Seconde guerre mondiale

Il était une fois le 8 mai 1945 en Algérie

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Les massacres du 8 mai 1945 en Algérie. DR.

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Le matin du 8 mai 1945, à l’appel des AML (Amis du Manifeste et de la Liberté, de Ferhat Abbas) et du PPA (Parti du Peuple Algérien), plusieurs villes du Nord Constantinois s’apprêtent à célébrer la victoire des alliés et à montrer pour la première fois le drapeau algérien. A Sétif, ce 8 mai est un jour de marché hebdomadaire, et une dizaine de milliers d’Algériens se sont rassemblés dans les rues afin de déposer une gerbe au pied du monument aux morts de la ville. Les Algériens qui ont payé un lourd tribut dans la guerre contre les nazis, veulent honorer leurs morts et revendiquer leur droit à l’indépendance. Les cannes, bâtons, couteaux, et toute forme d’arme sont bannis du cortège mené par les scouts musulmans algériens et des écoliers pour bien marquer l’aspect pacifique de cette marche. Les scouts précèdent les porteurs des drapeaux alliés. Parmi ceux-ci, le scout Aïssa Cheraga porte fièrement le drapeau algérien. Des banderoles clament « Algérie libre« , « A bas le colonialisme« , « Nous sommes vos égaux« . Les Algériens marchent en chantant Min Djibalina (De nos montagnes), réclamant eux aussi la libération de leur pays. Le préfet du département de Constantine, Lestrade-Carbonnel, avait donné la veille aux autorités locales l’ordre de tirer sur ceux qui arboreraient le drapeau algérien. Lire la suite »

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Interview d’Annie Lacroix-Riz : «On veut nous empêcher de révéler le passé pro-nazi de Renault»

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Annie Lacroix-Riz : «Renault s’en va en Algérie pour trouver des conditions d’exploitation bien meilleures.» D. R.

Annie Lacroix-Riz : «Renault s’en va en Algérie pour trouver des conditions d’exploitation bien meilleures.» D.R.

Algeriepatriotique : Dans votre dernier ouvrage, vous avez fait un travail colossal sur la collaboration de la famille Renault avec le nazisme. Pouvez-vous nous en parler ?
Annie Lacroix-Riz : J’ai fait un travail sur la collaboration du noyau le plus concentré du capitalisme français et à l’intérieur de ce noyau dominé par ce que j’appelle une espèce de trio formé par le capital bancaire incarné par la Banque de France, le Comité des Forges, c’est-à-dire la sidérurgie et la métallurgie, et par le Comité des Houillères qui contrôlait les mines de charbon françaises, on avait une espèce de tête de file de l’ensemble des forces que j’ai analysées. Evidemment, dans ce cas, Renault a été tout à fait symbolique des pratiques générales. Ce qui a donné un relief à la chose, c’est que les héritiers de Renault ont décidé, récemment, au motif que personne n’avait été puni ou presque, sauf leur grand-père, qu’il fallait leur accorder de plantureux dommages et intérêts, leur rendre la propriété ou l’équivalent de la propriété des usines confisquées le 16 janvier 1945. Lire la suite »

Hommage à mon grand-père et à ses camarades

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Poteaux d’exécution à l’Enclos des Fusillés de la Citadelle de Liège. D.R.

Ce 26 janvier à 16h30, il y a 70 ans, tombait sous les balles nazies à la Citadelle de Liège, Marcel De Ruytter, partisan armé du Front de l’Indépendance, agent de renseignement, chef, avec son camarade Charles Kremer, d’une filière liégeoise d’évasion des pilotes alliés. Peu avant 16 heures, en compagnie de ses camarades enchaînés dont certains étaient grièvement blessés, il a suivi le tunnel sombre qui reliait le bloc 24 des condamnés à mort au lieu d’exécution. Les dix hommes ont été séparés en deux groupes pour être fusillés à une demi-heure d’intervalle. Comme ils étaient communistes, ils ont été criblés de balles. Le rapport d’autopsie de mon grand-père dénombre cinq impacts dans le thorax. Lire la suite »

Le baron Marcel De Ruytter : La résistance belge par les « maux » ou le parcours d’un porteur de lumière

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Marcel De Ruytter D.R.

