Un 5e mandat pour Bouteflika : à quoi servent les « élections » présidentielles en Algérie ?

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L’année 2019 qui consacrera l’élection d’Abdelaziz Bouteflika comme président pour la cinquième fois s’inscrit en droite ligne dans le délabrement de l’Algérie sous les mandats consécutifs de cette mafiocratie composée de Bouteflika et de son entourage qui ont transformé la République algérienne en monarchie. Le cinquième mandat est la conséquence directe d’un quatrième mandat autant surréaliste que catastrophique. Qu’importe si la Constitution algérienne est violée, Saïd et Nacer Bouteflika se moquent éperdument de sauver les apparences, pour eux, la fin justifie les moyens. Bien que leur frère Abdelaziz malade soit incapable de gouverner, qu’il soit mourant, celui-ci se représentera pour un mandat supplémentaire, car il est impensable pour Saïd et Nacer, ainsi que pour les oligarques qui les entourent, de perdre leurs privilèges et le pouvoir qu’ils ont acquis. L’Algérie est donc dirigée par procuration, et cela continuera pendant ce cinquième mandat. Nous sommes en droit de nous poser la question suivante : à quoi cela sert-il d’organiser des élections en Algérie ? Un président grabataire, incapable de gouverner, est quand même maintenu au pouvoir et, bien sûr, on va inventer toutes les excuses habituelles pour nous faire avaler la pilule : « c’est le moins mauvais », « il est le candidat du moindre mal », « il faut privilégier le consensus », « c’est un président par défaut ». Où a-t-on vu dans le monde une telle aberration ? Voir qu’un pays comme l’Algérie n’a pas pu avoir une alternance au pouvoir et vit sous le joug de cette famille depuis plus de vingt ans est une malédiction. Et nous n’avons pas attendu l’idiot (Sidhoum) Saïd pour savoir que l’élection de Bouteflika à un quatrième et puis à un cinquième mandat n’est jamais qu’une formalité. Car il n’y aura pas de report des élections. Tout le monde spécule dans le vent, personne n’a une information fiable, parce qu’en Algérie, la politique est morte et enterrée. C’est le règne du bricolage et de l’amateurisme. Le gang des Bouteflika n’a qu’une seule feuille de route : la continuité du pillage et de la rapine. Un nain comme Saïd Bouteflika se permet tout parce que les hommes sont partis. Je suis fatigué de voir mon pays traîné dans la boue par ces crapules, année après année. Le processus de « moubarakisation » de l’Algérie est en cours depuis longtemps, et le bilan des 20 ans de règne de Bouteflika est une calamité. Multiplicité de scandales, de gabegie, on a vu la corruption se généraliser jusqu’à ruiner l’Algérie. Faut-il encore rappeler les différents scandales qui ont jalonné le parcours présidentiel de Bouteflika ? Je ne vais pas les énumérer une fois de plus, citons simplement les plus symboliques, celui de l’autoroute Est-ouest, celui de Sonatrach, et l’un des derniers, celui de la cocaïne de Kamel el bouchi qui a révélé la nature mafieuse du gang des Bouteflika. Et dire qu’avec cette situation désastreuse à tous les niveaux, les pourris du régime, ces Bouteflika de malheur et leurs larbins Ouyahia, Haddad, Sidi Saïd, les Kouninef et Cie, veulent reconduire l’échec ! En Algérie, peu importe si les cancres échouent, on les reconduit. Sur fond de diversions incessantes, de ballons sondes et de ruses, l’Algérie n’en finit pas de se déliter tous les jours que dieu fait. Tous les subterfuges sont utilisés pour perpétuer un régime néfaste et susceptible de conduire le pays à sa perte. Ainsi, cette grande opération d’enfumage qui a consisté à mandater les deux compères issus de la mouvance des Frères musulmans Abderrazak Makri et Amar Ghoul pour appeler à une conférence nationale ou au report des présidentielles. Nous ne sommes pas dupes. Il ne s’agit pas d’une initiative sérieuse ou d’une alternative, c’est juste une diversion de plus qui sert à détourner le regard sur la seule issue possible de ce régime agonisant incarné par Bouteflika : un cinquième mandat.

