandemic on its tourist industry and its economy in general, and the need to divert resources to confront the pandemic.  As Díaz-Canel said to the people, “They have decided it is now or never.”

What exactly is the role of the mainstream media linked to big capital in this vast campaign of destabilization of Cuba, Venezuela and all left-wing governments in Latin America?

The mainstream media routinely reproduces false assumptions about socialism that have been disseminated in U.S. political culture during the course of the twentieth century, especially since the launching of the Cold War following World War II.  Including: representative democracy is the only possible form of democracy; socialist governments are inherently tyrannical and inevitably violate political and civil rights; and socialist economies do not work.  In addition, the mainstream media gives regular space to conservative voices from Latin America; and it frequently spreads distortions and false information being disseminated in the social media. 

My country Algeria is the target of a destabilization campaign. Don’t you think that it is more than necessary to have a world anti-imperialist and anti-capitalist front?

Yes, a world anti-imperialist and anti-capitalist front is more necessary than ever, and in my view, the development of such a front is most advanced in Latin America.  However, in my view, to be the most effective, such a front has to include leftist organizations formed by the people of the United States.  And in order for this to happen, the left in the USA has to reinvent itself.  It has to formulate issues in ways that unify the people, rather than provoke divisions; and it has to be more respectful toward the religious and traditional views of common folk.  Moreover, it has to break from the ethnocentric isolation of U.S. political culture, in order to develop a greater understanding of global dynamics and of the movements and leaders of the Third World.  A more just, democratic, and sustainable world can only by developed by all of the peoples and movements working in cooperation and solidarity.

In your opinion, in order to thwart these imperialist and neo-colonialist destabilization campaigns, is it not necessary to win the battle of information? In this struggle, don’t alternative media have a great role to play?

Yes, it is necessary to win what Fidel called the “battle of ideas,” and the alternative media have a central role to play in this struggle.  In my view, the alternative media has to focus on popular education, on the fostering of historical and political consciousness among the people, and on the formulation of arguments that persuade.

The Cuban president has called on the people to resist this destabilization campaign. In your opinion, in the face of the ferocious neoliberal and imperialist offensive, does the world not need new leaders who carry the banner of the oppressed peoples?

The colonized peoples have forged anti-colonial revolutions for more than two centuries, beginning with the revolution led by Toussaint in Haiti.  I think of these revolutions as constituting a single Third World revolution of national liberation.  In this long revolutionary process, new leaders have always been emerging, leaders with high levels of moral commitment and exceptional understanding, formed by the particular struggles and conditions in their nations.  In the case of Cuba, exceptional leaders existed long before Fidel, and Fidel himself was formed by that historic struggle.  I believe that in these moments, Miguel Díaz-Canel is demonstrating that he possesses the necessary qualities of high moral commitment, a well-developed understanding of the factors that have shaped the current reality, and an intuitive sense of what needs to be done.

Why do you think the United States and the arrogant West keep giving lessons to the whole world about « democracy », « human rights », « freedom of expression », when this West is ruled by an oligarchic minority that plunders the wealth of the whole planet?

The Western oligarchic minority that plunders the planet has been able to construct a façade of democracy, thus obscuring their true role and their amoral character.  Intellectuals and leaders of the world have to expose that façade of democracy, as an important component of forging a world anti-imperialist and anti-capitalist front.

Final Comment.

I invite your readers to visit my twice-weekly Substack column, “Knowledge, ideology, and real socialism in our times,” which can be found at https://charlesmckelvey.substack.com

Commentaries of particular relevance the themes here addressed include:

“From colonialism to neocolonialism: Beyond the false ‘human rights’ frame of the representative democracies,” June 15, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/from-colonialism-to-neocolonialism

“Neocolonialism and Cuba:  The structures of a neocolonial republic,” June 18, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/neocolonialism-and-cuba

“Cuba and the neocolonial world-system:  An unseen, noble quest for sovereignty,” June 22, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/test

“Political and civil rights in Cuba: The politicization of the issue of human rights,” June 24, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/political-and-civil-rights-in-cuba

“The US unconventional war against Cuba: The revolutionary people quickly retake the streets of Cuba,” July 16, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/the-us-unconventional-war-against

Interview realized by Mohsen Abdelmoumen

Who is Dr. Charles McKelvey?

Charles McKelvey is Professor Emeritus at Presbyterian College in Clinton, South Carolina, USA, and member of the Advisory Council of the Honorary Section of Political Science from the South at the Faculty of Philosophy and History of the University of Havana, Havana, Cuba.

He obtained a B.A. in Religious Studies from Pennsylvania State University in 1969, an M.A. in Inner City Studies from Northeastern Illinois University in 1972, and a Ph.D. in Sociology from Fordham University in 1979. At Penn State, he encountered the student anti-war movement and the black power movement among black students. Charles McKelvey studied the work of Marx and various currents of Marxist thought, especially in the period of 1979 to 1990. He dedicated himself to the process of sustained encounter with the social movements: the Jesse Jackson Rainbow Coalition from 1988-90; the popular movement in Honduras from 1990 to 1998; and the Cuban revolutionary project from 1993 to the present.

Fulbright Scholar, he gone to Honduras, Central America, from August 1994 to June, 1995,

to conduct research on the problem of underdevelopment in Honduras and on the work of the Christian Commission for Development. In 1996, Dr. McKelvey founded the Center for Development Studies and served as Director until 2001. The Center for Development Studies was a non-profit organization whom the objectives included increasing understanding of Central America and the Caribbean by conducting programs that integrate academic work and travel experiences. It conducted programs in Cuba from 1997 to 2001, developed in cooperation with the Latin American Faculty of the Social Sciences (FLACSO-Cuba). College professors, graduate students and professionals from ten nations participated in its programs. Charles McKelvey conducted 11 educational programs in Cuba from 1996 to 2010. He formed Global Learning in 2011, a sole-member limited liability company dedicated to international education and the promotion of academic events in Cuba.

Having traveled extensively to Cuba since 1993, he has many contacts and relations in the Cuban sectors of higher education, culture, and tourism and is very familiar with the workings of the Cuban system.  An informed and passionate defender of the Cuban revolutionary project, he lives most of the year in Havana.

His book: The Evolution and Significance of the Cuban Revolution (2018) interprets the Cuban revolutionary movement from 1868 to 1959 as a continuous process that sought political independence and social and economic transformation of colonial and neocolonial structures. Cuba is a symbol of hope for the Third World. He wrote too:  The African American Movement: From Pan Africanism to the Rainbow Coalition and Beyond Ethnocentrism: A Reconstruction of Marx’s Concept of Science, as well as many articles.

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/07/29/interview-dr-charles-mckelvey-la-minorite-oligarchique-occidentale-a-reussi-a-construire-une-facade-de-democratie/

Dr Charles McKelvey : «La minorité oligarchique occidentale a construit une façade de démocratie»

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Dr. Charles McKelvey : « Le Venezuela est une menace pour le système  néocolonial mondial ». - Algérie Résistance II

Mohsen Abdelmoumen :  Que se passe-t-il réellement à Cuba ?

Charles McKelvey : Ce qui se passe à Cuba suit le scénario de ce que les analystes cubains ont appelé une « guerre non conventionnelle », c’est-à-dire une campagne aux multiples facettes qui vise à provoquer la chute du gouvernement. Les gouvernements visés sont ceux qui cherchent une voie souveraine vers une véritable indépendance, qui rejettent le rôle économiquement dépendant et politiquement subordonné que le système mondial néocolonial a assigné à leurs nations. Dans le cas de l’Amérique latine, la guerre non conventionnelle a éclaté en 2015, et les nations ciblées ont inclus Cuba, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua.  Les stratégies de la guerre non conventionnelle comprennent un blocus économique et financier, qui vise à créer des difficultés, et une campagne idéologique par le biais des médias sociaux et des médias grand public, avec l’intention de confondre le peuple, créant ainsi une division dans la nation ciblée, et établissant des justifications pour l’intervention américaine aux yeux du peuple des États-Unis. On suppose que le but ultime de la stratégie est de créer le chaos, la déstabilisation politique et l’ingouvernabilité, ou l’apparence d’une telle situation, afin d’établir un prétexte pour une occupation militaire directe. Cependant, en ce qui concerne l’Amérique latine, l’intervention militaire directe n’a pas eu lieu dans la guerre actuelle, du moins jusqu’à présent. Il se peut que la guerre n’ait pas atteint le niveau de déstabilisation prévu et/ou que l’establishment politique américain craigne que le peuple des États-Unis rejette une intervention militaire dans la région.

