crise économique

Prof. Richard Wolff : « Le socialisme représente la revendication cruciale d’étendre la démocratie à la sphère économique »

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Prof. Richard Wolff. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Vous avez fait un travail très important tout au long de ces années, et vous avez écrit entre autres ce livre remarquable New Departures in Marxian Theory que vous avez cosigné avec votre collègue Stephen Resnick. A votre avis, n’y a-t-il pas un besoin d’une interprétation révolutionnaire du marxisme loin des sentiers battus ?

Prof. Richard Wolff : Marx et le marxisme étaient eux-mêmes surdéterminés (au sens d’Althusser) par leurs conjonctures sociales. Il en sera de même pour la ou les prochaines interprétations révolutionnaires du marxisme. La crise mondiale actuelle du capitalisme, bâtie sur son effondrement mondial de 2008-2009, plus les critiques des marxistes sur (1) la montée et la chute de l’URSS et (2) d’autres premières expériences de construction du « socialisme » vont produire ensemble ces prochaines interprétations révolutionnaires. Sur ce point, permettez-moi de vous diriger, vous et vos lecteurs, vers deux ouvrages : S. Resnick et R. Wolff, Class Theory and History: Capitalism and Communism in the USSR (Routledge, 2002) et aussi R. Wolff, Understanding Marxism (2019). Lire la suite »

Dr. Jack Rasmus : « Le capital est par nature cannibale »

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Jack Rasmus2

Dr. Jack Rasmus. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre très intéressant Epic Recession: Prelude to Global Depression, vous faites un constat judicieux et vous apportez des solutions. Pourquoi la crise est-elle inévitable ?

Dr. Jack Rasmus : Parce que les solutions appliquées à la dernière crise conduiront inévitablement à une crise plus généralisée, potentiellement plus profonde et plus grave la prochaine fois. Voici comment : l’excédent de liquidités injecté par les banques centrales pour stabiliser les marchés financiers après 2008-2009 a engendré encore plus de dette et d’investissements par emprunt. Cela a créé aujourd’hui des bulles d’actifs financiers dans les réserves mondiales, les obligations de pacotille, les prêts à effet de levier, les obligations notées triple BBB (de pacotille), des bulles dans les produits dérivés et autres marchés d’actifs, les biens immobiliers commerciaux, etc. Lire la suite »

À quoi sert un gouvernement en Algérie?

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A. Bouteflika. DR.

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On continue à assister à un spectacle des plus effarants qui ne rassure guère sur la situation dans laquelle se trouve l’Algérie, à savoir des déclarations en vrac de la part de ministres sans que personne n’agisse, ce qui nous conforte dans la thèse de la vacance du pouvoir. Comment en effet interpréter le fait que des ministres fassent des aveux stupéfiants, tel celui du Tourisme nous disant que le Dounia Parc a fait l’objet d’un détournement du foncier, ou encore l’incapacité du ministre du Commerce à faire fermer une pizzeria qui empoisonne ses clients, et ensuite, cerise sur le gâteau, le même qui avoue qu’un importateur est venu proférer des menaces au ministère parce qu’il voulait que sa cargaison soit sortie du port séance tenante. Lire la suite »

Sammy Oussedik : « La matrice porte la responsabilité de ce qui se passe aujourd’hui ».

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Sammy Oussedik. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre opinion sur ce qui se passe dans notre pays en ce moment, à savoir le départ du général Mediène, la bataille rangée entre les clans où l’on voit par exemple un Haddad attaquer à la fois le général Benhadid et Rebrab, et autres évènements qui secouent la scène nationale ?

Sammy Oussedik : Ce qui se déroule sous nos yeux est l’ultime ajustement d’une séquence politique qui a débuté depuis 2013. En effet, face à une crise multidimensionnelle et inédite dans l’histoire de l’Algérie indépendante, la Matrice a fait ce qu’elle sait faire, à savoir se recomposer afin d’essayer, encore une fois, de muter. Lire la suite »

Henry Giroux : « Le fascisme est une étreinte de l’antipolitique profond »

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Henry Giroux. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : La notion de « jetabilité » revient souvent dans vos écrits, que ce soit en parlant de la jeunesse, de la politique, de l’avenir, etc.  Pourquoi insistez-vous sur ce thème ?