La situation en Algérie se dégrade de jour en jour et la preuve en est fournie par ces migrants, ces harragas de plus en plus nombreux qui préfèrent braver les tempêtes de l’hiver en quête d’un avenir plus souriant plutôt que de végéter dans un pays à l’arrêt qui n’offre aucune perspective. Chaque jour, on découvre les corps de ces Algériens noyés dans cette mer Méditerranée devenue aujourd’hui un immense cimetière marin. Sous l’ère Bouteflika, l’Algérien meurt par air, par terre et par mer, et cette racaille reste au pouvoir, s’engraissant au détriment de la nation. Toute cette jeunesse sacrifiée se jetant à la mer sur des bateaux de fortune pour fuir l’Algérie est une véritable hémorragie imputable au régime criminel d’un sultan nu, infirme et grabataire, porté par une cohorte d’oligarques aux dents longues. L’Algérie est rongée par la corruption et s’est transformée en une vaste prison à ciel ouvert doublée d’un asile psychiatrique, où le peuple survit comme il le peut, sans espoir et sans  projet, et où les jeunes étouffent dans le carcan d’un spleen à la Baudelaire. Le malheur de ce pays, c’est d’obéir à un seul agenda, celui de l’état biologique de son président. Comment se fait-il qu’un pays comme l’Algérie, avec son potentiel, sa richesse, sa jeunesse, sa géographie, son histoire millénaire, soir pris en otage par un gang de mafieux qui l’ont figé dans un cul-de-sac, indissociablement lié à la fiche médicale d’un vieillard déficient tant mentalement que physiquement ? Par quel tour de magie la grande Algérie, celle qui a tenu tête aux Romains, aux Arabes, aux Turcs, aux Français, se soumet-elle à un vieil autocrate qui s’entête à vouloir mourir président, et à une bande de voleurs sans foi ni loi qui puisent à l’envi dans les caisses de l’Etat ? Ce régime pourri a non seulement causé un retard monstre et irrattrapable dans l’évolution du pays mais la dégradation qu’il a créée risque d’entraîner – à dieu ne plaise – l’effondrement  de l’Algérie, sans parler de l’impact que cet effondrement aurait sur la stabilité du monde. Comme Mohamed Chérif Messaadia l’avait dit : Bouteflika président, c’est « d’El-Mouradia au cimetière d’El-Alia sans escale ». Effectivement, Messaadia qui le connaissait bien, avait tout à fait raison, à une exception près, d’essence géographique : il y a eu une longue escale dans la résidence médicalisée à Zéralda. Bouteflika mourra président et rien ne nous dit que Saïd nous fera part de sa mort. Peut-être même continuera-t-il à balader son frère momifié dans sa charrette pour grappiller du temps au pouvoir. Après tout, y aurait-il une différence avec ce que l’on voit aujourd’hui quand on doit ligoter le président dans son fauteuil roulant pour éviter qu’il ne s’affaisse ? Tout est bon pour que cette racaille puisse continuer à vider les caisses jusqu’au dernier centime et, pourquoi pas, vendre le pays au plus offrant. Ce qu’ils sont en train de faire avec ce cinquième mandat est de l’ordre de la haute trahison. Ce n’est pas le général Ghediri qui nous contredira, lui qui met les points sur les i en évoquant les aventuriers qui font partie de l’entourage du président et qui se servent de lui pour continuer à gouverner dans l’ombre. La venue au pouvoir de Bouteflika était la pire chose à faire.  « Wach fel haza serdouk wela waza » (que sens-tu en soulevant l’animal, est-ce un coq ou une oie ?) me disait le vieil homme de ma verte vallée des amandiers, à jamais disparue. Pour moi, ça a toujours été waza (une oie). Dès le début, on était mal embarqués (rakba mayla).