Dans le cas particulier de Cuba, on assiste depuis 2019 à une intensification du blocus économique qui dure depuis des décennies, illustrée par les 243 nouvelles mesures imposées par l’administration Trump, et non annulées par Biden. Ces mesures se concentrent sur le blocage des transactions financières cubaines avec des entreprises de pays tiers, permettant au gouvernement américain de menacer les banques et les entreprises de pays tiers d’amendes et de sanctions si elles commercent avec Cuba. Le gouvernement cubain a constaté qu’au cours des deux dernières années, certains de ses achats de nourriture, de pétrole, de matières premières pour son industrie pharmaceutique et de médicaments n’ont pu être livrés en raison de l’absence de services financiers pour finaliser les transactions. Il a également constaté que certains producteurs et expéditeurs ont annulé des accords antérieurs et que certains fournisseurs antérieurs ont indiqué qu’ils ne pouvaient plus poursuivre ces accords.

Les restrictions financières des deux dernières années, combinées à l’effet de la pandémie sur l’économie, ont créé des pénuries, qui se sont accumulées. Ces derniers mois, il y a eu de longues files d’attente pour les produits dans les magasins de détail ; et certains articles ne sont pas disponibles. Il n’y a pas de désespoir ou de faim ; c’est une situation à laquelle on peut s’adapter. Mais cette situation a engendré un certain mécontentement au sein de la population. 

La campagne sur les médias sociaux a tenté d’exploiter le mécontentement de la population.  Elle se concentre sur les difficultés, cherchant à présenter une image du gouvernement comme étant incapable de gérer l’économie. Les difficultés sont réelles, la campagne médiatique a donc un impact sur certains.  De plus, ces développements ont coïncidé avec d’importants changements dans le modèle économique cubain, impliquant une augmentation des prix et des salaires, ce qui ajoute à l’incertitude que certains ressentent.  Évidemment, ceux qui sont plus attentifs aux développements politiques et économiques sont plus à même de comprendre les changements qu’ils vivent, et sont donc moins vulnérables à la campagne médiatique.

Le 11 juillet, des agents payés à Cuba ont mis en place un plan d’organisation de protestations du gouvernement dans ce qui semble avoir été cinq localités, dont trois à La Havane.  Celles-ci se sont transformées en actes collectifs de vandalisme et de violence, auxquels des dizaines de personnes ont participé.

En réponse à ces événements, le président cubain Miguel Díaz-Canel s’est rendu sur les lieux de l’une des perturbations pour discuter avec les manifestants. Sa présence a permis d’éviter que cette manifestation ne dégénère en actes de vandalisme et de violence. Sa présence a également stimulé l’arrivée de dizaines de personnes engagées dans la révolution, de sorte que, dans les faits, les révolutionnaires ont repris le contrôle des rues.

Le même jour, Díaz-Canel est apparu à la télévision nationale pour expliquer ces événements à la population.  Il a conclu son intervention en appelant les révolutionnaires, menés par les communistes, à reprendre le contrôle des rues. Le peuple a répondu avec force à cet appel et les révolutionnaires ont mis fin à l’affaire, non pas par la force des armes, mais par la force du nombre. L’endiguement des troubles a été facilité par la police, qui a utilisé une force minimale pour arrêter ceux qui se livraient au vandalisme et à la violence.

Depuis le lundi 12 juillet, Cuba a retrouvé la tranquillité et la normalité. Les gens sont allés au travail et dans les magasins de détail. Lundi et mardi, on pouvait voir un nombre plus élevé de voitures de police et d’autres mesures de sécurité supplémentaires, mais à la fin de la semaine, même cette vigilance supplémentaire s’est atténuée. La semaine a été marquée par un nombre élevé de reportages et d’émissions d’information de la télévision cubaine consacrés aux événements, y compris des explications détaillées des dirigeants cubains. De nombreuses organisations de la société civile ont organisé des événements et publié des déclarations de soutien à la révolution et au gouvernement. Le samedi 17 juillet, des manifestations de soutien à la révolution ont eu lieu sur les principales places de toutes les capitales des quatorze provinces ; les contre-révolutionnaires n’étaient nulle part visibles.

Au cours de la semaine qui a suivi le 11 juillet, les médias sociaux internationaux ont été remplis d’un nombre extraordinaire de déformations et de fake news concernant les événements à Cuba. Des images de prétendues protestations contre le gouvernement le 11 juillet étaient en fait des manifestations dans d’autres pays ou des manifestations antérieures à Cuba demandant la fin du blocus. On a même prétendu que Raúl Castro avait quitté l’île, en utilisant une image de Raúl débarquant d’un avion lors d’une visite officielle qu’il avait effectuée lorsqu’il était chef d’État. Au fur et à mesure que ces exemples de fake news étaient découverts et analysés par les journalistes cubains, ils étaient présentés quotidiennement dans les journaux télévisés cubains pendant la semaine. Ainsi, les Cubains étaient de plus en plus conscients de la piètre moralité des ennemis de la révolution.

Dans un de vos articles, vous avez évoqué une campagne de désinformation qui cible le gouvernement cubain. Qui est derrière cette manipulation ?

Selon les analystes de l’information cubains, la principale agence est l’USAID, qui fait partie du Département d’État américain.  L’USAID opère généralement à partir des ambassades américaines, mais dans le cas de Cuba, elle semble opérer depuis Miami.

On évoque l’implication de la mafia cubaine basée en Floride dans ces troubles. Qu’en pensez-vous ?

Cette guerre non conventionnelle sert les intérêts du secteur le plus conservateur des États-Unis, notamment la mafia cubano-américaine de Floride. Trump a ouvertement rencontré des représentants de ce groupe infâme. Dans la mesure où Biden n’a pas tenu sa promesse de campagne de réexaminer les nouvelles sanctions imposées par Trump à Cuba, on soupçonne l’influence de la mafia cubano-américaine sur l’administration Biden. Cependant, les reportages cubains se sont concentrés sur une nouvelle génération d’agents politiques cubano-américains qui utilisent les médias sociaux et qui sont à la solde de l’USAID.

Des sources évoquent l’implication de certaines officines liées à la CIA dans ces troubles. Quel est le rôle de la CIA dans les récents évènements à Cuba ?

Les analystes de l’information cubains ne font aucune mention de la CIA en relation avec ces événements.

Qu’en est-il de la nouvelle feuille de route de l’administration Biden qui veut déstabiliser toute l’Amérique latine ?

Je pense que l’administration Biden poursuit la guerre non conventionnelle en Amérique latine, lancée au cours des deux dernières années de l’administration Obama et intensifiée par Trump, qui a visé les quatre nations d’avant-garde susmentionnées. L’objectif de cette guerre est de briser le processus d’intégration et d’union latino-américaine, qui a été initié par Hugo Chávez et Fidel Castro comme la meilleure voie pour les nations latino-américaines dans la défense de leur souveraineté.

Il peut sembler que le geste d’Obama de normaliser les relations avec Cuba soit incompatible avec la guerre non conventionnelle, mais le projet d’Obama par rapport à Cuba était impérialiste. L’administration Obama a reconnu le caractère avancé de la révolution socialiste à Cuba, ce qui impliquait une stratégie spéciale, impliquant la séduction de Cuba parallèlement à l’intimidation et à la destruction des projets socialistes au Venezuela et au Nicaragua. Bien entendu, cette considération spéciale pour Cuba a été abandonnée par Trump, et l’attaque contre Cuba s’est intensifiée.

Il existe un courant de pensée impérialiste qui soutient que les objectifs impérialistes américains doivent être poursuivis en particulier en ce qui concerne l’Amérique latine, puisque la région est géographiquement adjacente, qu’elle est le terrain d’origine du projet impérialiste américain et que les États-Unis n’ont plus la capacité économique de dominer le monde entier. Peut-être que l’administration Biden, du moins à l’heure actuelle, est orientée vers l’intensification du projet impérialiste en Amérique latine comme la meilleure stratégie pour défendre les intérêts impérialistes américains dans le contexte du panorama mondial actuel.

Pourquoi l’administration américaine et ses officines ont-elles choisi ce timing pour tenter de déstabiliser Cuba ?

Cuba est particulièrement vulnérable en ce moment, en raison des effets cumulés de l’intensification du blocus au cours des deux dernières années, de l’effet de la pandémie sur son industrie touristique et son économie en général, et de la nécessité de détourner des ressources pour faire face à la pandémie.  Comme l’a dit Díaz-Canel au peuple, « ils ont décidé que c’était maintenant ou jamais ».

