Chine

La Troisième Guerre mondiale est annoncée

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Le Zircon, le nouveau missile hypersonique de la Russie. D. R.

Vladimir Poutine avait prévenu les Occidentaux que la Russie n’était pas encore passée aux choses sérieuses. Ce premier jour d’automne a vu un tournant majeur dans ce que plus personne n’appelle une « opération spéciale » en Ukraine, car il s’agit bien d’une guerre : celle de l’empire avec son bras armé l’OTAN, ses supplétifs ukrainiens et ses nombreux mercenaires ligués contre la Russie. Depuis le 24 février, début de l’offensive, les forces russes ont partiellement réussi la mission qui leur était assignée de libérer le Donbass et de dénazifier l’armée ukrainienne. Les Républiques de Lougansk et de Donetsk ont été presque totalement libérées et l’on se souvient de la reddition du tristement célèbre bataillon nazi Azov qui occupait le complexe industriel d’Azovstal à Marioupol. Bien que combattant à 1 contre 3, les Russes ont infligé une défaite cuisante à l’armée de Kiev, se rendant maîtres de l’espace aérien, prenant possession de la Mer d’Azov, et repoussant toujours plus loin les forces ukrainiennes, avançant lentement mais sûrement en noyant l’ennemi sous un déluge d’artillerie et en encerclant ce qu’il reste de vivant selon la tactique du « chaudron ». Des dizaines de milliers d’Ukrainiens sont morts et des milliers d’autres ont préféré se rendre plutôt que de servir de chair à canon. Sans les directives de Washington qui pousse l’Ukraine à combattre la Russie « jusqu’au dernier Ukrainien », la défaite de Kiev aurait dû être actée dès les premières semaines de l’opération spéciale. Des négociations avaient d’ailleurs eu lieu entre les deux parties pour mettre fin au conflit, mais les négociateurs ukrainiens qui étaient jugés trop favorables à envisager une solution pacifique l’ont payé de leur vie en étant purement et simplement « liquidés ».

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Daniel McAdams : « Les États-Unis ont cessé d’être une république et sont devenus un État de sécurité nationale »

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Daniel McAdams

Daniel McAdams. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : On vient de fermer votre compte Twitter. Pourquoi ?

Daniel McAdams : En août, je regardais une partie de l’émission de Sean Hannity chez un ami et j’ai remarqué qu’en dépit d’une heure de vociférations de Hannity contre « l’État profond » aux États-Unis, il portait une épinglette portant le sceau de l’Agence centrale de renseignement des États-Unis (CIA), qui, de l’avis de la plupart, est soit le centre, soit au moins un centre important de l’« État profond » américain lui-même. J’ai tweeté sur cette étrange anomalie et en guise de commentaire à mon propre tweet, j’ai dit que Hannity était « attardé ». Twitter m’a informé que j’avais eu une « conduite haineuse » pour « promouvoir la violence ou attaquer ou menacer directement d’autres personnes sur la base de la race, de l’appartenance ethnique, de l’origine nationale, de l’orientation sexuelle, du sexe, de l’identité sexuelle, de la religion, de l’âge, du handicap ou de la maladie ». Il est clair à première vue que je n’ai rien fait de tout cela. J’ai utilisé un terme non politiquement correct pour ridiculiser Hannity pour avoir attaqué « l’État profond » tout en portant les symboles de l’État profond sur son revers. Lire la suite »

Robert Bibeau : « le capitalisme, c’est la guerre »

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Robert Bibeau. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : À la lecture de votre livre très instructif et passionnant, « La démocratie aux Etats-Unis, les mascarades électorales », on se pose la question suivante : y a-t-il réellement une démocratie aux Etats-Unis et à quoi servent les élections aux USA ?

Robert Bibeau : Oui, il existe une réelle démocratie pour la bourgeoisie aux États-Unis comme dans tous les pays capitalistes de ce monde. Il n’existe évidemment aucune « démocratie » populaire – prolétarienne, ni aux États-Unis ni dans aucun autre pays. Croyez-vous que l’adhésion à un parti bourgeois d’un multimilliardaire et de ses relations, compte tenu de son pouvoir de pression, de sa chaîne de télévision et de ses centres d’administration, soit du même poids « démocratique » que l’adhésion de mon voisin de palier – prolo de son métier – à un parti politique pseudo socialiste ? Il n’y a que la gauche bourgeoise pour le laisser croire. Les ouvriers américains le savent, eux qui ne se déplacent plus pour voter et « user de la puissance du crayon de votation bidon » ni bénéficier d’un pouvoir électoral chimérique exclusif aux riches. Lire la suite »

Dr. Tomasz Pierscionek : «Le capitalisme est un système défaillant incapable de résoudre les grands problèmes mondiaux»

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Dr. Tomasz Pierscionek. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Vous avez travaillé sur le thème de la gauche occidentale. D’après vous, peut-on dire que cette gauche est en crise ?