Bien sûr, le général Ghédiri n’est pas le général X et ses lettres resteront sans effet tout comme l’appel du général Benyelles et comme les interpellations de différentes personnalités et de patriotes qui n’ont cessé d’attirer l’attention sur l’état désastreux dans lequel se trouve l’Algérie. Peut-on envisager la normalisation de la situation en Algérie ? Non. Tant que Bouteflika vivra, tant qu’un petit souffle de vie « animera » ce président inerte, l’Algérie poursuivra sa descente infernale. La personnalisation du pouvoir avec tous ses méfaits tels que le régionalisme, le clientélisme, la mafiocratie, etc. nous a mené à cette aventure sans lendemain d’un cinquième mandat. Le général Toufik a dit un jour que Bouteflika savait dribler. Je lui réponds : Mon général, savoir dribler est une chose mais marquer contre son camp est autre chose. Nous venons d’ailleurs d’apprendre que le clan présidentiel vient de signer un décret donnant de larges prérogatives aux agents des services de renseignement. Saïd Bouteflika, chef autoproclamé du clan, est allé jusqu’à solliciter le général Toufik pour l’impliquer dans le processus du cinquième mandat. Ce n’est certainement pas pour rendre service au pays, c’est juste pour frapper le clan de Gaïd Salah. Après avoir démantelé le DRS et poussé son chef, le général Toufik, à la retraite parce qu’il était réticent à un quatrième mandat, Bouteflika n’a pu avoir ce quatrième mandat que grâce à son alliance avec Gaïd Salah. Aujourd’hui, le clan présidentiel fait l’inverse et renforce le rôle des agents de renseignement pour pouvoir frapper l’état major et sa tête Gaïd Salah. Les magouilles et les basses manœuvres sont devenues une seconde nature pour le régime Bouteflika. On utilise les uns pour frapper les autres, répétant les mêmes gestes à l’infini pour se maintenir au pouvoir. Où avez-vous vu ailleurs qu’en Algérie qu’un chef d’Etat déstabilise les services de renseignement de son propre pays et rompt l’équilibre entre les pôles du pouvoir ? Depuis que l’équilibre a été rompu et que les services de renseignement ont été démantelés, l’arbitrage a disparu. Auparavant, il y avait toujours une possibilité de trouver un compromis entre les trois pôles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où les deux entités restantes, l’état-major et la présidence, n’arrivent plus à trouver un consensus, ce qui conduira inévitablement au cinquième mandat de Bouteflika qui mènera l’Algérie à l’effondrement. Le fait de déstabiliser l’armée et les services de renseignement pour des intérêts personnels rend ce clan éminemment dangereux pour l’Algérie. Pour rappel, Bouteflika avait fait le même coup en 2004 lors du deuxième mandat en utilisant le général Toufik pour frapper le général Lamari, chef d’état major, et le pousser à la retraite. Démanteler les services de renseignement ou fragiliser et déstabiliser l’armée en les incluant dans des basses manœuvres politiciennes relève de la haute trahison. Le petit Saïd et sa fratrie ont appris les tactiques du frère ainé en se servant des uns contre les autres, en semant la division et en déstabilisant tantôt l’armée, tantôt les services de renseignement, avec une irresponsabilité totale. Quant à la valse interminable des walis, elle n’a qu’un seul objectif : le cinquième mandat. Il faut créer l’illusion du changement et remplir le vide. Et la chkara continue à faire rage comme on l’a vu avec le récent vote au Sénat, où les begarra, les maquignons et autres potentats locaux sont passés, comme ce fut le cas pour l’APN. Médiocrité et corruption sont toujours récompensées sous le règne de Bouteflika.