Quel est le rôle exact des médias mainstream liés au grand capital dans cette vaste campagne de déstabilisation de Cuba, du Venezuela et de tous les gouvernements de gauche en Amérique latine ?

Les médias grand public reproduisent régulièrement les fausses hypothèses sur le socialisme qui ont été diffusées dans la culture politique américaine au cours du vingtième siècle, en particulier depuis le lancement de la guerre froide après la Seconde Guerre mondiale.  Notamment : la démocratie représentative est la seule forme possible de démocratie ; les gouvernements socialistes sont intrinsèquement tyranniques et violent inévitablement les droits politiques et civils ; et les économies socialistes ne fonctionnent pas.  En outre, les grands médias accordent régulièrement de l’espace aux voix conservatrices d’Amérique latine ; et ils diffusent fréquemment des distorsions et de fausses informations dans les médias sociaux.

Mon pays l’Algérie est la cible d’une campagne de déstabilisation. Ne pensez-vous pas qu’il est plus que nécessaire d’avoir un front mondial anti impérialiste et anti capitaliste ?

Oui, un front mondial anti-impérialiste et anticapitaliste est plus nécessaire que jamais, et à mon avis, le développement d’un tel front est le plus avancé en Amérique latine.  Cependant, à mon avis, pour être le plus efficace, un tel front doit inclure des organisations de gauche formées par le peuple des États-Unis. Et pour que cela se produise, la gauche américaine doit se réinventer. Elle doit formuler les problèmes de manière à unifier le peuple, plutôt que de provoquer des divisions ; et elle doit être plus respectueuse des opinions religieuses et traditionnelles des gens ordinaires. En outre, elle doit rompre avec l’isolement ethnocentrique de la culture politique américaine, afin de développer une meilleure compréhension des dynamiques mondiales et des mouvements et dirigeants du tiers monde. Un monde plus juste, démocratique et durable ne peut être développé que par l’ensemble des peuples et des mouvements travaillant en coopération et en solidarité.

A votre avis, pour déjouer ces campagnes de déstabilisation impérialistes et néocolonialistes, ne faut-il pas gagner la bataille de l’information ? Dans cette lutte, les médias alternatifs n’ont-ils pas un grand rôle à jouer ?

Oui, il est nécessaire de gagner ce que Fidel appelait la « bataille des idées », et les médias alternatifs ont un rôle central à jouer dans cette lutte. Selon moi, les médias alternatifs doivent se concentrer sur l’éducation populaire, sur le développement d’une conscience historique et politique au sein de la population, et sur la formulation d’arguments qui persuadent.

Le président cubain a appelé le peuple à résister contre cette campagne de déstabilisation. D’après vous, face à l’offensive féroce néolibérale et impérialiste, le monde n’a-t-il besoin de nouveaux leaders qui portent l’étendard des peuples opprimés ?

Les peuples colonisés ont forgé des révolutions anticoloniales depuis plus de deux siècles, à commencer par la révolution menée par Toussaint en Haïti. Je considère ces révolutions comme constituant une seule et même révolution de libération nationale du Tiers monde.  Dans ce long processus révolutionnaire, de nouveaux leaders ont toujours émergé, des leaders avec des niveaux élevés d’engagement moral et une compréhension exceptionnelle, formés par les luttes et les conditions particulières de leurs nations. Dans le cas de Cuba, des leaders exceptionnels existaient bien avant Fidel, et Fidel lui-même a été formé par cette lutte historique. Je crois qu’en ce moment, Miguel Díaz-Canel démontre qu’il possède les qualités nécessaires d’un engagement moral élevé, une compréhension bien développée des facteurs qui ont façonné la réalité actuelle et un sens intuitif de ce qui doit être fait.

A votre avis, pourquoi les Etats-Unis et l’Occident arrogants ne cessent-ils pas de donner des leçons au monde entier de « démocratie », de « droits de l’homme », de « liberté d’expression », alors que cet Occident est dirigé par une minorité oligarchique qui pille les richesses de toute la planète ?

La minorité oligarchique occidentale qui pille la planète a réussi à construire une façade de démocratie, masquant ainsi son véritable rôle et son caractère amoral.  Les intellectuels et les dirigeants du monde entier doivent démasquer cette façade démocratique, en tant que composante importante de la création d’un front mondial anti-impérialiste et anticapitaliste.

Un dernier commentaire.

J’invite vos lecteurs à consulter ma chronique bihebdomadaire Substack, « Connaissance, idéologie et socialisme réel à notre époque », qui se trouve à l’adresse suivante : https://charlesmckelvey.substack.com.

Parmi les commentaires particulièrement pertinents pour les thèmes abordés ici, on peut citer :

“From colonialism to neocolonialism: Beyond the false ‘human rights’ frame of the representative democracies,” June 15, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/from-colonialism-to-neocolonialism

“Neocolonialism and Cuba:  The structures of a neocolonial republic,” June 18, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/neocolonialism-and-cuba

“Cuba and the neocolonial world-system:  An unseen, noble quest for sovereignty,” June 22, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/test

“Political and civil rights in Cuba: The politicization of the issue of human rights,” June 24, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/political-and-civil-rights-in-cuba

“The US unconventional war against Cuba: The revolutionary people quickly retake the streets of Cuba,” July 16, 2021

https://charlesmckelvey.substack.com/p/the-us-unconventional-war-against

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est le Dr. Charles McKelvey ?

Charles McKelvey est professeur émérite au Presbyterian College de Clinton, Caroline du Sud, États-Unis, et membre du Conseil consultatif de la Section honoraire de sciences politiques du Sud de la Faculté de philosophie et d’histoire de l’Université de La Havane, La Havane, Cuba.

Il a obtenu un baccalauréat en études religieuses de la Pennsylvania State University en 1969, une maîtrise en études des centres-villes de la Northeastern Illinois University en 1972 et un doctorat en sociologie de la Fordham University en 1979. À Penn State, il a rencontré le mouvement étudiant anti-guerre et le mouvement Black Power parmi les étudiants noirs. Charles McKelvey a étudié l’œuvre de Marx et divers courants de la pensée marxiste, en particulier entre 1979 et 1990. Il s’est consacré au processus de rencontre soutenue avec les mouvements sociaux : la Jesse Jackson Rainbow Coalition de 1988 à 1990 ; le mouvement populaire au Honduras de 1990 à 1998 ; et le projet révolutionnaire cubain de 1993 à nos jours.

Boursier Fulbright, Charles McKelvey s’est rendu au Honduras, en Amérique centrale, d’août 1994 à juin 1995, pour mener des recherches sur le problème du sous-développement au Honduras et sur le travail de la Commission chrétienne pour le Développement. En 1996, le Dr. McKelvey a fondé le Center for Development Studies dont il a été directeur jusqu’en 2001. Le Centre d’études était un organisme sans but lucratif dont les objectifs étaient d’accroître la compréhension de l’Amérique centrale et des Caraïbes en menant des programmes qui intègrent le travail universitaire et les expériences de voyage. Il a mené des programmes à Cuba de 1997 à 2001, développés en coopération avec la Faculté latino-américaine des sciences sociales (FLACSO-Cuba). Des professeurs d’université, des étudiants diplômés et des professionnels de dix pays ont participé à ses programmes. Le Dr. McKelvey a dirigé 11 programmes éducatifs à Cuba de 1996 à 2010. En 2011, il a créé Global Learning, une société à responsabilité limitée à un seul membre, dédiée à l’éducation internationale et à la promotion d’événements académiques à Cuba.

Ayant beaucoup voyagé à Cuba depuis 1993, il a de nombreux contacts et relations dans les secteurs cubains de l’enseignement supérieur, de la culture et du tourisme et connaît bien le fonctionnement du système cubain. Défenseur informé et passionné du projet révolutionnaire cubain, il vit la majeure partie de l’année à La Havane.

Son livre The Evolution and Significance of the Cuban Revolution (2018) interprète le mouvement révolutionnaire cubain de 1868 à 1959 comme un processus continu qui visait l’indépendance politique et la transformation sociale et économique des structures coloniales et néocoloniales. Cuba est un symbole d’espoir pour le tiers monde. Il a aussi écrit : The African American Movement: From Pan Africanism to the Rainbow Coalition; Beyond Ethnocentrism: A Reconstruction of Marx’s Concept of Science, ainsi que de nombreux articles.