Dr. Tomasz Pierscionek : La dernière décennie d’austérité, qui a vu les riches s’enrichir aux dépens de tous les autres et a montré que le capitalisme est un système défaillant incapable de résoudre les grands problèmes mondiaux offre à la gauche l’occasion de présenter des programmes alternatifs bénéficiant à la majorité plutôt qu’à une minorité riche et puissante. En Europe occidentale et aux États-Unis, touchés par des années d’endoctrinement sur les «échecs» du socialisme, les politiciens de gauche et les partis ouvriers ont fait preuve de prudence pour ne pas paraître trop gauchistes et ont été confrontés à la colère des riches et de leurs auxiliaires des médias. Ce faisant, ils ont échoué à prendre conscience du potentiel de la gauche pour expliquer et défendre les idées socialistes et défier directement le capitalisme. Loin d’être marxistes, diabolisés par les médias, les dirigeants de la gauche occidentale ont adopté les idées mal dégrossies de la gauche du centre social-démocrate, par exemple : bricolons sur les bords du capitalisme et lissons ses parties les plus rugueuses tout en laissant ses principes fondamentaux inchangés. Lire la suite »

Le Dr. T. J. Coles : « Contrairement à la guerre, la paix n’est pas une activité rentable »

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Dr. T. J. Coles. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre magistral « Britain’s Secret wars« , vous démontrez la face cachée de la politique britannique et son implication directe dans des conflits majeurs via ses services de renseignement. Ne pensez-vous pas que la Grande Bretagne est responsable, comme son allié les USA, du chaos qui règne dans des zones comme le Moyen Orient et le Sahel ?

Le Dr. T. J. Coles : Oui. La Grande-Bretagne a des responsabilités à la fois historiques et contemporaines dans une grande partie du carnage au Moyen-Orient, en Asie centrale et ailleurs. Il y a différents degrés de responsabilité. Lorsqu’un gang commet un crime, par exemple un meurtre et un vol à main armée, chaque membre du gang est condamné par un tribunal en fonction de son degré de participation au crime. La personne qui a appuyé sur la gâchette est le meurtrier, son associé est le complice, etc. Le même principe s’applique ou, si nous nous soucions de moralité, devrait s’appliquer aux affaires internationales. À l’heure actuelle, les États-Unis sont la superpuissance mondiale. Ils assument donc l’essentiel de la responsabilité pour envahir l’Afghanistan, lancer des drones sur des Pakistanais, des Somaliens et des Yéménites, envahir l’Irak et utiliser des terroristes par procuration en Syrie et en Libye. Lire la suite »

Yasmina Khadra : « La paix est en chômage technique »

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Yasmina-Khadra1 et M. Abdelmoumen1Mohsen Abdelmoumen (à G.) avec Yasmina Khadra (à D.)

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Mohsen Abdelmoumen : Dans vos livres À quoi rêvent les loups et Les Agneaux du Seigneur, vous avez su répercuter le malheur algérien, à savoir la décennie rouge et noire. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Yasmina Khadra : Tout simplement parce que j’ai vécu cette tragédie dans mon cœur et dans mon esprit. J’étais dans le combat véritable contre l’intégrisme sur le terrain. J’ai fait la guerre aux terroristes pendant huit ans et j’ai vu cette dérive qui allait s’étendre à travers toute la planète. Il y a vingt ans, quand j’ai écrit  Les Agneaux du Seigneur et A quoi rêvent les loups, je disais déjà aux journalistes occidentaux que ça allait leur arriver. Lire la suite »

Dr. Tewfik Hamel : « Le terrorisme risque de devenir ingérable dans un proche avenir » (Partie 2)

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Dr. Tewfik Hamel

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Mohsen Abdelmoumen : Pensez-vous que l’Algérie demeure un acteur régional majeur et avec quels moyens de pression l’Algérie pourra-t-elle peser dans la région du Sahel ? La crise interne de gouvernance n’impacte-t-elle pas le rôle régional auquel peut prétendre l’Algérie ?

Dr. Tewfik Hamel : Dans les années 1990, l’objectif prioritaire de la diplomatie algérienne est d’éviter l’isolement du pays ; faire accepter par les grandes capitales l’arrêt du processus électoral du 26 décembre 1991. Après une décennie de bouleversements extraordinaires, et en dépit de la poursuite de la violence, l’Algérie montre des signes de reprise et d’affirmation de soi sur la scène internationale. La redécouverte de l’activisme classique du pays en matière de politique étrangère est susceptible d’avoir des implications importantes pour l’Afrique du Nord et la région méditerranéenne. Lire la suite »