ONU

Daniel Kovalik : « La troisième guerre mondiale a commencé ».

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L’avocat et militant américain pour la paix Daniel Kovalik. D. R.

L’avocat et militant américain pour la paix s’est rendu à Donetsk où, affirme-t-il dans cet entretien, l’armée ukrainienne a bombardé une école, un stade de football et un monastère, sans que les médias occidentaux aient rapporté ces crimes de guerre. L’auteur de l’ouvrage Le complot pour renverser le Venezuela, Comment les Etats-Unis orchestrent un coup d’Etat pour le pétrole révèle que l’armée américaine est directement engagée dans la guerre en Ukraine. Interview.

Mohsen Abdelmoumen : Vous êtes en Russie en ce moment et vous suivez le conflit en Ukraine. Pouvez-vous nous faire un état des lieux sur l’évolution de la situation dans le terrain ?

Daniel Kovalik : J’étais à Donetsk et je peux dire que la situation y est très stable. Bien que l’Ukraine ait bombardé des cibles civiles dans cette région (par exemple, une école, un stade de football, un monastère), la vie reprend lentement son cours normal après le référendum de septembre, au cours duquel les électeurs ont choisi de faire partie de la Fédération de Russie. La Russie est engagée dans la construction et la reconstruction de logements, d’hôpitaux, de parcs et d’autres infrastructures, et les gens poursuivent leur vie quotidienne.

Vous affirmez qu’il y a des troupes américaines engagées au sol en Ukraine. Comment expliquez-vous cet engagement des troupes américaines ? Ne pensez-vous qu’il s’agit d’un grave précédent ?

La situation est en effet très grave. Bien que l’administration Biden affirme que ces troupes ne sont pas impliquées dans des combats réels, leur présence et l’aide qu’elles apportent à l’armée ukrainienne en matière de formation, de conseil et de ciblage soulignent que ce conflit oppose l’OTAN et la Russie. En bref, c’est un signal que la troisième guerre mondiale a commencé, et qu’une conflagration plus importante est maintenant devenue très possible.

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Le journaliste canadien Matthew Ehret : «L’ONU est corrompue»

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Matthew Ehret

Mohsen Abdelmoumen :  Votre travail montre bien que, à quelques exceptions près (Lincoln, Roosevelt, Kennedy et Trump), tous les présidents américains après Andrew Jackson ont toujours été membres ou sous contrôle de l’élite anglo-américaine, y compris Obama et Biden.  Quels sont les facteurs expliquant que cette oligarchie ait gardé ce niveau d’influence aux Etats-Unis malgré la guerre d’indépendance et pendant plus de 200 ans ?

Matthew Ehret : La réponse comporte à la fois un aspect objectif et subjectif. Du côté subjectif, on peut citer l’omniprésence de faux mythes qui ont été véhiculés et qui ont suscité certains préjugés dans la mentalité contemporaine américaine. Les premiers Américains étaient à l’origine des citoyens britanniques qui ont mené une guerre civile contre l’Empire britannique entre 1776-1783 et le succès de cette lutte a donné naissance à une nouvelle sorte d’identité humaine qui n’avait jamais été exprimée à cette échelle ou à cette magnitude dans l’histoire de l’humanité.

C’était un sentiment de fierté bien mérité, gagné au prix de durs sacrifices. Une grande valeur était accordée à la liberté et à l’indépendance. La considération la plus importante était probablement le fait que l’on croyait que les humains avaient été créés égaux, parce que nous avions été créés à l’image de Dieu et que, de ce fait, les institutions héréditaires étaient reconnues comme obsolètes.

Tout cela était merveilleux, mais ce puissant sentiment de fierté, s’il était perverti, était une épée à double tranchant qui se transformait en un complexe de supériorité proclamant que les États-Unis étaient « la nation exceptionnelle », plutôt que la philosophie plus saine de la « ville sur la colline » exprimée par John Winthrop Jr. qui souhaitait que les Américains deviennent un modèle d’excellence morale pour inspirer le monde.

Le deuxième faux mythe qui a « empoisonné l’esprit du temps » était lié au mythe de l’« individualisme américain ». L’idée que chaque individu citoyen est souverain plutôt qu’un seul dirigeant couronné est une autre excellente idée, mais là encore, comme toutes les idées authentiques, si elles sont perverties, elles peuvent devenir très destructrices.

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Prof. Jeffrey Sachs : « Washington méprise l’ONU »

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Pour le professeur Jeffrey D. Sachs, la guerre en Ukraine aurait pu être évitée. D. R.

Mohsen Abdelmoumen :  J’ai vu votre intervention courageuse dans la chaîne Bloomberg le 4 octobre et je pense que le monde a besoin de voix sages et justes comme la vôtre. Vous y avez déclaré que les Américains étaient responsables du sabotage de Nord Stream 1 et 2. Que pouvez-vous nous dire à ce propos ?