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/07/29/interview-dr-charles-mckelvey-la-minorite-oligarchique-occidentale-a-reussi-a-construire-une-facade-de-democratie/

Ma réponse au représentant du Maroc aux Nations unies

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OH Maroc

Omar Hilale. D. R.

L’agression de l’ambassadeur du Maroc à l’ONU qui a exhibé une carte de l’Algérie amputée d’une région de notre pays est un évènement très grave qui mérite une mise au point cinglante. Je pense qu’un petit cours d’Histoire s’impose et je rappellerai donc aux représentants de la narco-monarchie grotesque du Maroc ce qu’ils représentent dans l’histoire et ce que nous, les Algériens, avons été dans le passé et ce que nous sommes aujourd’hui. On pourrait, par exemple, commencer en se basant sur un livre très intéressant du Professeur Mafhoud Ferrroukhi « Nos ancêtres les rois numides » qui retrace le parcours de ces grands rois qui ont marqué la civilisation méditerranéenne par leur bravoure et leur culture. Je citerai Syphax qui a régné de 215 à 203 av. J.C. et dont la vie a été retracée par Tite-Live, je citerai aussi Massinissa, Micipsa, Gulussa, Mastanabal, Hiempsal Ier, Adherbal, Jugurtha, Gauda, Hiarbas, Hiempsal II, Juba Ier… Je conseille cet ouvrage basé sur des faits scientifiques à tous les Algériens. Nous connaissons bien le charlatanisme du Makhzen marocain et ses mensonges. L’ambassadeur marocain ignore probablement que ces grands rois frappaient monnaie deux siècles avant J.C. et possédaient une armée, c’est-à-dire que nous étions déjà un Etat. Faut-il rappeler que l’Algérie est la terre de l’homme premier comme le prouve la découverte récente qui a été faite à Aïn Boucherit près de Sétif ? Des archéologues ont en effet découvert des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d’années, ce qui remet en question les origines de l’humanité en Afrique de l’est. Et je ne parlerai pas des peintures rupestres de Tassili dans le Hoggar qui datent de 10 000 ans.

Personnellement, j’aurais aimé une réponse plus forte de la part du gouvernement algérien devant cette grave attaque du Maroc via son ambassadeur à l’ONU, à savoir l’expulsion de l’ambassadeur marocain en Algérie, la rupture des relations diplomatiques avec ce pays et le renvoi de tous les Marocains sans papiers qui vivent en Algérie, qui travaillent chez nous et qui envoient l’argent au Maroc. Le chiffre dépasse les 850 000 ressortissants marocains et parmi cette immigration, on trouve de nombreux agents du Makhzen. Bien que nous fassions confiance à nos services de sécurité qui gèrent au mieux ce flux migratoire avec tout ce qu’il représente comme danger sécuritaire, nous réclamons le départ de tous les Marocains sans papiers, en conformité avec le droit international, vu que ce pays agit comme un ennemi. D’ailleurs, nous n’oublions pas la déclaration du consul marocain à Oran qui a déclaré que l’Algérie était un pays ennemi. Nous subissons une véritable guerre à tous les niveaux de la part de ce voisin qui ne lésine sur aucun moyen pour nuire à l’Algérie en soutenant les organisations terroristes du MAK et de Rachad, comme il a soutenu dans les années 1990 les terroristes du GIA.

Depuis Jugurtha qui a été trahi par Bocchus jusqu’au fameux détournement de l’avion du FLN dans lequel le roi du Maroc a joué un rôle prépondérant, en passant par la trahison de l’émir Abdelkader par un sultan de pacotille, nous avons subi tellement de trahisons de ce pays que nous n’arrivons plus à les compter. Néanmoins, venir aujourd’hui jouer le porte-parole du MAK à l’ONU, cela dépasse tous les entendements. Nous rappelons que le MAK ne représente même pas 5 % de la population de la Kabylie et qu’il ne pourrait pas organiser une manifestation où il y aurait au moins 100 000 personnes. L’organisation terroriste du MAK comme celle de Rachad, toutes deux soutenues et financées par le Makhzen, ne représentent rien pour le peuple algérien. Donc, avant d’ouvrir vos clapets, faites vos ablutions et rincez-vous la bouche plusieurs fois avant de parler de la République algérienne démocratique et populaire qui est née d’une révolution et qui a donné une leçon de courage à l’humanité entière. Le Maroc quant à lui est une entité élaborée par le général français Lyautey qui a créé votre drapeau et votre hymne national. Au moment où le peuple algérien et sa glorieuse ALN arrachaient notre indépendance au prix du sang, les Marocains se prosternaient devant les Espagnols et les Français, acceptant d’être ligotés par les accords d’Aix-les-Bains qui précisent que, par ces accords, le Maroc accède au « statut d’État indépendant, uni à la France par les liens permanents d’une interdépendance librement consentie et définie. » Cette phrase se passe de commentaire. Les Espagnols, quant à eux, occupent toutes les îles et le littoral du Maroc. Libérez d’abord votre pays avant d’exhiber une carte mensongère de l’Algérie !

J’ai lu et cherché en vain, je n’ai trouvé que du vent à propos du Maroc. C’est un pays construit sur le mensonge, le pillage, l’oppression et le sang du peuple sahraoui. Son obséquiosité envers les Espagnols et les Français et maintenant Israël est particulièrement répugnante. Ce royaume est devenu la plaque tournante de la pédophilie, de la prostitution et du trafic de drogue. Si nous, les Algériens, avons connu une longue histoire avec des personnages épiques, aucun de ceux qui ont marqué l’histoire de l’Afrique du nord n’est né au Maroc. Généralement, ils provenaient d’Algérie. Je prends quelques exemples : Tariq ibn Ziyad, la reine Dihya, Koceïla, sans parler de mes ancêtres les Almohades et du roi Abdelmoumen. Historiquement parlant, le Maroc n’a laissé aucune trace dans le passé à part deux entités microscopiques : les sultanats de Fès et de Marrakech. Nous, nous avions un Etat. Le royaume de Numidie sous Massinissa en 202 av. J.C. avait pratiquement les mêmes frontières que l’Algérie actuelle. Le Maroc ? Il n’existait pas. Je conseille aux Marocains d’arrêter de fumer leur shit et de cesser de prendre leurs rêves pour des réalités. Ce n’est pas parce que vous avez placé un agent du Makhzen au Parlement algérien que vous avez les clés de l’Algérie. L’Algérie est forte par son armée, son peuple et aussi par ses alliances stratégiques avec la Russie et la Chine. Sur le plan militaire, nous pouvons balayer le Maroc en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Ce bref tour d’horizon pour témoigner que l’Algérie est plus grande et plus puissante que vous et je suis fier d’appartenir à un pays à l’Histoire glorieuse. Et ce ne sont pas les croassements de l’ambassadeur d’un pays insignifiant qui vont changer quoi que ce soit à cette histoire. Tous les Algériens savent que le fait que nous ayons une grande armée vous dérange au plus haut point, vous et vos maîtres français, israéliens, etc. Sachez que l’Algérie résistera à toutes vos manœuvres et à vos attaques comme elle a résisté pendant des milliers d’années. Rien ni personne ne l’ébranlera.

Mohsen Abdelmoumen

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/07/19/ma-reponse-au-representant-du-maroc-aux-nations-unies/

Le veilleur de nuit indicateur du Makhzen devenu député au Parlement algérien

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Lamara Makhzen
Parmi les députés reçus par Lamamra, l’un travaille pour le Maroc. D. R.

Quelle horreur ! Quand l’une de mes sources m’a envoyé cette photo du ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire posant à côté d’un espion du Makhzen, un personnage vulgaire et de piètre envergure dont j’ai parlé dans mon précédent article, ce fut un choc immense pour moi. De toutes les compétences algériennes établies à l’étranger, c’est ce gougnafier qui est devenu député et la présence de cet énergumène de Brahim D. aux côtés de Lamamra est une insulte à la diplomatie algérienne. Je me suis posé bien des questions et je n’ai guère eu de réponse. Pourquoi Syphax a-t-il été trahi ? Pourquoi Takfarinas a-t-il guerroyé si vaillamment ? Pourquoi Jugurtha nous a-t-il enseigné la bravoure ? Nos illustres ancêtres étaient des personnages épiques. J’ai cherché d’autres traces de courage et de dignité et j’ai vu le sourire de Ben M’hidi, le regard d’El-Mokrani, la fierté d’Abdelkader, l’héroïsme de Fatma N’soumer. Et tant d’autres.