Henry Giroux : Le capitalisme mondial a adopté une série de caractéristiques qui exigent un nouveau langage afin de comprendre de tels changements ainsi que les effets dans les registres économiques, politiques et pédagogiques qui visent à des degrés divers ceux qui supportent le poids de ses forces oppressives. Non seulement nous avons vu une séparation entre le pouvoir, qui est mondial, et la politique, qui est locale, mais nous avons vu une attaque à part entière sur l’État social, l’avènement de l’État punitif et l’émergence de ce qui pourrait être appelé une culture autoritaire de la cruauté. Dans de telles circonstances, j’ai essayé de saisir la sauvagerie actuelle des différents régimes du capitalisme néolibéral en développant un paradigme axé sur l’intensification de ce que je l’ai appelé la politique de la jetabilité. Lire la suite »

L’Algérie dans la tourmente

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La vallée du M’zab brûle. DR.

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Ghardaïa, symbole de la faillite du pouvoir politique.

Ce que je n’ai pas cessé d’annoncer dans divers articles est arrivé. La situation dans la ville prospère de Ghardaïa où la cohabitation séculaire entre les différentes ethnies était un modèle de quiétude, s’est dégradée à tel point qu’elle a entrainé la mort de vingt-quatre personnes et fait de nombreux blessés y compris dans les rangs des policiers. La vallée du M’zab a toujours été un exemple de ce peut être l’Algérie avec ses variantes linguistiques, ethniques, et même religieuses. Cette oasis de paix s’est transformée graduellement en un enfer sur terre avec des morts en plein mois sacré du ramadan. Le lent pourrissement qui dure depuis deux ans a balayé tout ce qui avait été bâti pendant des siècles. Aujourd’hui, la caractéristique de cette région est que le seul nom de Ghardaïa est désormais synonyme d’affrontements et de mort. Lire la suite »

L’Historien Jacques Pauwels : «Il fallait conquérir ou sauvegarder des marchés et des sources de matières premières»

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L’Historien Jacques Pauwels D.R.

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Mohsen Abdelmoumen : Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un travail de mémoire sérieux a-t-il été effectué en Europe occidentale ?

Jacques Pauwels : En Europe occidentale et dans le monde « occidental » en général, c’est-à-dire non seulement dans des pays comme la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada, d’innombrables historiens et journalistes se penchent depuis des décennies sur le thème, toujours actuel, de la Deuxième Guerre mondiale. Le résultat : un gigantesque et interminable tsunami d’articles, livres, et documentaires – et il ne faut pas oublier les productions hollywoodiennes, telles que ‘La liste de Schindler’ et ‘Valkyrie’, qui sont inspirées par des faits historiques et dont le public croit par conséquent qu’on peut y apprendre d’importantes leçons historiques. Or, tandis que l’on ne peut certainement pas se plaindre de la quantité de ces « travaux de mémoire » du courant dominant ou mainstream, comme on dit en anglais, la qualité est généralement loin d’être satisfaisante. Tout d’abord, le message est presque toujours le même : la Deuxième Guerre mondiale fut « la guerre d’Hitler ». En autres mots, c’était une guerre voulue et déclenchée par un monstre, Hitler, assisté par une poignée d’autres « gangsters » nazis tels que Goering et Goebbels, qui avaient su séduire le peuple allemand. Mais qui était cet Hitler, qui a aidé à le placer au pouvoir, quels intérêts représentait-il? Qui a soutenu le fascisme, dans ses variétés allemande et autres, et qui furent les bénéficiaires du régime nazi en Allemagne et dans les autres pays où des régimes fascistes purent accéder au pouvoir ? Ce genre de questions n’est jamais posé dans l’historiographie « occidentale » du courant dominant sur la Deuxième Guerre mondiale ; on n’y trouve presque jamais une analyse sérieuse du phénomène du fascisme en général, et du fascisme allemand, c’est-à-dire du soi-disant « national-socialisme » ou nazisme, en particulier. La raison : une telle analyse révélerait les liens entre le fascisme et le capitalisme, et cela non seulement en Allemagne. Une telle analyse révélerait également comment les capitalistes allemands ont en fait voulu une guerre et ont aidé à installer Hitler au pouvoir parce qu’ils pouvaient compter sur lui, d’abord pour réarmer le pays, ce qui fut pour eux un business extrêmement lucratif, et ensuite pour déclencher la guerre de conquête et de rapine dont ils rêvaient. Et il est évident qu’ils rêvaient surtout d’une guerre contre l’Union Soviétique, non seulement un pays de possibilités illimitées en termes de matières premières dont l’industrie allemande avait besoin, mais également la grande source d’inspiration et d’encouragement pour les adversaires naturels des capitalistes allemands, à savoir les nombreux communistes et autres anticapitalistes du pays.  Lire la suite »