Le grand absent de l’équation reste et restera toujours le peuple qui regarde ailleurs. Au moment où des peuples se soulèvent – comme on le voit en France avec le mouvement des Gilets Jaunes qui se répand en Europe – et exigent une bonne gouvernance, s’impliquant dans la politique et voulant participer à la gouvernance de leur pays, chez nous, le peuple est démissionnaire. En Algérie, ce ne sont pas les politiciens qui démissionnent, non, c’est le peuple qui, complètement dégoûté, a rendu son tablier. Bien qu’il aurait souhaité, comme tous les peuples, vivre normalement dans un pays normal dirigé par des gens normaux et non par des malades mentaux, le peuple algérien est confronté à des tragédies qui reflètent l’état de déliquescence de l’Algérie, comme par exemple le drame du jeune Ayache Mahdjoubi tombé dans un puits artésien à M’sila et qui, malgré les nombreuses tentatives des pompiers pour le sauver, y a trouvé la mort après six jours de calvaire, sans qu’aucun responsable ne manifeste un quelconque intérêt. Bien sûr, les enfants des Bouteflika et des Haddad ou des Ouyahia, des Kouninef, etc. ne meurent pas dans la mer ou dans un puits. Ils jouissent  d’une vie de luxe entre Paris, Londres, Dubaï et Las Vegas. En voyant les reportages de cette tragédie, je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était l’Algérie qui était au fond de ce puits, à l’image de ce pauvre jeune homme que les autorités ont ignoré mais que le peuple algérien a soutenu jusqu’au bout et dont la mort tragique symbolise le drame que vit l’Algérie. Le clan maudit des Bouteflika a précipité l’Algérie dans un trou et nous ne sommes pas près d’en sortir. Quant au président de l’Assemblée des cadenas et des chaînes, ce larbin illégitime qui a comparé Bouteflika à Abraham, je lui pose la question suivante : si Bouteflika est Abraham, qui est l’agneau égorgé ? Ce ne peut être que l’Algérie. Nous sommes les agneaux sacrifiés de ce clan mafieux. Notre algérianité a été violée et c’est un attentat à la pudeur contre la nation algérienne et l’histoire de cette nation qui s’est perpétré sous la tyrannie du gang des Bouteflika. Malheureusement, on va devoir supporter cette farce tragique cinq ans de plus, cinq longues années sous Bouteflika parce que même la mort ne veut pas de lui. Sincèrement, je comprends ces jeunes gens qui fuient le pays. Nous sommes dans Gramsci qui disait que le vieux monde se meurt et le jeune tarde à apparaître, sauf, qu’ici, le vieux ne meurt pas et les jeunes meurent dans la Méditerranée. Et entre ces deux mondes, les monstres se baladent dans les palaces des grandes capitales et dans les résidences d’Etat à Zéralda et ailleurs. Tel est l’état des lieux, des nouveaux colons ont pris possession de l’Algérie  de manière illégitime et illégale. Tout le processus est illégitime et ce président n’est pas mon président, il ne l’a jamais été. Il ne représente que lui-même et tous ceux qui l’entourent sont illégitimes. Comme je l’ai déjà écrit dans un de mes articles, j’ai l’impression que ce pays appartient à une autre galaxie et qu’il n’obéit pas aux lois de la pesanteur. Ces voyous ont réussi à normaliser une situation qui n’a rien de normal : une momie dirige le pays ! Les politiciens sont corrompus, la presse est corrompue, les hommes d’affaire sont corrompus, comme Ali Haddad el kharay, ce parfait imbécile qui n’est pas capable d’aligner deux phrases correctes mais auquel on donne des chantiers de prestige qu’il est incapable de terminer et qui ne paie pas ses impôts. On ne voit ça nulle part sauf en Algérie ! Bien entendu, personne ne bougera le petit doigt et tout le monde s’accommodera de cette situation ubuesque. Pour les Occidentaux, avoir un régime faible est beaucoup plus intéressant que de voir un Etat fort avec des dirigeants compétents et patriotes.