Nous avons tenu tête à tous les empires coloniaux, aux généraux romains, turcs, français, tous assoiffés de notre sang et de nos richesses, venus, paraît-il, «civiliser» la terre de l’homme premier. Quand nous frappions monnaie, les Français vivaient dans des huttes et ce sont ces égorgeurs qui sont venus nous donner des leçons de civilisation à coups d’enfumades. Pourtant, nous les avons chassés de chez nous en portant l’étendard des peuples opprimés de la Terre. Et ce fut l’Algérie belle et rebelle, la Mecque des révolutionnaires, aimée par le général Giap, par Ho Chi Min, par Castro, par Che Guevara, par Tito, par Mandela, par Lumumba, par Amilcar Cabral, par tant d’hommes libres, camarades et frères d’armes. Les guérilleros d’Amérique latine, tous les révolutionnaires de la planète se sont inspirés de la Révolution algérienne.

Je me suis posé tellement de fois la question : pourquoi les braves sont-ils trahis, pourquoi le courage côtoie-t-il la lâcheté ? Comment un personnage comme Brahim D. est-il devenu député sous la bannière MSP des Frères musulmans algériens de Mokri, lequel ne nous a jamais expliqué pourquoi il avait passé une année dans un asile psychiatrique en 1992 ? Les Frères musulmans dans toute leur splendeur, entre djihadisme et vol au-dessus d’un nid de coucou.

Ce petit cancre de Brahim D. a gravi tous les échelons, de gardien de nuit, il est devenu parlementaire. Il a manigancé, manœuvré, louvoyé jusqu’à trahir sa propre communauté en livrant les bases de données du consulat général d’Algérie de Bruxelles au Makhzen marocain. Pour cet «exploit», au lieu d’être en prison, il a reçu 30 000 euros d’indemnités de départ du consulat général et, cerise sur le gâteau, il siège désormais au Palais de Zighout-Youcef. J’ai vu nos martyrs se retourner dans leur tombe. Tous ceux qui sont morts pour le drapeau algérien, je les ai entendus me crier ce texte d’outre-tombe. Mes ancêtres m’interpellent : mon grand-père massacré par les paras français et mes ancêtres tombés à la prise de Constantine, tous ont donné leur vie pour l’Algérie et pour l’honneur.

Que vois-je aujourd’hui ? Un vulgaire espion du Makhzen qui transportait jadis du ciment sur son dos pour gagner quelques sous est devenu parlementaire. Qu’est-il donc arrivé à l’Algérie ? Ma chère patrie, qu’ont-ils fait de toi ? J’ai encore mal à ma patrie, comme au temps de Bouteflika l’infâme. Pour quelles raisons devons-nous subir ces humiliations incessantes ? Sommes-nous maudits pour mériter ces calamités successives ? J’ai tant écrit, à quoi cela a-t-il servi ? Nous allons de trahison en trahison et nous n’en voyons pas le bout. Ce misérable individu de Brahim D. a souillé notre représentation diplomatique à l’étranger, il a trahi notre patrie et, au lieu de le juger pour les crimes qu’il a commis, il parade auprès du ministre Lamamra et à l’Assemblée. Pourtant, mes sources ainsi que moi-même sommes prêts à témoigner contre lui en fournissant toutes les preuves. Nous l’attendons de pied ferme devant la justice.

Par ailleurs, je sais qu’il est impliqué dans mon procès contre Rachad et qu’on ne me dise pas qu’il s’agit d’une affaire personnelle car je n’ai aucun litige avec ce triste sire. C’est donc ça l’Algérie nouvelle ? Qu’a-t-elle donc de neuf par rapport à celle de la fratrie Bouteflika ? Je ne vois pas de différence. Les lâches et les traîtres sont récompensés et prospèrent, et les patriotes trinquent en se consumant à petit feu dans une amertume sans fin. Ils subissent l’exil ou la prison et portent la braise du martyre de nos ancêtres. Des symboles de l’Algérie sont traînés dans la boue et des traîtres sont couronnés. Oui, les mots sont vains pour évoquer le courage et le sacrifice des patriotes algériens à travers le temps. Nous n’oublions pas ceux qui sont morts face au terrorisme islamiste, certains d’entre eux vivaient dans des conditions très dures. Ils ne se battaient pas pour des biens et des privilèges, ils se battaient pour une idée : l’Algérie de Novembre. La terre de ma patrie a vu ses braves broyés pour récolter du fumier, car de l’Algérie des martyrs à l’Algérie de Brahim D., le chemin est bien long.

J’aimerais bien savoir ce que l’APN va proposer à cette vermine comme commission : les relations d’amitié avec le Makhzen ? A la Mamounia, on doit sabrer le champagne. Car quelle image ces gens donnent-ils de l’Algérie ? Ils ont fait de l’Algérie un cabaret, et c’est le Makhzen qui doit bien rigoler en voyant son espion à l’Assemblée.

J’écris ce texte car je refuse de me taire au moment où tout le monde détourne les yeux de cette affaire, comme de tant d’autres affaires répugnantes qui ont nui à notre pays. Malheureusement, la corruption et la trahison se sont banalisées chez nous. C’est, hélas, le legs de la fratrie Bouteflika et je me demande quand nous pourrons nous en débarrasser définitivement. La trajectoire de ce Brahim D. avec ses lâchetés et ses félonies est l’antithèse de l’Algérie de Novembre et la place de ce scélérat n’est pas dans quelqu’assemblée ou administration que ce soit mais en prison.

Je ne le dirai pas assez, le sourire de Ben M’hidi triomphera de toutes vos trahisons.

Mohsen Abdelmoumen

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/07/13/le-veilleur-de-nuit-indicateur-du-makhzen-devenu-depute-au-parlement-algerien/

Le journaliste Lakhdar Ferrat : «Les islamistes sont un vrai danger pour l’Algérie»

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dhina Ferrat

Rachad est «un département des affaires extérieures des partis islamistes en Algérie». Sur la photo Mourad Dhina. D.R

Mohsen Abdelmoumen : Comment évaluez-vous le règne de Bouteflika ?

Lakhdar Ferrat : Le règne de Bouteflika été l’un des plus désastreux pour l’Algérie depuis son indépendance. Il s’est caractérisé par un manque total de projet de société, de cap vers l’avenir pour le pays. L’Algérie a été gérée comme on gère un grand casino. J’ai toujours milité pour mettre fin à cette méthode de gérer un pays, en 2014 j’ai demandé la destitution de Bouteflika pour arrêter la catastrophe avant qu’il ne soit trop tard. Le monde entier voit aujourd’hui dans quelle situation se trouve l’Algérie issue du règne de Bouteflika. La société d’aujourd’hui est le fruit de sa politique, on cherche toujours à s’enrichir sans effort. Il a produit les personnes les plus viles dans tous les domaines, que ce soit au niveau politique, économique ou social, des personnes qui ne cherchent qu’à s’accrocher dans des postes pour se servir. Le courant islamiste, sous le règne de Bouteflika, et même avec le président Tebboune, s’est fortifié politiquement et matériellement ; il a renforcé ses alliances internationales et trouve dans la Turquie un protecteur inespéré. Cette mouvance supranationale reste toujours un danger majeur pour la stabilité de l’Algérie.

Je considère, et je l’ai toujours dit, que ce bilan désastreux de Bouteflika doit être partagé avec les personnes qui l’ont ramené et imposé à la société algérienne.

Actuellement, nous subissons toujours cette gestion catastrophique d’autant plus qu’il n’y aucune volonté de sortir le pays de cette phase. On continue dans le même sillage et l’on gère avec les mêmes personnes qui sont à l’origine de ce K.-O. produit par le système Bouteflika. Dans un pays normal, on ferait le bilan de cette mauvaise gestion et on prendrait un nouveau cap en rupture totale avec les méthodes et les hommes qui ont été avec l’ancien système. Or, ce n’est pas ce que je vois actuellement.

Aujourd’hui, on pousse vers l’islamisation du pouvoir alors que les islamistes ont été le bras droit du système corrompu que Bouteflika a installé, donc on fait fausse route encore une fois et ce sera plus dommageable encore que la voie prise par Bouteflika, car les islamistes n’ont rien à offrir au pays, sauf quelques vieilleries dépassées créées par les islamistes égyptiens au début du siècle.

Nous sommes dans une démarche de compilation des problèmes qui sont entassés les uns sur les autres au lieu de faire face et d’assainir pour démarrer une nouvelle politique à l’opposé de ce qu’a fait Bouteflika, lequel, j’espère, sera jugé pour ses actes.

