Russie

Le député suisse Guy Mettan démonte la propagande occidentale (II)

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Guy Mettan pointe les mensonges de l’Occident. D. R.

Mohsen Abdelmoumen : Ne pensez-vous pas que les dirigeants occidentaux qui ont mené des guerres dévastatrices en Irak, Libye, etc. et qui ont déstabilisé des pays, notamment avec les «printemps arabes», devraient rendre des comptes devant les tribunaux ?

Guy Mettan : Oui, bien sûr. Si nous étions dans un monde juste, équitable, il y a longtemps qu’on aurait dû traduire les responsables américains dans des cours pénales. Les crimes de guerre qui ont été commis au Vietnam, en Afghanistan, en Irak sont avérés. Je rappelle quand même que Julian Assange est en prison parce qu’il a révélé à travers Wikileaks des crimes de guerre américains commis en Irak. Maintenant ça continue au Yémen. Il y a toujours une guerre qui ne dit pas son nom dans l’est du Congo, une guerre qui se fait aussi par proxy, via l’armée rwandaise armée par les Etats-Unis et les Occidentaux et qui approvisionne des milices armées pour semer le chaos afin de permettre aux grandes multinationales occidentales de s’approprier des minerais tels que le cobalt et le coltan, dont cette région regorge. Tous ces crimes, en principe, sont passibles de tribunaux, mais jamais la Cour pénale internationale ne s’est intéressée aux responsables occidentaux pour les crimes qu’ils ont commis. On est de nouveau dans un système «deux poids, deux mesures», un système de doubles standards où l’on condamne – peut-être à juste titre, je ne suis pas qualifié pour en juger – des prétendus criminels de guerre africains, mais jamais des criminels de guerre occidentaux. Et encore moins américains. Comme par hasard, les Etats-Unis n’ont pas ratifié la Convention sur la Cour pénale internationale. Nous sommes face à un déni de droit manifeste. Mais je pense que ce genre de chose ne s’oublie pas. Peut-être les générations futures s’y intéresseront-elles. Regardez l’esclavage. On a passé cela sous silence pendant des siècles mais c’est une thématique qui remonte à la surface un siècle et demi après son abolition officielle. La mémoire des peuples n’oublie pas les avanies subies.

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Le député suisse Guy Mettan démonte la propagande occidentale

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Le journaliste et député suisse Guy Mettan. D. R.

Mohsen Abdelmoumen : Le conflit actuel en Ukraine ne trouve-t-il pas sa source dans l’Euromaïdan et le coup d’Etat organisé et soutenu par les Occidentaux en 2014 ? A votre avis, quels sont les véritables enjeux du conflit en Ukraine ?

Guy Mettan : Vaste question ! Je pense qu’on peut faire remonter les origines du conflit actuel au coup d’Etat de février 2014. Ce n’était pas la première fois parce qu’il y avait déjà eu une première Révolution orange en Ukraine en 2004 qui avait essayé de renverser le gouvernement de l’époque pour installer un régime pro-occidental. Mais cela avait échoué. La seconde Révolution orange en 2014, elle, a réussi avec l’aide des Américains, comme on le sait, puisque le coup d’Etat de 2014 avait été préparé par de grands investissements, à hauteur de 5 milliards de dollars, pour essayer de faire tomber l’Ukraine dans l’escarcelle des Etats-Unis.

La secrétaire d’Etat adjointe américaine des Affaires étrangères, Victoria Nuland, avait d’ailleurs déclaré en décembre 2013, trois mois avant le coup d’Etat, qu’il était temps pour les Etats-Unis de récupérer leurs investissements. Ce coup d’Etat était tout, sauf spontané. Comme au Chili en 1973, on a exploité les mécontentements d’une certaine partie de la population. Des extrémistes se sont greffés sur les manifestations populaires pour créer du chaos, provoquer la police, les fameux Berkouts, et l’obliger à riposter de façon à faire monter les enchères pour justifier le putsch. Ces mêmes extrémistes se retrouvent aujourd’hui dans le Bataillon Azov et dans l’extrême-droite nationaliste ukrainienne. Voilà pour le contexte.

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Général Vincent Desportes : « Il aurait fallu négocier avec Poutine !» 

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Le général de division français Vincent Desportes. D. R.

Mohsen Abdelmoumen : Les germes de la guerre en Ukraine ne se trouvent-ils pas dans le livre de Brzezinski Le grand échiquier ?