Le baron Marcel De Ruytter est né le 15 janvier 1910 à Liège, ville belge à forte dimension économique à cette époque par son activité sidérurgique et minière et ses nombreux travailleurs. Fils unique d’une famille aisée issue d’une longue lignée de riches brasseurs, il a mené une jeunesse dorée se consacrant à sa passion pour l’équitation et les concours hippiques. Seul point sombre : le divorce de ses parents alors qu’il avait dix ans.

Son entrée à l’université pour des études de géomètre lui fit rencontrer les idées marxistes qui changèrent le cours de sa vie : il adhéra au Parti Communiste belge. C’étaient les années ’30, avec la crise effroyable qui frappait des pans entiers de la société, plongeant les populations les plus fragiles dans la misère, avec la montée du fascisme en Italie, en Allemagne, en Espagne, menaçant la paix mondiale, avec l’anticommunisme hystérique de la bourgeoisie qui voyait d’un mauvais œil l’engouement populaire pour ce nouveau parti porteur d’espoir pour les classes défavorisées, avec la mise en place de mouvements pro-nazis, comme le parti Rex de Léon Degrelle en Wallonie et le VNV en Flandres, fers de lance de cette bourgeoisie. Lire la suite »

L’Historien Jacques Pauwels : «Il fallait conquérir ou sauvegarder des marchés et des sources de matières premières»

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L’Historien Jacques Pauwels D.R.

English version here: https://www.oximity.com/article/L-Historien-Jacques-Pauwels-Il-fallait-1/tenslation/en

Mohsen Abdelmoumen : Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un travail de mémoire sérieux a-t-il été effectué en Europe occidentale ?

Jacques Pauwels : En Europe occidentale et dans le monde « occidental » en général, c’est-à-dire non seulement dans des pays comme la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada, d’innombrables historiens et journalistes se penchent depuis des décennies sur le thème, toujours actuel, de la Deuxième Guerre mondiale. Le résultat : un gigantesque et interminable tsunami d’articles, livres, et documentaires – et il ne faut pas oublier les productions hollywoodiennes, telles que ‘La liste de Schindler’ et ‘Valkyrie’, qui sont inspirées par des faits historiques et dont le public croit par conséquent qu’on peut y apprendre d’importantes leçons historiques. Or, tandis que l’on ne peut certainement pas se plaindre de la quantité de ces « travaux de mémoire » du courant dominant ou mainstream, comme on dit en anglais, la qualité est généralement loin d’être satisfaisante. Tout d’abord, le message est presque toujours le même : la Deuxième Guerre mondiale fut « la guerre d’Hitler ». En autres mots, c’était une guerre voulue et déclenchée par un monstre, Hitler, assisté par une poignée d’autres « gangsters » nazis tels que Goering et Goebbels, qui avaient su séduire le peuple allemand. Mais qui était cet Hitler, qui a aidé à le placer au pouvoir, quels intérêts représentait-il? Qui a soutenu le fascisme, dans ses variétés allemande et autres, et qui furent les bénéficiaires du régime nazi en Allemagne et dans les autres pays où des régimes fascistes purent accéder au pouvoir ? Ce genre de questions n’est jamais posé dans l’historiographie « occidentale » du courant dominant sur la Deuxième Guerre mondiale ; on n’y trouve presque jamais une analyse sérieuse du phénomène du fascisme en général, et du fascisme allemand, c’est-à-dire du soi-disant « national-socialisme » ou nazisme, en particulier. La raison : une telle analyse révélerait les liens entre le fascisme et le capitalisme, et cela non seulement en Allemagne. Une telle analyse révélerait également comment les capitalistes allemands ont en fait voulu une guerre et ont aidé à installer Hitler au pouvoir parce qu’ils pouvaient compter sur lui, d’abord pour réarmer le pays, ce qui fut pour eux un business extrêmement lucratif, et ensuite pour déclencher la guerre de conquête et de rapine dont ils rêvaient. Et il est évident qu’ils rêvaient surtout d’une guerre contre l’Union Soviétique, non seulement un pays de possibilités illimitées en termes de matières premières dont l’industrie allemande avait besoin, mais également la grande source d’inspiration et d’encouragement pour les adversaires naturels des capitalistes allemands, à savoir les nombreux communistes et autres anticapitalistes du pays.  Lire la suite »