Nous en sommes arrivés aujourd’hui à espérer un président qui marche, qui parle et qui voyage ! Est-ce trop demander ? La régression que vit l’Algérie est inédite dans l’histoire de l’humanité. Personne n’a jamais vu un cas pareil et il faut le dire haut et fort car se taire équivaut à cautionner cette hérésie ! Les Bouteflika et leur clique sont les fossoyeurs de l’Algérie. Ce grand pays n’est pas votre propriété ! Des braves ont donné leur vie pour l’Algérie, de Ben M’hidi à Amirouche, a Ben Boulaïd ! Ils ont versé leur sang et vous, vous vous vautrez dans un pouvoir que vous avez usurpé. Et quand je vois le bricolage ambiant avec des lettres mystérieuses « aplatventristes » qui sont publiées sur le site du FLN, des erreurs inqualifiables sur les sites du Conseil constitutionnel et de l’APS à l’occasion du décès  d’Abdelmalek Benhabylès, en mettant la photo d’Ali Haroun, je me dis qu’ils ne sont même pas foutus de gérer un site internet, alors que dire de gérer un pays ! Saïd Bouteflika est en train de jouer un jeu dangereux, il ne sera jamais un bon politicien, il ne l’a jamais été et il n’a certes pas l’envergure de diriger le pays. Ni son frère Nacer ! Ni leur frère Abdelaziz, quand on voit le résultat. C’est une famille maudite qui nous a ramené sa malédiction. Ces gens-là ne peuvent pas construire un pays. Abdelaziz Bouteflika est un homme de pouvoir, un jouisseur et non pas un homme d’Etat, qui a vécu dans l’ombre de Boumediene. Comme le disait un général, il est un pins sur le burnous de Boumediene. Où va l’Algérie comme le disait le défunt Boudiaf ? Eh bien, elle va droit dans le mur. Quand on voit les naufragés de la Méditerranée, cela n’augure rien de bon. Un pays que l’on fuit, c’est un pays qui est en faillite et qui a échoué. Ces gredins ont réussi à déverser leur venin dans tout le pays, ils ont corrompu la totalité de la société, la culture de takhti rassi, du nafsi nafsi, c’est-à-dire la culture du « après moi le déluge », « je ne suis pas concerné », s’est répandue. Ils ont institutionnalisé la corruption, ils ont dégradé la morale, ils ont pourri tout ce qui était beau dans ce pays. Si on avait l’espoir que l’armée arrête cette mascarade et surtout corrige l’erreur d’avoir mis Bouteflika au pouvoir, il n’y a pas lieu de se faire des illusions, l’armée ne sifflera pas la fin de la récréation. Et on a vu comment des généraux ont été malmenés sous prétexte d’une guerre à la corruption qui a épargné les Bouteflika et leurs amis oligarques. De qui se moque-t-on ? Les généraux ont été mis en prison et on les en a ressortis sans explication. La toute récente fin de non recevoir de Gaïd Salah au général Ghediri, via un communiqué publié ce dimanche 30 décembre sur le site du MDN, prouve que le sort de Gaïd Salah est indissociablement lié à celui d’Abdelaziz Bouteflika, et que le chef d’état major et vice-ministre de la Défense restera fidèle au président quoi que celui-ci fasse, quitte à ce qu’il conduise l’Algérie à l’effondrement, ce qui, je le répète, constituera un cataclysme pour tout le pourtour méditerranéen, pour l’Europe et pour le monde. Gaïd Salah a certainement eu peur de perdre son poste (qu’il perdra tôt ou tard) de chef d’état major face au fait accompli du cinquième mandat. En résumé, même s’il y a une guéguerre entre les clans, l’armée ne s’opposera pas à ce cinquième mandat, ni à un sixième, ni même à un huitième. Cependant, j’aimerais savoir à qui fait allusion le MDN quand il parle des « cercles occultes », car on nous parle sans cesse de « cercles occultes ». Lesquels ? Qui sont-ils ? Dites-le nous pour que nous le sachions enfin ! Moi, je ne vois qu’un cercle occulte funeste pour l’Algérie, c’est celui de Bouteflika et sa clique !