Prof. Jeffrey Sachs : Le rôle des États-Unis n’est pas prouvé, mais il va de soi.  Seuls les États-Unis avaient le motif, les moyens et l’opportunité de le faire.  Ce genre de sabotage industriel fait partie de la tradition des opérations secrètes américaines.  Je pense que les Européens diront bientôt : « On ne sait pas qui l’a fait. »  Les États-Unis, bien sûr, n’enquêteront jamais.  Il est vraiment remarquable que Biden ait averti en février 2022 que si la Russie envahissait l’Ukraine, l’oléoduc serait fermé, et lorsqu’on l’a interrogé, il a déclaré que les États-Unis avaient les moyens de le faire.

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À Madame l’ONU

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Michelle Bachelet, United Nations, High Commissioner for Human Rights; 17 September 2020. Credit: UN Photo / Jean Marc Ferré/ Flickr

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Chère Madame l’ONU,

Vous parlez beaucoup de mon pays l’Algérie depuis quelque temps et je vous avoue que si vos opinions ne m’ont jamais convaincu tant je vous sais éloignée de toute notion de justice et d’équité, je ne peux que réagir quand on touche à ma patrie. Et c’est ce que vous faites avec votre subjectivité légendaire, obéissant à un agenda purement impérialiste et néocolonialiste qui ne vise ni plus ni moins que le démantèlement de mon pays. C’est ainsi que les gesticulations de vos « experts » qui se prétendent « alarmés » par une soi-disant « oppression » en Algérie m’ont incité à prendre la plume pour vous écrire cette missive. Comme d’habitude, lorsque vous dirigez votre viseur sur un pays, vous sortez le grand jeu des « droits de l’homme », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », et vous vous permettez de donner des leçons. C’est la même méthode que vous utilisez depuis des lustres et, bien sûr, on ne change pas une équipe qui gagne, n’est-ce pas ? Combien de pays n’ont-ils pas goûté à votre poison mortel ? Vos mains sont remplies du sang des peuples massacrés par vos maîtres impérialistes et que vous avez cautionnés.

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Prof. Richard Falk: « Rather than addressing Israeli apartheid, Nikki Haley chooses to attack me »

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Richard Falks, former Special Rapporteur on the situation of human rights in the Occupied Palestinian Territory, during the 23th Session of the Human Rights Council. 10 June 2013. (Image credit: Jean-Marc Ferré/ UN Geneva/ flickr)

 

Mohsen Abdelmoumen: What is your reaction to the statement by Nikki Haley, the United States ambassador to the United Nations, who is attacking you personally about the report you made on Israel?

Prof. Richard Falk: Ambassador Nikki Haley references to her use of American geopolitical muscle to undermine the integrity of the UN as an Organization responsive to international law and to the principles of non-discrimination with respect to its internal operations should be an occasion of shame, not boastful pride. To block the appointment of a qualified civil servant to a UN position just because he is Palestinian represents unacceptable job discrimination in the workplace that should never have been tolerated at the UN. Lire la suite »

Prof. Richard Falk : « Plutôt que d’aborder l’apartheid israélien, Nikki Haley choisit de m’attaquer »

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Richard Falk, ancien Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé, pendant la vingt-troisième session du Conseil des droits de l’homme. 10 juin 2013 (Image credit: Jean-Marc Ferré/ UN Geneva/ flickr)

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Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre réaction à la déclaration de Nikki Haley, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, qui vous attaque personnellement au sujet du rapport que vous avez rédigé sur Israël?

Prof. Richard Falk : L’allusion de l’Ambassadrice Nikki Haley à son utilisation de la force géopolitique américaine pour saper l’intégrité de l’ONU en tant qu’organisation répondant au droit international et aux principes de non-discrimination en ce qui concerne ses opérations internes devrait être un motif de honte, pas d’orgueil vantard. Bloquer la nomination d’un fonctionnaire qualifié à un poste de l’ONU simplement parce qu’il est Palestinien représente une discrimination professionnelle inacceptable sur le lieu de travail qui n’aurait jamais dû être tolérée à l’ONU. Lire la suite »

Kathy Kelly : « Nous devons travailler pour abolir la guerre »

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Kathy Kelly. DR.

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Mohsen Abdelmoumen : D’après votre expérience d’activiste, quel est le moyen le plus efficace pour combattre les guerres impérialistes US ?

Kathy Kelly : Dans l’intensification du bombardement Shock and Wave de l’Irak en 2003,  le monde a été plus proche que jamais d’arrêter une guerre avant qu’elle ne commence. Un niveau croissant d’éducation, de sensibilisation, de désobéissance civile et de manifestations de rue massives s’est développé en même temps que les inspecteurs de l’ONU étaient sur le point de publier un rapport concluant sur le fait que l’Irak possédait ou non des armes de destruction massive. Le gouvernement du Royaume-Uni a dit au gouvernement américain qu’il serait extrêmement difficile de s’allier avec les États-Unis en attaquant l’Irak à la suite d’un rapport de l’ONU qui devait certifier que l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massive. Lire la suite »