Vous êtes un des rares à avoir écrit une série d’articles dans le journal Al-Fadjr sur les Frères musulmans et leur entrisme en Algérie. D’après vous, comment peut-on lutter efficacement contre l’idéologie mortifère des Frères musulmans ?

Les islamistes restent un vrai danger pour l’Algérie. Ils ne peuvent rien apporter à la société algérienne, ils n’ont pas d’idées, que ce soit au niveau politique, religieux ou économique. Ils ressassent les idées produites ailleurs déjà expérimentés et qui ont échoué. Ils ne permettent même pas au pays d’éviter des expériences déjà faites, comme cette bêtise du crédit hallal inventé d’ailleurs par une banque suisse, et qui n’est qu’un système de leasing connu et reconnu. Les islamistes algériens, connus pour être les plus incultes et les plus extrémistes de la planète, n’apporteront rien de bon à notre pays. Leur donner le pouvoir serait une grave erreur politique car il suffit de regarder dans d’autres pays pour tirer les conclusions de leur règne, par exemple au Soudan avec Al-Bachir, en Turquie avec Erdogan, en Libye, en Afghanistan, et Daech, l’émirat qui les représente à merveille comme le prouvent les emails d’Hillary Clinton, etc.

On voit clairement l’alliance entre Bouteflika et les islamistes dans l’article de loi de la honte, soit le 144 bis qui a instauré le dogme wahhabite, bizarrement activé par l’actuel président, Tebboune. Cet article porte les germes d’une vraie guerre civile en Algérie puisqu’il concerne plusieurs rites religieux : malékite, ibadite, ismaélite. L’article 144 bis tel qu’il a été conçu constitue la plus grande dérive religieuse connue dans notre pays. Il est une tentative claire des islamistes d’imposer leurs rites salafistes et wahhabites à toute la société algérienne. Encore une preuve du danger que représente cette secte islamiste. L’Algérie n’est pas wahhabite et pourtant un salafiste wahhabite a fait condamner un musulman algérien à de la prison ferme sous le regard d’un Président qui se voit en arbitre dans un pays miné de partout.

Selon la jurisprudence du prononcé du jugement en référence à l’article 144 bis, tous les Mozabites sont passibles de la prison puisque leur rite religieux ne reconnaît que quinze hadiths, donc ils sont en porte-à-faux avec cet article de loi qui fait d’eux des mécréants. J’ai personnellement adressé une lettre ouverte au président Tebboune pour lui demander d’annuler ce dangereux article qui mine la stabilité du pays. Voilà ce que peuvent apporter les islamistes : que des divisions et du danger sur la stabilité du pays.

J’ai, par ailleurs, appris qu’ils ont commencé à créer des camps où sont rassemblés des jeunes hommes ou des jeunes filles qui se retrouvent pendant un mois dans une villa sous prétexte d’apprendre le Coran. Comme si les millions de mosquées ne suffisent plus ! Il s’agit d’une forme d’organisation pour créer des adeptes extrémistes du Coran et ça va déboucher sur du terrorisme à un moment donné.

La violence fait partie intégrante de la mouvance islamiste. Leur donner le pouvoir équivaut à se suicider et à détruire un pays stratégique dans la zone sud de l’Europe. Aujourd’hui, le monde entier est conscient du danger que représentent les islamistes sauf Tebboune, qui les considère comme fréquentables, comme si les 250 000 Algériens tués s’étaient suicidés et n’avaient pas été assassinés par les islamistes du GIA, du MIA, du FIS et de l’AIS.

Ce qui me choque dans cette orientation, c’est que l’Algérie tourne en rond et ne prend pas la mesure du changement qui se déroule autour d’elle. Ainsi, l’Arabie Saoudite a abandonné le rite wahhabite et entamé des réformes religieuses audacieuses jamais égalées dans l’histoire de l’islam et dont l’Algérie devrait s’inspirer pour opérer une grande réforme qui doit nous débarrasser de cette mouvance. Aujourd’hui, ils sont bannis dans leur fief et l’Arabie Saoudite va bientôt devenir un pays laïc et l’Algérie fonce tête baissée tout droit vers un émirat de Daech ou un appendice de la Turquie, ce nouveau califat autoproclamé. Il me semble que nous faisons fausse route et que nous allons vers une perte de temps préjudiciable pour l’Algérie.

Comment expliquez-vous le jeu trouble de la Turquie d’Erdogan en Algérie ?

La Turquie, comme tous les Etats, cherche à défendre ses intérêts. Elle a mis en place une politique de reconquête de ses anciennes colonies de l’ère ottomane et elle a appelé cette politique le «néo-ottomanisme». Les déclarations du président Erdogan sont là pour confirmer cette politique néocoloniale de la Turquie qui considère donc l’Algérie et d’autres pays qui ont été sous domination ottomane comme un bien perdu qu’il faut récupérer avec tous les moyens militaires comme en Syrie, en Irak, et en Lybie, ou politiques pour l’instant comme en Algérie et en Tunisie. Sa politique néocoloniale l’a menée à créer une armée de janissaires dont une grande partie est stationnée en Libye et qui menace la stabilité de la région. Je n’ai lu aucune déclaration faite par des islamistes en Algérie ou en Tunisie qui marquerait leur inquiétude par rapport à cette masse de terroristes stationnés en Libye. Bien sûr, ce sont des valets de cette nouvelle croisade contre l’Algérie et les pays du Maghreb.

La politique turque est expliquée par les politiques turcs eux-mêmes, Erdogan en tête, et est parfois défendue dans certains médias officiels algériens. C’est honteux.

Erdogan n’est-il pas un danger pour l’Algérie ? D’après vous, existe-t-il un plan pour déstabiliser l’Algérie conçu par Erdogan ?

Reconquérir l’Algérie considérée comme pays ottoman perdu est une réalité de la politique d’Erdogan et les intentions turques ne sont pas cachées, il suffit juste de suivre et de lire ce que disent les Turcs eux-mêmes. Leur travail en Algérie est visible et plusieurs indices le révèlent. Bon nombre d’hommes d’affaires turcs envoyés en Algérie sont en réalité de simples officiers de renseignement, les activités de certaines entreprises turques en Algérie sont très douteuses et travaillent plus à l’infiltration de la société qu’à faire des affaires. Leurs relais dans la société algérienne sont la mouvance islamiste. Erdogan a un plan pour tous les pays d’Afrique du Nord. En Tunisie, sa politique est plus visible, et le même scénario se prépare chez nous. On le constate avec l’insistance de nommer des islamistes à la tête du gouvernement algérien. Cela s’inscrit dans le cadre de la turquisation de l’Algérie et, bien sûr, sur fond de discours nationalistes bidon.

Il s’agit d’une option contraire à l’intérêt de l’Algérie qui a besoin, au moment du déclin de la mouvance islamiste, de reconstruire son bloc nationaliste qui la protégerait à moyen et à long terme de toute dérive. C’est vital de redonner au pays sa force de frappe qui est le socle de son existence même.

Les Turcs poussent vers l’alignement de l’Algérie sur le modèle tunisien en la mettant en crise permanente, comme on le voit chez nos voisins. Or, c’est contraire aux intérêts de l’Algérie. Les islamistes, nous les avons assez subis, même trop.

Les Frères musulmans ne représentent-ils pas également un danger mortel pour l’Algérie ?

Les Frères musulmans ont toujours rêvé de prendre le pouvoir en Algérie, pays qui a un potentiel économique et militaire énorme susceptible de leur assurer une domination sur d’autres pays moins importants. Leur objectif n’a jamais changé, seuls les moyens d’y parvenir changent. Il ne faut pas oublier que les coups d’Etat font partie de leur stratégie comme cela est arrivé au Soudan et dans d’autres pays. Quand un coup d’Etat est en leur faveur, il est le bienvenu, sans oublier que les infiltrations font aussi partie de leur stratégie de pouvoir, comme on le voit très clairement en Algérie.

Le danger que représentent les Frères musulmans, hormis leur idéologie néfaste et rétrograde, vient aussi de leur appartenance à une organisation internationale qui est infiltrée par des dizaines de services secrets étrangers. Chacun les utilise à sa guise et pour ses intérêts, comme le prouve la dernière lettre de leur «morchid», guide intérimaire, Brahim Mounir basé à Londres, et adressée au nouveau président américain pour se mettre à son service. Donner le pouvoir aux islamistes rejetés par le peuple dans le dernier scrutin, c’est mettre le pays en danger et le livrer comme une proie entre les mains de forces occultes dangereuses.

