impérialisme

Prof. Richard Wolff : « Le socialisme représente la revendication cruciale d’étendre la démocratie à la sphère économique »

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Prof. Richard Wolff. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Vous avez fait un travail très important tout au long de ces années, et vous avez écrit entre autres ce livre remarquable New Departures in Marxian Theory que vous avez cosigné avec votre collègue Stephen Resnick. A votre avis, n’y a-t-il pas un besoin d’une interprétation révolutionnaire du marxisme loin des sentiers battus ?

Prof. Richard Wolff : Marx et le marxisme étaient eux-mêmes surdéterminés (au sens d’Althusser) par leurs conjonctures sociales. Il en sera de même pour la ou les prochaines interprétations révolutionnaires du marxisme. La crise mondiale actuelle du capitalisme, bâtie sur son effondrement mondial de 2008-2009, plus les critiques des marxistes sur (1) la montée et la chute de l’URSS et (2) d’autres premières expériences de construction du « socialisme » vont produire ensemble ces prochaines interprétations révolutionnaires. Sur ce point, permettez-moi de vous diriger, vous et vos lecteurs, vers deux ouvrages : S. Resnick et R. Wolff, Class Theory and History: Capitalism and Communism in the USSR (Routledge, 2002) et aussi R. Wolff, Understanding Marxism (2019). Lire la suite »

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Dr. Charles McKelvey : «Le Venezuela est une menace pour le système néocolonial mondial».

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Dr. Charles McKelvey. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Vous avez écrit un livre très pertinent et important pour comprendre la révolution cubaine : The Evolution and Significance of the Cuban Revolution. À la lumière de votre livre, peut-on dire que la révolution cubaine a été très importante pour l’émancipation non seulement du peuple cubain mais de tous les peuples d’Amérique latine ?

Dr. Charles McKelvey : Je considère la révolution cubaine comme une révolution paradigmatique du tiers monde. Elle a le caractère double qui a essentiellement défini les mouvements et les révolutions du tiers monde : (1) une révolution anti-coloniale/néocoloniale qui cherche à libérer la nation de la domination impérialiste étrangère, et (2) une révolution de libération sociale, cherchant la transformation des institutions économiques, politiques et culturelles capitalistes. Lire la suite »

Robert Bibeau : « le capitalisme, c’est la guerre »

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Robert Bibeau. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : À la lecture de votre livre très instructif et passionnant, « La démocratie aux Etats-Unis, les mascarades électorales », on se pose la question suivante : y a-t-il réellement une démocratie aux Etats-Unis et à quoi servent les élections aux USA ?

Robert Bibeau : Oui, il existe une réelle démocratie pour la bourgeoisie aux États-Unis comme dans tous les pays capitalistes de ce monde. Il n’existe évidemment aucune « démocratie » populaire – prolétarienne, ni aux États-Unis ni dans aucun autre pays. Croyez-vous que l’adhésion à un parti bourgeois d’un multimilliardaire et de ses relations, compte tenu de son pouvoir de pression, de sa chaîne de télévision et de ses centres d’administration, soit du même poids « démocratique » que l’adhésion de mon voisin de palier – prolo de son métier – à un parti politique pseudo socialiste ? Il n’y a que la gauche bourgeoise pour le laisser croire. Les ouvriers américains le savent, eux qui ne se déplacent plus pour voter et « user de la puissance du crayon de votation bidon » ni bénéficier d’un pouvoir électoral chimérique exclusif aux riches. Lire la suite »

Prof. Atilio Borón : « Pour contrer le chaos créé par l’impérialisme, un leadership honnête et des institutions fortes doivent s’accompagner d’une mobilisation populaire intense et bien organisée »

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Prof. Atilio Borón. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Comment expliquez-vous le recul de la gauche et la montée de l’extrême-droite en Amérique Latine, comme on l’a vu au Brésil avec l’élection du fasciste et tortionnaire Jaïr Bolsonaro et celle de Mauricio Macri en Argentine ?