Général Vincent Desportes : Les germes de cette guerre sont multiples. Une guerre ne surgit pas du néant, elle est créée par des conditions qui sont mises en place. Le germe de la guerre, c’est évidemment la fin de la guerre froide et la façon dont on a géré la fin de celle-ci. Une guerre, c’est comme un divorce, personne n’est jamais blanc et personne n’est jamais noir. Tout le monde a un peu de torts. Ce qui est sûr, c’est que les logiques qui correspondaient à la sécurité collective et au multilatéralisme qui ont été mises en place en 1991 lors de la dissolution de l’Union soviétique ont progressivement laissé place à des logiques de puissance de part et d’autre ; d’une part, du côté occidental et principalement du côté américain et, d’autre part, du côté russe. Ce qui est sûr, c’est que la grande stratégie américaine telle qu’elle est définie effectivement par Brzezinski dans Le grand échiquier consiste bien à séparer l’Ukraine de la Russie et à affaiblir la Russie.

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Gordon M. Hahn : «L’Occident a été imprudent avec Vladimir Poutine»

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Lors de la réunion du G7. D. R.

Mohsen Abdelmoumen :  Vous êtes un expert en géostratégie, quel est votre regard sur le conflit qui se déroule actuellement en Ukraine ?

Gordon M. Hahn : La guerre en Ukraine est plutôt considérée comme la guerre Russie-OTAN en Ukraine. Il s’agit d’une guerre visant à déterminer si l’OTAN sera autorisée ou non à se déployer en Ukraine et ailleurs le long des frontières de la Russie, mais surtout à déterminer la possibilité pour l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN. L’expansion de l’OTAN a stimulé les efforts de promotion de la démocratie en Ukraine et ailleurs, la révolution orange de 2004 et le renversement du gouvernement Ianoukovitch par Maidan en février 2014. Pour la sécurité nationale russe, l’Ukraine est un pivot géostratégique. S’il y a un régime hostile à Kiev soutenu militairement par l’Occident, la Russie n’a pratiquement aucune sécurité nationale autre que le recours aux armes nucléaires. L’aide militaire occidentale fait de l’Ukraine un membre de facto de l’OTAN à la frontière de la Russie et encourage Kiev à privilégier une solution militaire plutôt qu’une solution négociée au conflit du Donbass qu’il a déclenché ainsi qu’à chercher à récupérer la Crimée. La croyance occidentale répandue selon laquelle Poutine est politiquement faible et que les Russes sont impatients d’établir une république démocratique et une économie de marché libre (choses que l’Occident lui-même abandonne progressivement en faveur de la Grande Réinitialisation, du Wokisme et de l’IA) a conduit à un manque de prudence dans les relations avec Poutine, pensant qu’il hésiterait devant une guerre ou serait renversé s’il en déclenchait une. C’est précisément la situation à laquelle l’Occident a confronté la Russie après le coup d’État de Maidan et assurément en janvier 2022 ; d’où la décision de Poutine de procéder à une invasion.

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Daniel Kovalik : « La troisième guerre mondiale a commencé ».

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L’avocat et militant américain pour la paix Daniel Kovalik. D. R.

L’avocat et militant américain pour la paix s’est rendu à Donetsk où, affirme-t-il dans cet entretien, l’armée ukrainienne a bombardé une école, un stade de football et un monastère, sans que les médias occidentaux aient rapporté ces crimes de guerre. L’auteur de l’ouvrage Le complot pour renverser le Venezuela, Comment les Etats-Unis orchestrent un coup d’Etat pour le pétrole révèle que l’armée américaine est directement engagée dans la guerre en Ukraine. Interview.

Mohsen Abdelmoumen : Vous êtes en Russie en ce moment et vous suivez le conflit en Ukraine. Pouvez-vous nous faire un état des lieux sur l’évolution de la situation dans le terrain ?

Daniel Kovalik : J’étais à Donetsk et je peux dire que la situation y est très stable. Bien que l’Ukraine ait bombardé des cibles civiles dans cette région (par exemple, une école, un stade de football, un monastère), la vie reprend lentement son cours normal après le référendum de septembre, au cours duquel les électeurs ont choisi de faire partie de la Fédération de Russie. La Russie est engagée dans la construction et la reconstruction de logements, d’hôpitaux, de parcs et d’autres infrastructures, et les gens poursuivent leur vie quotidienne.

Vous affirmez qu’il y a des troupes américaines engagées au sol en Ukraine. Comment expliquez-vous cet engagement des troupes américaines ? Ne pensez-vous qu’il s’agit d’un grave précédent ?