Avec tout ce que l’Algérie a subi comme massacres et attentats lors de la décennie noire, à votre avis, a-t-on appris la leçon de ce qu’il s’est passé ? N’y a-t-il pas un risque que nous revivions le même cauchemar que pendant les années 1990 ?

L’Algérie n’a tiré aucune leçon de ce qu’elle a subi dans les années 1990 : des milliers de morts et plus ou moins un million de cadres qui se sont exilés, l’équivalent de ce qu’a produit l’université algérienne en douze ans. Malgré tous les sacrifices, elle considère que l’islamisme n’est pas un danger pour le pays. C’est comme si nous étions aveugles. Après tant d’années, nous sommes revenus aux discours islamistes haineux et qui vilipendent, comme l’a fait Bengrina, l’élite du pays en la traitant de vendue, sans que la justice bouge le petit doigt. Cette même justice qui veut forcer le destin et instaurer le rite wahhabite en Algérie, contre la référence religieuse nationale, comme on l’a vu lors de l’application du 144 bis.

Les calculs politiques internes et les fausses alliances ont fait du mouvement islamiste algérien qui devait disparaître ce qu’il est actuellement, soit un outil d’alliance politique dangereuse pour l’Algérie au moment où le monde entier a pris conscience du danger réel des islamistes.

L’Algérie, qui devait être un exemple de l’anti-islamisme, sachant ce qu’elle a vécu et enduré, est devenue, au contraire, un havre de paix pour les islamistes et un pays qui risque de passer très bientôt entre leurs mains dans une grave compromission que nous voyons se dérouler sous nos yeux. C’est tout simplement scandaleux.

La corruption qu’a connue l’ère Bouteflika a beaucoup bénéficié aux islamistes et nous ne voyons aucun d’entre eux devant les tribunaux. Ils sont, au contraire, proches de la prise de pouvoir qu’il faut absolument empêcher pour reconstruire le pays sur le socle nationaliste afin d’éviter son écroulement. La responsabilité des dirigeants de cette période est entièrement engagée. Ils ont combattu le terrorisme armé mais ont échoué à doter le pays d’un système qui permettrait à l’Algérie d’échapper à tout risque de retour en arrière. Les défenseurs des fameux grands dossiers de réforme de l’Etat que Bouteflika voulait réaliser et qui est soi-disant concrétisée aujourd’hui sont des gens qui se sont enrichis et d’autres se cachent. Et le bilan est catastrophique pour le pays qui tourne en rond quand il n’avance pas vers l’arrière, comme dit la vox populi.

Il faut changer de méthode de gestion, s’accorder une halte, revoir tout ce qui a été réalisé, faire un bilan objectif et tracer une nouvelle politique pour sortir le pays de la gangrène qui risque de l’emporter.

Dans plusieurs de vos articles, vous avez présenté la finance islamique comme une supercherie et une escroquerie. Pouvez-vous nous éclairer à ce sujet ?

Quand j’ai vu la joie de l’ex-Premier ministre Abdelaziz Djerad au Parlement après le vote en faveur de la loi de finances musulmane, j’ai été choqué. Même Abassi Madani n’aurait pas été si joyeux, ni si élogieux devant une supercherie pareille. Un hadith attribué au calife Omar Ibn Al-Khateb dit clairement : «Le prophète Mohamed est mort sans nous expliquer le verset coranique qui traite de la riba.» Comment Djerad sait-il que l’intérêt bancaire est de la riba ? Est-il mieux placé que le calife Omar ? D’où tient-il cette certitude qui a servi à introduire une finance islamique créée à l’origine par des banques occidentales en l’occurrence suisse ? La question de la riba est controversée sur le plan religieux. L’Iran, par exemple, a juste fait changer le nom de l’intérêt pour le sortir du débat religieux et n’a pas touché à son système financier qui fonctionne normalement. Idem pour beaucoup de pays du Golfe où des banques privées fonctionnent, selon le principe de la finance islamique, mais pas le système bancaire du pays comme chez nous. D’ailleurs, la Baraka Banque existe depuis plus de quarante ans en Algérie et utilise la finance islamique qui est une pure escroquerie. C’est du simple leasing, ni plus ni moins.

L’extrémisme des islamistes algériens est en grande partie dû à leur grande méconnaissance, et ils acceptent tout ce qui se dit sous couvert de l’islam. Mais ce qui est grave, c’est qu’ils sont pressés de l’appliquer dans leur pays dès qu’on leur donne la possibilité de le faire pour transformer l’Algérie en pays cobaye. Aujourd’hui, avec cette ineptie de finance islamique, le citoyen, quand il va à la banque, se trouve devant un crédit hallal et un autre haram, et souvent il subit des pressions de la part de certains banquiers zélés qui le poussent à opter pour la finance hallal. Finance qui n’a rien de hallal en réalité, car l’argent que le citoyen algérien contracte auprès de sa banque, la banque elle-même l’achète auprès de la Banque centrale en payant un intérêt. Donc, selon les concepteurs de cette mascarade, l’argent est déjà haram à la base.

L’Algérie est devenue championne du «harakiri». Elle détruit ses propres banques en reconnaissant qu’elle pratique du haram. Drôle de pays…

En Belgique, l’ex-ministre des Finances Didier Reynders, aujourd’hui commissaire européen, m’avait déclaré il y a des années que la Belgique ne voit pas d’inconvénient si les banques islamiques s’installent sur son territoire, à condition qu’elles respectent les lois de la Banque centrale belge. Du coup, aucune banque islamique n’est venue en Belgique, ce qui pousse à se questionner quant à leur mode de financement.

La finance islamique théorisée et appliquée par les islamistes embusqués à l’intérieur du système pose un vrai problème sur l’existence des cellules islamistes dormantes et sur leurs capacités de nuisance. Ils sont prêts, le moment venu, à faire de l’Algérie un champ d’expérimentation de leurs idées tirées du Moyen-Âge.

Le ministre des Finances, à la base de la destruction du système financier algérien en introduisant la finance islamique, passe au poste de Premier ministre en guise de récompense, ce qui pose de sérieuses questions sur le devenir du pays. Nous sommes en plein processus d’islamisation rampante qu’il faut vite stopper.

Quelle est votre analyse à propos des différents discours du chef d’état-major de l’ANP, Saïd Chengriha, lors de la récente conférence à Moscou ?

Le chef d’état-major de l’ANP, Saïd Chengriha, semble combler le vide créé par les politiques apparemment désintéressés par la situation dangereuse que vit l’Algérie. Dans mes articles, j’avais déjà averti que certaines déclarations des ministres sont contraires à l’intérêt de l’Algérie car ils utilisent des propos descriptifs d’une situation algérienne compliquée sans aucune explication, ni sans proposer des solutions pour que les Algériens n’aient pas peur et se sentent en sécurité chez eux. Certaines déclarations de ministres ont participé à la démoralisation des citoyens algériens en ne parlant que des dangers sans montrer les capacités du pays à y faire face. Ce vide est aujourd’hui comblé par les sorties du chef d’état-major. Heureusement, il pose les problématiques de sécurité qui touchent à notre pays et donne des assurances aux Algériens, ce qui fait de lui une personnalité qui rassure le peuple en l’absence d’hommes politiques qui devraient jouer ce rôle.

Ses mises en garde à partir de Moscou, allié stratégique de l’Algérie, tombent à pic dans un moment de flottement. Le chef d’état-major intervient pour mettre en garde tous ceux qui veulent porter atteinte à notre sécurité. Chengriha est poussé en avant-plan malgré lui, vu l’incompétence et la démission collective dans la défense des intérêts du pays. Les médias algériens sont devenus presque nuls, aucune émission sérieuse ne peut être produite pour répondre ou orienter les Algériens et leur donner de l’espoir en leur disant que leur pays a toutes les capacités de les défendre et de bien les défendre. On doit tirer les leçons et corriger les erreurs, et remettre de l’ordre là où il y a des problèmes, l’Algérie doit être bien défendue par tous ses enfants.

Personnellement, je dirais heureusement qu’il existe une personne comme le chef d’état-major Chengriha qui mérite tout le respect, car il est là au bon moment pour veiller à ce l’Algérie ne sombre pas dans une anarchie dont on voit déjà les prémisses. L’histoire retiendra que cet homme, Saïd Chengriha, a fait beaucoup pour l’Algérie.