L’Algérie est-elle maudite ? Son peuple est-il maudit ? C’est l’histoire qui nous répondra. Pour le moment, notre cœur saigne et nous n’avons que nos yeux pour pleurer. Nous souffrons dans notre algérianité et dans nos espérances déçues. Le cinquième mandat est en marche, sans aucun doute. Dans quelques jours, Bouteflika – ou plutôt son hologramme – convoquera le corps électoral et le cinquième mandat passera comme une lettre à la poste. Saïd fera des prouesses de montage cinématographique pour présenter son frère sous un jour favorable, en train de touiller dans sa tasse de café, par exemple… et nous serons repartis pour cinq ans de plus en enfer, avec les mêmes images dégradantes d’un président quasi mort à la tête d’une Algérie absente sur la scène internationale, une Algérie dont personne n’écoute la voix parce que son président ne parle pas. Combien de chefs d’Etat ont-ils dirigé leur pays à travers le monde pendant que nous, nous nous coltinons cette momie depuis vingt ans ? Nous devrons encore supporter ce Bouteflika qui a hypothéqué l’avenir de générations entières et qui s’incruste au pouvoir. Et ce ne sont pas les frères Bouteflika ou Ouyahia ou n’importe lequel des larbins qui lèchent les bottes de la momie qui nous donneront des leçons de patriotisme. Nous entretenons la flamme de l’Algérie au plus profond de nous, elle vit dans chaque fibre de notre chair alors que vous, vous la squattez pour mieux la saigner à blanc. Nous sommes des Algériens fiers de l’être, et nous espérons que notre désespoir se transformera en autre chose qui déraillera le train de ce cinquième mandat, et qui portera le souffle de nos révolutionnaires et de ceux qui sont morts pour ce pays. Puissions-nous venir à bout de cette jet-set ignoble, ces malfrats qui se croient au-dessus des lois, qui se permettent tout,  et se prennent pour des dieux alors qu’ils ne sont que des cafards qui n’ont rien à voir avec l’Algérie. Dans la réalité, ces gens là n’aiment pas l’Algérie, ils n’ont pas de patrie, leurs privilèges et leurs comptes en banque, leurs comptes off-shore, sont leur seul pays. On ne peut qu’avoir la nausée quand on voit les larbins mielleux, ces vrais eunuques, chanter les louanges d’Abdelaziz Bouteflika, à mentir sans honte sur son état de santé, alors que l’ancien patron des services français de la DGSE et ex-ambassadeur en Algérie Bernard Bajolet a déclaré à propos de Bouteflika qu’il était maintenu artificiellement en vie et qu’il ne suggérait pas qu’on le « débranche ». Mais ils persistent à nous vendre ce Bouteflika comme l’homme providentiel, la panacée universelle. Dans toute l’Algérie, on n’a pas trouvé quelqu’un pour remplacer cette épave. L’Algérie est devenue la risée du monde. En 2019, le calvaire continuera jusqu’à ce que la mort veuille bien se décider à prendre cet individu, cet hôte encombrant même dans l’au-delà. Je caresse l’espoir de vous voir répondre de vos méfaits devant des tribunaux populaires et qu’on vous malmène dans les rues, tous autant que vous êtes. Je sais que c’est utopique, mais les utopies ont fait l’histoire et l’idée de la révolution algérienne est elle-même utopique. Et pourtant, elle a engendré une nation. J’espère vous voir un jour payer pour le mal que vous avez fait à l’Algérie et à son peuple.

Mohsen Abdelmoumen

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