La situation est en effet très grave. Bien que l’administration Biden affirme que ces troupes ne sont pas impliquées dans des combats réels, leur présence et l’aide qu’elles apportent à l’armée ukrainienne en matière de formation, de conseil et de ciblage soulignent que ce conflit oppose l’OTAN et la Russie. En bref, c’est un signal que la troisième guerre mondiale a commencé, et qu’une conflagration plus importante est maintenant devenue très possible.

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Réponse aux eurodéputés à la solde du Makhzen qui attaquent l’Algérie

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Raphaël Glucksmann, fils d’André Glucksmann. D. R

Le 16 novembre dernier, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et le commissaire chargé des Affaires étrangères, Josep Borrell, ont reçu une lettre cosignée par 17 députés européens alertant la Commission sur les relations entre l’Algérie et la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine. Cette démarche nous fait penser à celle des députés américains menés par les néoconservateurs que sont le sénateur Marco Rubio et la députée Lisa McClain, qui avaient alerté Antony Blinken sur les liens entre l’Algérie et la Russie, arguant que l’Algérie se fournissait en armement auprès de la Russie. Diable ! Tout le monde semble bien inquiet concernant les achats de l’Algérie en armement. Cette nouvelle initiative, provenant des députés européens cette fois, est conduite par l’ancien Premier ministre lituanien Andrius Kabilius. L’Occident est dirigé par une caste oligarchique d’incompétents et de corrompus, à l’image de cette von der Leyen plagiaire et corrompue qui trimballe toute une batterie de cuisine depuis son passage au ministère de la Défense allemande et qui cumule les conflits d’intérêts avec McKinsey et Pfizer. La corruption qui gangrène ce Parlement européen est connue depuis longtemps. Le lobby israélien et son appendice le lobby du Makhzen marocain soudoient les députés, les politiciens et les fonctionnaires des institutions en Europe et dans le monde pour obtenir leur soutien dans la colonisation que ces entités voyous exercent sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Cela nous a été confirmé à plusieurs reprises lors d’interviews que nous avons réalisées avec des eurodéputés. Nous verrons plus bas que cette nouvelle lettre participe à une tentative supplémentaire de nuire à l’Algérie dont les signataires ne sont que des prête-noms, sauf un.

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Le journaliste canadien Matthew Ehret : «L’ONU est corrompue»

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Matthew Ehret

Mohsen Abdelmoumen :  Votre travail montre bien que, à quelques exceptions près (Lincoln, Roosevelt, Kennedy et Trump), tous les présidents américains après Andrew Jackson ont toujours été membres ou sous contrôle de l’élite anglo-américaine, y compris Obama et Biden.  Quels sont les facteurs expliquant que cette oligarchie ait gardé ce niveau d’influence aux Etats-Unis malgré la guerre d’indépendance et pendant plus de 200 ans ?

Matthew Ehret : La réponse comporte à la fois un aspect objectif et subjectif. Du côté subjectif, on peut citer l’omniprésence de faux mythes qui ont été véhiculés et qui ont suscité certains préjugés dans la mentalité contemporaine américaine. Les premiers Américains étaient à l’origine des citoyens britanniques qui ont mené une guerre civile contre l’Empire britannique entre 1776-1783 et le succès de cette lutte a donné naissance à une nouvelle sorte d’identité humaine qui n’avait jamais été exprimée à cette échelle ou à cette magnitude dans l’histoire de l’humanité.

C’était un sentiment de fierté bien mérité, gagné au prix de durs sacrifices. Une grande valeur était accordée à la liberté et à l’indépendance. La considération la plus importante était probablement le fait que l’on croyait que les humains avaient été créés égaux, parce que nous avions été créés à l’image de Dieu et que, de ce fait, les institutions héréditaires étaient reconnues comme obsolètes.

Tout cela était merveilleux, mais ce puissant sentiment de fierté, s’il était perverti, était une épée à double tranchant qui se transformait en un complexe de supériorité proclamant que les États-Unis étaient « la nation exceptionnelle », plutôt que la philosophie plus saine de la « ville sur la colline » exprimée par John Winthrop Jr. qui souhaitait que les Américains deviennent un modèle d’excellence morale pour inspirer le monde.

Le deuxième faux mythe qui a « empoisonné l’esprit du temps » était lié au mythe de l’« individualisme américain ». L’idée que chaque individu citoyen est souverain plutôt qu’un seul dirigeant couronné est une autre excellente idée, mais là encore, comme toutes les idées authentiques, si elles sont perverties, elles peuvent devenir très destructrices.

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