Prof. Atilio Borón : Il existe de nombreuses raisons, que je ne peux que résumer ici. Premièrement, l’intensité de la contre-offensive américaine visant à vaincre les gouvernements progressistes a été impressionnante. Macri était un cadeau inattendu, plus dû aux erreurs du kirchnerisme qu’à autre chose. Mais la victoire était très importante pour les États-Unis. Bolsonaro est le produit de la démobilisation du PT établie par Lula depuis les débuts, de la corruption complète du système judiciaire qui a mis en prison Lula et a permis à Bolsonaro de ne pas être présent dans les débats présidentiels, le soutien constant des médias hégémoniques et, bien sûr, les graves erreurs des gouvernements Lula/Dilma qui croyaient que la politique sociale et l’extraction de millions de personnes de l’extrême pauvreté seraient suffisantes pour changer la conscience populaire et faire de ces personnes les partisans de politiques progressistes. Lire la suite »

Dr. Tomasz Pierscionek : «Le capitalisme est un système défaillant incapable de résoudre les grands problèmes mondiaux»

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Dr. Tomasz Pierscionek. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Vous avez travaillé sur le thème de la gauche occidentale. D’après vous, peut-on dire que cette gauche est en crise ?

Dr. Tomasz Pierscionek : La dernière décennie d’austérité, qui a vu les riches s’enrichir aux dépens de tous les autres et a montré que le capitalisme est un système défaillant incapable de résoudre les grands problèmes mondiaux offre à la gauche l’occasion de présenter des programmes alternatifs bénéficiant à la majorité plutôt qu’à une minorité riche et puissante. En Europe occidentale et aux États-Unis, touchés par des années d’endoctrinement sur les «échecs» du socialisme, les politiciens de gauche et les partis ouvriers ont fait preuve de prudence pour ne pas paraître trop gauchistes et ont été confrontés à la colère des riches et de leurs auxiliaires des médias. Ce faisant, ils ont échoué à prendre conscience du potentiel de la gauche pour expliquer et défendre les idées socialistes et défier directement le capitalisme. Loin d’être marxistes, diabolisés par les médias, les dirigeants de la gauche occidentale ont adopté les idées mal dégrossies de la gauche du centre social-démocrate, par exemple : bricolons sur les bords du capitalisme et lissons ses parties les plus rugueuses tout en laissant ses principes fondamentaux inchangés. Lire la suite »

Le Dr. T. J. Coles : « Contrairement à la guerre, la paix n’est pas une activité rentable »

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Dr. T. J. Coles. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre magistral « Britain’s Secret wars« , vous démontrez la face cachée de la politique britannique et son implication directe dans des conflits majeurs via ses services de renseignement. Ne pensez-vous pas que la Grande Bretagne est responsable, comme son allié les USA, du chaos qui règne dans des zones comme le Moyen Orient et le Sahel ?

Le Dr. T. J. Coles : Oui. La Grande-Bretagne a des responsabilités à la fois historiques et contemporaines dans une grande partie du carnage au Moyen-Orient, en Asie centrale et ailleurs. Il y a différents degrés de responsabilité. Lorsqu’un gang commet un crime, par exemple un meurtre et un vol à main armée, chaque membre du gang est condamné par un tribunal en fonction de son degré de participation au crime. La personne qui a appuyé sur la gâchette est le meurtrier, son associé est le complice, etc. Le même principe s’applique ou, si nous nous soucions de moralité, devrait s’appliquer aux affaires internationales. À l’heure actuelle, les États-Unis sont la superpuissance mondiale. Ils assument donc l’essentiel de la responsabilité pour envahir l’Afghanistan, lancer des drones sur des Pakistanais, des Somaliens et des Yéménites, envahir l’Irak et utiliser des terroristes par procuration en Syrie et en Libye. Lire la suite »

Mike Ferner : «C’est en raison de notre manque de démocratie que la politique étrangère des États-Unis est si militariste et destructrice»

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Mike Ferner. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : D’après vous, les États-Unis d’Amérique sont-ils une vraie démocratie ou est-ce un régime ploutocratique ?

Mike Ferner : Les États-Unis n’ont jamais eu l’intention d’être une véritable démocratie.

Tout d’abord, c’est une république, c’est-à-dire des représentants élus, et non pas le peuple directement, qui instituent les lois. Cette disposition a été modifiée quelque peu lorsque certains États ont adopté des lois d’initiative et de référendum, permettant aux citoyens de soumettre directement le projet de loi aux électeurs en obtenant un grand nombre de signatures sur des pétitions. Lire la suite »