L’Algérie est totalement déstructurée politiquement, et navigue sans aucune vision politique, sans aucun projet pour son avenir, et sans méthode pour faire face aux problèmes. La démarche devant les difficultés du pays est surtout une démarche d’entassement des problèmes, ce qui est une vraie fuite en avant et un danger mortel pour le pays.

La réhabilitation et la construction du pôle nationaliste sont le chemin le plus sûr pour protéger l’Algérie et pour épauler l’armée.

D’après vous, pourquoi l’armée algérienne est-elle la cible permanente des forces antinationales à la solde de l’empire ?

L’armée est ciblée par plusieurs forces antinationales, la première d’entre elles étant les relais des partis islamistes qui se trouvent en Algérie. J’ai toujours considéré le mouvement Rachad comme un département des affaires extérieures des partis islamistes en Algérie. Celui qui pense le contraire, comme on le voit malheureusement, va faire perdre à l’Algérie une vingtaine de précieuses années pour son redressement et sa reconstruction. Les islamistes savent que sans l’armée le pouvoir est à leur portée. Tant que l’institution ANP, héritière de l’Armée de libération nationale, est debout, organisée, solide et bien structurée, le spectre islamiste s’éloignera. Bien sûr, cette tendance travaille pour des intérêts de nombreux pays qui veulent voir l’Algérie disloquée, affaiblie, voire même anéantie.

Une Algérie forte, c’est une armée forte, et c’est l’histoire qui nous l’enseigne. On ne peut avoir un pays respecté sans une armée forte derrière lui.

Le mouvement scissionniste MAK, qui raconte des stupidités tant au niveau politique qu’historique, cible aussi l’armée. Je suis déjà intervenu devant des étudiants à Béjaïa par vidéo conférence et je leur ai dit que le projet de Ferhat M’henni est très simple : «Vous avez un très grand pays et Ferhat Mehenni veut vous l’enlever. Et il vous propose un lot de terrain à la place.» Il faut que les jeunes comprennent ce deal débile. Ils sont assez intelligents pour le comprendre. Il y va de leur avenir de le combattre, et j’ai confiance dans cette jeunesse.

L’ANP est-elle, selon vous, la seule garante de la stabilité de l’Algérie dans un contexte géopolitique extrêmement instable ?

Oui, l’armée est le seul rempart contre toutes les tentatives de déstabilisation, en attendant de reformuler le paysage politique algérien sur des bases plus solides et plus saines, en dehors de la nébuleuse islamiste qui reste un danger majeur pour l’Algérie à court, moyen et long terme.

Interview réalisée à Bruxelles par Mohsen Abdelmoumen

Lakhdar Ferrat est un journaliste algérien indépendant établi en Belgique.

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/07/07/le-journaliste-lakhdar-ferrat-les-islamistes-sont-un-vrai-danger-pour-lalgerie/

Michael Klare:” The countries that are most successful in making the transition to renewable sources of energy will be the leading economic powers of the 21st century”

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Klare énergies
Michael Klare. D. R.

Abdelmoumen Mohsen:  CAN YOU PRESENT US YOUR CONCEPT OF EXTREME ENERGIES AS WELL AS THE DIFFERENT CARBONIC ERAS?

Michael Klare : I define « extreme energy » as any fossil fuel whose exploitation requires unconventional means of extraction. At present, the oil, coal, and natural gas industries are very mature industries, each well over 100 years old. Over the course of time, they have developed various technologies to efficiently extract oil, coal, and gas from the Earth. But many of the world’s most prolific sources of those materials have become substantially depleted, and so the fossil fuel industries must search for new sources of supply. As all easily-accessible reservoirs have now been located and exploited, they must look further afield, to reservoirs that in the past were considered inaccessible or too costly to extract. This has resulted in the development of new technologies, such as hydraulic fracturing, Arctic drilling, and deep-offshore drilling, to extract supplies from these hitherto inaccessible reserves. These modes of extraction often entail significant economic, political, and environmental risks, and for this reason I call them « extreme energy. »

WHAT IS YOUR ANALYSIS OF PRESIDENT OBAMAREPORT ON THE GREEN TECHNOLOGY REVOLUTION?

Many analysts now believe that it is no longer necessary to rely on these extreme means of energy extraction as the world can rely on renewable sources of energy to supply an ever-greater share of the world’s energy requirements. This is the intent of the green energy plans being offered by the Biden administration. Under these plans, the US will rapidly decrease its reliance on fossil fuels, especially coal, for the generation of electrical energy, and will begin the transition from fossil-fuel vehicles to electric vehicles.

THIS SAME REPORT PREDICTS A VERTIGINOUS DROP IN INDUSTRIAL JOBS. WHAT DO YOU THINK?

The shift from reliance on fossil fuels to provide energy will result in the loss of jobs in the oil, coal, and gas industries, with the coal industry suffering the greatest loss. But this industry has been in decline for years, as gas has replaced coal as the main source of electricity generation, so the future losses will not be so great. The Biden administration says it will be possible to retrain displaced workers to obtain new jobs installing wind towers and solar panels, and if this proves to be the case, the net loss of jobs will be minimal.

DO YOU THINK THAT A PARADIGM SHIFT AS IMAGINED BY THOMAS SAMUEL KUHN IS POSSIBLE IN THE FIELD OF ENERGY?

A paradigm shift is already under way around the world as the use of coal is declining in most of the world (China and India) accepted and renewable energy is providing an ever-increasing share of the world’s electrical energy. This will only gain further momentum in the years ahead.

COULD THE ALLIANCE BETWEEN SCIENTIFIC RESEARCH AND ALTERNATIVE FINANCE BE A WAY TO ACHIEVE THIS CHANGE?

The paradigm shift now under way is occurring largely as a result of changing political views. As populations around the world become more aware of the consequences of climate change – and here, the work of scientists in educating the public is very important – they are putting ever-increasing pressure on politicians to take concrete action to slow the pace of global warming, and this usually means efforts to reduce carbon emissions and increase reliance on renewable sources of energy. This is especially evident in the EU, but also increasingly in the US, Japan, and China.

ACCORDING TO YOU, WHAT ARE THE ENERGY SOURCES OF THE FUTURE, WHICH CAN CONSTITUTE AN ALTERNATIVE TO CONVENTIONAL AND NON-CONVENTIONAL FOSSIL FUELS?

Wind and solar power will provide the majority of energy in producing electricity, and electricity will increasingly provide energy for transportation, replacing petroleum in this role.

WHAT WILL BE THE GEOPOLITICAL CONSEQUENCES OF THIS ENERGY TRANSITION ON THE INTERNATIONAL BALANCE OF POWER, ESPECIALLY BETWEEN THE PAX AMERICANA – CHINA – RUSSIA?

Ultimately, the countries that are most successful in making the transition to renewable sources of energy will be the leading economic powers of the 21st century. The YS and China appear to be in a competition for this leadership role, but both have to overcome their addiction to fossil fuels – China to coal, the US to oil. Nations that rely on fossil fuel experts to finance their economies, like Russia, Nigeria, Venezuela, and Saudi Arabia, will suffer a loss of geopolitical power and influence.

Interview realized by Mohsen Abdelmoumen

Who is Michael Klare?

Michael Klare, Five College professor emeritus of peace and world security studies, and director of the Five College Program in Peace and World Security Studies (PAWSS), holds a B.A. and M.A. from Columbia University and a Ph.D. from the Graduate School of the Union Institute. He has written widely on U.S. military policy, international peace and security affairs, the global arms trade, and global resource politics.

His books include American Arms Supermarket (1984), Low-Intensity Warfare (1988), Peace and World Security Studies: A Curriculum Guide (Fifth Edition, 1989; Sixth Edition, 1994), World Security: Challenges for a New Century (First Edition, 1991; Second Edition, 1994; Third Edition, 1998), Rogue States and Nuclear Outlaws (1995), Light Weapons and Civil Conflict (1999), Resource Wars (2001), Blood and Oil (2004), and The Race for What’s Left (2012). His articles have appeared in many journals, including Arms Control Today, Bulletin of the Atomic Scientists, Current History, Foreign Affairs, Harper’s, The Nation, Scientific American, and Technology Review.

Klare serves on the board of the Arms Control Association and advises other organizations in the field.

Published in https://www.algeriepatriotique.com/2021/06/26/michael-klare-les-pays-qui-maitriseront-les-energies-renouvelables-seront-les-puissances-du-xxie-siecle/