La banane, l’émir, les cancrelats et le big brother

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Le changement opéré ces derniers jours au Qatar, et qui s’est déroulé dans la plus pure tradition du théâtre shakespearien, n’est ni une passation paisible du pouvoir ni un renoncement de la part de l’émir. Ce n’est ni plus ni moins qu’une destitution comme ce fut le cas pour l’émir paternel de celui qui cède sa place aujourd’hui. Au Qatar, le coup d’Etat est congénital. Malgré tout, la lecture que nous offrent certains lobbies de mèche avec cette dynastie de chameliers illettrés voudrait que dans ce micro-Etat, on renonce facilement au pouvoir. «Les hommes doivent souffrir leur départ comme leur venue ici-bas ; le tout est d’être prêt», disait Shakespeare. Est-ce que l’émir déchu Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani était prêt à disparaître de l’échiquier politique ? Que semblent nous dire ceux qui sont derrière le coup d’Etat au palais qatari ? Plusieurs réponses s’offrent à nous. Tout d’abord, le big brother américain semble opter pour l’effacement d’empreintes par rapport à tout ce qui est lié aux conséquences du simulacre de «printemps arabe» qui n’a rien ramené de démocratique. Bien au contraire, il a enfoncé le monde arabe dans les abîmes des ténèbres des Frères musulmans et des islamistes. Donc, les USA essaieraient de rectifier le tir en direction de leurs partenaires islamistes en procédant au ravalement de la façade qatarie, axe central de la métamorphose des régimes opérée lors des coups d’Etat que je nommerais «populaires» de 2011. Lire la suite »

Quand la Télévision belge vante les «conquêtes coloniales» de la Légion étrangère en Algérie

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Légion etrangere

La Légion étrangère : des mercenaires au service de la France coloniale. D. R.

Comme tout citoyen intéressé par l’histoire politique de son pays, j’ai regardé, ce 21 juillet, la retransmission télévisée de l’abdication du roi Albert II et de l’accession au trône de Belgique de son fils Philippe, faits marquant ce jour de fête nationale belge, sur la chaîne nationale francophone. Quels que soient mon opinion sur le bien-fondé d’une monarchie plutôt qu’une république en Belgique et mon degré de sympathie à l’égard des personnes de la famille royale, il me semblait naturel d’être directement informée de cet évènement majeur de la vie politique belge, via la RTBF qui avait consacré la journée à couvrir le Te Deum, la passassion de pouvoir, la prestation de serment, le salut au balcon, le défilé militaire, et la soirée festive, ponctués bien entendu par les états d’âme des nombreux badauds qui scandaient «Vive le Roi ! Vive la Reine !», hilares sous un soleil de plomb et dans une chaleur écrasante. J’ai supporté stoïquement les commentaires populistes des «journalistes» dépêchés en plusieurs endroits stratégiques de la capitale, l’interview du couturier des reines et des princesses décrivant en long et en large le choix des tissus et la couleur des robes, le débat des invités en studio sur l’intensité des baisers échangés sur le balcon par le nouveau couple royal, mais j’ai risqué la crise cardiaque lorsque l’un des reporters nous a qualifiés, nous, citoyens belges, de «sujets» du nouveau roi, comme à l’époque du Moyen-Age. Et dire que l’école de journalisme belge a été l’une des plus réputées au niveau international… J’ai eu une pensée fraternelle pour le député communiste wallon Julien Lahaut en me rappelant son «Vive la République !» qu’il avait lancé avec ses camarades en plein parlement lors de la prestation de serment du roi Baudouin Ier, le 11 août 1950. Quelques jours plus tard, le grand résistant et syndicaliste Julien Lahaut, celui que ses compagnons de captivité dans les camps nazis surnommaient «l’homme qui avait le soleil dans sa poche», était assassiné sur le pas de sa porte par deux individus qui n’ont jamais été identifiés. Lire la suite »

Le DRS se réorganise face à la subversion

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Le profil des commandants récemment promus aux différentes directions de la DCSA, de la DSI et de la DDSE nous renseigne sur la capacité d’adaptation de notre pays aux nouveaux enjeux liés à la subversion interne. Jusqu’ici, la priorité portait sur la lutte contre le terrorisme et ses réseaux, dirigée par des hommes de valeur, les généraux-majors Tartag, Djebbar et Lallali, mais d’autres défis surgissent désormais pour nos services sécuritaires. La nécessité d’une lecture s’impose loin des récentes et intenses spéculations qu’a connues la scène médiatique embourbée dans une interprétation politicienne et obéissant davantage aux intérêts des clans plutôt qu’à une vision s’inscrivant dans la stratégie. La presse a fait, à cette occasion, un ratage monumental et s’est fourvoyée dans des méandres marécageux en se substituant aux partis politiques ; elle doit faire son autocritique, retrouver sa vigueur d’investigation et se consacrer à son rôle premier qui est d’informer le citoyen. La mise au point sans appel de l’ANP à travers El Djeich a d’ailleurs mis fin aux commérages avec, entre autres, cette phrase cinglante : «L’ANP, qui a toujours été le rempart sur lequel se sont brisées toutes les convoitises et manœuvres, a apporté sa contribution décisive à la sauvegarde de la République, lui évitant de sombrer dans le terrorisme barbare.»

Il est à remarquer que les nouveaux généraux-majors ont tous un parcours très pointu et connaissent fort bien les ramifications des cercles anti-algériens, que ce soient des ONG ou des associations liées à des forces structurées qui visent la stabilité de l’Algérie, menaçant sa sécurité en instrumentalisant des partis politiques, des associations et même des médias. A titre d’exemple, on peut citer le récent voyage au Qatar d’Abderrezak Mokri, nouveau chef du MSP, l’aile algérienne de la confrérie des Frères musulmans, au cours duquel il a rencontré l’ancien dirigeant du FIS, Abassi Madani, assassin et criminel notoire, suivi par sa rencontre en Jordanie avec le représentant de Freedom House, où ce dernier lui a octroyé des fonds pour son parti. Il est inutile de rappeler que le financement d’un parti politique par une organisation étrangère constitue une violation de la loi. Ajoutons à cela la dernière sortie de Benjamin Stora, dans l’édition du 26 septembre de Jeune Afrique, où il a déclaré, suite à son éviction de l’exposition sur Albert Camus prévue à Aix-en-Provence, qu’elle avait été court-circuitée par le lobby des nostalgiques de l’Algérie française qui, d’après ses propos, n’a jamais désarmé. Rappelons, au sujet de Camus, que notre grand écrivain Kateb Yacine disait de lui qu’il ne connaissait de l’Algérie que les plages de Tipasa. Lire la suite »